Accueil du site > Infos > Biotek - OGM > La CNIL occupée et déclarée « officiellement » dissoute

La CNIL occupée et déclarée « officiellement » dissoute

Publié le 14 décembre 2007

Maj le 16 décembre 2007

- Quelles libertés défend la Commission Nationale Informatique et Libertés (la CNIL) ?

- Procédure pour réclamer ses données personnelles pour les fichiers policiers

Depuis 10 heures du matin ce ven­dredi 14 décem­bre, une soixan­taine de per­son­nes venues de toute la France occupe la Commission Nationale Informatiques et Libertés (CNIL) à Paris, 8 rue Vivienne, et annonce sa dis­so­lu­tion.

Le temps des marchands de sable est passé

Depuis sa créa­tion en 1978, la CNIL n’a cessé de faci­li­ter et de légi­ti­mer l’exploi­ta­tion numé­ri­que de nos vies.

Main dans la main avec les gou­ver­ne­ments et les indus­triels, elle a concrè­te­ment tra­vaillé à ce que l’inac­cep­ta­ble semble accep­ta­ble, en rédui­sant la liberté au contrôle des flux infor­ma­ti­ques. Sa mis­sion a consisté à endor­mir toute cri­ti­que et toute révolte, en jugeant à notre place et en notre nom de ce qui pou­vait porter le nom de liberté.

Loin de « pro­té­ger les liber­tés » comme elle le pré­tend, la CNIL favo­rise le déve­lop­pe­ment du contrôle poli­cier des popu­la­tions via les nou­vel­les tech­no­lo­gies dites « de l’infor­ma­tion et de la com­mu­ni­ca­tion » (TIC) : pro­li­fé­ra­tion des fichiers poli­ciers, vidéo­sur­veillance, bio­mé­trie, fichage ADN, puces RFID, pas­se­port bio­mé­tri­que, tra­ça­bi­lité des inter­nau­tes, etc. « Les Français devront accep­ter un affai­blis­se­ment des liber­tés indi­vi­duel­les afin de ren­for­cer la sécu­rité col­lec­tive » : nous dit la CNIL en 2005.

Nous contes­tons la fonc­tion pré­ten­du­ment pro­tec­trice de la CNIL, simu­la­cre de contre­poids indé­pen­dant entre le pou­voir et les citoyens. Cet organe admi­nis­tra­tif avec ses 17 mem­bres tous grands commis de l’État, ne mérite ni moyens ni com­pé­ten­ces sup­plé­men­tai­res, mais sa dis­so­lu­tion pure et simple.

Les occu­pants comp­tent s’ins­tal­ler quel­que temps dans les locaux de feu-la-CNIL afin de concré­ti­ser leurs objec­tifs :

- le ban­nis­se­ment de la bio­mé­trie et des puces RFID,

- l’abo­li­tion de la vidéo­sur­veillance sous toutes ses formes,

- le déman­tè­le­ment des fichiers de police (STIC [1], FNAEG [2], JUDEX [3], etc),

- l’abo­li­tion de la carte d’iden­tité
Carte d’iden­tité : danger, et CNIL inu­tile, sauf pour faire passer la pilule

Expliquons-nous

Contrôle, sur­veillance et tra­ça­bi­lité sont désor­mais un mode de vie. C’est le fichage sys­té­ma­ti­que : STIC, FNAEG, VELIB’ ou NAVIGO’. C’est l’accom­pa­gne­ment per­ma­nent : télé­phone por­ta­ble ou GPS. C’est le regard per­pé­tuel : vidéo­sur­veillance ou coo­kies. Ces nou­vel­les tech­no­lo­gies, en péné­trant toutes les acti­vi­tés humai­nes, ont rendu l’ano­ny­mat obso­lète.

Beaucoup se conten­tent de l’illu­sion d’être, grâce à la ges­tion électronique, pro­té­gés contre le voisin pédo­phile, les retards de trains, les agres­sions ino­pi­nées. Bien peu réa­li­sent que cette sécu­rité totale — et tota­le­ment fan­tas­mée — contre le temps perdu et les évènements for­te­ment impro­ba­bles, se paie d’une vul­né­ra­bi­lité iné­dite à l’égard de l’État et des entre­pri­ses.

La France d’aujourd’hui, c’est pour cer­tains une grande prison, pour d’autres une vaste gar­de­rie, c’est en tout cas un trai­te­ment continu de la popu­la­tion, tantôt bien trai­tée ou mal­trai­tée, mais cer­tai­ne­ment tou­jours gérée. Nous ne sommes plus que « des chif­fres dans des gra­phi­ques que dres­sent des imbé­ci­les ».

