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A toute allure. La lutte du Val Susa contre le TGV Lyon-Turin

Publié le 24 août 2009

De 1996 à fin 2005, état des lieux de la lutte, toujours en cours, menée en Italie contre le TGV Lyon-Turin.

Sabotages, manifestations, blocages, occupations, actions directes, textes critiques, etc.

Article originellement publié sur http://infokiosques.net

A toute allure

La lutte du Val Susa contre le TGV Lyon-Turin

par Quelques révol­tés métro­po­li­tains

Après avoir sou­te­nue l’incen­die qui s’est déve­loppé à partir de fin octo­bre dans tout le pays, dépas­sant lar­ge­ment l’épiphénomène « jeunes de cités » pour conta­mi­ner de larges zones du ter­ri­toire, impli­quer des dizai­nes de mil­liers de noc­tam­bu­les, et frap­per com­mis­sa­riats, écoles, bus, entre­pôts et autres super­mar­chés, nous n’avons pu regar­der que d’un oeil bien­veillant la révolte du Val Susa, de l’autre côté des Alpes.

Concernant la popu­la­tion entière de cette étroite vallée située entre Modane et Turin, la rage explose contre les débuts de la cons­truc­tion d’une ligne de train fret/voya­geurs à grande vitesse. Bien sûr il y a l’ura­nium et l’amiante qu’ils doi­vent bouf­fer avec les futurs tra­vaux, bien sûr il y a le bruit pour vingt ans, bien sûr il y a la mon­ta­gne éventrée pour le profit de quel­ques uns. Mais il y a sur­tout la volonté de pré­ser­ver envers et contre tout - la tech­no­lo­gie, le pro­grès ou le choix des démo­cra­tes élus - un cer­tain rap­port à leur envi­ron­ne­ment et la pos­si­bi­lité de déci­der par eux-mêmes de leur vie.

Des sabo­ta­ges entre 1996 et 1998 aux mar­ches sur les sen­tiers des par­ti­sans, puis des mani­fes­ta­tions aux grèves sau­va­ges, des blo­ca­ges de route et voies fer­rées aux durs affron­te­ments avec la fli­caille pour empê­cher les pre­miers son­da­ges de ter­rain, ils ont su user en quel­ques mois d’une grande partie du lan­gage de la cri­ti­que pour affir­mer qu’ils ne veu­lent pas de cette Grande Vitesse.

Et non content de fêter joyeu­se­ment en ces mois d’hiver chaque recul des tech­ni­ciens venus fouiller la vallée avant de la déchi­rer, ils pous­sent en plus le comble jusqu’à se confron­ter dans de larges assem­blées, réflé­chir ensem­ble et com­plo­ter contre ce monde.

Si cette atta­que de la civi­li­sa­tion a su trou­ver une réponse col­lec­tive qui nous en rap­pelle d’autres (contre le nucléaire à Plogoff ou Chooz par exem­ple), elle nous a comme pre­mière soli­da­rité pous­sés à publier ce petit dos­sier en guise d’anti­pasto.

Quelques révol­tés métro­po­li­tains

Toujours plus vite

Le plai­sir de voya­ger, entendu comme aven­ture et décou­verte, est une chose. La néces­sité de se dépla­cer le plus rapi­de­ment pos­si­ble en est une autre. La Grande Vitesse n’est rien d’autre que la réponse à cette fausse néces­sité : celle de par­cou­rir le plus grand espace en le moins de temps pos­si­ble. Mais de quel espace et de quel temps par­lons-nous ? Vite fait bien fait de Turin à Paris et de Paris à Turin, agrippé à ses vingt-quatre heures, chacun trou­vera à la gare d’arri­vée le même sand­wich, le même coca et le même ennui qu’il a laissé à la gare de départ.

Avec la Grande Vitesse, il sera pos­si­ble de rejoin­dre le même ennui, le même coca et le même sand­wich en cinq heures plutôt qu’en dix. Ben dis-donc ! C’est ça le pro­grès dont l’idéo­lo­gie arrête si sou­vent la cri­ti­que, et qui nous rend bouche bée d’admi­ra­tion ? Eh oui. Et c’est le pre­mier men­songe qu’on doit démas­quer.

Le gain de temps, qu’on nous deale comme un besoin humain que chacun devrait pou­voir satis­faire, ne répond en fait qu’aux inté­rêts du capi­tal et de sa repro­duc­tion : la réduc­tion de la vie quo­ti­dienne à une res­source de moments com­plè­te­ment équivalents entre eux, une course néces­saire et rapide qui ne lais­se­rait aucune place à des pen­sées ou désirs qui ne seraient pas une nou­velle mar­chan­dise à consom­mer. Qu’il s’agisse d’un pique-nique en famille, d’une pizza entre amis ou d’une jour­née de ski.

C’est donc ça notre vie ? Il sem­ble­rait que oui. Paradoxalement, ce n’est pour­tant que lors­que chaque ins­tant est devenu égal aux autres, lors­que chaque endroit est devenu iden­ti­que, que le fait de se dépla­cer le plus rapi­de­ment pos­si­ble est devenu une conquête.

Il y a bien sûr ceux qui se plai­gnent que la Grande Vitesse éventrera des val­lées, dévas­tera des jar­dins, assé­chera les géra­niums au bord des fenê­tres ou tien­dra éveillés ceux qui auront la mal­chance de vivre aux alen­tours de son pas­sage.

C’est vrai, mais il y a plus.

La Grande Vitesse n’est pas seu­le­ment une atta­que contre la vie de quel­ques val­lées, mais une atta­que contre le sens de la vie même. C’est un signe des temps sans équivoque, un temps où le men­songe est néces­saire au capi­tal pour se main­te­nir. Et c’est bien ça le hic.

Le pro­grès, l’économie et la pro­duc­tion, dès lors que leur fonc­tion d’opti­mi­ser les res­sour­ces humai­nes s’est épuisée, se sont main­te­nus en vie et tour­nent à vide pour une foule de cré­du­les apeu­rés qui n’osent pas se libé­rer. Ceux qui admi­nis­trent tout cela ne sont alors plus bons à rien. Pour conti­nuer à exis­ter, ils doi­vent ainsi se conten­ter de réa­li­ser des noci­vi­tés : les Trains à Grande Vitesse par exem­ple.

Ceux-là, comme le capi­tal, cou­rent comme des fous sur un quai sans issue.

Réussirons-nous à les faire dérailler ?

Anarchici val­dos­tani

[Tract dis­tri­bué à la mani­fes­ta­tion turi­noise du 14 mars 1998]

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Un passé de sabotages

1996

23 août : Deux molo­tovs sont lancés près de Bussoleno contre la foreuse uti­li­sée pour sonder le sous-sol. Des tags contre le Tav sont trou­vés sur place. 50 000 euros de dégâts.

27 novem­bre : Une cabine électrique de la ligne fer­ro­viaire Turin-Modane est incen­diée sur les hau­teurs de Bruzolo. Des tags contre le Tav sont trou­vés sur place.

24 décem­bre : Les trans­for­ma­teurs électriques d’un relais de télé­vi­sion de la Rai et d’un relais de télé­phone Omnitel à côté sont incen­diés près de Mompantero. Des coups de fusils sont tirés contre les deux cabi­nes. On retrouve écrit sur une église voi­sine « Valsusa libera ».

1997

26 jan­vier : Du liquide inflam­ma­ble est jeté sur les par­ties électriques et le tableau de com­mande d’une foreuse à Crotte di Chianocco. On retrouve sur place des tags contre le Tav et les Mondiaux de ski. 10 000 euros de dégâts

6 février : Le géné­ra­teur de cou­rant d’un chan­tier où opère une foreuse saute à l’aide d’un mélange de liquide inflam­ma­ble et de poudre de car­tou­ches près de Mompantero. Des tags contre le Tav et les Mondiaux de ski sont lais­sés sur place. 15 000 euros de dégâts. Un relais de télé­phone situé à côté est aussi touché, sa cabine électrique se prend des coups de fusils.

18 mars : Après avoir péné­tré de nuit dans le tunnel de l’auto­route A32 à Giaglione, des sabo­teurs ano­ny­mes font sauter son canal de dis­tri­bu­tion électrique à la dyna­mite. Sans reven­di­ca­tion. Plus de 25 000 euros de dégâts.

