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Guerre sociale

Publié le 26 janvier

Brèves « guerre sociale », de septembre 2011 à janvier 2012. Où l’on voit bien que derrière la tranquillité apparente des centre-villes, se jouent des conflits sans merci. (Lire aussi « en guise d’introduction »).

Thelma et Louise en action

13 octo­bre 2011. Une qua­dra­gé­naire ori­gi­naire de St-Foy-les-Lyon un peu éméchée per­cute un bus à Oullins. Se fait rat­tra­per par les flics, se rebelle et finit par les insul­ter quand ils la menot­tent.
Rue Stalingrad, à Villeurbanne, un peu après minuit, une jour­na­liste qui rou­lait trop vite et sans feux est arrê­tée par les flics. Elle refuse de se sou­met­tre à l’éthylotest, essaie de les frap­per avant d’en mordre un.
10 sep­tem­bre 2011. Deux jeunes filles volent à l’arra­ché un sac à main à Caluire. Pas de chance, un équipage patrouillant dans le coin les repère et les course. En garde-à-vue, la plus jeune essaie de se barrer de l’hôtel de police mais ne fait que quel­ques mètres avant d’être rat­tra­pée.
Nuit du 7 au 8 jan­vier 2012, rixe entre meufs. Deux femmes s’inter­po­sent en se pré­sen­tant comme « adjoin­tes de sécu­rité ». Elles sont aus­si­tôt rouées de coups par trois jeunes femmes (3 et 6 jours d’ITT pour les poli­ciè­res).

Arnaques aux assurances

Le 12 sep­tem­bre 2011, un incen­die détruit 13 véhi­cu­les garés dans un par­king sou­ter­rain à Saint-Jean. Le 3 octo­bre 2011, le pro­prié­taire de la Ferrari d’où est parti le feu est arrêté. Il a été iden­ti­fié par la vidéo-sur­veillance du par­king en train de tour­ner bizar­re­ment à la recher­che de la place idéale pour com­met­tre son acte. Puis, quel­ques minu­tes après, les mêmes bandes vidéo le mon­trent s’enfuyant à toute allure, un jer­ri­cane à la main. Interpellé faci­le­ment par la police, il se ramasse 5 ans ferme à l’issue du procès. Et c’est en fait une condam­na­tion à mort que pro­nonce le tri­bu­nal envers cette homme à bout, qui a déjà fait de la prison : mardi 8 novem­bre 2011, Stéphane se pend dans sa cel­lule de la prison de Corbas. _ Mercredi 30 novem­bre 2011, un étudiant en philo de 25 ans incar­céré à Corbas en attente de son procès met fin à ses jours dans sa cel­lule. Ce qui porte à 7 le nombre de sui­cide pour l’année 2011 dans cette prison. Ce qui en fait aussi la prison la plus meur­trière de France.

Par amitié.

20 octo­bre 2011. Particulièrement inquiet pour un ami arrêté par la police, un Mâconnais déboule à 7h du mat’ au com­mis­sa­riat du 7e en hur­lant. Il exige de voir un ami placé en garde-à-vue. Comme les poli­ciers refu­sent et lui bar­rent le chemin, il tente de péné­trer de force, attrape un flic et le serre à la gorge, en frappe un autre (10 jours d’ITT) avant d’être maî­trisé et placé à son tour en garde-à-vue. Après d’autres péri­pé­ties, sa gardav est levée pour « pro­blème médi­cal ». Convocation devant un OPJ le 1er février pro­chain.
En 2011, 10 000 per­son­nes ont été placé en garde-à-vue dans le Rhône.

