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Bayer veut instaurer la délation parmi ses employés

Publié le 31 juillet 2005

Maj le 11 avril 2010

Ne se contentant pas d’empoisonner par endroits la faune et la flore, de promouvoir les OGM, d’exploiter des enfants en Inde... cette multinationale a décidé, lors d’une réunion à son siège de Lyon, de mettre en place un numéro vert anonyme pour dénoncer ses collègues.

Instaurer la délation

La direc­tion du groupe agro­chi­mi­que Bayer Crop-Science à Lyon envi­sage de mettre à dis­po­si­tion de ses sala­riés un numéro vert per­met­tant de dénon­cer, de façon ano­nyme, tout com­por­te­ment d’un col­lè­gue employé estimé répré­hen­si­ble. Lors d’un Comité cen­tral d’entre­prise qui s’est tenu à Lyon, le ven­dredi 22 juillet, les syn­di­cats ont voté contre une déla­tion ins­ti­tu­tion­na­li­sée au sein de l’entre­prise.

Le vote syn­di­cal n’étant que consul­ta­tif, la direc­tion ne se déses­père pas de faire passer ce qu’elle appelle son « pro­gramme de confor­mité légale et de res­pon­sa­bi­lité pro­fes­sion­nelle » en invo­quant la sécu­ri­sa­tion des mar­chés bour­siers et une loi exis­tant aux USA, la loi Sarbanes-Oxley, votée à la suite des affai­res Enron afin de mora­li­ser les entre­pri­ses et lutter contre les scan­da­les finan­ciers. Il s’agit, selon la direc­tion, d’adap­ter ce pro­gramme mon­dial à la France.

Saper la soli­da­rité entre les employés, divi­ser pour mieux régner semble être plutôt la volonté de la direc­tion, créer de la défiance au sein du per­son­nel et mettre une ambiance totale de méfiance. Il est évident que ce numéro vert ano­nyme ne ser­vira pas uni­que­ment à dénon­cer des mal­ver­sa­tions finan­ciè­res, car les dénon­cia­tions calom­nieu­ses, les règle­ments de compte entre col­lè­gues vont pou­voir aussi s’opérer libre­ment.

On peut lire dans ce « pro­gramme » :
- “Des rap­ports peu­vent être établis de manière ano­nyme. Par exem­ple par une ligne d’appel télé­pho­ni­que.”
- “Tout col­la­bo­ra­teur doit pren­dre cons­cience que son com­por­te­ment peut être attri­bué à l’entre­prise et donc affec­ter la répu­ta­tion de Bayer à l’exté­rieur comme en interne.”
- “Les sala­riés doi­vent être polis, objec­tifs et justes dans leurs rap­ports avec leurs col­lè­gues et les tiers.”
- “Les sala­riés concer­nés par une enquête de jus­tice ne doi­vent coo­pé­rer avec les auto­ri­tés judi­ciai­res qu’après consul­ta­tion du ser­vice juri­di­que de l’entre­prise.”

Stéphane Tourneux, délé­gué syn­di­cal CGT de l’entre­prise, déclare : « Dans ce pro­gramme, on nous demande d’être citoyen Bayer avant d’être citoyen fran­çais. Cela pose des pro­blè­mes évidents d’inté­gra­tion dans le cadre légal voire cons­ti­tu­tion­nel fran­çais. Il est une atteinte aux droits, devoirs et liber­tés des sala­riés, remet­tant en cause la légis­la­tion du tra­vail et c’est une res­tric­tion des “liber­tés fon­da­men­ta­les”. Des termes, comme celui de “tiers”, sont flous et peu­vent per­met­tre n’importe quel­les attein­tes aux liber­tés indi­vi­duel­les. On veut nous mettre, les sala­riés fran­çais, à la botte d’une loi yankee ! »

Le syn­di­cat CGT demande l’annu­la­tion pure et simple de ce « pro­gramme » de 27 pages. Devant l’obs­ti­na­tion de la direc­tion qui se croit au dessus des lois, le syn­di­cat CGT a donc décidé de saisir le tri­bu­nal de grande ins­tance sur le fond du texte, dans l’espoir que cela débou­chera sur une véri­ta­ble juris­pru­dence en la matière.