21 mai : Double atta­que dans la zone de Mompantero. Les câbles d’un relais de télé­vi­sion Mediaset sau­tent à la dyna­mite à Bianco, tandis qu’une foreuse brûle à Moetto. Sans reven­di­ca­tion. 35 000 euros de dégâts.

15 octo­bre : La maison d’Ugo Iallasse, diri­geant de la Sitaf (qui gère l’auto­route de Fréjus qui passe dans la vallée), se prend de puis­sants pétards.

4 novem­bre : Une explo­sion endom­mage deux relais situés sur les hau­teurs de Borgone di Susa. Leurs anten­nes ser­vaient à plu­sieurs chaî­nes télés et radios, ainsi que de pont-radio pour les cara­bi­niers.

10 novem­bre : Explosion man­quée d’un dis­po­si­tif feu/bon­bonne de gaz contre une cabine électrique de blo­cage de la ligne fer­ro­viaire Turin-Modane. Un tag contre le Tav qui ne semble pas récent est retrouvé sur place.

1998

20 jan­vier : Après avoir dérobé de l’outillage, des inconnus incen­dient de nuit la mairie de Caprie. Le feu, par­venu au garage muni­ci­pal, pro­vo­quera une explo­sion cau­sant de lourds dégâts à l’édifice.

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Mais bordel, où veulent-ils donc aller si vite ?

Un lieu commun voit les mon­ta­gnards comme des per­son­nes tran­quilles et paci­fi­ques. Des gens sereins qui vivent dans des endroits pré­ser­vés. Peut-être les mon­ta­gnards du Val Susa étaient-ils autre­fois tran­quilles et paci­fi­ques. Depuis quel­ques temps en revan­che, ils sont plutôt enra­gés. Le pro­grès et l’argent veu­lent en effet bouf­fer leur vallée qui, comme beau­coup d’autres endroits du monde, est déjà en piteux état.

C’est à tra­vers le Val Susa que devrait passer la ligne de train TAV/TAC (Train à Grande Vitesse/Train à Grande Capacité, res­pec­ti­ve­ment pour les pas­sa­gers et les mar­chan­di­ses) de Turin à Lyon, fai­sant partie d’un projet de mobi­lité « rapide » au niveau euro­péen. En par­tant de Turin, le train super-rapide devrait tra­ver­ser un pre­mier tunnel (Musinè-Gravio) de 23 kilo­mè­tres de long, pour débou­cher dans la Vallée Haute, où un autre tunnel de 53 kilo­mè­tres devrait réunir Venaus en Italie à St Jean-de-Maurienne en France. Incroyable, pas vrai ? Ne serait-ce que par la quan­tité d’amiante et d’ura­nium qui sor­tira de ces gros trous, pour se déver­ser avec la brise du soir sur les vil­la­ges de la vallée et sur Turin. La ligne à grande vitesse est pré­sen­tée dans les médias (en par­ti­cu­lier par TG3 et le jour­nal La Stampa, qui appar­tient à Agnelli le patron de FIAT) comme une béné­dic­tion qui sau­ve­rait le Piémont du déclin économique. Des études indé­pen­dan­tes ont pour­tant relevé que du point de vue des trans­ports, ce projet est tota­le­ment inu­tile. La ligne fer­ro­viaire déjà exis­tant est à peine exploi­tée à la moitié de sa capa­cité. En somme, il suf­fi­rait d’inves­tir (et moins) pour main­te­nir en ser­vice la ligne pré­sente. On éviterait entre autre les mas­sa­cres liés au manque de sécu­rité, comme celui de Crevalcore ou, par chez nous, de Madonna dell’Olmo.

Il est évident que la cons­truc­tion de lignes à grande vitesse est un ban­quet exquis pré­paré pour les grands grou­pes indus­triels et finan­ciers. Il suffit de rap­pe­ler que parmi les prin­ci­paux inté­rêts économiques qui sont der­rière le TAV se trouve le clan Agnelli. Les dom­ma­ges envi­ron­ne­men­taux liés à la cons­truc­tion de la nou­velle ligne de train seront énormes pour le Val Susa, avec des nappes phréa­ti­ques assé­chées par les fouilles, une pol­lu­tion sonore et, sur­tout, un mil­lion de mètres cubes extraits, conte­nant de l’amiante et de l’ura­nium.

Ce qui se tra­duira pour la santé des habi­tants du Val Susa et des turi­nois par des méso­thé­lio­mes (un cancer de la plèvre pro­vo­qué par l’inha­la­tion de l’amiante, mortel dans 100% des cas) et des lym­pho­mes (pour être clair, ce dont sont mala­des les mili­tai­res qui ont été expo­sés aux pro­jec­ti­les à l’ura­nium au Kosovo).

La popu­la­tion de la vallée lutte depuis des années contre ce projet. Cette oppo­si­tion tenace a fait pati­ner pen­dant des années les son­da­ges à partir des­quels par­ti­rait la cons­truc­tion de la ligne à grande vitesse. Au début de l’automne, le gou­ver­ne­ment et les entre­pri­ses pres­ta­tai­res ont prévu de donner le feu vert au début des tra­vaux, mais la popu­la­tion occupe désor­mais depuis des mois les sites où devraient ouvrir les chan­tiers.

Rappelons la marche du samedi 4 juin 2005, qui a vu défi­ler 30 000 per­son­nes pour dire aux chefs de bord qu’ils ne vou­laient pas enten­dre parler de grande vitesse.

Rappelons aussi les nom­breu­ses actions de sabo­tage contre les pre­miers rele­vés de ter­rain, à cheval entre 1997 et 1998. Trois anar­chis­tes furent accu­sés d’entre être les auteurs, et dénon­cés comme étant des « éco-ter­ro­ris­tes » (terme curieux qui défi­nit ceux qui défen­dent l’envi­ron­ne­ment contre les grif­fes du capi­tal). Des années après, le procès s’est ter­miné sans que les juges puis­sent prou­ver leurs accu­sa­tions, mais deux d’entre eux, Edoardo Massari et Maria Soledad Rosas, étaient déjà morts en incar­cé­ra­tion.

Leur fin dra­ma­ti­que nous rend encore plus déter­mi­nés à ne pas bais­ser la tête.

Vendredi 9 sep­tem­bre 2005, de 16 à 20h, se tien­dra un ban­quet infor­ma­tif devant la gare.

Parce que nous sommes soli­dai­res avec la lutte contre cette bala­fre sup­plé­men­taire contre l’envi­ron­ne­ment et ceux qui y vivent.

Parce que nous sommes cons­cients que la grande vitesse n’est qu’une des grif­fes (qui se nomme ailleurs tun­nels, mégas-digues, infra­struc­tu­res olym­pi­ques, anten­nes et pylô­nes, etc.) avec les­quel­les le pou­voir attente à nos vies et à notre terre. Partout.

Parce que nous vou­lons lancer un signal à ceux qui met­tent en place le TAV : même en dehors du Val Susa, leur noci­vité ren­contrera l’hos­ti­lité qu’elle mérite.

[Tract ita­lien dis­tri­bué simul­ta­né­ment dans plu­sieurs villes alpi­nes avant le début annoncé des tra­vaux en Val Susa]

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Amiante et uranium sont sur un bateau. Qui c’est qui crève ?

L’ouvrage prin­ci­pal de la ligne Lyon-Turin est un tunnel de 53 km sous les Alpes qui unira St-Jean-de-Maurienne à Venaus. Sa portée est telle qu’il néces­site de recueillir un nombre d’infor­ma­tions consi­dé­ra­ble avant d’enga­ger le projet défi­ni­tif vers 2009.

Les tra­vaux de base por­tent donc prin­ci­pa­le­ment sur le creu­se­ment de quatre des­cen­de­ries et gale­ries de reconnais­sance à Modane/Villarodin-Bourget, St-Martin-la-Porte et La Praz en France, Venaus en Italie.