Ça remue déjà dans les lycées

Dans un uni­vers aussi ennuyant et aussi soumis à la dis­ci­pline que le lycée, il en faut peu pour que les élèves déser­tent les salles de cour. En géné­ral, un simple pré­texte suffit. Cette fois, c’est une rumeur, lancée sur Facebook et relayée par SMS qui annonce que le gou­ver­ne­ment est sur le point de rac­cour­cir les vacan­ces d’été d’un mois. Aussitôt la nou­velle met le feu aux pou­dres dans plu­sieurs villes. À Douai, Amiens, Béthune, Lens, Dunkerque... C’est une pagaille mons­tre. Une ving­taine de centre-villes sont inves­tis bruyam­ment par des cor­tè­ges impro­vi­sés. Pour se retrou­ver hors de l’enceinte sco­laire, se comp­ter. Se rap­pe­ler aussi l’année der­nière, le mou­ve­ment, les manifs, les flics qui recu­lent sous les caillas­sa­ges, les copains tabas­sés, les amis qui ont passé l’année sco­laire en taule ou avec du sursis sur le dos.
Jeudi 29 sep­tem­bre 2011. Au col­lège Pierre Valdo, une cen­taine de lycéens blo­quent dès 7h45 le matin. Vitres bri­sées, incen­dies de pou­bel­les et jets de pier­res sur des véhi­cu­les de police. 8 jeunes vau­dais de 11 à 16 ans arrê­tés. À 8h, le lycée pro­fes­sion­nel Fernand-Forest à Saint-Priest se met en branle. Une cen­taine de jeunes rejoi­gnent à pied le lycée Condorcet. En chemin, ils ren­ver­sent des pou­bel­les, pié­ti­nent des capots et lan­cent des pro­jec­ti­les. Arrivés à Condorcet, plu­sieurs dizai­nes de lycéens défon­cent les vitres du lycée et caillas­sent une dizaine de voi­tu­res, dont une de la muni­ci­pale et une de la natio­nale, avant que l’un d’eux se fasse serrer. À Vénissieux, les vitres du col­lège Marcel Sembat volent en éclat. Ici aussi, quel­ques-uns se font pécho.
Le 30 sep­tem­bre 2011, des lycéens de Cuzin (Caluire) refu­sent d’entrer en classe après la son­ne­rie mati­nale. 2 voi­tu­res retour­nées et 3 abî­mées. Au même moment, une soixan­taine d’élèves du lycée pro­fes­sion­nel Jacques-de-Flesselles et d’autres établissements du quar­tier, se retrou­vent spon­ta­né­ment rue de Flesselles. Une jeune fille voit le pro­vi­seur du lycée, Moncef M’Haouech, en train de pren­dre des photos du bordel et le frappe. Elle se fait arrê­tée par la police un peu après. En tout une ving­taine de per­son­nes arrê­tées dans l’agglo­mé­ra­tion lyon­naise. À chaque fois de petits ras­sem­ble­ments éphémères, où ça n’a même pas le temps de véri­ta­ble­ment partir en vrille tel­le­ment la pré­fec­ture et les flics crai­gnent de revoir la situa­tion leur échapper comme l’an der­nier, pen­dant les mani­fes­ta­tions d’octo­bre 2010.

La politique du feu

1er sep­tem­bre 2011. La nuit, un pub situé place Jules-Fery dans le 6ème voit sa vitrine fra­cas­sée par un pavé. Un « engin incen­diaire » est pro­jeté à l’inté­rieur.
23 sep­tem­bre 2011. Incendie noc­turne d’un véhi­cule rue du Docteur-Frappaz (Villeurbanne).
Le 8 octo­bre 2011, 8 véhi­cu­lent sont car­bo­ni­sés (cer­tains par pro­pa­ga­tion) rue Alfred de Musset aux Brosses. Quelques jours après, 3 voi­tu­res sont retrou­vés brû­lées sur le par­king des Gratte-Ciel.
Le 11 octo­bre 2011, c’est au tour d’une Ford Escort de partir en fumée.
Le 17 octo­bre 2011, trois jeunes femmes sont arrê­tées, sus­pec­tées de tous ces départs de feu.
Le 18, un mineur est arrêté pour avoir incen­dier des frin­gues et des véhi­cu­les place de la Paix à Villeurbanne.
14 novem­bre 2011, 3 voi­tu­res sont incen­diées route de Vienne.
18 jan­vier 2012. 8 voi­tu­res par­tent en fumée sur un par­king à Vaulx-en-Velin.