Il sem­ble­rait que la C.N.I.L. ne donne pas non plus entiè­re­ment son aval à ce texte...


C’est quoi Bayer CropScience ?

A Gorge-de-loup, dans ce qu’on appelle le nou­veau quar­tier St Pierre, c’est-à-dire sur l’empla­ce­ment de l’ancienne usine Rhodiaceta [1], rue Michel Berthet, à l’angle de la rue Jean-Marie Leclair (pas idée de nommer cette nou­velle voie pareille­ment alors qu’il y a déjà pas loin la rue de la Claire !), se trouve un immeu­ble tout de verre, sur lequel on peut voir (sans se moquer) une immense feuille de peu-plier gravée : c’est en fait un des sièges de « Bayer CropScience », celui de Lyon, un autre se trou­vant à Francfort, le siège géné­ral de cette mul­ti­na­tio­nale étant à Monheim, en Allemagne.

Bayer CropScience a été créée au début de l’année 2002 à partir de l’acqui­si­tion du fran­çais Aventis CropScience, pour la somme de 7,25 mil­liards d’euros. Cette acqui­si­tion, la plus impor­tante de l’his­toire des mul­ti­na­tio­na­les, fait de Bayer la plus grande entre­prise de tech­no­lo­gie géné­ti­que d’Europe et le deuxième pro­duc­teur de pes­ti­ci­des du monde. Contrôlant à peu près un cin­quième du marché mon­dial des pro­duits chi­mi­ques agri­co­les, elle a pris l’an der­nier la pre­mière place de l’agro­chi­mie au suisse Syngenta, et emploie aujourd’hui dans le monde 22 000 sala­riés, dont 1 630 per­son­nes en France. Avec un volume total de ventes de 6,5 à 7 mil­liards d’euros en un an, Bayer CropScience cou­vrira toutes les acti­vi­tés dans ce sec­teur, y com­pris la bio­tech­no­lo­gie et les semen­ces OGM. Bayer Cropscience pense affi­cher une marge brute de 25% en 2006.

- Malgé cet énorme béné­fice, cela n’empê­che pas du tout cette mul­ti­na­tio­nale de mettre en place régu­liè­re­ment des plans sociaux pour réduire les effec­tifs de per­son­nel.

En effet, en avril 2005, ont été annon­cées 124 sup­pres­sions de postes en France, dont 24 dans le domaine de la recher­che. Le jour-même de sa nomi­na­tion à la tête du groupe agro­chi­mi­que Bayer CropScience, Pascal Housset convo­quait illico au siège de Lyon le Comité Central d’Entreprise les 14 et 15 avril 2005, avec pour ordre du jour un projet de réduc­tion d’effec­tifs et de licen­cie­ments col­lec­tifs pour rai­sons économiques, dans le cadre de la réor­ga­ni­sa­tion des socié­tés de l’UES Bayer CropScience. Les syn­di­cats consi­dè­rent cette atti­tude comme une véri­ta­ble pro­vo­ca­tion : trois nou­veaux pré­si­dents de Bayer CropScience ont été nommés depuis 2001, et ils ont tous mis en oeuvre un plan social ! Ainsi, selon le com­mu­ni­qué de la CGT, la France réa­lise 28% du chif­fre d’affai­res de Bayer CropScience avec 17% des effec­tifs. « Il y a un grand sen­ti­ment d’injus­tice, parce que la ren­ta­bi­lité est lar­ge­ment meilleure en France qu’en Allemagne, si on regarde les résul­tats géné­rés par rap­port aux effec­tifs. Nous crai­gnons la dis­pa­ri­tion des acti­vi­tés stra­té­gi­ques en France » a indi­qué la CGT. Les sala­riés res­tent très inter­ro­ga­tifs sur les soi-disant rai­sons économiques qui pous­sent les diri­geants, une fois de plus, à réduire les emplois pour accroî­tre la ren­ta­bi­lité.

- Malgé cet énorme béné­fice, cela n’empê­che pas du tout cette mul­ti­na­tio­nale d’uti­li­ser au maxi­mum les fonds de la col­lec­ti­vité publi­que, entre autres par l’inter­mé­diaire de Biovision et du futur Lyon-Biopôle

Tous les deux ans a lieu à Lyon le forum Biovision/Biosquare, financé en très grande partie par des fonds publics (par exem­ple, la ville de Lyon et le Grand-Lyon assu­rent la moitié du budget) qui a sur­tout pour objet la pro­mo­tion des entre­pri­ses liées aux bio­tech­no­lo­gies. Comme d’autres, Bayer CropScience va récol­ter la manne finan­cière de ce forum, qui a eu lieu du 11 au 15 avril 2005.