Les des­cen­de­ries sont des ouvra­ges sou­ter­rains de plu­sieurs kilo­mè­tres qui per­met­tent de rejoin­dre, au cœur du massif, le niveau du futur ouvrage prin­ci­pal, le Tunnel de base. Au cours des dif­fé­ren­tes phases d’uti­li­sa­tion, les des­cen­de­ries rem­plis­sent trois fonc­tions : en phase d’études, elles don­nent accès aux pre­miè­res gale­ries de reconnais­sance, ce qui aide à mieux connaî­tre la struc­ture géo­lo­gi­que du ter­rain et à pré­ci­ser les métho­des de cons­truc­tion, les coûts (il est prévu de dépen­ser 550 mil­lions d’euros rien que pour cette phase de reconnais­sance) et les délais défi­ni­tifs. Ensuite, vien­dra peut-être le temps des tra­vaux de réa­li­sa­tion du tunnel de base et, à ce moment, elles don­nent la pos­si­bi­lité de le creu­ser depuis les 17 points d’atta­que prévus. Enfin, une fois le tunnel réel en ser­vice vers 2020, les des­cen­de­ries ser­vi­ront à sa ven­ti­la­tion et d’accès aux équipes de main­te­nance.

Les trois des­cen­de­ries sont déjà en tra­vaux : après une pre­mière phase de début 2002 à juillet 2004, l’exca­va­tion de la des­cen­de­rie de Modane doit repren­dre fin 2005 jusque mi-2007. La des­cen­de­rie de Saint-Martin-la Porte a com­mencé en second, début 2003, et devrait être ache­vée mi-2006. Enfin, le début des tra­vaux de la der­nière des­cen­de­rie côté fran­çais, celle de La Praz (située sur la com­mune de Saint-André) a offi­ciel­le­ment été inau­guré le 13 octo­bre 2005. La gale­rie de reconnais­sance de Venaus, en Italie, n’a tou­jours pas été conquise par la CMC, la coo­pé­ra­tive à la tête du consor­tium qui doit la réa­li­ser.

Enfin, après ce tunnel prin­ci­pal qui sort à Venaus, le tracé pré­voit ensuite de creu­ser 44 km à flanc de mon­ta­gne entre Bruzolo (Val Susa) et Settimo Torinese (péri­phé­rie de Turin), dont 23 km de tunnel de Grange à Borgone. Ce der­nier s’accom­pa­gne de trois gale­ries secondai­res (des « fenê­tres de sécu­rité ») dans les vil­la­ges de Rivera, Caprie et Grangetta.

En Val Susa, ce sont près de 1,15 mil­lions de mètres cubes de roche conte­nant de l’amiante qui vont être extraits et sto­ckés un peu plus loin, à Tetti S. Mauro. L’amiante est un miné­ral fibreux qui, réduit à l’état de poudre, en par­ti­cu­les micro­sco­pi­ques, est faci­le­ment dis­persé par le vent avant d’être res­piré. Le méso­thé­liome, un cancer des pou­mons qui se déve­loppe 15-20 ans après ces inha­la­tions, est mortel dans 100 % des cas et conduit à la mort envi­ron 9 mois après le diag­nos­tic. Quant à l’ura­nium, réper­to­rié depuis 1965 dans le massif d’Ambin, il sera extrait 15 mil­lions de mètres cubes en conte­nant : inhalé, il cause le lym­phome, un cancer non moins péni­ble, sans comp­ter qu’il aura l’agréa­ble plai­sir de conta­mi­ner de façon incom­men­su­ra­ble les nappes phréa­ti­ques d’une part, les cours d’eau qui ser­vi­ront d’irri­ga­tion aux chan­tiers ensuite.

Le meilleur argu­ment du monde en faveur du Turin-Lyon, s’il en exis­tait un, ne vaudra jamais ces consé­quen­ces-là sur une popu­la­tion.

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A Sarà Düra (Vous allez en chier)

En 1990, le Conseil de la Communauté euro­péenne approuve un plan direc­teur de cons­truc­tion d’un réseau euro­péen de 30 000 km de lignes de train à grande vitesse, afin de relier tou­jours plus vite les grands pôles économiques d’Europe et de faire cir­cu­ler la mar­chan­dise et les riches en des temps dignes d’une société ultra­mo­derne. L’axe prio­ri­taire n°6 confirmé le 16 novem­bre 2005, part de Lyon et passe par Turin, Milan, Venise, Trieste et Budapest pour finir vers Kiev. La liai­son Lyon-Turin, à tra­vers le Val Susa, inclut la réa­li­sa­tion d’un tunnel de 53 km. La France et l’Italie, après avoir été retar­dés par des ques­tions de gros sous depuis 1996, concluent en jan­vier 2001 l’accord devant mener ce projet à bien. Fin 2003, l’Union Européenne accepte de verser 20 % des 13 mil­liards prévus, puis 50 % en été 2004. Les pre­miers tra­vaux, après récu­pé­ra­tion des ter­rains expro­priés, devaient donc com­men­cer en Italie sous forme de son­da­ges à Borgone, Bruzolo, Chianoco, Bussoleno, Mompantero, Giaglone et de gale­rie de reconnais­sance à Venaus, sortie du futur tunnel.

2005

4 juin : La mani­fes­ta­tion en vue de remo­bi­li­ser les habi­tants de la vallée à l’appro­che des son­da­ges géo­lo­gi­ques sur les dif­fé­rents sites, qui sont la der­nière étape avant le début des tra­vaux, réunit 30 000 per­son­nes.

20 juin : La ten­ta­tive des son­deurs de venir pren­dre pos­ses­sion du site de Borgone est repous­sée par la popu­la­tion sous l’égide de leur maire. Un jour­na­liste de la télé régio­nale TG3 est chassé. La méthode pour empê­cher les tech­ni­ciens et leur foreuse de venir pren­dre pos­ses­sion des ter­rains expro­priés, qui sera uti­li­sée tout le mois, est la convo­ca­tion d’un conseil muni­ci­pal sur site du matin au soir appuyé par un ras­sem­ble­ment de la popu­la­tion.

21 juin : une cin­quan­taine de maires et conseillers muni­ci­paux sont reçus par l’adjoint aux trans­ports du conseil régio­nal. La région Piémont accorde le len­de­main un mora­toire de 3 mois avant de début des pre­miers son­da­ges, pen­sant gagner du temps afin de « convain­cre » ses têtus d’admi­nis­trés.

27 juin : La ten­ta­tive de venir pren­dre pos­ses­sion du site de Bruzolo est repous­sée par la popu­la­tion.

29 juin : La ten­ta­tive de venir pren­dre pos­ses­sion du site de Venaus est repous­sée par la popu­la­tion.

9 sep­tem­bre : Rassemblements et infor­ma­tions devant les gares de plu­sieurs villes des Alpes occi­den­ta­les en soli­da­rité avec la lutte du Val Susa.

6 octo­bre : Le minis­tre des trans­ports sus­pend au 31 octo­bre la venue de 900 flics sup­plé­men­tai­res afin de repren­dre les der­niers ter­rains à sonder. Le ras­sem­ble­ment prévu à Venaus pour s’oppo­ser aux réap­pro­pria­tions des son­deurs se tient néan­moins, mais dans une ambiance moins tendue.

13 octo­bre : Dominique Perben, minis­tre fran­çais des Transports, de l’Equipement, du Tourisme et de la Mer, inau­gure les tra­vaux de la des­cen­de­rie de La Praz en Savoie dans le cadre du chan­tier du Lyon-Turin. Elle cons­ti­tue le 3e chan­tier engagé en Savoie par Lyon Turin Ferroviaire (LTF, société franco-ita­lienne qui a en charge la partie com­mune aux deux pays).

30 octo­bre : C’est le der­nier jour, selon cer­tains cri­tè­res légaux, pour que les son­deurs se ren­dent sur les dif­fé­rents sites. Toute la vallée est blo­quée par une marée humaine, les voies d’accès aux ter­rains sont bar­ri­ca­dées. Les tech­ni­ciens et leurs foreu­ses, pro­té­gés par un mil­lier de flics, ne par­vien­nent pas à forcer les routes malgré les nom­breu­ses char­ges. Les quel­ques unités qui par­vien­nent à passer par les sen­tiers déro­bés de la mon­ta­gne sont accueillies comme il se doit lorsqu’elles attei­gnent le sommet. Les trains (dont les TGV) qui relient Modane à Turin sont blo­qués plus de 30 fois, plu­sieurs usines débrayent à la sau­vage. Le chef-lieu Susa est tota­le­ment blindé et l’on n’y rentre qu’avec ses papiers d’iden­tité. A 17h, la défaite du gou­ver­ne­ment semble consom­mée, les maires négo­cient le retrait pro­vi­soire des flics contre la levée des bar­ra­ges. La jour­née se finit par de gran­des fêtes dans les vil­la­ges.