« File moi du euf que j’allume ma zonzon »

4 sep­tem­bre 2011. Première péti­tion signée par 225 déte­nus de la prison de Corbas et dénon­çant leur condi­tions de déten­tion. Elle est rendue public par David Métaxas, l’avocat lyon­nais.
16 sep­tem­bre 2011. Un maton de la prison de Villefranche est agrippé par le cou et menacé par une four­chette. Des sur­veillants inter­vien­nent et mai­tri­sent le pelo. 8 jours d’ITT pour un maton et 15 pour l’autre. L’homme est aus­si­tôt pré­senté au par­quet pour rébel­lion et vio­len­ces.
20 sep­tem­bre 2011. Un détenu de Corbas qui n’avait pas réin­té­gré sa cel­lule depuis quel­ques jours après une per­mis­sion de sortie se fait chop­per à Saint-Étienne, où il avait trouvé refuge chez une amie. Jugé en octo­bre pour « évasion ».
27 sep­tem­bre 2011. Départ de feu dans une cel­lule de la prison de Corbas. Un détenu légè­re­ment intoxi­qué et trans­porté à l’hôpi­tal.
28 octo­bre 2011. Excédé d’avoir demandé toute l’après-midi à voir le direc­teur de la taule, un détenu de St-Quentin-Fallavier tam­bou­rine dans sa cel­lule. Dès qu’un gar­dien ouvre enfin, il se jette sur lui. Des col­lè­gues arri­vent pour le maî­tri­ser. Le maton finit à l’hosto, le détenu au mitard.
14 novem­bre 2011. Régime de semi-liberté. Difficile de faire quoi que ce soit quand on ne peut sortir que 3h par jour de chez soi sous le régime de la sur­veillance électronique. Un mec en fin de peine accu­mule donc les retards. Au bout d’un moment, il craint de retour­ner en zonz ; il pète son bra­ce­let et le jette dans un égout. Un geste qui lui coûte 2 mois ferme, 500 euros d’amende plus le reste de sa peine à ter­mi­ner en taule.
Le même jour, au centre de déten­tion de Roanne, un homme est placé à l’iso­le­ment pour avoir cri­ti­qué le fonc­tion­ne­ment des par­loirs et demandé à être reçu par le chef d’établissement.
2 Janvier 2012. Incendie dans une cel­lule à la maison d’arrêt de Villefranche. Un détenu par­ti­cu­liè­re­ment intoxi­qué. Soupçonné de l’incen­die, l’homme est condamné à 8 mois ferme en plus.
22 jan­vier 2012. En fuite depuis 3 mois après une per­mis­sion de sortie, un détenu se fait vio­lem­ment arrêté devant le domi­cile de ses parents à Givors. Et 6 mois de plus.

Chaud comme la braise

19 sep­tem­bre 2011. Locaux de l’OPAC (bailleur social) à Vénissieux. Un mec menacé de se faire virer de chez lui parce qu’il n’a pas payé ses der­niers loyers s’embrouille et insulte la res­pon­sa­ble local de l’agence avant de faire tomber une vitre. Il menace de foutre le feu à l’appart si il est expulsé. Les flics qui vien­nent l’arrê­ter sont aussi copieu­se­ment insul­tés.
9 octo­bre 2011. Centre péni­ten­tiaire de Bourg-en-Bresse. Engueulade entre un maton et un détenu pour un des­sert. Le maton se prend un coup de poing dans la gueule. Le jeune détenu de 19 ans fait 40 jours de mitard. Quand il en sort, le 26 novem­bre 2011, les gar­diens pro­cè­dent à une fouille de sa cel­lule au petit matin. Notamment, un maton se prend pour un déco­ra­teur d’inté­rieur et se permet d’arra­cher deux affi­ches au dessus d’un dessin mon­trant un pis­to­let et de l’argent et cette maxime cou­leur locale « Argent mal acquis pro­fite tou­jours » . Il est vite calmé par le loca­taire qui n’appré­cie pas vrai­ment la chose : coup de poing au visage (2 jours d’ITT), un deuxième sur­veillant inter­vient et est blessé au doigt et à la che­ville (10 jours d’ITT). Le détenu est placé en GAV le 1er décem­bre 2011. Toujours pas prêt à se lais­ser faire, il arrive à faus­ser com­pa­gnie aux flics du comico mais se fait rat­tra­per dans la rue. Le jour même, il passe en com­pa­ru­tion immé­diate. Il est condamné à 1 an de prison pour les vio­len­ces plus 3 mois pour l’évasion.

