Le 31 mars 2009 vers 11 h
Cher(e)s collègues, cher(e)s étudiant(e)s,
Depuis maintenant sept semaines, notre université participe activement
au mouvement qui s’est organisé contre les réformes gouvernementales
touchant l’université et la recherche. Dans ce cadre, la présidence
avait dès le mois de décembre rassemblé le Congrès qui avait pris des
positions très claires de refus des réformes telles qu’elles étaient
proposées, puis avait accompagné le mouvement dans sa forme initiale –
en rejoignant par exemple l’appel de la Sorbonne – le président ayant
lui-même participé à la manifestation du 26 février aux côtés des
enseignants-chercheurs.
La crise est pourtant loin d’être derrière nous. Si des modifications
ont été apportées au projet de décret sur les enseignants-chercheurs
et si de timides avancées, au demeurant ambigües sur le fond, ont été
enregistrées sur la mastérisation des concours ou la revalorisation
des débuts de carrière, le fondement de ces réformes subsiste et la
nature même de certaines concessions accordées par les ministère
laisse planer trop d’incertitudes.
L’avenir de l’Université à laquelle nous sommes attachés, la place des
disciplines qui sont celles de notre établissement, la formation des
futurs enseignants restent incontestablement menacés. Il paraît dans
ces conditions bien difficile de renoncer à faire entendre les
préoccupations de notre communauté.
Au sein de l’université de Lyon 2 le mouvement a pris une nouvelle
tournure avec le blocage d’abord du campus des Berges du Rhône puis de
celui de Porte des Alpes qui s’est radicalisé au cours de la semaine
passée avec des gestes et des propos que nous ne pouvons ni accepter
ni cautionner : menaces et insultes contre certains enseignants,
étudiants et personnels administratifs ou intervenants extérieurs,
utilisation de barrières, théoriquement destinées à protéger les
passants d’éventuelles chute de pierres le long de la MOM, et de
palettes enflammées pour bloquer la circulation sur la rue de
l’université, rétention de cartes d’étudiants sous prétexte de
filtrage des entrées…
Nul ne peut accepter ces actions qui sont contraires aux principes
mêmes de l’université et parfaitement incompatibles avec les objectifs
que s’assignent ceux qui aujourd’hui se mobilisent pour préserver un
enseignement supérieur indépendant et de qualité.
La mobilisation légitime contre les réformes que l’on veut nous
imposer doit sans doute se poursuivre et il appartiendra à la
communauté de se prononcer dans les meilleurs délais à ce sujet. Mais
elle ne saurait continuer à s’exprimer dans des formes si contraires
aux fins qu’elle se donne et si périlleuses pour notre institution,
hélas fragile en cette période de préparation du contrat quadriennal
et d’arbitrages sur le plan campus. Il revient à toutes et à tous
d’inventer dès maintenant des modalités de mobilisation et de
manifestation qui soient compatibles avec nos engagements envers les
étudiants et envers nos partenaires scientifiques : le blocage doit
cesser, et avec lui les provocations qui n’ont pour ambition que de
faire intervenir les forces de l’ordre. Mais il revient aussi à tous
et à toutes d’arrêter au plus vite des modalités de validation, justes
et claires, qui ne pénalisent personne, et donc de reprendre des
cours, sous une forme ou sous une autre, pas forcément canonique. Nous
devons à nos étudiants des diplômes solides que personne ne pourra
congédier et nous devons leur indiquer au plus vite comment ils seront
délivrés.
Après consultation des organisations syndicales des étudiants et des
personnels, et discussion avec les doyens et directeurs, la présidence
propose les pistes suivantes : levée du blocage sur les deux campus et
parallèlement banalisation – c’est-à-dire suspension des cours - des
mardis matins et des jeudis après-midi pour permettre aux assemblées
et aux manifestations de se poursuivre, organisation de cours et de
conférences hors les murs avec le soutien institutionnel de
l’Université, assises de l’enseignement supérieur et de la recherche
avec des représentants de Sauvons l’Université et Sauvons la
Recherche, mise en place rapide de cours, séminaires, ateliers tutorés
pour accompagner les étudiants dans la préparation des diplômes et
préparation de cours ou de documents en ligne afin de donner une base
claire et solide aux examens. La mobilisation peut trouver un second
souffle dans ces actions sans obérer les résultats de l’année.
Pour élaborer ensemble les modalités d’organisation des prochaines
semaines, qui seront décisives, l’équipe présidentielle invite donc
les membres des trois conseils à se réunir ce jeudi en Congrès
extraordinaire pour décider ensemble des mesures qu’il nous faut
adopter sans tarder.
Olivier Christin, président de l’Université Lumière Lyon 2
André Tiran, 1er vice président, en charge du budget et du patrimoine.
Nathalie Fournier, vice-présidente chargée de la recherche
Jacques Bonniel, vice-président chargé des formations
Marie Anaut, vice-présidente chargée des campus et de la vie étudiante
Jacques Gerstenkorn, vice-président chargé de la culture
Michel Guillot, vice-président chargé des ressources humaines
Christian Montès, vice-président chargé des relations internationales
Carole Rozzonelli, vice-présidente chargée de la communication