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Cette année, une demande a été faite (dans le cadre du fes­ti­val des Résistances de Lyon qui a orga­nisé un contre-forum) pour que Biovision ne reçoive plus de fonds publics, mais qu’un comité indé­pen­dant soit des­tiné à faire la lumière sur le fonc­tion­ne­ment d’une indus­trie agro­chi­mi­que et phar­ma­ceu­ti­que dont le seul mérite est d’assu­rer des reve­nus et des divi­den­des obs­cè­nes à ses diri­geants et à ses action­nai­res aux dépens de l’inté­rêt public. (Voir notre arti­cle « Les bio­tech­no­lo­gies n’ont plus de fon­de­ment scien­ti­fi­que »)

De plus, depuis le 12 juillet, Villepin vient de livrer un nou­veau cadeau à ce consor­tium puis­que “Lyon-Biopôle” devient l’un des pre­miers « pôles de com­pé­ti­ti­vité ». Une enve­loppe de 1,5 mil­liard d’euros sur trois ans sera consa­crée aux 67 pôles de com­pé­ti­ti­vité choi­sis par le gou­ver­ne­ment. Une part impor­tante de cette somme consis­tera en exo­né­ra­tions d’impôts sur les socié­tés, de taxe pro­fes­sion­nelle, de taxe fon­cière et de coti­sa­tions socia­les, qui pour­ront aller jusqu’« à 100 % d’impôt sur le revenu ou d’impôt sur les socié­tés » pen­dant trois ans. Cette poli­ti­que de “défis­ca­li­sa­tion” a pour­tant lar­ge­ment démon­tré son inef­fi­ca­cité en matière de créa­tion d’emplois. Elle se tra­duit dans les faits par des cadeaux fis­caux à des entre­pri­ses ou à des grou­pes déjà flo­ris­sants.

Multinationale monopolistique totalitaire

Bayer Cropscience, la société Max-Planck et leurs asso­ciés Garching Innovation GmbH ainsi que Monsanto sont par­ve­nus à un accord pour mettre fin à leur com­pé­ti­tion sur le dépôt de brevet et autres pro­cé­dés dans dif­fé­rents pays. Il s’agit en par­ti­cu­lier de la créa­tion de plan­tes d’inté­rêt géné­ti­que­ment modi­fiées au moyen de l’Agrobacterium. La tech­no­lo­gie uti­li­sant cette agro­bac­té­rie permet aux scien­ti­fi­ques d’intro­duire de l’ADN dans les cel­lu­les des plan­tes. Avec cet accord, ces entre­pri­ses sou­hai­tent licen­cier de manière croi­sée leurs tech­no­lo­gies res­pec­ti­ves au niveau mon­dial. Ainsi, les licen­ces devien­dront non exclu­si­ves dans cer­tai­nes régions du monde au sujet du déve­lop­pe­ment, de l’uti­li­sa­tion et de la vente de plan­tes trans­gé­ni­ques.

Une action sym­bo­li­que contre Bayer CropScience a eu lieu à Lyon le 15 avril 2005 pour mani­fes­ter le dégoût face à cette mul­ti­na­tio­nale qui pro­duit des dégats humains, envi­ron­ne­men­taux, économiques et sociaux consi­dé­ra­bles. Les diri­geants de Bayer CropScience n’ont pas trop appé­cié d’avoir l’entrée de leurs bureaux rem­plie de fumier... Cependant il vaut mieux épandre du fumier que leurs dan­ge­reux pro­duits !

Un peu d’histoire...

