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Contre les agressions transphobes, à la poubelle les chrysanthèmes !

Publié mardi 10 novembre 2009
 

Des fois je trouve que le TDoR est un fichu nom. Je n’aime pas plus que ça les commémorations et les lamentations. Oui, il faut vous dire que cet acronyme hermétique signifie en anglais Trans Day of Remembrance, le jour du souvenir trans en français. Or, « jour du souvenir », hein, ça fait chrysanthèmes et mines compassées. Passivité quoi. Regrets éternels - si seulement les trans pouvaient n’être qu’un mauvais souvenir, les vraies gentes leur dédieraient même volontiers un petit mausolée.

Perdu ! En fait le TDoR est une très vivante occasion de rage et de protestation contre la haine et le mépris tout à fait spécifiques et souvent meurtriers dont sont la cible les personnes trans, dans toute la société indexée sur l’évidence qu’on est dès le début et à vie « une vraie femme » ou « un vrai homme », point - et que les trans ne sont que des contrefaçons inquiétantes. La compassion et la culpabilité, qui semblent désormais prendre souvent le pas sur l’analyse politique et morale, supposent que l’on ait envie de s’identifier à l’objet de compassion, à la pauvre opprimée, dans un maternalisme envahissant qui se cache souvent mal. Mais quelle personne bio, c’est-à-dire n’ayant jamais changé de genre, aurait envie de s’identifier à une personne trans ? Et même alors, avec quels motifs réels et jusqu’où ?

C’est là la souche et le principe des agressions et abus qui nous touchent. Même les sourires les plus hypocrites et les plus permanents cachent fréquemment le dégoût et la haine, voire la peur. Et quand ils couvrent l’exotisation et les fantasmes, c’est tout aussi destructeur. D’ailleurs, la facilité avec laquelle les personnes bio passent des uns aux autres révèle le fond commun. L’étrangéité reste à ce jour irréductible. Et il ne s’agit pas de nous en plaindre comme d’une aberrante injustice. Tout cela repose sur l’habituel principe social de complicité structurelle entre personnes de même statut, et de statut qui fait référence - et qu’on n’abandonne pas volontiers, même si on aime pêcher en eaux troubles. Qui est ce qui est bon et désirable. Les hommes comme classe par rapport à la classe des femmes, les bio comme classe par rapport à… existe-t-il déjà une classe trans ? Je ne sais pas. On ne sort pas une histoire sociale comme un lapin d’un chapeau, mais nous sommes là, et de plus en plus nombreuXses. Et la haine, le rapport d’oppression comme le rapport de fantasme et d’exotisation qui nous poursuivent créent petit à petit une sorte de rapport de classe, par force.

Alors voilà, tout simplement, et sans chrysanthèmes ni pleurs, l’association Chrysalide, ainsi que Vendredi13, vous convient le 20 novembre, à 20h, au cinéma Opéra (6, rue Joseph Serlin, le long de l’Hôtel de Ville), pour venir partager notre colère, et voir « L’ordre des mots », très beau film-documentaire de Cynthia et Mélissa Arra. Cette soirée est organisée par Chrysalide en association avec la Lesbian and Gay Pride de Lyon et Ecrans Mixtes.

Plume(s)

La projection sera précédée d’une présentation, et suivie d’un débat d’une heure, en présence de David et Sophie de Chrysalide.

Plein tarif : 6,50 €
Tarif réduit : 5,50 € (adhérent-e-s LGBT, seniors, chômeur-euse-s, étudiant-e-s).

Chrysalide, association militante de support et de diffusion d’informations sur la transidentité
Téléphone : 06 34 42 51 92
E-mail : chrysalidelyon yahoo.fr
Site Internet : chrysalidelyon.free.fr
Permanences les troisièmes samedi du mois à 16h au Forum Gay et Lesbien, rue Romarin dans le premier arrondissement.

Vendredi13, groupe f-trans féministes
Téléphone : 06 75 30 19 54
E-mail : vendredi13 poivron.org
Blog : http://lapetitemurene.over-blog.com


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