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Chronique de grève

Publié mardi 10 novembre 2009
 

Chronologie TCL

20 avril : grève aux TCL et perturbation de l’inauguration du T4 pour protester contre la remise en cause, par la direction, des accords d’entreprise.

Fin juin : grève tournante de 59 minutes par jour sur les lignes de tram, aux horai- res les plus vicieux… Le mouvement dure 15 jours. Dans ce cadre un syndicaliste de Sud prend l’initiative de bloquer à lui tout seul la circulation sur la ligne T4, en installant des chaises sur un aiguillage. Il est poursuivi en correctionnelle par l’entreprise.

3 septembre : les principaux syndicats refusent de signer la nouvelle convention collective proposée par la direction. Un préavis de grève concernant le réseau de tram est déposé par la CGT, FO et les Autonomes pour le 11 septembre. Le mouvement est une réponse « au climat délétère qui règne sur l’unité de transports tramway de Saint-Priest depuis l’inaugura- tion du T4 ». Les salariés dénoncent « la multiplication des sanctions abusives et les licenciements injustifiés ». « On a l’im- pression que la direction de Keolis cherche à instaurer un climat de peur pour faire taire les fortes têtes dans le cadre de la renégociation des accords d’entreprise. Si quelqu’un bronche, c’est directement le conseil de discipline. Ça a déjà donné lieu à trois licenciements, et il y a eu aussi une mutation ». A propos du conflit latent, Rivalta déclare : « il ne faut pas oublier que le service public c’est avant tout le ser- vice au public. Il est normal que le réseau et son organisation se modernisent ».

9 septembre : un préavis de grève de 99 jours est déposé suite à une réunion non concluante entre les syndicats et la direction, qui laisse entendre par voie de presse que les désaccords porteraient sur la question des salaires (c’est un gros mensonge).

22 septembre : un juge agacé par la grève à venir, place volontairement une affaire concernant des agents de l’entreprise à la fin de sa session.

24 septembre : début de la grève ; près de 70% du trafic des bus, métros et tramway est paralysé. 300 salariés se réunissent devant les locaux de Keolis et tentent de forcer le passage. Jets d’œufs et de fumigè- nes. Tout de suite la direction annonce des mesures disciplinaires et des syndicalistes s’interposent en annonçant une hypothé- tique rencontre pour 14h.

25 septembre : grosses perturbations sur le réseau. Plusieurs centaines de grévistes se réunissent devant le SYTRAL. Blocage du tram à la Part-Dieu : les CRS dégagent le passage à coups de lacrymo, sous les jets d’œufs et de farine (par kilo). Un cortège sauvage finit par se former : blocage de la ligne T1, du cours Lafayette, du cours Emile Zola, du métro à Charpenne. Manif en direction de la préfecture : un flic haut gradé se prend un œuf en pleine tête et un jeune venu en soutien est interpellé de façon un peu houleuse au sein du cor- tège. Pendant qu’une délégation de syn- dicaliste est reçue à la Préf’, il est pour sa part emmené au comico de Bahadourian. A la clé une convocation en Maison de jus- tice pour fin octobre (violence aggravée… avec un œuf). Le même jour le Progrès titre : « Usagers, chronique d’une galère annoncée ».

28 septembre : manif sauvage du côté de Grange Blanche. Jets d’œufs sur les bus qui circulent et petites altercations avec les jaunes (ah ! ah !). Première réunion de crise entre les syndicats et Tabary.

29 septembre : deuxième réunion entre les syndicats et Tabary. Comme c’est pas concluant, les syndicalistes occupent la salle des négociations.

30 septembre : incendie du dépôt de bus de Perrache. 29 bus détruits, 6 endomma- gés. 12 millions d’euros de dégât. Collomb et Rivalta appellent solennellement à la reprise du travail « cette grève n’a que trop duré »… Les syndicats les accusent de se saisir du prétexte pour casser le mouvement.

1er octobre : première assemblée générale rassemblant 300 traminots. Les grévistes sont encore majoritaires dans l’entreprise. Les syndicats laissent entendre cependant que le mouvement pourrait être suspendu sous peu.

2 octobre : la direction annonce un geste commercial pour novembre : baisse de 30% sur l’abonnement. Le 17 octobre est décrété journée gratuite sur le réseau. L’AG vote la fin de la grève pour lundi. Un journaliste du Progrès parti à la pêche aux mécontents pour illustrer son papier tombe sur un ouvrier du bâtiment de 31 ans qui déclare soutenir les grévistes. « J’ai du prendre le taxi quatre fois pour aller bosser. Une fois j’ai quand même été bloqué et ça m’a coûté 100 euros sur la fiche de paie, mais tant pis je reste soli- daire avec les syndicats des TCL, ils ont raison de se battre ».

3 octobre : manif anti grève minable place Bellecour. 150 participants. 50 personnes viennent les chambrer, en soutien au mouvement.

5 octobre : une cinquantaine de salarié-es des TCL se déclarent encore grévistes. Keolis est condamné en justice pour ses exigences : la boîte demandait aux salariés de se déclarer 48h avant le mouvement, et pour chaque jour de grève, alors que la loi impose une déclaration 48h avant de se mettre personnellement en grève (on peut rejoindre en cours de route) et sans mise à jour quotidienne (on se déclare une bonne fois et après c’est parti).

6 novembre : manif prévue à 14h devant le nouveau palais de justice, en soutien au gréviste bloqueur de juin. Par extension c’est une belle manière de protester contre la répression syndicale en général.

Décembre : reprise du conflit ?


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