Il est à noter que l’entre­prise alle­mande Bayer, ex IG-Farben, défen­dit le concept de tra­vail forcé pour des pri­son­niers lors de la pre­mière guerre mon­diale, ainsi que dans les camps de concen­tra­tion. Elle tira profit des crimes commis par les nazis. Elle a fabri­qué des gaz asphixiants, dont le fameux gaz mou­tarde, mais aussi le “Cyklon B”, uti­lisé dans les cham­bres à gaz... [2]

C’est après moul­tes fusions et regou­pe­ments que Bayer Cropscience a pris désor­mais ce nom ; avant, sur Lyon, c’était Aventis Cropscience depuis 1999, et encore avant Rhône-Poulenc Agrochimie depuis 1979. Mais cette entre­prise, qui eu pour nom Pepro, fai­sait partie du groupe Rhône-Poulenc depuis 1972, quand Pompidou en fit le coeur de la restruc­tu­ra­tion de toute l’indus­trie chi­mi­que fran­çaise, en y pla­çant des gaul­lis­tes comme diri­geants. Rhône-Poulenc fut natio­na­lisé en 1982, puis recom­mença un pro­ces­sus de pri­va­ti­sa­tion de 1986 à 1993.

Et avant 1972, c’était : Péchiney-Progil et Progil. Chez Progil, on y a tra­vaillé aux défo­liants que les bom­bar­diers amé­ri­cains pul­vé­ri­saient sur les forêts du Vietnam. Le dépar­te­ment « agro­chi­mie » se met en place depuis la fin de la guerre, après 1945. Sur les mar­chés de Lyon, on entend encore cou­ram­ment cette expres­sion : « Donnez-moi des pommes de terre qui n’aient pas le goût de Progil ! » Cette entre­prise, à ce moment-là, était sur­tout ins­tal­lée sur les quar­tiers de Rochecardon et St Rambert l’île Barbe, où il y avait un jardin d’expé­ri­men­ta­tion et il ne fal­lait sûre­ment pas s’amuser à y aller chou­ra­ver quel­ques légu­mes...

La Dargoire

Le siège de Pépro était déjà à Lyon 9e, au pied de le rue Pierre Baizet, cette ancienne montée de la Dargoire qui fut « dans les autre­fois » la seule entrée uti­li­sa­ble au nord de Lyon. A l’entour, le bois de Rochecardon où les calè­ches se fai­saient par­fois détrous­ser dans cette montée. De là, l’expres­sion lyon­naise “passer par Vaise” [3] ; d’ailleurs le chemin des contre­ban­diers existe tou­jours entre Rochecardon et la Duchère.

Enfin, ça ne se passe plus comme ça main­te­nant, et cette montée était très buco­li­que. Tout près, se trouve le pigeon­nier du châ­teau de Rochecardon où Jean-Jacques Rousseau a écrit “Les rêve­ries du pro­me­neur soli­taire”. C’est vrai­ment dom­mage qu’on ait com­plè­te­ment détruit cette montée, lieu du passé à conser­ver à Lyon. Si la cause en est la folie de l’ancien maire Louis Pradel et de son urba­niste Delfante [4], s’oppo­sant à la solu­tion alter­na­tive du comité de coor­di­na­tion de St Rambert, et aussi la folie du maire Michel Noir [5], déci­dant une sortie inu­tile pour le péri­phé­ri­que Téo, très peu uti­li­sée à deux pas de la sortie de Vaise, qui a gra­ve­ment endom­magé toute une partie de la balme et isolé en fait la cité HLM de la Dargoire, mais ce ne sont pas les seules causes...

En effet, Pepro, dési­rant réa­mé­na­ger son siège, a eu l’outre­cui­dance de cons­truire car­ré­ment sur la chaus­sée, cou­pant com­plè­te­ment le bas de cette montée de la Dargoire.

Suspensions du Gaucho et du Régent

Une per­qui­si­tion a été réa­li­sée le 16 décem­bre 2003 au siège de Bayer-CropScience, à Lyon, dans le cadre d’une enquête sur l’insec­ti­cide Régent TS, accusé par des api­culteurs de déci­mer les abeilles. Cette per­qui­si­tion a été menée par six fonc­tion­nai­res de la police judi­ciaire sur base d’une plainte de l’Union Nationale de l’Apiculture fran­çaise, celle ci accu­sant ce pro­duit d’être dan­ge­reux pour les abeilles. Des docu­ments ont été saisis et le direc­teur de Bayer CropScience, Kurt Küssgen, a été entendu et mis en examen.

