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Faisons front contre la répression dans les lycées

Publié le 13 février

Maj le 16 février

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5 compléments d'info

Face à la répression contre les lycéens et plus particulièrement au sein du lycée Pierre Brossolette, le CILL publie une pétition contre ces pratiques. Un fichier .doc à imprimer est disponible en ligne, merci de nous retourner les signatures dans ce cas là. La pétition est également disponible en ligne.

Faisons front contre la répres­sion !

Le mer­credi 16 décem­bre, semaine de lutte au lycée Pierre Brossolette (Villeurbanne), 5 lycéens, en classe de pre­mière, tous mineurs, se sont retrou­vés vers 7h du matin non loin du lycée.

Une voi­ture de la BAC est arri­vée vers eux puis a appelé des ren­forts. Les lycéens, sus­pec­tés de vols de chaîne, l’un d’entre eux ayant les éléments per­met­tant soit disant de confec­tion­ner une bombe arti­sa­nale, se sont fait menot­ter, puis embar­quer pour endu­rer ensuite 12h de garde à vue.

Un des lycéens, sus­pecté comme le « meneur », a subit un inter­ro­ga­toire d’une heure en pré­sence de 3 poli­ciers. A un moment donné, deux poli­ciers sont partis, lais­sant le jeune seul en pré­sence du poli­cier res­tant. La caméra avait son voyant éteint, ne fil­mant ni les propos, ni les gestes de l’agent. Celui-ci, n’obte­nant pas les répon­ses qui lui conve­nait, tira le lycéen par les che­veux et lui frappa la tête à trois repri­ses contre la table. Les poli­ciers se sont ensuite rendus chez lui afin de se livrer à une per­qui­si­tion, sans accord préa­la­ble, fouillant sa cham­bre, son ordi­na­teur (mails, face­book…) et son por­ta­ble. Aucune nour­ri­ture ne lui a été servie pen­dant les douze heures de garde à vue. Ce lycéen pas­sera devant la jus­tice le 10 février 2010 pour un rappel à la loi. Les autres ont été relaxés.

Le CILL dénonce cette répres­sion poli­cière qui vise à ter­ri­fier les lycéens, à les empê­cher de s’orga­ni­ser pour lutter contre le gou­ver­ne­ment !

D’autre part, la direc­trice de l’établissement, après avoir exclu chaque élève 4 jours, a tenu un conseil de dis­ci­pline pour chacun d’entre eux le mardi 5 jan­vier. A la suite de cette réu­nion, deux élèves ont été exclus défi­ni­ti­ve­ment du lycée, dont le lycéen « meneur » qui était un des piliers de la mobi­li­sa­tion au lycée Pierre Brossolette. Voulant rendre cette sanc­tion apo­li­ti­que, elle a insi­nué que le lycéen ven­drait du shit, ce qui est faux et n’aurait rien à voir. La pro­vi­seure a aussi trans­mis une lettre joi­gnant celle des absen­ces aux parents de chaque élève du lycée où elle rap­pelle que « toute per­sonne qui par­ti­cipe à des actes délic­tueux (blocus, dégra­da­tions, vio­lence…) s’expose à des pour­sui­tes et à des sanc­tions tant admi­nis­tra­ti­ves que judi­ciai­res (conseil de dis­ci­pline, etc…) ».

La pro­vi­seure de lycée de Brossolette, l « ’écrivain » Chris Laroche [1], cri­mi­na­lise cons­tam­ment les luttes des lycéens du lycée ! Elle mobi­lise les parents d’élèves contre les élèves mobi­li­sés, leur envoyant mails et cour­rier les dénon­çant comme vou­lant dégra­der le lycée. Elle les désin­forme en disant que les élèves exclus étaient ren­trés dans le lycée. Elle ne satis­fait pas les droits démo­cra­ti­ques de lycéens en leur inter­di­sant de tenir des AG et en dénonce les orga­ni­sa­teurs publi­que­ment. Elle tente de saper le tra­vail d’agi­ta­tion des lycéens. Elle contraint des élèves à signer des let­tres de démis­sion qui s’appli­que­ront s’ils conti­nuent à rater des cours, alors qu’ils sont sala­riés : c’est une répres­sion sociale !