Les indus­triels et l’État ont fait de nous les jouets de la mar­chan­dise numé­ri­que, deve­nue un mode de vie incontour­na­ble. Incontournables ainsi, ses effets dévas­ta­teurs sur la santé et l’envi­ron­ne­ment, depuis les ondes électromagnétiques jusqu’à la pol­lu­tion iné­dite géné­rée par ces mil­liards de gad­gets. Inévitables, ses effets délé­tè­res sur les rela­tions humai­nes, dis­lo­quées par les sol­li­ci­ta­tions per­ma­nen­tes des machi­nes, et pri­son­niè­res d’une tyran­nie de la nou­veauté qui rend nos grands-parents, et par­fois nos parents, « com­plè­te­ment hors du coup ».

De 1978 à 2007, la CNIL fut l’ins­tru­ment pri­vi­lé­gié de cette pro­gres­sive réduc­tion en escla­vage, qu’elle faci­lita consi­dé­ra­ble­ment, en la pré­sen­tant comme néces­saire et conforme à la liberté.

Rejoignez-nous au 8, rue Vivienne, pour dis­cu­ter infor­ma­ti­que et liber­tés (métro Bourse ou Pyramides).

Groupe Oblomoff, Pièces et Main d’Œuvre, Mouvement pour l’Abolition de la Carte d’Identité (MACI), Halte aux puces !, Coordination contre la bio­mé­trie, Souriez, vous êtes filmés ! & com­pa­gnie

Documents joints

Notes

[1] STIC : “Système de Traitement des Infractions Constatées”, 23 millions de fichés.

[2] FNAEG : “Fichier National Automatisé des Empreintes Génétiques”, c’est-à-dire fichier ADN, 500 000 fichés.

[3] JUDEX : « système JUdiciaire de Documentation et d’EXploitation ».

Proposer un complément d'infos

modération à priori

Attention, votre message n'apparaîtra qu'après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici

  • Le 25 janvier 2008 à 19:36

    Au sujet des chiffres, je sens que je vais mettre tout le monde d’accord : il y a quelques 25 ans, j’ai participé dans le cadre de mon emploi au comptage des chômeurs d’une région de France importante en nombre d’habitants. Les critères de comptage étaient en eux-mêmes plus que discutables. Les statistiques nationales ont été publiées et le ministre socialiste de l’époque s’est déclaré très satisfait de la récente baisse du chômage. Or, nous n’avions pas fini de compter et encore envoyé aucun chiffre. J’étais réduite comme beaucoup à faire un travail d’imbécile pour vivre à l’époque, et encore naïve, mais cette expérience m’a fait progresser à pas de géante dans la compréhension du monde...
    Amicalement,
    Marianne.

  • Le 16 décembre 2007 à 11:14

    « Des chiffres dans des graphiques que dressent des imbéciles » est une citation tirée du film de Guy DEBORD, In girum imus nocte et consumimur igni (1978).

  • Le 16 décembre 2007 à 07:01

    Bonjour, Je ne souhaite pas, à priori, être publié mais je ne sais pas comment contacter l’auteur de cet article autrement que par cette petite boite. J’aimerai connaitre les vrais raisons de cette phrase et sa justification : « des chiffres dans des graphiques que dressent des imbéciles » J’ai moi-même dressé des graphiques à partir des donnéees de l’insee et je trouve ces propos insultants. Je suis tout à fait conscient que pour un anarchiste c’est extremement désagréable d’être mis en case, mais je ne pense pas que cela justifie d’insulter les petites mains qui travaillent à l’aide des données publiques. J’admet volontier que ces données sont hautement intrusive et d’ailleurs moi-même connaissant la puissance du recensement, par exemple, je n’y répond pas. Mais les données chiffrés sont très intéressantes pour comprendre bien des données globales et n’ont jamais eu la prétention de réduire l’individu à la somme de données quantitative. Enfin, surtout, peu importe que vous pensiez que les chiffres sont une atteinte à votre individualité et à votre liberté et un outil de controle de la population, je trouve que vous n’avez pas à insulter les gens sans apporter une vrai argumentation. J’attend donc que vous m’expliquiez en quoi je suis un imbécile. Cordialement, Ludovic.

  • Le 14 décembre 2007 à 20:48

    Source : Le Jura libertaire :

    - Des banderoles ont été accrochées à la façade. Elles annonçaient : « La CNIL 1978 - 2007 : dissolution », « Informatique ou liberté, il faut choisir », ou encore « Fichage, adn, biométrie, vidéo-surveillance : l’État contrôle, la CNIL s’incline ».