31 octo­bre : « Trahissant » une parole qui n’engage que ceux y croient, les forces de l’ordre pren­nent tous les ter­rains ce matin-là vers 3h, notam­ment la zone de Mompantero si bien défen­due la veille. Ils sont clô­tu­rés tandis que les routes qui y mènent sont inter­di­tes à toute per­sonne. Plusieurs gares sont occu­pées en réac­tion. Les maires ten­tent une nou­velle fois d’enli­ser la lutte sur le ter­rain légal en blo­quant sur les recours. Une grève géné­rale en Val Susa ainsi qu’une nou­velle mani­fes­ta­tion sont tout de même déci­dées en assem­blée géné­rale pour la mi-novem­bre.

6 novem­bre : Les flics ‘trou­vent’ un étrange colis piégé laissé désa­morcé volon­tai­re­ment et accom­pa­gné d’un tract « Val Susa Rossa » sur la route natio­nale. C’est l’occa­sion rêvée pour les flics et les jour­naux de res­sor­tir leurs fables sur les anar­chis­tes et les men­son­ges de 1998.

8 novem­bre : « Déjà 100 pos­si­bles mises en examen (des élus, des jeunes des cen­tres sociaux, des famil­les) tous pos­si­ble­ment inculpés pour avoir par­ti­cipé aux dif­fé­rents blo­ca­ges qui ont eu lieu le 31 octo­bre. Les flics ont tapé et en plus les magis­trats inculpent. Le Val Susa est envahi de flics avec de conti­nuel­les pro­vo­ca­tions — les habi­tants de cer­tains vil­la­ges sont soumis à 4 contrô­les voire plus pour aller au boulot. Les flics volent le bois entre­posé dans les mon­ta­gnes pour se chauf­fer aux bar­ra­ges rou­tier. Ils balan­cent aussi leurs sale­tés dans les cours de ferme. Lorsque vous avez un chien, obli­ga­tion de le tenir en laisse même à la cam­pa­gne. Pour ce qui est des ouvriers qui tra­vaillent aux son­da­ges sur les chan­tiers, ils sont pro­té­gés par les flics et en plus sor­tent de leur tra­vail avec une cou­ver­ture sur la tête pour ne pas que les habi­tants de la vallée pré­sent auprès des chan­tiers puis­sent les reconnaî­tre. »

13 novem­bre : une marche aux flam­beaux de nuit sur les sen­tiers des par­ti­sans réunit des cen­tai­nes de per­son­nes.

16 novem­bre : 80 à 100 000 per­son­nes mani­fes­tent de Bussoleno à Susa. La grève géné­rale est lar­ge­ment suivie malgré le refus des grands syn­di­cats natio­naux de l’appuyer, tous les com­mer­ces ont baissé leur rideau. Des gamins aux plus vieux, tous et toutes sont dans la rue et dans la mon­ta­gne. Dans une vallée qui compte 50 000 habi­tant-e-s, les ren­forts sont venus de toute la région et de la capi­tale du Piémont, Turin. Cette manif avait aussi comme slogan la fin de la pré­sence poli­cière : 15 000 poli­ciers occu­pent en effet la vallée depuis main­te­nant 3 semai­nes.

28 novem­bre : Les flics pren­nent posi­tion à 3h du matin à Venaus pour pro­té­ger les tra­vaux de son­dage préa­la­ble de ce lieu choisi pour abri­ter l’entrée du tunnel de 53 km puis filent des coups à Agnoletto et moles­tent 4 autres dépu­tés euro­péens venus en délé­ga­tion voir ce qui se pas­sait.

29 novem­bre : Alors qu’une nou­velle mani­fes­ta­tion réunit 30 000 per­son­nes, près de 5 000 autres se ren­dent sur le site du chan­tier de Venaus, à 1 500 mètres d’alti­tude, et y chas­sent la fli­caille. L’occu­pa­tion per­ma­nente est déci­dée : tentes, poêles et assem­blées vont la ryth­mer pen­dant une petite semaine... « Les dis­cus­sions entre les dif­fé­rents grou­pes sont par­fois très vives. D’aucuns dis­cu­tent avec les sbires pré­sents sur le ter­rain de 4 hec­ta­res alors que d’autres veu­lent leur lancer des pier­res. Discussions qui pour­tant n’empê­chent pas que le mou­ve­ment conti­nue et s’élargisse. »

30 novem­bre : « Des pay­sans amè­nent du bois avec leurs trac­teurs pour ren­for­cer les bar­ri­ca­des que d’autres ont com­mencé à cons­truire, malgré le grand froid. Les dis­cus­sions conti­nuent mais le nombre de per­son­nes dis­cu­tant avec les forces de défense du projet dimi­nue, car l’acti­vité se concen­tre sur la défense du lieu et la concer­ta­tion à l’inté­rieur du mou­ve­ment. C’est la fin des ater­moie­ments. »

2 décem­bre : « L’ambiance et la com­ba­ti­vité sem­blent être meilleu­res que le pre­mier jour. Les flics se conten­tent de pous­ser pour essayer de délo­ger les mani­fes­tants mais n’y arri­vent pas car ils sont bien moins nom­breux. » Peu après 22h, ils se reti­rent plus loin, dégoû­tés par la rapide affluence des val­su­sains (600 en une heure) venus ren­for­cer les peti­tes dizai­nes d’occu­pants du der­nier site qu’ils ne contrô­lent pas.

5 décem­bre : Le minis­tre de l’inté­rieur déclare qu’il envoie 900 poli­ciers sup­plé­men­tai­res en Val Susa.

6 décem­bre : C’est vers 3h30 du matin qu’un mil­lier de poli­ciers et cara­bi­niers atta­quent le der­nier site occupé, celui de Venaus. Ils matra­quent à tour de bras les 200 habi­tants qui dor­ment-là avant de raser tout le cam­pe­ment au bull­do­zer puis d’ins­tal­ler des bar­riè­res. 19 per­son­nes sont bles­sées, dont deux gra­ve­ment (un retraité de 64 ans a un trau­ma­tisme abdo­mi­nal à force de coups et un jeune de 22 ans un trau­ma­tisme crâ­nien) que la rumeur fai­sait passer pour mortes. A l’annonce de l’atta­que, les habi­tants de toute la vallée de Venaus à Turin des­cen­dent dans les rues, les églises son­nent le tocsin. Petit à petit, tout s’arrête en une grève géné­rale spon­ta­née et sau­vage : usines, écoles, bureaux, établissements publics, trains de ban­lieue...
Les mani­fes­tants blo­quent l’auto­route (A32) et les deux routes natio­na­les (S24 et 25), les voies de la ligne inter­na­tio­nale Turin-Modane sont occu­pées à Avigliana. Des bar­ra­ges et des bar­ri­ca­des sont érigés dans les vil­la­ges de la vallée par des per­son­nes de tous âges, des plus jeunes aux plus vieux, pour empê­cher les poli­ciers « assas­sins » de redes­cen­dre dans leur cam­pe­ment près de Turin. Un face à face très vio­lent se déroule entre 5 000 mani­fes­tants et la fli­caille à Bussoleno aux cris de « Reprenons Venaus ! ». La jour­née se ter­mine par des assem­blées géné­ra­les qui convo­quent une mani­fes­ta­tion pour le 8 en direc­tion de Venaus. A Turin, le maire Chiamparino est réveillé par des slo­gans contre le TAV puis, après un ras­sem­ble­ment devant la pré­fec­ture, une mani­fes­ta­tion de 2 000 per­son­nes se rend jusqu’à la gare cen­trale de Porta Nuova où les trains sont blo­qués. Les mani­fes­tants se ren­dent ensuite piazza Castello devant le siège de la Région Piémont : sa pré­si­dente, Mercedes Bresso, est reconnue dans sa voi­ture et doit se réfu­gier pen­dant une demie-heure dans ses bureaux tandis qu’un conseiller régio­nal se prend des coups. Au pas­sage de la manif, une vitrine de banque est pétée, deux voi­tu­res de la police muni­ci­pale endom­ma­gées, un flic blessé, les murs de la ville repeints et les stores d’une bou­ti­que des Jeux Olympiques arra­chés.