Chris Laroche, insa­tis­faite de la répres­sion poli­cière, exerce une répres­sion admi­nis­tra­tive sur les deux élèves ! Nous exi­geons leur réin­té­gra­tion, sur la base des prin­ci­pes démo­cra­ti­ques les plus élémentaires : non seu­le­ment la jus­tice n’a pas jugé néces­saire de les faire passer devant un juge, mais ils n’ont commis aucun délit à l’inté­rieur du lycée. D’autre part, nous réaf­fir­mons le droit démo­cra­ti­que des lycéens à s’orga­ni­ser en vue de lutter contre les réfor­mes, à choi­sir les modes d’actions qu’ils esti­ment néces­sai­res pour lutter contre le gou­ver­ne­ment. Ces conseils de dis­ci­pline sont des conseils de dis­ci­pline poli­ti­ques, qui nient ces droits. A Paris, cet été, un lycéen, Tristan, était également menacé par son pro­vi­seur : une vaste cam­pa­gne a permis qu’il reste au lycée.

Une atta­que contre un est une atta­que contre tous !

Le CILL appelle également les lycéens à s’orga­ni­ser pour com­bat­tre la répres­sion et per­met­tre le res­pect de nos droits démo­cra­ti­ques.

Signez notre péti­tion !

Nous exi­geons :

- La fin répres­sion admi­nis­tra­tive et poli­cière !

- Que Chris Laroche, publi­que­ment et par écrit, accepte de mettre fin à cette répres­sion !

lycee­sen­lut­te69 gmail.com – http://cill69.word­press.comhttp://cill.foru­mac­tif.com

Premiers signa­tai­res : CILL, Fédération Syndicale Etudiante, Fédération Syndicale Etudiante 69, Cnt interco 69, JCML69, PCMF, MJCF69, UPC, JCML de Pau, Coordination des Groupes Anarchistes Lyon

P.-S.

Signez la pétition en ligne ! http://jesigne.fr/repressionlyceenne

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  • Le 8 mars à 23:45

    La FSE-Lyon, syndicat de lutte et de classe, se déclare intégralement solidaire du CILL, le Collectif Indépendant de Lutte Lycéenne, dans son combat contre la répression administrative menée par l’administration du lycée Pierre Brossollette, à Villeurbanne.

    « Dans l’optique de combattre efficacement cette répression, le CILL a publié une pétition traitant des multiples cas de répression au lycée Pierre Brossolette. Mercredi 16 Décembre, 5 lycéens se sont réunis aux alentours du lycée à 7h du matin pendant la période de blocage. Une voiture de la BAC et des renforts les ont menottés et emmenés en garde à vue, suspectés de vol de chaine. Tous ont subit 12h de garde à vue et l’un d’entre eux - suspecté d’être meneur - subit une heure d’interrogatoire avec trois policiers. A un moment, le lycéen resta seul avec le policier ,camera éteinte, et le policier frappa la tête du jeune homme à trois reprise contre la table. Après la garde à vue, son domicile fut perquisitionné, sans accord, et son ordinateur fut fouillé. Le 5 Janvier, Chris Laroche (écrivain et directrice du lycée Pierre Brossolette) fit passer ces élèves en conseil de discipline : 3 furent exclus 4 jours et 2 autres furent exclus définitivement (dont le meneur suspecté). Le CILL dénonce cette répression policière et administrative qui veut dissiper le mouvement lycéen et instaurer un climat de terreur dans son établissement. »

    La FCPE et le PEEP ont accordé, quant à eux, leur soutien à la réaction et aux liquidateurs des mouvements lycéens. Ces organisations ont envoyé une lettre au rectorat, se montrant outrées du fait que l’on puisse contester leur jugement. Cette décision démasque comme des agents au service des ennemis de la lutte sociale ceux qui l’ont rédigée. Le fait que des membres de ces organisations aient siégé au conseil de discipline qui a exclu et menacé d’exclusion des lycéens doit être dénoncé clairement comme étant une trahison des intérêts des lycéens.