Niqué

24 octo­bre 2011. Alerte à la bombe au siège de TF1 (Boulogne-Billancourt). Un coif­feur de 24 ans ancien rési­dant à Lyon est arrêté à son domi­cile. Il vou­lait se venger de n’avoir pas été retenu pour le pro­chain cas­ting du navet Secret Story. Persuadé de figu­rer dans l’émission, il avait lâché son boulot et était parti s’ins­tal­ler à Paris. Niqué.

À la lisière de l’émeute

30 août 2011. Deux hommes se font ver­ba­li­ser après un contrôle rou­tier dans le sec­teur Léo-Lagrange à Vénissieux. Ils se rebel­lent, bien­tôt rejoints par une tren­taine d’autres. Pour se déga­ger les flics tirent au fla­sh­ball et gazent toute ce petit monde avant d’embar­quer les deux auto­mo­bi­liste accu­sés d’« outrage et vio­len­ces sur per­son­nes dépo­si­tai­res de l’auto­rité publi­que ». Deux poli­ciers écopent d’une ITT de 5 cinq jours. Le len­de­main soir, les flics revien­nent en force pour une grosse « opé­ra­tion de sécu­ri­sa­tion » du quar­tier. Au même moment (31 août 2011), à Londres, un garçon de 11 ans est condamné, pour avoir volé une pou­belle dans un grand maga­sin durant les émeutes anglai­ses de l’été, à 18 mois de « réé­du­ca­tion ». Un peu plus âgé, il aurait été envoyé direc­te­ment en prison pré­cise le juge.
Mardi 20 sep­tem­bre 2011, jets de pro­jec­ti­les sur la police et incen­die d’une voi­ture à Villefranche.
26 sep­tem­bre 2011 au soir. Aux Minguettes, accro­chage entre deux habi­tants et une patrouille de flics. Deux hommes finis­sent en GAV après s’être tapés avec les poli­ciers.
11 octo­bre 2011. Bourg-en-Bresse. Quartier de la Reyssouze, 6h du mat’. Par une vilaine mati­née d’automne, une quin­zaine de gen­dar­mes et de mem­bres du GIPN pénè­trent de force au domi­cile de Majhoub Gmili, 37 ans, pour l’enten­dre dans une affaire de stup’. Après c’est flou. Selon les flics, Majhoub aurait essayé de fuir en sau­tant par la fenê­tre. Il n’y a pas d’autres ver­sions. Et pour cause, Majhoub fait une chute de plu­sieurs étages et décède peu après des suites de ses bles­su­res. Selon des témoins, après sa chute et alors qu’il gît au sol, Majhoub est menotté, on lui pointe une arme sur la tempe et il reçoit des coups sur le ventre. Un mort de plus lors d’une inter­ven­tion poli­cière dans un quar­tier. Tout le monde pres­sent ce qui va se passer. Et ce ne sont pas les patrouilles dyna­mi­ques et sta­ti­ques mises en place en début de soirée qui arri­ve­ront à conte­nir quoi que ce soit. À la tombée de la nuit, éclatent des affron­te­ments avec les forces de l’ordre pré­sen­tes en nombre sous la cha­leur des feux de pou­bel­les et du camion frigo du bou­lan­ger qui part en fumée. Le « calme » revient pro­gres­si­ve­ment vers 22h30. Le len­de­main soir, mêmes ten­sions, même rage, cette fois deux véhi­cu­les sont incen­diés au molo­tov. Trois jeunes sont inter­pel­lés à proxi­mité avec des traces d’éthanol sur les mains, ils sont placés immé­dia­te­ment en déten­tion (8 mois et 12 pour les deux autres). Au total, durant ces nuits d’affron­te­ments, douze jeunes sont inter­pel­lés dont 4 condam­nés à de la prison avec sursis pour jets de pier­res.
29 octo­bre 2011. Affrontements entre sup­por­ters sté­pha­nois et Bad gones à l’occa­sion du derby OL-Sainté devant le bar bran­ché Le Ninkasi. La police est ensuite prise à partie vers le stade. L’odeur des mer­guez grillées ne tarde pas à se confon­dre avec celle des lacry­mos. 7 inter­pel­la­tions, sur­tout des sté­pha­nois.

