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A Lyon, la répression sauvage du 19 mars et au moins cinq arrestations

Publié le 20 mars 2009

Maj le 21 mars 2009

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7 compléments d'info

Suite à la très grosse mobilisation du 19 mars 2009, environ 150 lycéen-es, étudiant-es, chômeur-euses, se sont donné rendez-vous place des Terreaux pour continuer la journée de mobilisation.
Au menu : déambulation dans les rues de Lyon, pressions policières, l’IEP de Lyon encerclé par la police pendant une bonne heure, des arrestations, des violences policières, et pas mal de rage...
Récit de cet après-midi de lutte.

Une manif sau­vage comme tant d’autres

Le rendez vous est passé de texto en texto et par le bouche à oreille :
« 15h00 rendez vous place des Terreaux pour une manif’ sau­vage ! »
A 15h20, 150 per­son­nes ont répondu à l’appel. C’est peu pour partir en manif sau­vage. Les cama­ra­des doi­vent être fati­gués de la mati­née de marche. Certains d’entre eux sont à l’AG à la Bourse du tra­vail, d’autres encore pro­fi­tent du soleil sur une ter­rasse ou dans un parc... Dommage.
Pas le temps d’atten­dre beau­coup plus et les 150 per­son­nes par­tent par la rue Herriot à contre sens.
C’est un cor­tège peu struc­turé mais avec pas mal de slo­gans et d’énergie tout au long du par­cours.
On arrive place Bellecour pour essayer de récu­pé­rer quel­ques per­son­nes qui traî­ne­raient par là. On reçoit quel­ques mots de sou­tien des der­niers syn­di­ca­lis­tes encore pré­sents. Ça ne res­tera que des mots. Personne ne vient gros­sir les rangs de la manif sau­vage. En même temps le cor­tège n’a fait que passer place Bellecour sans même s’arrê­ter quel­ques minu­tes...
Difficile dans ces condi­tions d’espé­rer rameu­ter quel­ques per­son­nes. Pas le temps de ter­gi­ver­ser le cor­tège repars de plus belle et tra­verse le Rhône pour arri­ver dans le quar­tier de la Guillotière.
A partir de ce moment la pré­sence poli­cière se fait plus pré­sente et plus pres­sente aussi.
Rue de Marseille, le cor­tège est suivi par 3 camion­net­tes, 4 voi­tu­res de la BAC et aussi une voi­ture de flics « clas­si­que ».
Quelques pou­bel­les sont mises en tra­vers de la rue pour retar­der les flics qui nous col­lent. Pas de dégra­da­tions, pas de graf­fi­tis, pas de jets de bou­teilles ou autres.
Le cor­tège arrive sur le campus de Lyon 2 avec pour objec­tif de récu­pé­rer quel­ques étudiant-es pour gros­sir la mani­fes­ta­tion. Manqué ! On ne trou­vera pas grand monde sur le campus. Dommage ! On conti­nue !
A partir de ce moment il devient clair que le rap­port de force com­mence à tour­ner en faveur de la police et qu’ils se pré­pa­rent à faire quel­ques arres­ta­tions de per­son­nes qui ont un look trop mar­gi­nal ou « black block ».
Le cor­tège conti­nue vers l’IEP dans le même but d’essayer de le débrayer et de pro­po­ser aux étudiant-es qu’il-les le veu­lent de se join­dre à nous pour conti­nuer la manif. A partir de là, ça s’accé­lère.

L’IEP encer­clé par la fli­caille

L’arri­vée se fait par la cour du musée de la résis­tance (tout un sym­bole). Là, les flics essayent de contrô­ler les deux sor­ties de la cour pour pro­cé­der à des arres­ta­tions. Les étudiant-es de l’Institut d’Études Politiques de Lyon sont alors en AG dans leur bâti­ment et com­pren­nent la situa­tion. Deux arres­ta­tions ont lieu rue Rognon. Spontanément les étudiant-es se met­tent en chaîne dans la rue pour ména­ger un pas­sage depuis la cour du musée des résis­tan­ces jusqu’au bâti­ment de l’IEP. Ainsi ils amé­na­gent un « cordon sani­taire » entre la police et les mani­fes­tant-es qui sont dans le col­li­ma­teur des flics.
De cette façon les mani­fes­tant-es trou­vent refuge dans l’IEP, et si les flics essayent dans un pre­mier temps de ren­trer dans le bâti­ment. Immédiatement des pro­fes­seurs de l’IEP rap­pelle aux fonc­tion­nai­res de la répres­sion qu’ils n’ont pas le droit de péné­trer dans un établissement sco­laire sans la per­mis­sion de l’admi­nis­tra­tion.
C’est un acte fort de soli­da­rité pra­ti­que que les étudiant-es de l’IEP ont été capa­bles de mettre en place. Nous remer­cions tout les élèves et les pro­fes­seurs de leur cou­rage et de leur bien­veillance. Ainsi une réelle conver­gence des luttes a pu se mettre en place. Ainsi quel­ques lycéens « repé­rés » par la police ont pu atten­dre tran­quille­ment et ne pas se faire embar­quer pour des pré­tex­tes fal­la­cieux.
Du coup tout ce petit monde se retrouve dans l’IEP. Et la police com­mence son siège du bâti­ment. BAC flash-ball en main, flics en tenue anti-émeute avec tonfa, bou­clier, etc... se retrou­vent devant les portes de l’établissement. Des flics cer­nent les rues tout autour.