    En cette période où la réaction s’affirme avec comme corollaire la répression, l’attitude de la FCPE et du PEEP ne peut que choquer ceux qui luttent pour les libertés démocratiques et contre les réformes opérées par les gouvernements successifs, au service de la bourgeoisie.

    Nous exigeons des explications de la FCPE et du PEEP sur cette prise de position, espérant qu’elle ne soit le cas que d’individus isolés, et non une tendance générale au sein de ces organisations. Nous exigeons qu’ils retirent leur soutien aux relais du gouvernement dans les établissement.

    Se considérant comme victime d’une attaque personnelle, la proviseure de Brossolette, Chris Laroche, confondant fonction et égo, menace de porter plainte. C’est encore une manière pour tenter d’effrayer les lycéens en lutte, agitant l’épouvantail de la justice, incapable qu’elle est de pouvoir justifier ses méthodes viles.

    Ces organisations et administrations se croient puissantes car elles pensent exercer leur autorité face à des individus isolés, inorganisés et vulnérables, mais elle se casseront les dents face à la supériorité de l’organisation de lutte, la solidarité lycéenne et le soutien des organisation de lutte.

    La FSE-Lyon invite les lycéens a ne pas céder face aux pressions exercés à l’encontre de leur lutte juste pour la sauvegarde des libertés démocratiques dans les lycées et pour la réintégration de leur camarades injustement expulsés.

    Pour rappel :

    « Jeudi 18 Mars à 18h au lycée Pierre Brossolette (Villeurbanne) le CILL appelle au rassemblement pour imposer à Chris Laroche qu’elle accepte par écrit et publiquement de stopper toute répression administrative et sociale. Nous enverrons une délégation dans son bureau pour lui présenter la pétition et appelons nous accompagner ceux qui le souhaitent, qu’ils soient parents d’élèves, professeurs, travailleurs, lycéens, journalistes ... »

    Pour la FSE-Lyon,

    J.Salata, porte-parole.

  • Le 19 février à 21:58, par Tom

    Ce qui me chiffonne dans l’article, c’est cette dénonciation sans recours, cette condamnation en somme, cette sorte de Fatwa qu’on aurait lancé sur ce proviseure. Il nous manque son adresse et on la bute. C’est aussi le ton qui me troue : martyr presque, victime en tout cas. Martyr, fatwa, voilà une terminologie qui fait sens et qui m’emmerde.

    Je pense que les forces ne sont pas égales des deux côtés : d’un côté des lycéens et de l’autre une administration qui partage les mêmes intérêts que l’état (et donc de la police) : étouffer toute forme de mouvement social. Donc un martyr non, mais en tout cas en position de faiblesse face au manque de recours face au non respect des droits lycéens. Ce n’est pas le premier cas de répression à Brosso mais nous devons lutter pour qu’il soit le dernier.
    Signez la pétition !

  • Le 17 février à 16:19

    J’imagine que tu as en grande partie raison.
    Et c’est pour ça précisément qu’il faut y aller à ces conseils de classe : pour ouvrir sa gueule. La plupart des délégués sont des gens plutôt honnêtes. C’est un peu comme une cour de justice, si le contenu du dossier ne fait pas le poids face à tes arguments, et si le lycéen dont c’est le conseil, se défend sincèrement, je suis pratiquement sûr qu’on peut rattraper le coup.
    Ce qui me chiffonne dans l’article, c’est cette dénonciation sans recours, cette condamnation en somme, cette sorte de Fatwa qu’on aurait lancé sur ce proviseure. Il nous manque son adresse et on la bute.
    C’est aussi le ton qui me troue : martyr presque, victime en tout cas.
    Martyr, fatwa, voilà une terminologie qui fait sens et qui m’emmerde.
    Amicalement.
    Ni dieu, ni maitre, ni télé !