Éclaircir la ville

13 sep­tem­bre 2011. Évacuation de deux cam­pe­ments Rroms à Albigny-sur-Saône et Lyon 7ème. Toujours la même ren­gaine du coté de la pré­fec­ture. D’un coté le dis­cours misé­ra­bi­liste du genre « on fait ça pour leur seul bien, voyez ils vivent dans des condi­tions d’insa­lu­brité, le lieu n’est pas adapté et indi­gne ». De l’autre le dis­cours répres­sif : « c’était de toute façon un lieu de tra­fics ». Résultat : 140 famil­les à la rue, virées d’une usine désaf­fec­tée par cette opé­ra­tion « anti-intru­sion » comme la qua­li­fie le préfet du Rhône Jean-François Carenco. Un jour avant, sur dénon­cia­tion d’un rive­rain, des cara­va­nes et une ving­tai­nes de per­son­nes sont expul­sées d’un ter­rain appar­te­nant au Rectorat. Le len­de­main, 40 Rroms se font tej’ de Feyssine. Pareil, là aussi des « rive­rains » avaient signalé l’ins­tal­la­tion à la police.

De la vengeance dans l’air

18 sep­tem­bre 2011. 3ème arron­dis­se­ment. Hasard des ren­contres, un jeune homme reconnaît au détour d’une rue un poli­cier qui bosse au Centre de Rétention Administratif Lyon Saint-Exupéry, où il a été enfermé. Ni une ni deux, il lui colle un direct au visage. Lors de son inter­pel­la­tion, il crache au visage d’un autre flic.
23 sep­tem­bre 2011. Parce qu’on lui refuse l’accès à une sta­tion de Métro, un SDF se tape avec un contrô­leur. Son chien se jette sur l’agent TCL et le mort au mollet. Convoqué au tri­bu­nal en jan­vier 2012.
Samedi 19 novem­bre 2011, un poli­cier blessé lors d’une alter­ca­tion rue du 4 août à Villeurbanne (3 jours d’ITT).
8 jan­vier 2012. La four­rière d’Oullins est com­plè­te­ment détruite par les flam­mes dans la nuit de diman­che à lundi. Onze véhi­cu­les incen­diés et six écrasés par l’effon­dre­ment de la toi­ture métal­li­que.

« Veuillez ouvrir votre sac ! »

9 décem­bre 2011. Embrouille au Auchan de Saint-Priest. Un homme est cein­turé et emmené dans le local de sécu­rité par cinq vigi­les. Deux qui le tien­nent par les bras, deux par les pieds, un par le cou. Il est fina­le­ment relâ­ché quand la police arrive. Quelques ins­tants plus tard il fait un malaise sur le par­king. Selon le méde­cin « le stress généré par l’inter­pel­la­tion » a pro­vo­qué un caillot dans une artère coro­naire. 10 jours d’ITT et peut-être un trai­te­ment à vie. Pour la direc­tion d’Auchan, « la pro­cé­dure a été res­pec­tée ». Il y a deux ans, le 28 décem­bre 2009, un jeune homme avait été assas­siné par des vigi­les dans le Carrefour de la Part-Dieu pour un vol de canet­tes de bières. Là aussi Carrefour avait parlé de « pro­cé­dure res­pec­tée ».