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Devant l’IEP de Lyon 19/03/09

Une heure après, la com­mis­saire et des profs et/ou l’admi­nis­tra­tion de l’IEP (c’est pas clair) négo­cie le départ de la police. Bien sûr il leur a été inter­dit de péné­trer dans le bâti­ment pour arrê­ter qui que ce soit.
Enfin il est décidé col­lec­ti­ve­ment (les mani­fes­tant-es sau­va­geon-nes et des étudiant-es de l’IEP) d’aller cher­cher du monde à Lyon 2 et de se rendre au com­mis­sa­riat du 7° pour exiger la libé­ra­tion de nos cama­ra­des arrê­tés. Ils sont trois à être au poste à ce moment là.

Rassemblement devant le com­mis­sa­riat du 7° et nou­velle charge des flics

On arrive cal­me­ment à une cen­taine devant le com­mis­sa­riat de Jean Macé. Bien sûr les BAC sont sur le perron de leur maison, le flash-ball à la main (à croire qu’on le leur greffe de nos jours).
Quelques slo­gans sont lancé : « Libérez nos cama­ra­des ! »
Au bout de quel­ques minu­tes, on apprend que les embas­tillés sont au com­mis­sa­riat cen­tral Marius Berliet. Qu’à cela ne tienne, après quel­ques minu­tes de dis­cus­sions où les flics s’enga­gent à ne pas inter­ve­nir si tout le monde s’en va. La cen­taine de per­son­nes part donc d’elle même de devant le com­mis­sa­riat de la place Jean Macé direc­tion Marius Berliet. Aucun pro­jec­tile n’est lancé en direc­tion de la police. Je n’ai pas non plus entendu de nom d’oiseau. La situa­tion est donc en train de se déten­dre puis­que les mani­fes­tant-es par­tent.

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Devant le commissariat du 7° Lyon 19/03/09

Cependant, là, sans som­ma­tions, dans notre dos, les flics char­gent pour arrê­ter deux per­son­nes qui ont une capu­che et un fou­lard noir. [1] Les flics de la BAC se met­tent alors car­ré­ment à tirer au flash-ball sur les étudiant-es. Certain-nes sont ter­ro­risé-es et se cou­chent der­rière des voi­tu­res. D’autres essayent d’empê­cher les arres­ta­tions qui sont très bru­ta­les, en gueu­lant sur les flics, ou en pre­nant des photos. Il sem­ble­rait que pour beau­coup d’entre eux, se faire bra­quer par des keufs est une grand pre­mière. Pas pour tous mal­heu­reu­se­ment...
Trois camion­net­tes de CRS débar­quent alors à toute vitesse et pren­nent posi­tion devant le com­mis­sa­riat.
Après ça les grou­pes éclatés refont la jonc­tion devant le com­mis­sa­riat du 7°. Devant le rap­port de force clai­re­ment en notre défa­veur, et une fois l’émotion passée il est décidé de ren­trer en direc­tion de Lyon 2 pour pou­voir se dis­per­ser de manière plus sûre pour nous. Deux voi­tu­res de la BAC nous sui­vent. Arrivés à Lyon 2, cer­tain-es par­tent, d’autres res­tent pour évacuer l’émotion et faire un débrie­fing de l’après midi.

Encore une fois les flics nous ont montré leur vrai visage : celui du men­songe, de la répres­sion aveu­gle, de la bru­ta­lité...

Le bilan de la jour­née c’est soldé par 5 arres­ta­tions, pour « jet de pierre » (men­songe total), et le très pra­ti­que « outrage et rébel­lion » (qui permet d’inculper n’importe qui).

La « caisse de soli­da­rité » est sur le coup. Il a été dressé une liste des témoins des arres­ta­tions. Un ras­sem­ble­ment doit être prévu ven­dredi 20 mars 2009 pour sou­te­nir les inculpés en cas de com­pa­ru­tions Immédiates. Quoi qu’il arrive il faudra les sou­te­nir comme c’est le cas avec les inculpés de la manif contre Biovision.

Notes

[1] La police pense reconnaître en eux des personnes repérées plusieurs heures plus tôt, et cela malgré le foulard noir que ces personnes portaient sur le visage. Il semblerait d’ailleurs que ces personnes ont été ciblées pour le fait d’avoir masqué leur visage

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