7 décem­bre : Un ras­sem­ble­ment en soli­da­rité se tient en Suisse devant le consu­lat ita­lien de Lugano et dans une dizaine de villes ita­lien­nes

8 décem­bre : Parties de Susa, 30 000 per­son­nes mani­fes­tent en direc­tion de Venaus. Alors que le gros du cor­tège choi­sit de bifur­quer vers l’auto­route pour passer par les bois, plus d’un mil­lier d’entre elles choi­sit l’affron­te­ment direct au check-point et par­vient à enfon­cer les cor­dons de flics qui pro­tè­gent l’accès au site de Venaus. Après plu­sieurs heures d’escar­mou­ches à coups de lacry­mo­gè­nes contre les pier­res puis d’affron­te­ment au corps à corps, les der­niers 250 flics en tenue anti-émeute, encer­clés de toute part, lâchent et le chan­tier est réoc­cupé pour quel­ques heures par des mil­liers de val­su­sains. Les engins et infra­struc­tu­res y sont défon­cés, tout comme ce qui per­met­tait aux flics de veiller sur place (alge­cos, mobile homes). De nou­vel­les bar­ri­ca­des sont érigées. On relève 12 cara­bi­niers et 4 poli­ciers bles­sés.
A Rome, la céré­mo­nie pour le départ de la flamme olym­pi­que qui doit par­cou­rir le pays est per­tur­bée par un anti-TAV qui est monté à la tri­bune afin de hurler sa colère au maire de Turin, Sergio Chiamparino, pré­sent à la céré­mo­nie.

9 décem­bre : Rassemblement en soli­da­rité avec la lutte en Val Susa à Grenoble, devant le siège des Verts Isère. Un autre est prévu le len­de­main à Chambéry devant la mairie.

10 décem­bre : Réunion au sommet à Rome entre minis­tres, res­pon­sa­bles locaux des peti­tes com­mu­nes du Val Susa, un res­pon­sa­ble des che­mins de fer ita­lien et le maire de Turin, qui accueille les Jeux Olympiques d’hiver 2006 dont plu­sieurs événements auront lieu dans la vallée. A la sortie, le gou­ver­ne­ment ita­lien promet d’atten­dre la remise d’un rap­port sur l’impact sani­taire et envi­ron­ne­men­tal du projet dans la vallée d’ici mai 2006 avant de lancer les tra­vaux à Venaus. De leur côté, les par­ti­ci­pants à la réu­nion ont accepté de ”res­pec­ter” le site prévu des tra­vaux et de lais­ser la com­pa­gnie char­gée de la cons­truc­tion en pren­dre pos­ses­sion, selon le com­mu­ni­qué du cabi­net de Silvio Berlusconi. L’accord est inter­prété comme une « trêve olym­pi­que », deux épreuves des J.O. devant se dérou­ler en Val Susa à partir de février 2006.

11 décem­bre : Lors de l’assem­blée géné­rale de la vallée à Bussoleno, les maires des peti­tes com­mu­nes du Val Susa et les pré­si­dents des deux Communautés de mon­ta­gne pré­ci­sent qu’ils n’ont rien signé, ren­voyant la déci­sion à leur conseil muni­ci­pal. Au cours du débat hou­leux devant 3000 per­son­nes, ils pré­ci­sent aussi qu’ils refu­sent de s’asso­cier à la mani­fes­ta­tion du 17 à Turin, lui pré­fé­rant une « ker­messe cultu­relle ». 12 décem­bre : Le par­quet de Turin met sous scel­lés judi­ciai­res les 35 000 m2 du site de Venaus « pour faci­li­ter le tra­vail des enquê­teurs sur les affron­te­ments et des­truc­tions de maté­riel de chan­tier ». « La mesure n’empê­chera pas la reprise des tra­vaux, il sera suf­fi­sant que les diri­geants de LTF et les man­da­tai­res du consor­tium CMC en fas­sent la demande au par­quet et les tra­vaux seront réau­to­ri­sés à démar­rer » expli­que le pro­cu­reur Laudi, coor­di­na­teur du pool anti-ter­ro­risme de Turin.

16 décem­bre : Occupation sym­bo­li­que à Ravenne du siège de la Cmc qui doit cons­truire la des­cen­de­rie de Venaus.

17 décem­bre : Manifestation et ras­sem­ble­ment de 50 000 per­son­nes à Turin. Le soir, le député euro­péen de la Ligue du Nord, Mario Borghezio, se prend des coups dans le train qui ramène des mani­fes­tants anti-TAV vers Milan.

19 décem­bre : Réunion de la Conférence inter­gou­ver­ne­men­tale (CIG) qui super­vise l’ensem­ble des tra­vaux. Dans le même temps, la com­mis­sion euro­péenne aux trans­ports nomme cinq experts inter­na­tio­naux (deux en trans­port, un en envi­ron­ne­ment et deux géo­lo­gues) pour « véri­fier le dérou­le­ment des tra­vaux ».

22 décem­bre : Le par­quet de Turin met en examen 19 per­son­nes et fait incar­cé­rer Marco M., accu­sés de plu­sieurs explo­sions de colère sur­ve­nues le 6 décem­bre à Turin (blo­cage de la gare de Porta Nuova, nom­breux tags, atta­que d’une voi­ture de la police muni­ci­pale, quel­ques coups contre des ban­ques et un maga­sin des JO).

23 décem­bre : Incendie d’un dis­po­si­tif électrique sur la ligne TGV Paris-Lyon-Turin dans l’Yonne, qui per­turbe le trafic pen­dant plu­sieurs heures, reven­di­qué « en soli­da­rité avec le Val Susa en lutte ».

29 décem­bre : Nuit des flam­beaux en Val Susa. Toutes les lumiè­res de Noël s’éteignent à 18h et des cen­tai­nes de tor­ches s’allu­ment « pour arrê­ter les pro­jets nui­si­bles qui dévas­tent les val­lées alpi­nes ». Initiative qui touche également le val Pellice.

31 décem­bre : Fête du nouvel an sur le ter­rain occupé à Venaus.

7 jan­vier 2006 : Manifestation à Chambéry, des mil­liers d’ita­liens y sont atten­dus.

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Spéciale Dédicace

La société Lyon Turin Ferroviaire (LTF), en charge de la partie com­mune franco-ita­lienne après avoir suc­cédé à Alpetunnel-GEIE, a été créée en octo­bre 2001 suite à l’accord conclut entre les deux pays en jan­vier 2001. Par cet accord, devenu traité, les gou­ver­ne­ments des deux pays se sont enga­gés « à faire cons­truire (…) les ouvra­ges de la partie com­mune italo-fran­çaise néces­sai­res à la réa­li­sa­tion d’une nou­velle com­mu­ni­ca­tion fer­ro­viaire mixte mar­chan­di­ses / voya­geurs entre Lyon et Turin ». LTF est une société par actions sim­pli­fiée bina­tio­nale. Ses action­nai­res sont Réseau Ferré de France (RFF) et Rete Ferroviaria Italiana (RFI) à parts égales. LTF tra­vaille sous la res­pon­sa­bi­lité de la CIG, une Commission Intergouvernementale Franco-Italienne créée en jan­vier 1996. Le dos­sier d’Avant-Projet Sommaire remis par LTF en décem­bre 2003 ayant été validé, la décla­ra­tion d’uti­lité publi­que est prévue pour fin 2006 et sera pré­cé­dée d’une enquête d’uti­lité publi­que.

Maîtrise d’ouvrage du projet

Lyon Turin Ferroviaire (LTF) Siège 1091, avenue de la Boisse F-73 026 Chambéry Tél. : 4 79 68 56 66 Fax : 4 79 68 56 63

Centre d’expo­si­tion du projet (mardi-samedi, 9h30-12h/14h30-18h30) Place du 17 Septembre 1943 F-73 500 Modane Tél./Fax : 4 79 05 84 31 Président, François Lépine (préfet) Directeur géné­ral, Paolo Comastri Responsable affai­res juri­di­ques et mar­chés, Vincenzo De Gregorio Responsable pro­cé­du­res mar­chés, Jean-Yves Peltier Responsable des tra­vaux, Walter Benedetto Responsable des tra­vaux France, Christian Fournier Responsable-adjoint des tra­vaux Italie, Marco Rettighieri Réseau Ferré de France, action­naire à 50 % de RTF, est une filiale de la SNCF.

