Ecole inégalitaire : Société réactionnaire !
Le système éducatif français est aujourd’hui sujet à des transformations profondes à tous ses niveaux, dont témoigne les multiples réformes en cours. De l’application de la LRU dans les universités tendant à créer des « pôles d’excellence » en concurrence avec des universités au financement inférieur, à la création dans les lycées de filières spécialisées répondant au besoin d’une entreprise en particulier ; de la suppression des RASED dans les écoles, à la transformation du CAPES dont découle la suppression des IUFM et donc la fin de tout enseignement pédagogique pour les futurs enseignants, une liste non-exhaustive permet de se rendre rapidement compte que c’est l’ensemble du système éducatif français qui connaît des transformations de profondeur.
Ces transformations, loin de ne toucher que la forme, caractérisent un changement du rôle du système public d’enseignement dans la société. L’élitisme affiché d’un petit nombre de filières longues hautement rentables sur le marché du travail et la création d’autre part de filières courtes en lycée correspondant au besoin d’une entreprise en particulier nous montrent la volonté d’aligner le système éducatif sur les intérêts économiques. En plus d’être une machine à perpétuer les inégalités et les statuts sociaux hérités des parents, l’école est ici une machine à fabriquer une main d’oeuvre répondant exactement aux besoins des entreprises. Dans la même logique on transforme le mode de fonctionnement des structures éducatives pour les aligner sur celles des entreprises : mise en concurrences des structures, privatisation progressive, influence grandissante du privé sur les choix pédagogiques. La hiérarchisation des matières qui en découle, avec la mise à mal dans les filières générales des disciplines culturelles, et des filières correspondantes dans les structures universitaires, témoigne d’un mépris pour la culture jusqu’ici inégalé. Elle n’a plus sa place dans le système éducatif et est bien souvent ramenée à sa valeur économique, comme on peut le percevoir hors du système éducatif avec la volonté de rentabiliser le patrimoine ou les musées.
La contestation à long terme est sapée par une autre évolution du système éducatif : l’entrée dans celle-ci d’une obligation d’adhésion à l’autorité qui n’est pas sans rappeler l’école du XIXeme siècle : lobotomie dès le plus jeunes age à coup d’une « marseillaise » dont les enfants sont bien en peine de comprendre le sens, adhésion martelé à une identité nationale nouveau fer de lance culturel des gouvernants et témoin d’une vision rétrograde de l’histoire ramené à son statut national, propagande forcené dans les écoles tant des multinationales que du gouvernement à leur solde. L’intériorisation, presque inconsciente de cette obéissance est assuré par l’implantation de caméras, de bornes biométriques, la présence de vigiles, qui habituent dès le plus jeune age à des structures de contrôles pourtant dignes d’un univers carcéral. Pour ceux qui n’auraient pas bien compris la leçon la répression féroce et les condamnations pleuvent sur les lycéens ou les étudiants qui sortent du rang, quand les mesures disciplinaires ne les ont pas encore exclus de système éducatif.
L’ensemble de ces logiques découlent d’une évolution globale de nos sociétés où l’économie dicte l’ensemble de la vie sociale, dans un ordre inégalitaire dont l’état, par ses mesures sécuritaires et répressives, assure la conservation, leurs intérêts étant bien sûr les mêmes, et bien loin des nôtres. D’où la casse du code du travail ou la disparition progressives des services publiques dont le but n’a jamais été la rentabilité, et que l’on cherche donc à rendre rentable à court (privatisation) ou long terme (transformation du système éducatif) ou simplement à faire disparaître !
Dans le monde du travail précarité et licenciement attendent les pions formatés du système éducatif pour en faire les larbins trop dociles d’actionnaires qui continuent de s’enrichir quand les salariés se tuent à la tache à payer les pots cassés de la crise économique. C’est donc un lutte globale qu’il faut mener : travailleurs, lycéens et étudiants, à la fois dans la rue comme lors de la grève interprofessionnelle du 29 janvier mais aussi en créant des structures de luttes et d’entraides collectives et autogérées, afin d’organiser l’école, l’entreprise, la vie sociale, selon nos intérêts et non pas ceux d’une poignée de politiciens et d’actionnaires. Préparer notre futur au lieu de se contenter de se battre contre une loi, une réforme, quand c’est l’ensemble de la société qu’il faut changer ! Le faire avant qu’il ne soit trop tard, avant que l’alliance pouvoir politique/ pouvoir économique ne devienne le totalitarisme du XXIeme siècle, un totalitarisme nouveau où nos vies, centrées sur un boulot toujours plus ingrat aux conditions de travail inhumaines, ne connaîtraient comme seul assouvissement que la consommation avec le sécuritaire et la répression comme limites à nos vies sociales et à notre expression politique et collective. Une vie, finalement, où nous ne sommes que les pions rentables, les fourmis qui font tourner une énorme machine capitaliste à faire des profits.
Sur nos lieux d’études et de travail organisons des assemblées générales, des collectifs, autogérés et démocratiques, non pas seulement pour organiser les échéances de mobilisation mais pour réfléchir collectivement au lycée, à l’université, à l’entreprise que nous voulons pour le futur, sans chefs et organisé selon nos intérêts, et pour en poser collectivement les bases.
