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A Meyzieu, « la prison assassine des enfants : l’État coupable ! »

Publié le 11 février 2008

Maj le 25 février 2008

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9 compléments d'info

C’est ce qu’on pouvait lire sur des banderoles lors de la manifestation contre les prisons pour mineurs à Meyzieu le samedi 9 février 2008. En voici un compte-rendu avec de nombreuses photos. Cette manif a rassemblé des personnes de toute la grande région qui, en venant soutenir la famille de Julien, mort au sein de la prison il y a une semaine, ont découvert l’horreur du fonctionnement de cet « établissement ». En effet, une maman n’a pas encore pu rendre visite à son gone de 14 ans enfermé à Meyzieu depuis un mois ! C’est grave. D’où l’urgence de supprimer les prisons pour mineurs, celle de Meyzieu et d’ailleurs.

Ce samedi 9 février 2008 avait lieu à la prison appe­lée E.P.M (Établissement Pénitentiaires pour Mineurs) de Meyzieu, situé à une dizaine de kilo­mè­tres de Lyon, une mani­fes­ta­tion en hom­mage à Julien décédé il y a tout juste une semaine, le samedi 2 février.

Ce jeune de 16 ans avait été incar­céré le 17 décem­bre pour un mois, pour des inci­dents sans grande impor­tance. Accablé, il avait mis le feu à sa cel­lule. Après cet appel au secours inau­di­ble, la juge avait décidé de le placer en réclu­sion pour dégra­da­tions. Il n’a pas pu résis­ter et a mis fin à ses jours.

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De nom­breu­ses per­son­nes se sont dépla­cées, de toute l’agglo­mé­ra­tion lyon­naise, mais aussi de la grande région, de Dijon, Grenoble, St-Etienne, Valence, Montélimar... afin de dénon­cer ces lieux bar­ba­res où sont enfer­més des mineurs âgés de 13 à 18 ans.

Venu de Montélimar, Alain Fort, avocat du père de Julien, a redit qu’il n’aurait jamais du être empri­sonné. Julien aurait accepté sans mal de faire des tra­vaux d’inté­rêt géné­ral. Mais avec cette répres­sion à tout va, veut-on mettre en prison le maxi­mum de jeunes fichés dès la tendre enfance parce que de famille mono­pa­ren­tale, parce que de famille modeste, parce que de parents ou de grands-parents étrangers ? Les éducateurs eux-mêmes disent que les EPM ou pri­sons pour mineurs à marche forcée ne peu­vent en rien avoir un rôle éducatif. Cet enfer­me­ment inu­tile, Julien ne l’a pas sup­porté.

Après le ras­sem­ble­ment à 15h30 devant la mairie de Meyzieu un cor­tège s’est formé et a défilé dans les rues de la ville. On pou­vait lire sur des ban­de­ro­les et des pan­car­tes « Prison = machine à détruire », « Vérité cachée, famil­les mépri­sées », « Prison assas­sine » « État cou­pa­ble » et aussi « E.P.M. Éducation Par la Matraque », « Pas d’enfants en prison »... que l’on pou­vait enten­dre scan­der par des mani­fes­tants déter­mi­nés, ainsi que : « Amara, Yade, Dati, cani­ches de Sarkozy », « Police par­tout, jus­tice nulle part ! », « Souvenons nous de Julien, qui est mort comme un chien ».

Le défilé est arrivé à quel­ques cen­tai­nes de mètres de la prison, dans le quar­tier du Mathiolan, et a quitté le par­cours prévu pour tra­ver­ser une petite cité popu­laire, où les rési­dents sor­taient pour voir ce qui se pas­sait, et venaient dis­cu­ter avec les mani­fes­tants. C’est ainsi que l’on a eu confir­ma­tion que très sou­vent des hur­le­ments d’enfants pro­vien­nent de l’inté­rieur de l’EPM. Les habi­tants, que les auto­ri­tés ont essayé d’ama­douer par des pro­mes­ses d’amé­na­ge­ment du sec­teur, d’emplois pos­si­bles, et même par l’inter­mé­diaire des enfants par des inter­ven­tions dans les écoles de Meyzieu, ces habi­tants sont aujourd’hui très inquiets de tout ce que l’on cache au sein de cette prison. On apprend également que des odeurs d’incen­die étaient per­cep­ti­bles ven­dredi en fin d’après-midi et que les pom­piers sont inter­ve­nus à l’inté­rieur de la prison ce 8 février.