Siège natio­nal 92, Avenue de France F-75648 Paris Cedex 13 Siège Rhône-Alpes/Auvergne Le Dauphiné Part-Dieu 78, rue de la Villette F-69425 Lyon Cedex 03 Tél. : 4 72 84 65 70 Fax : 4 72 84 05 79

Les quatre Descenderies

Réalisation de la des­cen­de­rie de Modane/Villarodin-Bourget Groupement soli­daire d’entre­pri­ses •Razel (man­da­taire), Att : M. Jean Guillaume, 3, rue René Razel Christ de Saclay, F-91892 ORSAY. Tel. : 1 69 85 69 85. Fax : 1 60 19 06 45. E-mail : razel razel.fr. URL : www.razel.fr •Bil­fin­ger Berger SpA, Via Rencio, 38, I-39100 Bolzano. Tél. : 0471 324 970, Fax : 0471 940263 •Piz­za­rotti, Via Anna Maria Adorni, 1, I-43100 Parma (filia­les à Fontevivo (PR), Noceto (PR), Melfi (PZ), Lucignano (AR)) 52 717 085,50 €, 7 octo­bre 2005

Réalisation de la des­cen­de­rie de La Praz (com­mu­nes d’Orelle et St André)

Groupement soli­daire d’entre­pri­ses •SPIE Batignolles TPCI SAS (man­da­taire), Att : Laurent Grall, 11 rue Lazare Hoche, F-92774 Boulogne-Billancourt. Tel. : 1 47 12 66 35. Fax : 1 48 25 14 88 •SPIE Sotrabras SAS, route de l’Industrie, BP 8, F-73540 La Bathie •Ghella SpA, Piazza Cardinale Consalvi, 9, I-00196 Roma. Tél. : 06 360 9441. Fax : 06 3232305 •Co­geis SpA, Via XXV Aprile, 2/15, I-10010 Quincinetto (To), Tél. : 0125 635111, Fax:0125757403 61 513 861,61 €, 7 octo­bre 2005

Descenderie de Saint Martin la Porte

Groupement soli­daire d’entre­pri­ses •Sce­tau­route (man­da­taire) •Antea ingé­nie­rie, 5 place Robert Schumann, F-38025 Grenoble cedex. Tél. : 4 76 70 64 82. Fax : 4 76 70 64 83 (+ 22 agen­ces) •Al­pina SpA, via Ripamonti 2, I-20136 Milano (Mi). Tél.:02 58305010. Fax:02 58307388 •Bu­reau d’étude Terrasol, 72 avenue Pasteur, F-93100 Montreuil, Tél.:1 49 88 24 42. Fax : 1 49 88 06 66 •Fon­da­zioni Speciali SpA (sous-trai­tant), siège via Goito 14, I-43100 Parma, bureaux via Canvelli 6, I-43015 Noceto (PR). Tél. : 0521 621146/48. Fax : 0521 621150/51 •GD Test Srl (sous-trai­tant), via Pigafetta 17, I-10129 Torino. Tél. : 011 5808406, Fax : 011 5808319. E-mail:gdtest gdtest.it, URL :www.gdtest.it 40 384 508, 95 €, 28 février 2003

Réalisation de la des­cen­de­rie de Venaus

Groupement soli­daire d’entre­pri­ses •Coo­pé­ra­tiva Muratori e Cementi (CMC, man­da­taire), via Trieste 76, I-48100 Ravenna et via Abruzzi 3, I-00187 Rome. Tél. : 06 42020425. Fax : 06 42390728 •Geo­tecna Progetti SpA, via Roncaglia 14, I-20146 Milano (Mi). Tél. : 02 46 90 639, Fax : 02 48 19 44 30. E-mail:geo­tecna geo­tecna.com et via Germanica 107, I-00192 Roma (Rm). Tél. : 06 32 11 13 72, Fax : 06 32 64 73 58. E-mail : geo­tecna.roma geo­tecna.com •Ben­tini SpA, via Verdi 20, I-48018 Faenza (RA). Tél. : 054 62 2065, Fax : 05 46 68 66 35. E-mail:ben­tini ben­tini.it, URL : www.ben­tini.it •Co­geis SpA, Via XXV Aprile, 2/15, I-10010 Quincinetto (To), Tél. : 0125 635111, Fax:0125757403 •Stra­bag Bau-AG, Siegburger Str. 241, D-50679 Cologne. Tél. : (0)221 / 8 24-01, Fax : (0)221 / 8 24-2936. E-mail : info stra­bag.de. URL :www.stra­bag.de, 84 342 414,21€, 9 février 2005

Travaux, ser­vi­ces et études

Études tech­ni­ques

Groupement soli­daire d’entre­pri­ses •Geos SAS (man­da­taire), Att : Michel Hochard, 9 bis, rue Delerue, F-92120 Montrouge. Tel. : 1 46 12 04 04. Fax : 1 46 12 95 96 •D’Appolonia SpA, via San Nazaro 19, I-16145 Genova (GE). Tél. : 010 3625148, Fax : 010 3621078, 508 950€, 11 octo­bre 2005 Services d’urba­nisme et d’archi­tec­ture pay­sa­gère •SNCF-CISE (Centre d’Ingéniérie Sud Est), Att : Jean Philippe, 12, rue Bichat, F-69002 Lyon. Tel. : 4 72 40 39 29. Fax : 4 72 54 38 90, 23 000 €, 8 octo­bre 2005

Services divers d’ingé­nie­rie

•SO­CO­TEC SA, Att : Georges Farah, Les Quadrans, 3, avenue du Centre, F-78180 Guyancourt. Tel. : 1 30 12 80 00 1 417 000 €, 8 octo­bre 2005 Services rela­tifs à l’envi­ron­ne­ment •SAGE Environnement, Att : Patrick Ternisien, 12, avenue du Pré de Challes - Parc des Glaisins, F-74940 Annecy-le-Vieux. Tel. : 4 50 64 06 15. Fax : 4 50 04 08 73 35 700 €, 8 octo­bre 2005

Campagne de reconnais­sance com­plé­men­taire par fora­ges, 2004-France

•Fo­raco SAS, Att : Frédéric Desloges, BP 173, F-34401 Lunel. Tel. : 4 67 83 51 60. Fax : 4 67 83 51 79 370 000 €, 8 octo­bre 2005

Services d’archi­tec­ture

•AR-THEME, Att : Jean-Pierre Vaysse, 18, avenue Robert André Vivien, F-94160 Saint-Mandé. Tel. : 1 43 65 74 74. Fax : 1 43 65 76 76. E-mail : contact artheme.com. URL : www.artheme.com 263 690 €, 7 octo­bre 2005

Services de conduite du chan­tier de La Praz

•Sch­mi­dhal­ter & Pfammatter Ingenieure AG (S.P.I.), Att : Claude-Alain Schmidhalter, Kantonstrasse 322, CH-3900 Brig Glis. Tel. : 0041 27 921 11 20. Fax : 0041 27 921 11 21 2 748 096 €, 7 octo­bre 2005

Services de conseil en matière de santé et de sécu­rité à La Praz

•So­ciété Presents, Att : M. Patrick Grossmann, 132, cours Charlemagne, F-69002 Lyon. Tel. : 4 78 38 69 69. Fax : 4 78 38 69 60. E-mail : contact pre­sents.fr. URL : www.pre­sents.fr 82 890 €, 7 octo­bre 2005

Déblai-rem­blai à La Praz

•SOCCO Entreprise, Att : M. Paul Cusin-Rollet, 1, route des Creuses, F-74650 Chavanod. Tel. : 4 50 69 33 44. Fax : 4 50 69 18 69 284 342,50 €, 7 octo­bre 2005

