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Appel à dons concernant une possible tentative d’expulsion de la ZAD

1 complément

« La ZAD est un lieu où l’on respire mieux que partout ailleurs en France et c’est pourquoi elle sera férocement défendue ». Appel à dons pour préparer la défense de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes.

« […] le bruit de l’hélicoptère tente de briser notre concentration. Il tourne, désormais quotidiennement, là-haut où les avions ne volent pas, répandant sa rumeur de guerre et de reconquête. César guette et cherche à impressionner. Parfois il se met légèrement sur le flanc, pour nous mieux observer. Est-il surpris par la ronde des tracteurs qui depuis quelques jours déposent des balles de foin aux carrefours ? Par ces comités de soutien qui viennent repérer les lieux les plus stratégiques où ériger leurs barricades ? Par les formations qui chaque fin de semaine regroupent plus de cent personnes venues se préparer aux expulsions annoncées ? Peut-être l’est-il davantage encore de tous ces gestes qui perdurent. Sylvie et Marcel qui soignent leur troupeau, les moissons du sarrasin, un fest-noz célébrant la récolte de patates, quatre-vingt charpentiers bâtissant l’ossature d’un gigantesque hangar ou une bibliothèque tout juste inaugurée. Son regard peut-il embrasser avec les 2000 hectares toute la richesse de la vie qui les peuple ? Celle qu’il prétend détruire dans le mois à venir... »

(« Valls sans retour », tribune parue dans Libération le 12/10/2016)

C’est presque devenu cyclique. À chaque menace d’expulsion de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, le mouvement en profite pour se renforcer : manifs d’ampleur et construction de nouveaux lieux sur la zone. C’était le cas le 17 novembre 2012, en pleine opération César avec 40 000 personnes débarquant sur place. Et un petit village – la Châtaigne – érigé en moins d’une semaine. C’était encore vrai le 27 février 2016 où la quatre voies Nantes-Vannes fut envahi toute la journée jusque dans la nuit par des milliers de manifestants. Un mois auparavant, plusieurs centaines de personnes avaient répondu à l’« appel d’offres de la ZAD » pour « la construction d’un avenir sans aéroport » et avaient passé un week-end à bricoler/renforcer plusieurs lieux de la zone. Le 8 octobre dernier n’a pas fait exception à la règle. Alors que de plus en plus de rumeurs d’évacuation circulent et que le gouvernement martèle que, les recours juridiques épuisés, les travaux vont pouvoir bientôt débuter, l’appel de la ZAD à venir manifester fait carton plein. Plusieurs dizaines de milliers de personnes débarquent des quatre coins de la France et défilent bâton à la main. La manif se termine par un serment collectif où tout le monde jure de revenir défendre la ZAD en cas d’intervention policière. Coté « infra-structure », deux hangars sont en passe d’être montés. L’un appelé « hangar de l’avenir » (avec un atelier menuiserie et charpente et un espace pour penser l’usage commun des forêts). Et l’autre, un hangar métallique, toujours en construction, situé juste au bord de la ZAD, près du Liminbout.

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Là où les intimidations gouvernementales devraient produire de la peur et de la résignation (« nous ne tiendrons jamais ce territoire, on ne peut rien construire de pérenne ici... »), c’est l’inverse qui se vérifie : plus ils menacent la zone, plus elle gagne en puissance.

Et pourtant, le gouvernement n’en démord pas. « Un référendum a eu lieu. L’expulsion se prépare méthodiquement et les travaux vont commencer, c’est une question de temps » répètent-ils sur les ondes. Il faut dire qu’en étant aussi impopulaire, le gouvernement Valls n’a plus grand chose à perdre. Flatter les affects micro-fascistes ambiants en virant la jungle de Calais et en s’apprêtant à faire de même pour la ZAD, c’est peut-être une des dernières cartouches du quinquennat Hollande. En même temps, au sein des hautes sphères de l’appareil d’État, on sent qu’ils ne sont pas si déterminés que ça. Royal est opposée à toute intervention policière et propose « d’arrêter les frais ». Hollande, dans son dernier livre, confessait que le projet ne se ferait probablement jamais. Cazeneuve, avec déjà un mort pendant les affrontements sur la ZAD de Sivens en octobre 2014, ne semble pas si téméraire que ça. Reste seulement Valls qui est sur la ligne « dure » : une expulsion dans tous les cas et des travaux qui commenceraient en 2017/2018 (selon ses dernières déclarations).