  • Le 16 février à 21:49

    Bonjour, pour avoir moi aussi participé à des conseils de discipline dans mon lycée, je tiens à préciser que votre vision me parait un peu angélique. En effet, dans « conseil de discipline » il y a « conseil » et même si officiellement cela signifie une décision prise à la majorité, on ne peut nier l’influence du chef d’établissement qui « conseille » le choix des membres. Pour mémoire, dans mon établissent, siégeaient deux représentants parents d’élèves (un de la PEEP et un de la FCPE, ce qui veut dire une voix acquise à la vision du (de la) proviseur(e) quasi systématiquement), un représentant du personnel (en l’occurrence, le notre était souvent favorable à l’expulsion des petits cons), trois professeurs (qui pour la plupart faisaient bloc sur l’idée que l’établissement ne doit pas être envahis par l’insécurité), trois délégués de l’administration (qui s’alignaient donc sur une seule position : celle du chef d’établissement) et deux représentants des élèves. Autant dire que la plupart du temps, le chef d’établissement ne rencontrait aucune opposition au sein de ce conseil.
    Sur le déroulement du conseil de discipline, il faut noter que c’est le chef d’établissement qui mène tambour battant les différents débats qui aboutissent finalement sur les délibérations. En préalable de toute discussion, le chef d’établissement présente « le cas » sur lequel il faut statuer. Or cette présentation permettait, lorsque j’étais délégué, à tout les coups de savoir quelle serait l’issue du conseil. De plus, le conseil de discipline vote sur des propositions, qui sont, encore une fois, émises par le chef d’établissement.

    Afin d’illustrer mon propos, un exemple (vécu) : Deux élèves étaient convoqués pour avoir fumé du cannabis avant d’aller en cours (chose que nombre d’entre nous a déjà fait sans pour cela passer en conseil de discipline). Les élèves passent donc un par un. La présentation du chef d’établissement n’est pas du tout objective : Le premier à passer (fils de profs, donc bien élevé évidemment...), aurait été entrainé par le deuxième (fils d’ouvrier agricole, rien que ça...). Lors des passages, je commence à me poser des questions sur la présentation des choses, or j’apprends que c’est le premier qui a proposé au second d’aller fumer pendant l’heure de midi. Mais cela passe inaperçu, tout le monde était déjà convaincu par les mots de la proviseure. Les parents du premiers assurent que leur enfant va se reprendre, il est suivi par un psychologue et va prendre des cours particuliers. Bien entendu il obtient un simple avertissement (ce qui me parait normal pour une affaire aussi futile). Le second, dont les parents sont désemparés, se fait complètement lyncher par notre proviseure sans pouvoir répondre (il refusait de se dédouaner sur l’autre), il fut alors exclu définitivement. Bien entendu, ses parents n’étant pas profs, il n’a pas réussi à trouver un lycée acceptant de le reprendre.

    Pour reprendre sur l’idée de l’injustice, même si l’article ne précise pas les décisions soit disant « collégiales », il ne me semble pas qu’il soit dans l’erreur quand il parle de décisions relevant de la personne du chef d’établissement. Mais l’injustice est plus large, elle est sociale car ce sont pratiquement toujours les plus démunis qui se retrouvent exclus sans retrouver un nouvel établissement. C’est pour cela que j’ai décidé de quitter les conseils de discipline, et que je pense qu’il faut lutter contre ceux-ci.

  • Le 15 février à 16:01

    Pour avoir participé à des conseils de discipline en collège, comme délégué FCPE, ce qui m’étonne c’est que l’on puisse dire que seule une personne aurait la responsabilité de l’exclusion. Certe seule la direction décide de la tenue d’un conseil de discipline, mais la décision finale est le résultat d’un vote, d’une dizaine de personnes, délégués de profs, de parents, de l’administration… Si le dossier est vide, si l’injustice est criante, si l’élève ou son représentant a des arguments recevables, l’exclusion est difficile a imaginer. Comment se sont passés ces conseils de discipline ? Y aurait-il eu vice de forme ? Que trouve t-on dans les dossiers ? Le papier que je viens de lire dénonce l’injustice. N’en commet-il pas une à son tour ?


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