Impossible d’attein­dre le grillage de l’établissement, de nom­breux CRS ou gen­dar­mes mobi­les étaient postés avec leurs matra­ques à atten­dre les mani­fes­tants. Ce même samedi, au même moment que la mani­fes­ta­tion, c’est dire comme le gou­ver­ne­ment se sent mal dans cette his­toire de pri­sons pour mineurs, mais ne veut pas en démor­dre, la sinis­tre Rachida Dati, elle-même, s’était dépla­cée pour prôner comme quoi il y aurait quand même une cer­taine uti­lité à ces pri­sons.

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Certains ont pris la parole pour expli­quer l’hor­reur d’enfer­mer des enfants. Les mani­fes­tants ont fait une minute de silence à la mémoire de Julien. Des jeunes, fou­lards sur le visage, ont essayé de convain­cre les CRS de les rejoin­dre mais sans grande réus­site !

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Dans une lettre qui a été lue, le père de Julien excuse son absence et celle de toute la famille à cette mani­fes­ta­tion car il a dû emme­ner le corps de Julien pour l’enter­rer au Maroc. Il a chau­de­ment remer­cié les mani­fes­tants d’être venus et affirmé qu’il avait porté plainte, car son fils est mort selon lui de façon sus­pecte, en effet le cou de Julien ne porte aucune marque de stran­gu­la­tion, par contre son corps est plein de traces de brû­lu­res ainsi qu’une main.

Moments intenses

Une mère de famille, en larmes, a pris la parole et a témoi­gné de façon émouvante que son fils de 14 ans est enfermé dans cette même prison et qu’elle n’a pas pu le voir depuis un mois.

Supprimons les EPM ! Supprimons les prisons pour mineurs !

Photos de Daniel Brunel

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  • Le 7 mars 2008 à 17:53

    Juste y’a des moments où les manifs symboliques riment à quoi ? A une poignée de militants qui n’ont même pas la rage, qui défilent calmement dans une ville morte... A quoi a servi cette manif puisque les mômes n’ont même pas pu nous entendre, n’ont même pas pu savoir qu’il y a du monde dehors qui pense à eux, qu’ils sont pas juste complétement tout seuls ? Alors oui, dépasser le cordon de CRS aurait au moins permis de leur faire connaître notre présence. C’est la même chose dans toutes les manifs « symboliques » anti-prison, on a tendance à oublier que dehors on est libre, mais qu’à l’interieur ils sont la rage et que notre lâcheté les fait gerber... detruisons toutes les prisons !

  • Le 16 février 2008 à 10:57

    C’est un autre qui te répond.

    Offensive libertaire a fait un très bon numéro (8) sur ce thème. Aussi le journal L’envolée N°3 dont un extrait est en ligne

  • Le 13 février 2008 à 22:25

    Renseigne nous donc, camarade. S’ile te plaît, éclaire-nous de la lumière de ta synthèse sur les comités prisons et Os-Cangaceiros : j’aime bien la sagesse qui transpire de ton post. Merci d’avance.

  • Le 12 février 2008 à 23:25

    Merci pour la précision, c’est rectifié.

  • Le 12 février 2008 à 21:23

    Ce n’était pas boutin, dati, amara, mais dati, yade, amara:caniches de sarkozy....

    A bon entendeur........ bien fraternellement et sans ressentiment, ni rancoeur, camarade insurectionnaliste nicoducaire....

    le « gentil go », modeste « éducationniste-réalisateur* ».....

    *CF:GAETANO MANFREDONIA « anarchisme et changement social »

    salut a toutes et a toutes et merci.

