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Communiqué de l’AG d’occupation de la présidence de l’université Lyon 2

Publié le 26 avril 2009

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Vendredi 24 avril, malgré la présence de vigiles privés, les étudiants ont réussi à entrer dans la salle du conseil de l’université et CEVU et CA ont été annulés. Après quelques échauffourées, les étudiants ont obtenu qu’on les laisse occuper la luxueuse salle du conseil. Ça change de l’amphi C à Bron ! Ils en ont profité pour rédiger un communiqué concernant le vote de lundi et la validation des diplômes. Les Assemblées Générales, la FSE, l’UNEF et les professeurs et personnels de PAU (pour les syndicats présents dans les instances antidémocratiques de les universités) appellent à son boycott.

Aujourd’hui, ven­dredi 24 Avril 2009, les étudiants gré­vis­tes, en accord avec la déci­sion votée dans les Assemblées Générales, ont occupé la salle du conseil de l’uni­ver­sité, où se tenait le CEVU (Conseil des études et de la vie uni­ver­si­taire) de Lyon 2 afin de faire enten­dre les reven­di­ca­tions des Assemblées Générales sur la vali­da­tion des semes­tres, le vote orga­nisé par la pré­si­dence et, plus géné­ra­le­ment, les réfor­mes uni­ver­si­tai­res com­bat­tues actuel­le­ment.

Sur la ques­tion des diplô­mes :

Les étudiants, ensei­gnants et per­son­nels de l’Université sont en grève depuis main­te­nant trois mois. Le refus obs­tiné du gou­ver­ne­ment de répon­dre aux reven­di­ca­tions uni­ver­si­tai­res est à l’ori­gine de la pour­suite de la mobi­li­sa­tion sur une durée aussi longue. La stra­té­gie du Ministère est clai­re­ment de jouer sur le chan­tage au diplôme, Fillon mena­çant d’un report des exa­mens à l’année sui­vante, pour briser le mou­ve­ment.

Dans ce contexte, les étudiants exi­gent des garan­ties qui leur per­met­tront d’obte­nir la vali­da­tion de leur semes­tre dans des condi­tions qui ne péna­li­se­ront per­sonne, et d’assu­rer ainsi la pos­si­bi­lité de pour­sui­vre la mobi­li­sa­tion dans de meilleu­res condi­tions.

La pré­si­dence ayant exclu a priori, et sans consul­ta­tion, de répon­dre à cette reven­di­ca­tion, c’est une des rai­sons pour les­quel­les nous avons décidé d’en occu­per les locaux.

Nous deman­dons donc la vali­da­tion auto­ma­ti­que des cré­dits ECTS de ce semes­tre, tout en ména­geant la pos­si­bi­lité pour tous d’être évalués. Cette mesure, accep­tée par la Coordination Nationale des uni­ver­si­tés, per­met­trait de réta­blir l’égalité entre les étudiants de toutes les facultés, qu’ils soient gré­vis­tes ou non.

Le Ministère pré­tend que de tels diplô­mes ne seraient pas reconnus, et que leur vali­dité serait contes­tée devant les tri­bu­naux admi­nis­tra­tifs. Leur reconnais­sance n’est pas une ques­tion juri­di­que, mais une ques­tion de rap­port de force poli­ti­que. D’autre part, il ne serait pas viable pour l’Université de faire redou­bler toute une classe d’âge. Enfin, la loi Faure de 1968 dis­pose que seules les uni­ver­si­tés sont maî­tres­ses des condi­tions d’attri­bu­tion de leurs diplô­mes.

Quant à leur qua­lité, elle n’est pas mena­cée par cette pro­po­si­tion, mais par les réfor­mes uni­ver­si­tai­res contre les­quel­les nous nous mobi­li­sons dans l’inté­rêt de tous. La vali­da­tion par des exa­mens por­tant sur des cours quasi-vides n’est-elle pas dans ce cadre plus déva­lo­ri­sante qu’une vali­da­tion auto­ma­ti­que des cré­dits ?

Le boy­cott du vote : pour­quoi ?

La pré­si­dence a choisi, sous la pres­sion des étudiants anti-blo­cage, de passer outre les Assemblées Générales des étudiants et per­son­nels. Elle met en place un vote sans débat, uni­que­ment sur la ques­tion du blo­cage, niant tous les autres aspects de la mobi­li­sa­tion. Les Assemblées Générales, ouver­tes à tous et démo­cra­ti­ques, sont les seules ins­tan­ces à même de pou­voir faire écho aux reven­di­ca­tions et aux deman­des de leurs par­ti­ci­pants, tout en offrant un temps de débats pour l’expres­sion de toutes les opi­nions.

