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Rasemblement contre l’état d’urgence en turquie samedi 30

1 complément

Une manifestation est prévue le 30 janvier à partir de 16h au départ de l’arrêt de métro Jean Macé en soutien au peuple kurde de Turquie.

Communiqué du HDP (Parti Démocratique des Peuples) sur les morts de civils dans les villes assiégées par les forces de sécurité turques :

« Le premier siège, qualifié de "couvre-feu", a été imposé dans la ville de Varto, le 16 août 2015. Aujourd’hui, les villes de Cizre, Silopi et Sur sont toujours assiégées. Jusqu’à présent, il y a eu 56 couvre-feux décrétés dans 20 villes réparties sur 7 provinces. Le cumul du nombre de jours de l’ensemble des couvre-feux est égal à 307. Plusieurs villes qui ne sont plus officiellement sous couvre-feu subissent un siège de fait.

283 civils, dont 75 enfants et 40 femmes ont perdu la vie durant les 6 derniers mois, dans les opérations militaires menées par l’Etat turc dans différentes provinces du Kurdistan. Plus de 300.000 personnes ont été contraintes de quitter leurs foyers ou ont été déplacées par la force. Ces opérations qui sont toujours en cours ont affecté la vie quotidienne de 1,5 millions de personnes.

Dernier état de la situation dans les trois villes assiégées :

A Cizre, il s’agit du 5ème couvre-feu imposé à la population. Le couvre-feu en cours a commencé le 14 décembre 2015. 55 personnes ont perdu la vie durant ces 35 derniers jours du siège. Le nombre total de personnes tuées depuis juillet 2015 s’élève à 88.

La ville de Silopi en est à son deuxième couvre-feu, celui-ci datant du 14 décembre 2015. 41 personnes ont perdu la vie depuis juillet 2015, dont 27 durant les 35 derniers jours.

La population du quartier de Sur, à Diyarbakir, subit un 6ème couvre-feu qui a commencé le 2 décembre 2015. Au 47ème jour de siège, on compte 16 civils tués. Le nombre de morts de civils depuis juillet 2015 s’élève à 21.


Une mère kurde, Teybet İnan, 57 ans, a été abattue par la police turque à Silopi et son corps n’a pas pu être ramené à la maison pendant 7 jours.

Voici la lettre de son fils :

« Quand ma mère a été abattue, quand ils nous ont informé, nous nous sommes précipités. Mon oncle avait tenté de l’atteindre, on lui avait tiré dessus. Quand je suis arrivé, mes voisins portaient mon oncle." Où est ma mère ? » ai-je demandé.
"Elle est couchée dans la rue " ils m’ont répondu.
J’ai essayé d’aller vers ma mère, ils m’ont arrêté. J’ai pleuré, pleuré, pleuré. Ma mère est restée là, gisante dans la rue. Ma mère bougeait un peu au début, puis elle n’a plus bougé alors que les heures passaient.

Nous avons appelé tout le monde, des députés, des gouverneurs ... Nous avons appelé tous les fonctionnaires, en leur disant que ma mère était morte et qu’ils nous permettent de chercher son corps. Quel était mon sentiment vis à vis de maman ?
Elle avait sûrement beaucoup souffert. Il est rare que nous exprimons l’amour, mais ma mère nous a donné une embrassade qui vaut tout l’or du monde, des milliers de mots ne peuvent exprimer l’amour qu’elle portait en elle.

Ma mère est restée dans la rue pendant exactement 7 jours. Aucun de nous ne dormait, craignant que les chiens viennent, que les oiseaux la dérangent.
Ma mère était juste couchée là et nous mourions de chagrin à 150 mètres. L’Etat turc nous a rendu fous pendant 7 jours.
Imaginez voir votre mère gisant au milieu de la rue pendant 7 jours ! On ne peut pas rester bon, on ne peut pas rester humain.

Les mains de ma mère étaient raides, elle avait apparemment serré son foulard sur sa douleur. Je lui ai baisé les mains, je lui ai demandé pardon, mais elles étaient dures. Son sang et la saleté de la rue avaient séché sur ses mains et sur son visage. Ses vêtements ont été mouillés de son sang, puis ils ont séché. L’odeur de ma mère avait disparu, elle sentait le sang et le sol. Le sang et la boue avaient durci ses cheveux.

Ceux qui croient en Dieu ont pris la vie de ma mère. Les yeux de ma mère étaient ouverts, la tête face à la maison, elle avait étiré ses jambes dans une dernière tentative pour essayer de rentrer à la maison. Avez-vous des mamans ? Des enfants ?

Je ne peux pas décrire la douleur de perdre ma mère, tout simplement trop grande. Pendant 7 jours, exactement 7 jours dans les affres de l’hiver, ma mère était étendue morte au milieu de la rue.
Vous savez ce qui est plus douloureux ?

Ne pas savoir pendant combien de temps elle a perdu son sang avant de mourir.
Je souhaite qu’elle soit morte au moment où elle a été abattue. »

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  • Le 27 janvier à 14:26, par vince

    je n’ai pas trouvé qui était à l’origine de l’appel...le HDP cité dans l’article ?

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