Alors expulsion prochaine ou non ? C’est difficile à prédire. Et sans doute qu’eux-mêmes ne le savent pas, tant ils semblent désormais, à 6 mois de l’élection présidentielle, naviguer à vue. Essayant de gérer tant bien que mal tout ce qui déborde ça et là : mouvement du printemps contre la loi Travail, migrants à Calais et ailleurs, policiers d’extrême droite dans les rues, fin de règne désastreuse pour la gauche, etc. Pour autant, l’éventualité que les gendarmes mobiles ne débarquent pas sur la ZAD cette année ne signifie pas qu’ils abandonnent définitivement la partie. Tôt ou tard, la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, zone où l’idée de gouvernement est devenue ridicule et où la vie s’organise en dehors du carcan étatique et marchand, sera attaquée ; cela ne fait aucun doute. À ce stade-là, ce n’est plus le problème de l’aéroport qui importe d’un coté (de la ZAD) comme de l’autre, mais bien l’existence réel d’un territoire hors-contrôle et sa possible contagion au-delà de la Loire-Atlantique.

Donc il faut défendre la ZAD (comme le rappelait un petit livre du collecitf « Mauvaise Troupe" sorti début 2016 [1]), préparer avec minutie cette séquence. Envisager la défense physique d’un territoire contre une agression extérieure avec un ennemi supérieur militairement revient à se placer dans les conditions d’une guerre asymétrique, soit LE type de conflit par excellence de l’époque. Dans cette configuration, il y a bien sûr l’opposition physique à l’avancée des machines et de la police [2].

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Mais cela veut dire plus. S’opposer à une opération de police de l’envergure de celle qui se prépare veut dire être prêt à durer, à tenir dans le temps, c’est-à-dire une fois les check-points et la pression policière installés, à pouvoir continuer à vivre sur place, à accueillir des camarades, à entretenir les circulations entre les les différents lieux de la ZAD (et avec « l’extérieur »), etc. Dans la résistance qui s’annonce, il y aura une dimension du tenir bon. Il faudra se doter de capacités matérielles et spirituelles afin de s’installer sereinement dans une situation d’occupation policière, peut-être sur du moyen terme. Dans le Val de Suse, cela fait maintenant cinq ans [3] que le mouvement No-Tav a du faire face à l’occupation militaire du chantier de la ligne Lyon-Turin.

Très concrètement, cela veut dire que c’est dans notre capacité à pouvoir massivement accueillir et orienter les soutiens, à monter des campements de fortune, à rester mobile tout en défendant les lieux qui nous sont chers, aussi bien que dans notre capacité à répandre le conflit en dehors de la ZAD et à faire en sorte que le paysan laitier du coin puisse continuer à circuler avec son camion citerne, que résident la victoire la ZAD. Le FLN n’a pas gagné la guerre d’Algérie militairement mais par le fait que l’occupation française est devenue à la longue intenable pour l’occupant. Qu’il n’avait plus d’autre choix que de partir.

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C’’est pourquoi un certain nombre de matériels et d’équipements sont nécessaires pour renforcer les lieux de la zone :
matelas,
bâches,
vélos (VTT ou qui puissent rouler sur des sentiers),
nourriture non périssable (pâtes, riz, etc.),
café, thé & chocolat,
grandes casseroles,
couvertures de survie,
matériel médical,
toute autre chose qui vous paraîtra appropriée à la défense de la ZAD et à l’édification d’un campement mobile.

Vous pouvez apporter tout cela jusqu’au 19 novembre à la librairie La Gryffe, 5 Rue Sébastien Gryphe, 69007 (métro Saxe-Gambetta). Horaires d’ouverture : du lundi au samedi de 14h à 19h. Un camion se chargera d’amener l’ensemble à Notre-Dame-des-Landes.


Des zadistophiles lyonnais

Notes

[1Et disponible gratuitement ici

[2Opposition que des élus d’EELV ont par avance condamné moralement dans un texte transpirant la mauvaise foi et la bêtise, une sorte de dissociation préventive.

[3En fait depuis la reprise par les forces de l’ordre du presidio de la Maddalena pendant l’été 2011

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