  • Le 12 février 2008 à 11:50

    Un reportage de l’émission RocKnRouL sur Radio Canut sur cette manif est écoutable en cliquant ici

  • Le 11 février 2008 à 22:55

    Les deux commentaires m’ont fait réagir car ils ont tout les deux mis le point sur ce qui fait mal dans les mouvement actuels (et depuis trop longtemps). C’est en effet terrible de voir que la lutte contre les prisons se réduise à de ridicules petites manifs familiales alors que la misère qui transpire de derrière les murs devrait nous donner la rage suffisante pour en finir avec ce vieux monde. C’est en effet terrible de voir que certaines personnes rêvent de transformer une manif organisée, déclarée, du samedi ensoleillé en machine à casser des murs ou en défouloir de notre rage logique. Ceci aurai été un carnage et nous aurai desservi (comme disent les bonnes militants) mais c’est logique que la misère de la lutte nous pousse à imaginer des stratégies élaborées pour espérer que ça change un jour. Il me parait important de se souvenir des luttes d’il y a quelques années,où l’on se battait contre les flics pour leur faire subir des dégats, car c’était clair que nous étions ennemis (mais le rap. de force était différent). A l’époque, les graffitis sur les murs des prisons (et ailleurs) contre toutes les prisons n’étaient pas rare, les actions clandestines visant à déstabiliser le pouvoir ou en tout cas à faire du mal au portefeuille de l’Etat cotoyaient les actions symboliques des citoyens et des intellectuels de gauche. C’est là qu’il y a une différence capitale entre maintenant et avant : il ne faut pas tout mélanger et c’est ce qui ce passe. Un sabotage de chantier de prison ou une série de tag sur ses murs (par exemple) n’a pas de raison d’être si la population ne sait même plus les horreurs qui s’y vivent. Une manif plan plan ne sert à rien si l’on oublie que la prison fait partie intégrante de ce monde. C’est en acceptant de faire cohabiter ces deux formes d’actions qu’elles trouvent des perspectives et que le chemin vers la fin de ce monde se découvre. J’entends déjà des critiques qui pensent que la casse ou la manif à un sens en soit, je suis d’accord, se défouler ou se dire que c’est déjà ça, c’est important pour ne pas mourir. Mais il est impératif de sortir de cette logique. Sans révolution pas de hic, nous crèverons rue Copernic.

    Il est intéressant de se renseigner sur les actions des comités prisons ou Os-cangaceiros dans les années 80 et 90...

  • Le 11 février 2008 à 20:03

    Quand on gueule « pas d’enfants en prison » c’est parce que la manif était axé sur l’EPM de Meyzieu et du suicide récent, ça ne veut pas dire qu’on est forcément pour les prisons en général...

    « on aurait pu croire qu’on allait avancer » on était contre les gardes mobiles, avancer plus c’était aller à l’affrontement et vue le rapport de forces et les armes en notre possession ça aurait fait des blessés et des arrestations pour rien du tout.

    « le GO appelle à la dispersion » : bah fallait attaquer toi nicoducaire monter l’exemple que t’étais prêt à passer les cordons, à aller ouvrir la prison et à faire la révolution à 10 contre les gardes mobiles...

    Quant à ton délire sur les enfants qui lancent des slogans...no comment, y a eu plein de slogans radicaux bien avant... Si tu veux attaquer une prison, je serais pret à te soutenir mais arrête de penser que ça partira d’une manif de ce genre là, annoncée depuis une semaine avec pleins de journalistes... Y a déjà eu dans les années 70 des attaques de prisons mais pour ça c’est des commandos clandestins avec armes... Je respecte ton choix de partir dans une résistance armée, mais fais là vraiment au lieu de jouer le warrior dans les manifs symboliques...
    Cordialement quand même, salut à toi !

  • Le 11 février 2008 à 16:04, par nicoducaire

    Ce samedi 09 février 2008, quelques dizaines de personnes venant de toute la « grande région » (Lyon, Dijon, Grenoble, St-Etienne, Valence, Montélimar) sont réunies pour protester contre la mort d’un jeune dans la prison pour mineurs (EPM) de Meyzieu la semaine d"avant.

