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Exactions policières - Arrestations arbitraires - Prison pour les précaires

Publié vendredi 3 juin 2005
 

Les 25 et 26 mai passaient au tribunal les inculpé-es de la Manifestive du 30 avril. Pour leur collectif de soutien, le bilan est plus qu’en demi-teinte.

Les nouvelles pièces ajoutées au dossier infirment complètement la version policière dans le cas de Virginie, et la mettent sévèrement en doute pour Luis et Christian, inculpés de la place St Paul. En effet et heureusement pour Virginie, un vidéaste amateur a pu produire un document montrant son interpellation violente et arbitraire. Nous nous étonnons d’ailleurs de la curieuse propension à la destruction ou à l’égarement des bandes de vidéosurveillance chaque fois qu’elles pourraient mettre en cause la police.

Avec un ferme espoir d’une issue favorable, nous resterons mobilisés jusqu’au procès du 6 juillet.

Nous sommes scandalisés par les verdicts prononcés à l’occasion des procès des trois autres inculpés : Alexandre, John et Philippe.

- Si Alexandre a reconnu et regretté avoir jeté une bouteille en direction des policiers, il a toujours affirmé qu’elle ne les avait pas atteints. Ainsi, aucun policier n’a été blessé. 4 mois dont deux ferme et 1 250 euros de frais, dommages et intérêt pour les policiers !

- Philippe, lui, a reconnu avoir avancé un caddie en direction des policiers. Même si ce caddie a été arrêté dans sa course par d’autres manifestants, et n’a jamais heurté et encore moins blessé de policiers, il récolte 4 mois de prison dont 3 avec sursis.

- Quant à John, aucun élément précis ne le mettait en cause, à part une poubelle renversée contenant des bouteilles. Il a toujours nié le jet de bouteille dont on l’accuse, et rien ne permet de prouver le contraire. Il est condamné à 4 mois de prison ferme.

Dans aucun de ces cas, le tribunal n’a souhaité prendre en compte la tension qui se dégageait forcément d’une fin de manifestation qui avait fait l’objet de provocations de la BAC pendant son parcours et de violences policières, et le fait que les interventions soudaines des policiers se soient produites sans sommations et de façon inappropriée.

- Nous constatons que le statut de précaires des inculpés a été utilisé comme élément à charge dans un discours permanent de culpabilisation tenant plus de l’ordre moral que des considérations juridiques. Au vu de ce discours, l’égalité devant la justice est plus que jamais mise en doute.

- Nous constatons également que ces lourdes peines, très rares pour des faits de manifestations, ouvrent de sombres perspectives quant à la criminalisation des mouvements sociaux. La simple participation à une manifestation devient maintenant un risque.

- Nous constatons que ce procès a pris une teneur politique, malgré les dénégations du président et du procureur. En effet, comme pour les récentes manifestations des lycéens, la référence dans la presse à des fantasmatiques “ groupuscules anarcho-libertaires ” a permis de créer une atmosphère de vengeance judiciaire autour de la prétention à « restaurer l’autorité publique », avec pour conséquence les lourdes condamnations de trois des inculpés.

Nous réclamons la révision de tous les procès et la libération de tous les prisonniers !

Nous dénonçons la pratique de plus en plus systématique de la police à poursuivre pour violences, outrages et rébellion toutes les personnes arrêtées arbitrairement et qu’ils ne pourraient pas faire inculper pour un motif réel. N’est-ce pas pour certains policiers une rente financière non négligeable et une manière de couvrir leurs violences ?


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