    Après s’être dispersés dans les locaux pour annoncer la dissolution de l’institution et distribuer un texte explicatif, les occupant-es ont convoqué une réunion à laquelle ont assisté une partie des employés ainsi que le secrétaire général « Ian Padova ». Ils y ont exposé leurs raisons en détails :

    « Depuis sa création en 1978, la CNIL n’a cessé de faciliter et de légitimer l’exploitation numérique de nos vies. Main dans la main avec les gouvernements et les industriels, elle a concrètement travaillé à ce que l’inacceptable semble acceptable, en réduisant la liberté au contrôle des flux informatiques. Sa mission a consisté à endormir toute critique et toute révolte, en jugeant à notre place et en notre nom de ce qui pouvait porter le nom de liberté.

    Loin de “protéger les libertés” comme elle le prétend, la CNIL favorise le développement du contrôle policier des populations via les nouvelles technologies dites “de l’information et de la communication” (TIC) : prolifération des fichiers policiers, vidéosurveillance, biométrie, fichage ADN, puces RFID, passeport biométrique, traçabilité des internautes, etc. “Les Français devront accepter un affaiblissement des libertés individuelles afin de renforcer la sécurité collective” nous dit la CNIL en 2005.

    Nous contestons la fonction prétendument protectrice de la CNIL, simulacre de contrepoids indépendant entre le pouvoir et les citoyens. Cet organe administratif avec ses 17 membres tous grands commis de l’État, ne mérite ni moyens ni compétences supplémentaires, mais sa dissolution pure et simple. »

    Les objectifs concrets de travail cités dans l’article ci-dessus ont été exposés suite à la dissolution.

    - Après deux heures de discussion, la direction de la CNIL a demandé aux employés de partir en congé et les a fait sortir, sous la surveillance de la police.

    Vers 14h30, le président de la CNIL, Alex Türk, en déplacement à Lille, a fait savoir qu’il demandait l’évacuation des locaux. Afin d’appuyer sa demande, quelques cinq cars de CRS s’étaient déjà regroupés près de l’institution.

    Quelques dizaines de gendarmes-mobiles, sont entrés de force dans les locaux puis ont poussé brutalement à l’extérieur les occupants qui s’étaient regroupés dans le hall et se maintenaient en chaîne en criant « La CNIL, c’est CNUL ! »

    Sous l’œil bienveillant du secrétaire général de cette structure prétendument garante du contrôle de l’État, les policiers ont ensuite encerclé les occupant-es dans la cour et les ont soumis à un fichage systématique.

    Pour aujourd’hui la CNIL est dissoute, les luttes concrètes continuent sur le terrain.

  • Le 14 décembre 2007 à 15:08

    Selon « 20minutes.fr » à 14h

    Après l’arrivée des manifestants sur les lieux de la CNIL, un débat s’est imposé entre les employés et les occupants, les gendarmes mobiles ainsi que des policiers en civils commençaient l’évacuation.

  • Le 14 décembre 2007 à 14:23

    A 14h20 les occupants de la CNIL sont en cours d’expulsion par la police.
    Pour les employés de la CNIL, la journée est terminée : après une matinée de discussion avec les occupants, ils ont été priés de rentrer chez eux et d’annuler leur programme de l’après-midi.


Infos locales

27 janvier

  • Facho

    L'opération « Lyon Propre » des Anonymous continue...

    Elle avait fait pas mal de bruit le 14 jan­vier. L’opé­ra­tion « Lyon Propre » revient et livre des infos préoc­cu­pan­tes sur la coor­di­na­tion des divers grou­pus­cu­les de l’extrême droite radi­cale lyon­naise.

  • Infos

    Guerre sociale

    Brèves « guerre sociale », de sep­tem­bre 2011 à jan­vier 2012. Où l’on voit bien que der­rière la tran­quillité appa­rente des centre-villes, se jouent des conflits sans merci.

  • Infos

    Temps de crise

    Brèves « temps de crise », de sep­tem­bre 2011 à jan­vier 2012. « La Crise ». Une aubaine patro­nale pour reconfi­gu­rer l’économie, flexi­bi­li­ser et licen­cier sans ver­go­gne ; mais aussi une oppor­tu­nité pour tous les per­dants de la guerre économique d’inven­ter des com­bi­nes et de s’orga­ni­ser avec d’autres pour s’affran­chir des patrons.

  • Infos

    Police partout

    Brève « Police par­tout », de sep­tem­bre 2011 à jan­vier 2012. Des flics par­tout, à tout heure du jour ou de la nuit. Qui patrouillent, contrô­lent et font les chauds. Et qui par­fois aussi se plai­gnent, se font mettre à l’amende. Petit tour d’hori­zon de la condi­tion poli­cière.

  • Infos

    En lutte

    Brèves « en lutte », de sep­tem­bre 2011 à jan­vier 2012. Des camé­ras aux der­niers chan­ge­ments concer­nant les Hôpitaux Psychiatriques : der­niè­res avan­cés des dis­po­si­tifs de contrôle métro­po­li­tains.