    Meyzieu, charmante petite bourgade résidentielle dans la banlieue de Lyon, est loin d’être un foyer de contestation : le long de ses rues ensoleillées (Gambetta, République…), les villas individuelles succèdent aux résidences biométriques, les affiches de l’ump fleurissent…

    Vers 15h30, départ de la manif devant la mairie de Meyzieu… Des camarades de la LCR, badgés et drapeautés, sont présentEs et visibles, on leur demande de se mettre au fond…
    Devant le cortège : une voiture de police…
    Derrière : une voiture de police…
    Sur les côtés : les locaux de campagne de l’ump et du modem, qui nous regardent passer sans broncher…
    Au milieu : des hauts-parleurs, manifestement tenus par des citoyenNEs pleinEs de bonnes intentions…

    En ce samedi après-midi ensoleillé, on flâne donc dans les rues de Meyzieu aux volets fermés, s’arrêtant parfois (mais pas question de bloquer la circulation), repartant…

    Des slogans sont lâchés : « pas d’enfants en prison, pas de prison pour enfants »… comme si les prisons pour adultes étaient plus acceptables… comme si les « adultes » étaient des gens responsables et pleinEs d’expérience, et que les « enfants » n’étaient que des êtres « en devenir », qu’il faut protéger et « éduquer », mais pas punir… comme si nous n’étions pas avant tout des êtres humains, et qu’il est inacceptable d’enfermer un être vivant quel qu’il soit…
    Tiens, en parlant d’êtres vivants : « souvenez-vous de Julien, décédé comme un chien »… comme le fait remarquer une manifestante, les chiens sont en France souvent beaucoup mieux traités que certains êtres humains… et j’ai encore rarement rencontré de chiens suicidaires…
    Les chiens seront décidément les invités de marque de cette manif : « Boutin, Dati, Amara, caniches de Sarkozy ». J’ai certes pas beaucoup d’affinités pour les caniches, mais je n’irais quand même pas jusqu’à les comparer à Rachida Dati ! Et puis, comme si c’était surprenant que des ministres exécutent les ordres du président de la République (démocratiquement élu, bla bla)… comme si c’était pas le système politique qui avait un problème, mais juste ses représentantEs…

    Bref on l’a compris, l’ambiance est à la radicalité… On entend bien certes, des « personne en prison » et « pierre par pierre, mur par mur, nous détruirons toutes les prisons », mais il semble que ça ne plaît pas trop aux GO à sono…

    Peu avant d’arriver devant l’EPM, la manif dévie de son trajet (enfin !), pour s’enfoncer dans des quartiers « populaires »… Plusieurs personnes nous rejoignent, notamment des jeunes du quartier, qui commencent à crier « à bas, à bas, à bas sarko ! » Bizarrement, quand ça vient d’enfants, les slogans sont plus facilement repris… Ca doit être ça le charme de la jeunesse…

    Bref, on arrive bientôt en vue de l’EPM, qu’un – lâche – cordon de gardes mobiles surveille (les mêmes que 3 semaines avant devant le CRA). L’espace d’un instant, on aurait pu croire qu’on allait continuer à avancer, mais la manif s’arrête à quelques mètres des playmobiles, banderole et haut-parleur en tête évidemment… Du coup, le cordon triple ses effectifs… Au micro, quelques interventions intéressantes : une mère en larmes témoigne qu’elle n’a pu voir son fils enfermé dans l’établissement depuis un mois, un autre relate que le père de Julien (le jeune « suicidé ») a porté plainte car il a de bonnes raisons de douter de la thèse du suicide… Le corps de son fils ne porte pas trace de strangulation, mais plusieurs brûlures, notamment à la main…

    Au bout d’un moment, le GO nous informe qu’il est « obligé d’appeler à la dispersion » de la manif… Tiens d’ailleurs, où sont passéEs les camarades de la LCR ? Une bonne citoyenne prend le micro pour faire remarquer que les flics « ne font que leur travail » et se fait copieusement huer…

    Bon, ben du coup, c’est la fin de la manif, chacunE s’en retourne pour profiter des derniers rayons de soleil, après tout, c’est le week end…

    Les plus motivéEs pourront se retrouver dans un nouveau lieu , et assister à un bon concert en attendant les prochains événements…

    La suite au prochain numéro…


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    L’ opé­ra­tion « cartes pos­ta­les » est une énième action en sou­tien à Guilherme et sa famille.


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