Pont pro­vi­soire à Modane

•En­tre­prise Casarin et Fils, Att : Casarin Eric, 10, rue de la concorde, F-73500 Modane. Tel. : 4 79 05 07 48. Fax : 4 79 05 02 96 154 308 €, 7 octo­bre 2005

Services d’archi­tec­ture de la tra­ver­sée du Val Cenischia

•Cham­bre & Vibert Architectes, Att : M. Daniel Vibert, 1 place de la Libération, F-73000 Chambéry. Tel. : (00.33) 4 79 70.07.90. Fax : (00.33) 4 79 85 26 69. E-mail : cham­bre.vibert wana­doo.fr 191 000 €, 14 juillet 2005

Services de conseil en matière de sécu­rité

Groupement soli­daire d’entre­pri­ses •Bu­reau Veritas FR (man­da­taire), 63, avenue de Poisat, F-38320 Eybens. Tel. : + (33) 4.76.24.00.26. Fax : +(33) 4.76.62.94.14. E-mail : antoine.fuen­tes fr.bureau­ve­ri­tas.com •Bu­reau Veritas Italia Spa •D’Appolonia SpA, voir plus haut 731 300 €, 1er juin 2005

Services de ges­tion de pro­jets de cons­truc­tion à Venaus

Groupement soli­daire d’entre­pri­ses •GEO­DATA S.p.A - Mandataire, Corso Duc Degli Abruzzi 46/E, I-10129 Torino. Tel. : (+39) 011 58 10 611. Fax : (+39) 011 59 74 40. E-mail : geo­data geo­data.it •SNCF Direction de l’Ingénierie •SYS­TRA SA 2 900 000 €, 13 mai 2005

Travaux d’enlè­ve­ment de gra­vats

(des­cen­de­rie de Modane) •Gra­nu­lats Rhône Alpes SAS (GRA), 4, rue Aristide Bergès, BP 33, F-38081 L’Isle d’Abeau. Tel. : 4 74 27 59 00. Fax : 4 74 27 59 92 10 596 635,91 €, 29 sep­tem­bre 2004

Travaux de son­dage et de forage de reconnais­sance, cam­pa­gne 2003

•Co­reis SA, Département COFOR, Att : M. Pierre Cachau, chef d’agence, 41, rue de la Ferté-Alais, F-91720 Maisse. Tel. : 5 55 38 90 00. Fax : 5 55 71 22 83 808 037 €, 19 août 2004

Services d’études d’impact sur l’envi­ron­ne­ment à Venaus

•Fe­nice SpA, Centro Servizi Ecologici, Att : Martino Narcisi, Direttore Operativo, Via Acqui, 86, I-10090 Cascine Vica - Rivoli (TO). Tel. : (0039) 0011 951 39 12. Fax : (0039) 011 951 36 65 1 995 623 €, 18 août 2004

Services de pros­pec­tion géo­phy­si­que pour le tunnel de Bussoleno Lots, 5 décem­bre 2003

•Geo­phy­sik GGD mbH, Att : Mme T. Raevskaia, Ehrentseintrabe 33, D-04105 Leipzig. Tel. : 00 341 58 313 33. Fax : 00 341 58 313 0. 191 718 € + 184 458 € + 55 264 € •Geoex­pert AG, Att : M. Walter Frei, Schulstrasse 5, CH-8603 Schwerzenbach. Tel. : 00 41 1 825 62 82. Fax : 00 41 1 825 62 83. E-mail : info geoex­pert.ch 42 700 € •Geoin­vest Srl, Att : Gianfranco Bruzzi, via della Conciliazione 45 / A, I-29100 Piacenza. Tel. : 00 39 05 23 59 36 22. Fax : 00 39 05 23 59 36 40 33 600 €

Étude aérau­li­que

Groupement soli­daire d’entre­pri­ses •Sce­tau­route (man­da­taire), les Pléiades n.o 35, park nord Annecy, F-74373 Pringy. Tel. : 4 50 27 39 39. Fax : 4 50 27 39 40. E-mail : dir.tun­nels sce­tau­route.fr •Me­tro­po­li­tana Milanese S.p.A, via del Vecchio Politecnico 8, I-20121 Milano (Mu). Tél. : 02 77471, Fax : 02 780033 et via De Gaspeti 55, I-80133 Napoli (Na). Tél. : 081 4201206, Fax : 081 4203021 108 710 €, 18 octo­bre 2003

Services d’études de trafic Fret

Groupement soli­daire d’entre­pri­ses •No­misma Spa (man­da­taire), Strada Maggioire 44, I-41125 Bologna. Tel. : 051 64 83 320 345. Fax : 051 22 34 41 •SWG Srl, via San Francesco 24, I-34133 Trieste (Ts). Tél. : 040 362525, Fax : 040 635050 239 500 €, 8 octo­bre 2003

Services rela­tifs à l’exploi­ta­tion des dif­fé­ren­tes typo­lo­gies de ser­vi­ces d’auto­route fer­ro­viaire

Groupement soli­daire d’entre­pri­ses : •TRAC­TE­BEL Development Engineering SA (man­da­taire), Att : Transportation Division, avenue Ariane 7, B-1200 Bruxelles. Tel. : 2 773 75 33. Fax : 2 773 79 90. E-mail : jean-marie.van­de­clisse trac­te­bel.com •ITAL­FERR Spa, via Marsala 53, I-00185 Roma (Rm). Tél. : 06 49751, Fax : 06 49752711 •SNCF Ingénierie •TRAC­TE­BEL Ingegneria •SETEC TPI, Tour Gamma D, 58 quai de la Rapée, F-75012 Paris. Tél. : 1 40 04 62 89, Fax : 1 43 46 89 95 348 040 €, 8 octo­bre 2003

Campagne de son­da­ges com­plé­men­tai­res 2003 - Italie (tunnel de Bussoleno et sec­teurs à l’air libre)

Lots, 2 octo­bre 2003 •RCT S.r.l, Att : Dott. Sergio re de Paolini, 2 via G. Di Vittorio, I-20060 Liscate. Tel. : 003 90 29 54 20 01. Fax : 0039 02 95 35 0316. E-mail : rct mi.net­timo.it 323 215,90 € •Geo­tecno S.r.l, Att : Sig. Roberto Giacometti, Via Circonvallazione, 53, I-15011 Acquiterme. Tel. : 003 90 14 45 66 92. Fax : 003 90 14 45 59 68. E-mail : mfo geo­tec­nosrl.it 1 866 104 €

Campagne de son­da­ges 2003 - France

Lots, 6 sep­tem­bre 2003 •Fo­raco SAS, Att : Gérard Fages, BP 173, ZI des Fournels, F-34401 Lunel. Tel. : 4 67 83 51 60. Fax : 4 67 83 51 79. URL : www.foraco.com 1 322 082,45 € •Co­reis SA, Att : Pierre Cachau, Le Fraisse, F-87640 Razès. Tel. : 5 55 38 90 00. Fax : 5 55 71 22 83 113 678 € + 969 239 €

Services de levés hydro­gra­phi­ques

Groupement Solidaire •EEG Simecsol (man­da­taire), 18, rue Troyon, F-92316 Sèvres. Tel. : 1 46 23 77 77. Fax : 1 46 01 35 80 •SEA Consulting Srl, via Cernaia 27, I-10100 Torino. Tél. : 011 5162939, Fax:011 5119185 •Bu­reau d’étude Evelyne Baptendier, 5 rue de Verdun, F-74200 Thonon. Tél. : 4 50 70 47 47, Fax : 4 50 70 47 26 79 980 €, 16 août 2003

Travaux de chan­tier à La Praz

Groupement soli­daire •SAS Martoia TP (man­da­taire), BP 37, F-74301 Ugine. Tel. : 4 79 37 38 13. Fax : 4 79 37 36 95 •Mar­toia SARL, 263 rue de Guille, F-73300 St Jean de Maurienne. Tél. : 4 79 64 08 09, Fax : 4 79 64 14 48 130 634 €, 18 juin 2003

Services de pros­pec­tion géo­phy­si­que

•Com­pa­gnie géné­rale de géo­phy­si­que (CGC), 1 rue Léon Migaux, F-91341 Massy. Tél. : 1 64 47 30 00, Fax : 1 64 47 39 70 463 557 €, 5 novem­bre 2002

