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Contre les violences masculines, solidarité féministe !

Contre les violences masculines, solidarité féministe !

Le 25 novembre a lieu la journée de lutte contre les violences masculines, pour dénoncer les violences quotidiennes exercées par des hommes sur des femmes.

Le 20 novembre a lieu la journée du souvenir trans (Transgender Day of Remembrance), pour commémorer les personnes trans assassinées.

Si ces deux journées sont souvent présentées de manière complètement disjointes, il nous semble pourtant qu’elles se rejoignent énormément.

Les deux ont pour origine l’assassinat de femmes : Patria, Minerva et María Teresa Mirabal, assassinées le 25 novembre 1960 par le dictateur de la République Dominicaine Rafael Trujillo, pour la journée contre les violences masculines ; Rita Hester, assassinée le 28 novembre 1998, et dont le meurtrier reste inconnu, pour la journée du souvenir trans.

La grande majorité des personnes trans assassinées sont des femmes, la plupart racisées, et la quasi-totalité des assassins sont des hommes ; et si la composante transphobe est bien évidemment présente dans ces meurtres, ils ont aussi un caractère misogyne.
De la même manière, si les violences masculines touchent toutes les femmes, elles frappent encore plus violemment celles qui cumulent d’autres oppressions : femmes trans, racisées, prolétaires, lesbiennes ou bisexuelles, handies, etc.

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En effet, les violences masculines ne sont pas l’œuvre de quelques individus violents, mais une manière de maintenir le patriarcat, c’est-à-dire la domination des hommes sur les femmes. La lesbophobie, la biphobie et la transphobie ne sont pas dissociables du patriarcat, mais en font partie intégrante. Elles servent à faire rentrer dans le rang ou à éliminer les femmes qui ne suivent pas le modèle patriarcal.
Celui-ci assigne des individus à un genre en fonction de leur sexe de naissance et érigent l’hétérosexualité comme norme. Dans ce modèle , les lesbiennes et les femmes trans ne peuvent être considérées que comme objet de fantasme pour hommes hétérosexuels, ou comme des monstres à éliminer ou à « corriger » car n’étant pas de « vraies femmes ».

Les violences masculines ne sont pas gratuites ou aveugles, mais servent à maintenir l’exploitation des femmes par les hommes : travail domestique (où les tâches ménagères, d’éducation des enfants, de travail émotionnel, etc., reviennent majoritairement aux femmes), appropriation du corps des femmes par les hommes (viols, agressions sexuelles, injonctions au sexe, ...), écarts de salaire et précarité dans l’emploi, etc.

Les violences des hommes sur les femmes sont partout : à la maison, dans la rue, au travail, dans les transports, à l’école, chez le médecin, etc. Ces violences tuent au quotidien, mais ces meurtres sont présentés comme des « faits divers » plutôt que comme un mécanisme systémique. La police et la justice patriarcales couvrent ces violences : lorsque des femmes portent plainte, elles se voient souvent ridiculisées, interrogées, jugées sur leurs comportements ou leurs vêtements, et la plupart du temps les procédures contre les agresseurs n’aboutissent pas. À l’inverse, lorsque des femmes se défendent, elles sont parfois condamnées pour ne pas s’être laissées faire.

Face aux violences masculines et au patriarcat, il est urgent de développer des solidarités féministes. Des solidarités féministes qui incluent toutes les femmes, et prennent en compte les autres oppressions qu’elles subissent, que ce soit le capitalisme, la lesbophobie, la transphobie, le racisme, l’antisémitisme, l’islamophobie, le validisme, le travail du sexe/prostitution, etc.

Des solidarités féministes pour reprendre du pouvoir sur nos vies et sur nos corps, pour prendre confiance en nous, pour apprendre à dire non, à nous défendre, et à nous battre pour construire ensemble un monde sans oppression.

Rendez-vous à 20h place Bellecour pour la manifestation non-mixte !

Oui mais, ça branle dans le manche, les mauvais jours finiront
Et gare à la revanche quand toutes les femmes s’y mettront !

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