Puis le Régent TS a été inter­dit de vente à partir du 17 février 2004 par déci­sion du juge d’ins­truc­tion de Saint Gaudens chargé de l’enquête ayant débuté en 2002 après cons­tat d’une sur­mor­ta­lité d’abeilles. La Commission d’Etudes de la Toxicité des pro­duits phy­to­sa­ni­tai­res qui dépend du minis­tère de l’Agriculture a indi­qué qu’il vau­drait mieux sus­pen­dre la com­mer­cia­li­sa­tion du Fipronil, com­po­sant du Régent, compte tenu des préoc­cu­pa­tions majeu­res pour l’envi­ron­ne­ment et les espè­ces sau­va­ges.

Après des années d’inter­mi­na­bles pro­cé­du­res judi­ciai­res et batailles média­ti­ques, le minis­tre de l’Agriculture Hervé Gaymard a annoncé le 25 mai 2004 la déci­sion de sus­pen­dre l’usage du Gaucho pour le maïs, jusqu’à la réé­va­lua­tion du pro­duit par la Commission euro­péenne en 2006. Le 21 avril, le Conseil d’État, saisi par trois syn­di­cats d’api­culteurs avait accordé deux mois au minis­tère de l’Agriculture pour se pro­non­cer sur l’avenir de l’insec­ti­cide, déjà pro­hibé depuis 1999 pour la culture du tour­ne­sol. Le prin­cipe de pré­cau­tion est enfin appli­qué. Les abeilles font la ronde, les amis de la vie et les api­culteurs jubi­lent ! Le minis­tre a pris la mesure de la dan­ge­ro­sité du Gaucho pour les hommes et pour les abeilles. Mais il faut rester vigi­lants sur les pro­cé­du­res d’homo­lo­ga­tion des molé­cu­les qui vont rem­pla­cer celle du Gaucho, l’imi­da­clo­pride. Les api­culteurs doi­vent être asso­ciés à ces pro­cé­du­res.

Empoisonnements par des pesticides

Bolivie : Sept morts par empoi­son­ne­ment aux pes­ti­ci­des.
Sept per­son­nes, des enfants pour la plu­part, sont mortes fin février 2005 dans la ville boli­vienne d’Achacachi, vic­ti­mes d’un empoi­son­ne­ment dû au pes­ti­cide Asuntol Fuerte. Douze autres per­son­nes ont été gra­ve­ment intoxi­quées et ont dû rece­voir des soins en urgence.

Le Coumaphos, sub­stance pré­sente dans le pes­ti­cide Asuntol Fuerte, appar­tient à la classe des orga­no­phos­pha­tes. L’Organisation mon­diale de la santé (OMS) a classé cette sub­stance dans la caté­go­rie Ib (sub­stan­ces très dan­ge­reu­ses). Cet insec­ti­cide est fabri­qué par la firme Bayer CropScience. Les orga­no­phos­pha­tes sont des poi­sons mor­tels. Partout où ils sont en vente libre, on observe des empoi­son­ne­ments et des décès. Les lamen­ta­tions des pro­duc­teurs qui tien­nent pour seuls res­pon­sa­bles de l’emploi des pes­ti­ci­des les uti­li­sa­teurs de ces pro­duits rap­pel­lent les faux-fuyants cyni­ques de l’indus­trie de l’arme­ment.

L’OMS estime que le nombre de décès annuels pour cause d’empoi­son­ne­ment aux pes­ti­ci­des peut aller jusqu’à 200 000, la plu­part de ces décès ayant lieu dans des pays en voie de déve­lop­pe­ment.

Le travail des enfants en Inde

En février 2004, il est cons­taté l’emploi massif d’enfants dans la culture semen­cière du coton en Inde. ProAgro, qui fait partie du groupe Bayer depuis 1999, est parmi les entre­pri­ses concer­nées. Cela cons­ti­tue une atteinte aux règles édictées par l’Organisation Internationale du Travail ainsi qu’aux autres règles inter­na­tio­na­les telles que celles de l’OCDE.