Services d’études de mar­chés

•Price Waterhouse Coopers, largo Angelo Fochetti 28, I-00154 Roma. Tél. : 6 57 08 31, Fax : 6 570 83 25 36 127 700 €, 17 octo­bre 2002

Services de conseils finan­ciers Groupement d’entre­prise •Cré­dit Agricole Indosuez (man­da­taire) •In­tesa BCI SpA •So­ciété Générale 377 000 €, 17 octo­bre 2002

Ces infor­ma­tions ont été publiées dans le Ted, sup­plé­ment au Journal Officiel de l’Union Européenne : www.ted.publi­ca­tions.eu.int/offi­cial

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Puisqu’il le faut bien

« Cette grève de la vallée contre la Grande Vitesse ne sera ni dépo­sée ni orga­ni­sée par la Cgil [CGT ita­lienne]. Il n’y a pas d’espace pour une grève géné­rale parce que je ne par­tage pas les rai­sons de cette pro­tes­ta­tion. A la Cgil, l’opi­nion domi­nante est qu’on doit faire la ligne fer­ro­viaire Turin-Lyon. Naturellement, il faut trou­ver les condi­tions pour pou­voir le faire. »
Vanna Lorenzoni, Secrétaire géné­ral de la Cgil de Turin, 10/05

« Il y a actuel­le­ment en Val Susa un mélange préoc­cu­pant de pro­tes­ta­tions popu­lai­res légi­ti­mes, de spé­cu­la­tions poli­ti­ques et d’intru­sions sub­ver­si­ves qui ris­quent d’explo­ser d’un jour à l’autre. »
Giuseppe Pisanu, minis­tre de l’Intérieur, Discours à l’Assemblée, 2/12/05

« –Et sur le reste ?–Nous sommes convain­cus que la pro­tes­ta­tion ita­lienne est erro­née. Si on veut vrai­ment chan­ger les choses, il faut faire un bond en avant sans avoir peur. –Et l’amiante, et les dégâts envi­ron­ne­men­taux ? –Nous aussi nous avons de l’amiante. Mais aujourd’hui, ce n’est plus un pro­blème, on peut la trai­ter avec sécu­rité comme ça a été le cas au Gothard. –Il y a aussi le pro­blème des nappes phréa­ti­ques. Certains par­lent déjà de manque d’eau. –Ce sont de petits pro­blè­mes dépas­sés. Ce qui compte est de se battre pour bien faire les choses. C’est une chose d’être exi­geant, c’en est une autre de dire non à une oeuvre impor­tante comme la ligne Turin-Lyon. »
Gérard Leras, Président des Verts Rhône-Alpes Corriere della Sera, 6/12/05

« J’ai ouvert une table de concer­ta­tion il y a un an pour qui veut des expli­ca­tions, pour les gens du coin. Personne n’est jamais venu. Nous, nous sommes à leur dis­po­si­tion. Maintenant je vais aussi ouvrir un obser­va­toire per­ma­nent à Susa pour pou­voir contrô­ler les tra­vaux, auquel devront par­ti­ci­per tous les inté­res­sés, des syn­di­cats jusqu’aux curés, aux gens du coin, à leurs experts, à tous ceux qui veu­lent avoir des expli­ca­tions sur ce chan­tier qui doit se faire et qui est indis­pen­sa­ble. »
Pietro Lunardi, minis­tre de l’Equipement Corriere Adriatico, 7/12/05

« J’espère qu’on pourra dépas­ser la dif­fi­cile situa­tion qu’il y a en Val Susa par le dia­lo­gue. Par le dia­lo­gue et la léga­lité. Le dia­lo­gue ne veut pas dire que les auto­ri­tés publi­ques céde­ront par rap­port au res­pect de leurs pro­pres res­pon­sa­bi­li­tés. Parce qu’un dia­lo­gue qui revien­drait à céder serait une capi­tu­la­tion et signi­fie­rait également que ceux qui blo­quent les routes ont raison. »
Pier Ferdinando Casini, Président de la Chambre des dépu­tés, 7/12/05

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Bas les pattes du Val Susa

Cela fait plus de 10 ans que la popu­la­tion du Val Susa, dans le Piémont, se mobi­lise contre le projet d’une oeuvre mons­trueuse : la ligne à grande vitesse Turin-Lyon.
Le train à grande vitesse (TGV et Tav en ita­lien) se veut à la pointe de l’inno­va­tion fer­ro­viaire, et est défini comme une étape iné­vi­ta­ble du pro­grès et de la tech­no­lo­gie (aucun poli­ti­cien, aucun jour­na­liste apparu à la télé ces der­niers jours n’a ima­giné remet­tre en dis­cus­sion le projet). Mais vu que les mira­cles sont rares, il faut en payer le prix : lignes entiè­re­ment nou­vel­les avec des quais modi­fiés géo­mé­tri­que­ment, une ali­men­ta­tion électrique dif­fé­rente et des coûts de manu­ten­tion très élevés.
Ceci signi­fie­rait pour les val­su­sains la des­truc­tion de leur terre. Des tonnes de béton enva­hi­raient la vallée pour cons­truire une ligne fer­ro­viaire qui tra­ver­se­rait les vil­la­ges, trouant par de longs tun­nels les pro­ches mon­ta­gnes où se trou­vent de fortes concen­tra­tions d’amiante, d’ura­nium et de radon.
Le tout pour faire cir­cu­ler plus rapi­de­ment des mar­chan­di­ses et des hommes d’affaire.

Ce qui s’est créé au cours des années comme oppo­si­tion au Tav a été un large mou­ve­ment qui com­prend des gens « ordi­nai­res », des grou­pes écologistes, cer­tai­nes ins­ti­tu­tions loca­les et des comi­tés de lutte. Ces der­niers sont nés dans l’inten­tion d’infor­mer tous les val­su­sains du « pro­blème Tav » et de créer ensem­ble des moments de lutte contre le projet.
Après une mani­fes­ta­tion océa­ni­que en juin où plus de trente mille per­son­nes ont marché dans la vallée en levant les dra­peaux « No Tav », les comi­tés popu­lai­res ont donné vie à trois ras­sem­ble­ments per­ma­nents sur les ter­rains où devraient com­men­cer les son­da­ges dans les mon­ta­gnes (pre­mier pas vers la réa­li­sa­tion des tun­nels).
Nés pour veiller cons­tam­ment sur la zone, ce sont vite deve­nus des lieux de ren­contre, de socia­li­sa­tion, de confron­ta­tion réci­pro­que et de pas­sage des infor­ma­tions. Là, jeunes, famil­les et anciens se retrou­vent chaque jour, fai­sant vivre une expé­rience d’auto­ges­tion qui va au-delà d’un projet dévas­ta­teur. Les ras­sem­ble­ments ont grandi grâce à la contri­bu­tion de chacun, dans la mesure et la forme de ses pos­si­bi­li­tés : l’un four­nis­sant les sièges, l’autre un poêle à chauf­fer, l’un cui­si­nant et l’autre por­tant un peu de bon vin. Dans ces moments, les gens se don­nent la pos­si­bi­lité de créer un mode de vivre non pro­grammé par la rou­tine quo­ti­dienne, la met­tant et se met­tant en dis­cus­sion. Des per­son­nes qui peut-être peu de temps aupa­ra­vant ne se seraient pas saluées se par­lent à pré­sent, réflé­chis­sent, se dis­pu­tent et pro­gram­ment ce qui est leur propre défense et la survie de la vallée. Le vif esprit d’auto­ges­tion, d’assem­blées et de ras­sem­ble­ments s’est trouvé fort à faire avec le rôle de média­tion des maires et des ins­ti­tu­tions loca­les, ou avec la poigne de fer de la région Piémont et du gou­ver­ne­ment. Se trou­vant pris entre deux feux, d’une part une popu­la­tion qui s’oppose au Tav sans si et sans mais et de l’autre le sommet de leur parti qui insiste à plu­sieurs repri­ses pour com­men­cer les tra­vaux, les maires et les conseils locaux ont cher­ché à ralen­tir le temps à tout prix. (...)

[Extrait d’El Salvanèl n°3, novem­bre 2005]

Quelques révol­tés métro­po­li­tains

P.-S.

Article originellement posté sur infokiosques.net

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