En revan­che, les ins­tan­ces anti-démo­cra­ti­ques que sont le CEVU et le CA de l’uni­ver­sité n’ont aucune légi­ti­mité, tant l’abs­ten­tion lors des élections uni­ver­si­tai­res est impor­tante. Nous reven­di­quons d’ailleurs que ceux-ci soient ouverts à tous, au moins tant que durera le mou­ve­ment en cours, afin que toutes les opi­nions puis­sent s’y expri­mer.

De plus, en orga­ni­sant ce vote lundi 27 avril, la pré­si­dence foule aux pieds les déci­sions des Assemblées Générales concer­nant les moda­li­tés d’action. En effet, celles-ci ont décidé démo­cra­ti­que­ment de main­te­nir les piquets de grève jusqu’à mer­credi sur le campus de Bron et jusqu’à jeudi pour celui des Quais.

Motion de Bron sur la vali­da­tion des diplô­mes.

De plus en plus se pose la ques­tion de la vali­da­tion de ce der­nier semes­tre marqué par la grève étudiante et ensei­gnante dans les uni­ver­si­tés. On assiste, à ce propos, tou­jours davan­tage à la déna­tu­ra­tion et au détour­ne­ment des débats et des dis­cus­sions concer­nant la grève. Si cette ques­tion se doit en effet d’être abor­dée, il est tou­te­fois impor­tant qu’elle n’occulte pas la situa­tion et les enjeux qui l’ont fait naître.

Cette ques­tion est de plus en plus uti­li­sée pour ren­for­cer les oppo­si­tions entre gré­vis­tes et non-gré­vis­tes, ensei­gnants et étudiants, et pour remet­tre per­ni­cieu­se­ment en cause nombre de moda­li­tés et d’expres­sion de la grève. Il s’agit cepen­dant d’appro­cher ce pro­blème d’une toute autre manière afin de sug­gé­rer une solu­tion qui puisse ne péna­li­ser aucun étudiant sans remet­tre en cause le droit cons­ti­tu­tion­nel de grève.

Ainsi peut-on pro­po­ser la solu­tion sui­vante comme reven­di­ca­tion de grève au nom de tous les étudiants : que leur soient donnés les ECTS (ou cré­dits) équivalents à ce semes­tre.

Il s’agit de réa­li­ser que la situa­tion actuelle est belle et bien une situa­tion de grève excep­tion­nelle et non pas une période conven­tion­nelle. Cette pro­po­si­tion pre­nant place parmi les reven­di­ca­tions de grève pose comme excep­tion­nel­les ses alter­na­ti­ves, à savoir, le pas­sage des exa­mens et autres moda­li­tés d’évaluation.

Tout étudiant est donc en droit de récla­mer au mini­mum ses ECTS et, s’il le sou­haite, de passer ses exa­mens, d’être évalué pour obte­nir les mai­gres avan­ta­ges que cela peut lui appor­ter. Il est impor­tant de rap­pe­ler que cette pro­po­si­tion prend en compte l’appel de la CNU (Coordination Nationale Universitaire) de déconnec­ter les ques­tions de la for­ma­tion et du tra­vail de celles de l’évaluation et de la vali­da­tion, et le fait avéré que c’est indis­cu­ta­ble­ment l’admi­nis­tra­tion uni­ver­si­taire qui octroie en der­nière ins­tance les ECTS néces­sai­res à la pour­suite des études ou à l’obten­tion des diplô­mes.

En effet, c’est bel et bien l’admi­nis­tra­tion et non les ensei­gnants qui pose le cadre de vali­da­tion et c’est auprès d’elle et non auprès des ensei­gnants qu’il s’agit de porter cette reven­di­ca­tion. Les ECTS sont l’unité de valeur com­mune euro­péenne mis en place par le pro­ces­sus de Bologne, tandis que les notes et les évaluations ne pren­nent sens qu’au sein d’une seule et unique for­ma­tion.

Cette pro­po­si­tion a pour avan­tage de « libé­rer » les ensei­gnants de leur inves­tis­se­ment admi­nis­tra­tif auprès des étudiants et donc de favo­ri­ser leurs éventuelles démis­sions admi­nis­tra­ti­ves.

Pour les étudiants, bal­lo­tés entre ensei­gnants et admi­nis­tra­tion, cela permet de pré­ci­ser le véri­ta­ble inter­lo­cu­teur concer­nant cette ques­tion de vali­da­tion, le seul qui dis­pose du réel pou­voir et du der­nier mot dans ce débat : l’admi­nis­tra­tion.