Nuit du 31 décem­bre. Interpellation « mus­clée » de Wissam, chauf­feur rou­tier cler­mon­tois accusé de s’être emporté à l’encontre de poli­ciers. Après une course-pour­suite, il est rat­trapé et plaqué au sol par les flics, puis tabassé et conduit au com­mis­sa­riat où il tombe dans le comas. Battu à mort, il décède le 9 jan­vier 2012. Dans les jours qui sui­vent le tabas­sage, éclatent des affron­te­ments dans plu­sieurs quar­tiers de Clermont (sur­tout les pre­miè­res nuits). Au moins une cen­taine de véhi­cu­les sont cra­mées. Un gros dis­po­si­tif poli­cier est très vite déployé, 400 poli­ciers et deux héli­co­ptè­res équipés de pro­jec­teurs et d’une caméra ther­mi­que. Les pre­miers émeutiers inter­pel­lés sont défé­rés puis écroués. Alors ça s’orga­nise spon­ta­né­ment, une caisse tourne pour récol­ter de l’argent et les aider à can­ti­ner. Quelque chose se crée. Chacun sent bien que ça aurait pu lui arrivé. Les pro­ches de Wissam, les gens du quar­tier ne veu­lent pas en rester là. On met de cotés les embrouilles entre quar­tiers et on dis­cute.
7 jan­vier 2012. Manif de 600 per­son­nes dans les rues de Clermont. Le samedi d’après, ce sont 3000 mani­fes­tants qui défi­lent de La Gauthière jusqu’à la Préfecture aux cris de « Police assas­sins ! »

La suite, les brèves de septembre à décembre :

En guise d’intro­duc­tion
C’est une bien curieuse société dans laquelle nous « vivons ». Une société qui se sait abso­lu­ment détes­ta­ble et péris­sa­ble. Une société qui n’a plus rien à pro­po­ser si ce n’est de sauver les meu­bles ou ce qu’il en reste : sauver les emplois, l’économie en crise, la pla­nète. Derrière l’appa­rente abon­dance des « pro­jets poli­ti­ques » et autres « pro­mes­ses » venant du champ poli­ti­que tra­di­tion­nel se cache le chan­tage à la poli­ti­que du « moin­dre mal » : nous gérons comme nous pou­vons, disent les diri­geants de tout poil, si nous n’étions pas là, ce serait l’extré­misme, le chaos, la guerre civile.

Police par­tout
Des flics par­tout, à toute heure du jour ou de la nuit. Qui patrouillent, contrô­lent et font les chauds. Et qui par­fois aussi se plai­gnent, se font mettre à l’amende. Petit tour d’hori­zon de la condi­tion poli­cière.

En lutte
Profs, che­mi­nots, pos­tiers, putes, pom­piers, tra­vailleurs sans-papiers. Les luttes se croi­sent sans jamais trop se ren­contrer. Mais sont autant d’occa­sions d’orga­ni­sa­tion avec ses sem­bla­bles.

Lyon Métropole
Des camé­ras aux der­niers chan­ge­ments concer­nant les Hôpitaux Psychiatriques : der­niè­res avan­cées des dis­po­si­tifs de contrôle métro­po­li­tains.

Temps de crise
« La Crise ». Une aubaine patro­nale pour reconfi­gu­rer l’économie, flexi­bi­li­ser et licen­cier sans ver­go­gne ; mais aussi une oppor­tu­nité pour tous les per­dants de la guerre économique d’inven­ter des com­bi­nes et de s’orga­ni­ser avec d’autres pour s’affran­chir des patrons.