Lors d’une réu­nion en sep­tem­bre 2003, des entre­pri­ses, au nombre des­quel­les on compte ProAgro, ont admis leur res­pon­sa­bi­lité en ce qui concerne l’emploi de main-d’œuvre infan­tile. Depuis, les mois ont passé sans que des actes fas­sent suite aux pro­mes­ses. La re-sco­la­ri­sa­tion d’enfants ayant été reti­rés de l’école pour tra­vailler est rare­ment cou­ron­née de succès. Après une saison de tra­vail chez les pro­duc­teurs de semen­ces de coton (cette saison dure en moyenne sept mois), la plu­part des enfants, en grande majo­rité des filles, ne reçoi­vent plus aucune for­ma­tion sco­laire. En tra­vaillant pour les four­nis­seurs dépen­dant de Bayer/ProAgro, ces enfants âgés de 6 à 14 ans per­dent leur pers­pec­tive d’avenir. De plus leur santé est gra­ve­ment mena­cée, car les règles de pro­tec­tion contre les mala­dies et les acci­dents du tra­vail ne sont pas res­pec­tées, par exem­ple lors de l’uti­li­sa­tion de pes­ti­ci­des.

/ Source des 2 der­niers para­gra­phes : Coordination contre les méfaits de BAYER

P.-S.

BAYER CROPSCIENCE
16 Rue Jean-Marie Leclair - CP 310 - 69337 . LYON CEDEX 09
Téléphone : 04 72 85 45 45
Fax : 04 72 85 41 00
courriel : martine.lebris(arobase)bayercropscience.com
Site oueb : www.bayercropscience.fr

Produits phytosanitaires : fongicides, insecticides et herbicides.

Marques : Alliette Flash - Almanach - Antéor Avantage - Basta F1 - Baytan 5 - Caddy Arbo - Confidor - Corail Abilis - Crésus - Decis Protech - Etamine - Flint Consist - horizon Arbo - Horizon EW - Méthyleuparène UD - Mesurol 50 WP - Odena Sirbel Mandore Ocarina Yorel - Mikal - Milord - Phytocape UD - Prévicur N - Prosper Hoggar - Sencoral - Sereno - Slogan - Targa D+ - Tattoo C - Teldor Lazulie - Tertio - Tramùat F - Utilis - Valiant - Verita - Vivum.

Portfolio

Notes

[1] Voir le livre “Histoires d’une usine en grève : Rhodiaceta 1967-1968 Lyon-Vaise” (éditions Révoltes)

[2] Selon le rapport de deux jeunes slovaques, R. Vrba et F. Wetzler, évadés de Birkenau : « On les pousse dans la chambre des gaz. 2 000 personnes peuvent y rentrer, mais chacun ne dispose strictement que de la place pour se tenir debout. Pour parvenir à parquer cette masse dans la salle, on tire des coups de feu répétés afin d’obliger les gens qui y ont déjà pénétré à se serrer. Quand tout le monde est à l’intérieur, on verrouille la lourde porte. On attend quelques minutes, probablement pour que la température dans la chambre puisse atteindre un certain degré, puis des SS revêtus de masques à gaz montent sur le toit, ouvrent les fenêtres et lancent à l’intérieur le contenu de quelques boîtes de fer-blanc : une préparation en forme de poudre. Les boîtes portent l’inscription “Cyklon” (insecticide), elles sont fabriquées à Hambourg. »

[3] « J’avais oublié mon parapluie au café ; quand je suis revenu, il avait passé par Vaise ! » (Nizier du Puitspelu)

[4] En 1968, les casseurs n’étaient pas forcément ceux qu’on disait tels.

[5] Avec le plein accord marchandé du ministre de l’environnement de l’époque, Brice Lalonde !!!

  • Le 7 septembre 2005 à 22:22

    Bonjour,
    Cherchant sur le web ce qu’il y avait sur « délation », je suis tombé sur votre site où j’ai été surpris de l’utilisation hasardeuse de ce mot rattaché à une période sombre de notre histoire mais, même sans cette référence, je vous rappelle que la délation est « une dénonciation pour de viles motivations ».... Derrière ce mot souvent mal utilisé se cache à mon sens une immense barrière de protection contre la remise en question de chacun dans notre société, et une cécité arrangeante qui au bout du compte n’est bénéfique à personne. Sans prendre la direction de Bayer pour des saints, vous ne laissez guère place à la discution sur le cadre
    d’une telle mesure, qui je vous l’accorde doit susciter une extrême méfiance.
    C’était la réaction d’un sympathisant de gauche.