Le piège tendu par l’appa­rente com­plexité de la bureau­cra­tie uni­ver­si­taire est d’oppo­ser sur ces ques­tions les ensei­gnants et les étudiants en fai­sant croire que ces pre­miers sont ceux qui assu­rent la vali­da­tion, alors qu’ils assu­rent la for­ma­tion et une éventuelle évaluation (qui peut être contes­tée, on a pu le voir, par l’admi­nis­tra­tion). De même, celui d’oppo­ser gré­vis­tes et non-gré­vis­tes alors que leurs aspi­ra­tions sont fon­da­men­ta­le­ment les mêmes, à savoir pour­sui­vre une for­ma­tion et vali­der cette der­nière à la fin de l’année uni­ver­si­taire.

Cette pro­po­si­tion se verra sans doute contes­tée par des mena­ces d’un éventuel recours au tri­bu­nal admi­nis­tra­tif. Il s’agit avant tout de défi­nir par qui ce recours pour­rait avoir lieu, contre qui ou quoi et sur quel(s) arti­cle(s) de loi. Rappelons que, du fait du mou­ve­ment de grève, la majeure partie des cours n’ont pas eu lieu, un rat­tra­page remet­tant en cause l’expres­sion de ce droit cons­ti­tu­tion­nel de grève. L’année et les diplô­mes sont déjà vidés de leur sub­stance, et de ce fait les exa­mens per­dent tous leurs sens sinon celui d’une façade de prin­cipe.

Partant de ce cons­tat, sou­li­gnant l’inu­ti­lité des exa­mens et des autres moda­li­tés d’évaluation pour obte­nir une vali­da­tion, l’uni­ver­sité res­te­rait plus sen­si­ble à un recours en cas de refus de vali­da­tion qu’en cas de vali­da­tion.

Cette pro­po­si­tion s’ins­crit donc comme une pers­pec­tive à défen­dre pour tous les étudiants, ainsi que les ensei­gnants, afin d’accom­pa­gner la conti­nuité et le sup­port des reven­di­ca­tions des acteurs de l’uni­ver­sité.

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  • Le 26 avril 2009 à 22:49

    Ce qui est bon à signaler c’est que beaucoup disent qu’il ne faut pas que ce semestre soit perdu, certes ! Mais si on arrete maintenant la grève pour le semestre ne soit pas perdu(bien qu’a mon sens il est deja etant donné qu’il ne reste qu’un moi de cours, et qu’en temps normal un semestre ne dur pas qu’un moi), la grève reprendra l’an prochain au risque donc, que l’année prochaine ne soit qu’un remake de ce semestre et donc une année complète perdu... Il est donc preferable de ne perdre que ce semestre ci à mon sens

    Je pense ceci peut-etre un bon discours à sortir à tout le monde y compris au personne refractaire à la grève qui je pense preferent que la greve ne reprenne pas l’an prochain qui se joindront peut etre avec nous de ce fait (une touche d’espoir ne fait pas de mal ^^)

  • Le 26 avril 2009 à 12:44

    La réponse de la présidence :

    (Claude J., sors de ce corp !)

    +++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++

    Cher(e)s collègues, cher(e)s étudiant(e)s,

    De graves incidents se sont produits vendredi dans notre Université.
    Un petit groupe, d’une vingtaine d’étudiants, a décidé d’empêcher par
    la force que se tiennent les deux conseils, le Cevu et le CA, et
    d’occuper la salle du conseil.

    Si un court dialogue a pu s’engager, dans l’immédiat, cette initiative
    n’a eu pour effet que de repousser l’adoption des modalités d’examen
    qui avaient été longuement préparées par les composantes, le plus
    souvent en concertation étroite avec les étudiants, et discutées en
    cabinet avec les doyens, les chefs de service, des élus étudiants.
    C’est le choix de la politique du pire, ainsi imposé à tous.

    Sauf à vouloir y consentir et accepter par là que cette année
    universitaire soit un naufrage collectif, dont notre université et nos
    étudiants souffriraient évidemment, il importe que notre communauté se
    rassemble au plus vite et se donne les moyens de rejeter la violence
    comme mode d’action au sein de notre établissement. Nous devons
    notamment faire en sorte que le vote de lundi se déroule
    pacifiquement, malgré les menaces brandies dans quelques assemblées,
    parce que nous ne pouvons accepter que l’on parle au nom de la
    communauté sans jamais la consulter véritablement ou que l’on estime
    que le sort de notre établissement, en jeu dans le blocage actuel, ne
    regarde ni les enseignants, ni les personnels administratifs et
    techniques. En la matière, la vieille maxime qui veut que « ce qui
    concerne tout le monde doit être décidé par tout le monde » est sans
    aucun doute ce que nous avons de mieux pour régler ensemble nos
    problèmes et répondre aux attaques dont l’Université et notre
    université sont l’objet.

    Quelles que soient les positions des uns et des autres, il nous faudra
    nous rassembler et travailler ensemble à défendre ce qui nous unit.
    Refuser la violence est une condition préalable.

    L’équipe présidentielle

    ++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++


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