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samedi 19 mai

Infos locales

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    Projection-débat sur les mouvements sociaux au Chili

    L’asso­cia­tion « Chilenos en Rennes » débar­que à Lyon, et vous invite à une pro­jec­tion-débat, le diman­che 20 mai à 19h30, au bar De l’Autre CôTé du PonT.

  • Expression - contre-culture

    Soirée de Lancement de la revue Volée de plomb

    Le groupe « Retour de mani­velle » vous invite au lan­ce­ment de sa revue :
    Ce numéro ques­tionne les pos­si­bi­li­tés d’auto­no­mie dans une société tech­no­lo­gi­que­ment assis­tée, à tra­vers la réap­pro­pria­tion des savoir-faire et notam­ment ceux qui relè­vent de l’impri­me­rie :

  • Expression - contre-culture

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    Du 12 mai au 4 juin 2012, Le cri de l’encre hors les murs
    Au Lavoir Public, 4 impasse Flesselles, Lyon 1er pré­sente LUTTES, Une expo­si­tion de Papy@rt

  • Ecologie - nucléaire - Alternatives

    Rencontres Désobeissance civile et Clown activisme à Décines

    Après la jour­née « j’art dîne » de mer­credi, le repas de quar­tier du jeudi, ce wee­kend des 19 et 20 mai sera placé sous le signe de l’acti­visme...
    Le pro­gramme sera défini le samedi matin en fonc­tion des par­ti­ci­pan­tEs.

  • Résistances et solidarités internationales

    Rassemblement en soutien à Elvis

    Rassemblement le 23 mai 2012 à 18h 30 en sou­tien à un étudiant sans-papiers

  • Fêtes - Festivals - Vie du mouvement

    Bar de la CNT

    Bar de la CNT tous les jeudis soirs


12 mai

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    A écouter : des nouvelles de la grève étudiante au Quebec

    Au Québec les étudiantes et les étudiants sont en grève depuis 3 mois contre un projet de hausse des frais d’ins­crip­tion. Entretien audio d’une ving­taine de minu­tes avec Carlo, acti­viste de Montréal.

  • Infos

    Commémoration des massacres du 08 mai 1945

    Le 08 mai 1945 l’armée fran­çaise mas­sa­crait des dizai­nes de mil­liers d’Algériens dans le Constantinois. Ce mardi 08 mai plu­sieurs dizai­nes de per­son­nes se sont réu­nies pour une com­mé­mo­ra­tion place Gabriel Péri dans le 07e arron­dis­se­ment. Quelques sons pio­chés là-bas à écouter sur rebel­lyon.info

  • Résistances et solidarités internationales

    URGENCE ! Soutien aux 2 000 prisonniers politiques palestiniens en grève de la faim

    Depuis le 17 avril, 2000 pri­son­nier(e)s pales­ti­nien(ne)s mènent une grève de la faim. Tout comme près de 800 000 pales­ti­niens qui ont connu les pri­sons israé­lien­nes depuis 1967 - soit un pales­ti­nien sur trois ! - le seul crime de ces pri­son­nier(e)s est d’avoir résisté à la colo­ni­sa­tion pour l’appli­ca­tion du droit : la fin de l’occu­pa­tion et le droit au retour des réfu­giés.

  • Fêtes - Festivals - Vie du mouvement

    Free surprise party en soutien à la caisse de solidarité

    Samedi 12 mai dès 22h à Lyon 7e.

  • Fêtes - Festivals - Vie du mouvement

    Festival « Un autre monde » à Montluel

    Au pro­gramme du Festival Un Autre Monde 2012, retrou­vez le Tram Des Balkans à la salle poly­va­lente à Montluel toute la jour­née du samedi 12 mai.

  • Infos

    Soirée de soutien à l'entarteur de Raffarin

    Soirée de sou­tien pour l’entar­teur qui pas­sera devant le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Lyon le 30 mai 2012 pour « Violences avec arme en l’espèce ». Samedi 12 mai à la Coopérative du Zèbre avec pro­jec­tions et concert à partir de 19h


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