  • Infos

    Lyon Métropole

    Brèves « Lyon Métropole », de sep­tem­bre 2011 à jan­vier 2012. Des camé­ras aux der­niers chan­ge­ments concer­nant les Hôpitaux Psychiatriques : der­niè­res avan­cés des dis­po­si­tifs de contrôle métro­po­li­tains.

  • Salariat - précariat

    Rencontre avec Nicolas Jounin, auteur de « Chantier interdit au public »

    Nicolas Jounin, socio­lo­gue, s’est immergé, en tant que tra­vailleur du Bâtiment, dans le monde du béton armé ; il nous dévoile la face cachée du cof­frage et du fer­raillage.


25 janvier

  • Migrations - sans-papierEs

    A Hauteville, le gouvernement rafle !

    Lundi 23 jan­vier à 8 heures du matin, les poli­ciers de Bellegarde sont venus arrê­ter la famille Mahmuti à Hauteville (petite ville dans l’ain de 4000 habi­tants). Solidarité avec la famille Mahmuti !

  • Fêtes - Festivals - Vie du mouvement

    Semaine Vivre Autrement à l'IEP

    Semaine de confé­ren­ces, débats, ate­liers, ren­contres et acti­vi­tés pour repen­ser nos modes de vie.

  • Education - partage des savoirs

    Manifestation pour la défense de l'internet libre

    Rassemblons nous par­tout dans le monde samedi 28 jan­vier sur les gran­des places. Nous avons tous une raison de nous indi­gner ; pour la culture acces­si­ble à tous, la liberté d’inter­net, pour la démo­cra­tie !
    Manifestation le 28 jan­vier 2012, 14h place des Terreaux.


24 janvier


23 janvier


22 janvier

  • Rapports sociaux de genre

    Pas de démocratie sans droits pour les femmes

    En 2011, les pays du Maghreb et du Proche-Orient ont été ébranlés par les révol­tes et révo­lu­tions des peu­ples contre des dic­ta­tu­res en place depuis un demi-siècle. Des pro­ces­sus démo­cra­ti­ques se met­tent en place.
    Qu’en est-il du droit des femmes ?
    Manifestation éclair le 28 jan­vier à 11H sur l’espla­nade de la Grande Cote

  • Répression - prisons

    Affaire Hakim Ajimi : communiqué, entretien et reportage audio

    Le procès des poli­ciers qui ont tué Hakim Ajimi s’est déroulé cette semaine à Grasse dans les Alpes Maritimes. L’équipe des Canut-Infos y était, un repor­tage et un entre­tien à écouter sur rebel­lyon.info

  • Médias

    Projection débat des "Nouveaux chiens de garde"

    Gilles Balbastre, jour­na­liste, docu­men­ta­riste, co-réa­li­sa­teur du film « Les nou­veaux chiens de garde » (et ancien rédac­teur du plan B), sera pré­sent ce samedi 21 jan­vier au CNP Terreaux à la séance de 20 heures pour débat­tre du film avec le public.
    Trois autres pro­jec­tions-débat du film auront lieu en région lyon­naise.


20 janvier

  • Fêtes - Festivals - Vie du mouvement

    Festival de l'impasse 20/21/22 Janvier sur Lyon

    Il a lieu ven­dredi 20, samedi 21 et diman­che 22 jan­vier dans le quar­tier de Vaise. Sauf la mani­fes­tive qui part de la place Guichard ven­dredi à 14h.
    Le fes­ti­val de l’Impasse est en sou­tien à la caisse de soli­da­rité et contre la cons­truc­tion de l’aéro­port inter­na­tio­nale de Notre-Dame-des-landes (44) et son monde.


19 janvier


18 janvier

  • Résistances et solidarités internationales

    Documentaire : jours de grève, aciéries grecques

    Un docu­men­taire de 10:15 minu­tes concer­nant la grève des tra­vailleurs des Aciéries Grecques à Aspropyrgos (zone indus­trielle d’Athènes) a été dif­fusé ven­dredi 13 jan­vier à l’Atelier.

  • Expression - contre-culture

    Festival Les Inattendus (20-28 janvier 2012)

    Festival de films (très) indé­pen­dants, à la Guillotière, du 20 au 28 jan­vier 2012. Entrée libre ! Petite sélec­tion de films au regard engagé...

  • Rapports sociaux de genre

    Bar Féministe le 28 janvier

    Le Planning Familial 69 orga­nise un nou­veau Bar fémi­niste le samedi 28 jan­vier 2012 au café L’Autre Côté du Pont


17 janvier

Voir toutes les infos