Sans flics, ni patrons, luttons !

Ils nous traîtent de terroristes pour mieux nous terroriser !
Pour réprimer une contestation sociale qui s’organise et s’exprime directement et en dehors des institutions sclérosés que sont les partis politiques ou les grandes centrales syndicales l’Etat utilise maintenant pleinement l’arsenal legislatif des lois anti-terorristes mis en place graduellement ces dernières années.
C’est ainsi que, ces derniers temps, les militant-e-s Bruno, Yvan, Isa, Juan, Damien et (pour l’affaire de Tarnac) Julien Coupat, Yldune Levy et 9 autres, se sont vues placés sous le coup de procédures anti-terroristes et ont vécus ou vivent encore de long mois de prisons (jusqu’à plus d’un an pour Isa).
Leur tort ? Ne pas avoir les bonnes idées, êtres solidaires de sans-papiers ou vouloir changer cette société pourrie. Il n’y a jamais eu mort d’homme ou même tentative, pas d’attentat dans les cafés ou de prise d’otages, pas d’attaque de banques. Mais des manifestations, des tracts et des livres écrits, des fumigènes pour se faire voir et tout au plus des clous rouillés pour crever les pneus de voitures de flics… Voilà ce sur quoi s’acharne la justice de l’Etat, dans le but de nous terroriser pour que l’on ne sorte pas du rang, et, par un battage médiatique, d’essayer de justifier une presence policière et des lois toujours plus répressives et liberticides. Mais face à la repression de nos luttes la solidarité est toujours la meilleur arme (avant que poser effectivement des bombes chez nos ennemis les bourgeois reste la seule chose à faire…). C’est pourquoi différents collectifs de soutien aux embastillé-e-s se sont constitués en France. Ils appellent notamment à une manifestation nationale le 31 janvier à Paris. A Lyon auront lieu également plusieurs activités en soutien aux inculpés de Tarnac (et aussi aux autres).
Ni tsahal, ni hamas : Liberté en Palestine !
L’offensive israélienne contre Gaza, qui a commencée le 27 décembre 2008, a fait plus de 1300 morts, dont 410 enfants. Etant donnée l’ampleur et l’organisation de cette opération militaire, nommée "Plomb Durci", nous comprenons que ce n’est pas une simple riposte contre deux tirs de roquette sur Israël, mais bien un plan préparé de longue date pour exterminer ce qu’il reste de la résistance palestinienne et d’un peuple décimé par 60 années de guerre.
La colonisation de la Palestine a commencé en 1948, lorsque l’ONU a pris la décision de partager ce territoire en se passant de l’avis des peuples l’occupant, ce qui aurait été légitime et logique. Nait alors Israël, l’Etat du peuple juif, avant poste de la politique impérialiste nord américaine dans le Moyen Orient. Mais la superficie offerte à cet Etat ne correspondait pas à ce que prévoyait l’idéologie sioniste sur lequelle il a été formé. Ainsi soutenue politiquement et militairement par les Etats-Unis, et dernièrement, l’Union Européenne, Israël oeuvre depuis 60 ans à vider la Palestine des palestiniens. Sur les 27 000 km² où vivaient ensemble 1 269 000 arabes et 608 000 juifs en 1946, il ne reste plus au peuple palestiniens que 6 236 km² où s’amassent 3 150 000 personnes.
Selon Israël, la guerre contre la Bande de Gaza est un acte de légitime défense. Mais contre quoi ? Contre un peuple qui tente de résister à la colonisation ! Contre1,5 millions de personnes qui survivent dans 360 km², sans nourriture, sans eau courante, sans éléctricité et qui vivent dans la peur constante d’être tués lors des bombardement réguliers !!! Lorsque des centaines de chars et de soldats sur-armés avancent sur un peuple qui se bat désarmé, ce n’est plus une guerre mais un rouleau compresseur qui ne peut être arrété. Israël, encore une fois soutenu par Sarkozy et Bush/Obama, se justifie en affirmant que seul l’organisation politique islamiste Hamas, définie comme terroristes par les pays du Nord, est visée. Ils tentent criminaliser le Hamas en l’accusant de refuser l’aide des 60 camions d’aide humanitaire qui sont bloqués aux portes de Gaza par l’armée israélienne. Il faut cesser de punir toute une population au nom d’une prétendue "lutte contre le terrorisme", comme cela s’est déjà produit en Afghanistan et en Irak.
Pourtant, nous ne cautionnons, ni ne soutenons le Hamas qui reste un groupe d’extrème droite et islamiste qui tente de récupérer le mouvement de résistance pour en faire une lutte communautaire et haineuse contre le peuple juif. Cette guerre n’est pas une guerre de religion mais celle des palestiniens qui luttent pour leur droit à l’autodétémination et pour vivre une vie décente.
Halte au soutien des Etats occidentaux à la politique coloniale d’Israel ! Halte aux fournitures d’armes et au soutien financier à cette sale guerre coloniale ! Les Etats occidentaux cherchent à faire oublier leur propre politique néocoloniale et passé antisémite, tout en soutenant Israël dans une perspective d’appropriation des ressources de la région, sous le masque du "conflit de civilisation".