Dans les prochains jours :

jeudi 17 mai


samedi 19 mai

Infos locales

  • Résistances et solidarités internationales

    Projection-débat sur les mouvements sociaux au Chili

    L’asso­cia­tion « Chilenos en Rennes » débar­que à Lyon, et vous invite à une pro­jec­tion-débat, le diman­che 20 mai à 19h30, au bar De l’Autre CôTé du PonT.

  • Expression - contre-culture

    Soirée de Lancement de la revue Volée de plomb

    Le groupe « Retour de mani­velle » vous invite au lan­ce­ment de sa revue :
    Ce numéro ques­tionne les pos­si­bi­li­tés d’auto­no­mie dans une société tech­no­lo­gi­que­ment assis­tée, à tra­vers la réap­pro­pria­tion des savoir-faire et notam­ment ceux qui relè­vent de l’impri­me­rie :

  • Expression - contre-culture

    Luttes, une exposition de Papy@rt au Lavoir Public

    Du 12 mai au 4 juin 2012, Le cri de l’encre hors les murs
    Au Lavoir Public, 4 impasse Flesselles, Lyon 1er pré­sente LUTTES, Une expo­si­tion de Papy@rt

  • Ecologie - nucléaire - Alternatives

    Rencontres Désobeissance civile et Clown activisme à Décines

    Après la jour­née « j’art dîne » de mer­credi, le repas de quar­tier du jeudi, ce wee­kend des 19 et 20 mai sera placé sous le signe de l’acti­visme...
    Le pro­gramme sera défini le samedi matin en fonc­tion des par­ti­ci­pan­tEs.

  • Résistances et solidarités internationales

    Rassemblement en soutien à Elvis

    Rassemblement le 23 mai 2012 à 18h 30 en sou­tien à un étudiant sans-papiers

  • Fêtes - Festivals - Vie du mouvement

    Bar de la CNT

    Bar de la CNT tous les jeudis soirs


12 mai

  • Infos

    A écouter : des nouvelles de la grève étudiante au Quebec

    Au Québec les étudiantes et les étudiants sont en grève depuis 3 mois contre un projet de hausse des frais d’ins­crip­tion. Entretien audio d’une ving­taine de minu­tes avec Carlo, acti­viste de Montréal.

  • Infos

    Commémoration des massacres du 08 mai 1945

    Le 08 mai 1945 l’armée fran­çaise mas­sa­crait des dizai­nes de mil­liers d’Algériens dans le Constantinois. Ce mardi 08 mai plu­sieurs dizai­nes de per­son­nes se sont réu­nies pour une com­mé­mo­ra­tion place Gabriel Péri dans le 07e arron­dis­se­ment. Quelques sons pio­chés là-bas à écouter sur rebel­lyon.info

  • Résistances et solidarités internationales

    URGENCE ! Soutien aux 2 000 prisonniers politiques palestiniens en grève de la faim

    Depuis le 17 avril, 2000 pri­son­nier(e)s pales­ti­nien(ne)s mènent une grève de la faim. Tout comme près de 800 000 pales­ti­niens qui ont connu les pri­sons israé­lien­nes depuis 1967 - soit un pales­ti­nien sur trois ! - le seul crime de ces pri­son­nier(e)s est d’avoir résisté à la colo­ni­sa­tion pour l’appli­ca­tion du droit : la fin de l’occu­pa­tion et le droit au retour des réfu­giés.

  • Fêtes - Festivals - Vie du mouvement

    Free surprise party en soutien à la caisse de solidarité

    Samedi 12 mai dès 22h à Lyon 7e.

  • Fêtes - Festivals - Vie du mouvement

    Festival « Un autre monde » à Montluel

    Au pro­gramme du Festival Un Autre Monde 2012, retrou­vez le Tram Des Balkans à la salle poly­va­lente à Montluel toute la jour­née du samedi 12 mai.

  • Infos

    Soirée de soutien à l'entarteur de Raffarin

    Soirée de sou­tien pour l’entar­teur qui pas­sera devant le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Lyon le 30 mai 2012 pour « Violences avec arme en l’espèce ». Samedi 12 mai à la Coopérative du Zèbre avec pro­jec­tions et concert à partir de 19h


10 mai


8 mai


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