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La politique ou l’art d’accommoder les faits.

Publié le 10 janvier 2006

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Nos démo­cra­ties se pré­ten­dent repré­sen­ta­ti­ves. Or l’examen de la repré­sen­ta­tion natio­nale et de la com­po­si­tion des assem­blées met en évidence la seule repré­sen­ta­tion des inté­rêts de la bour­geoi­sie, de gauche ou de droite. La loi électorale et le sys­tème des partis sont ainsi faits que seules les per­son­nes ayant fait allé­geance aux pou­voirs économiques accè­dent au pou­voir, à quel­ques égarés près. Le sys­tème par­le­men­taire entraîne la créa­tion d’une classe poli­ti­que où les indi­vi­dus pen­sent leur enga­ge­ment en termes de car­rière et de ges­tion de car­rière, tout comme les cadres des entre­pri­ses sont plus préoc­cu­pés de leur pro­mo­tion que des inté­rêts de l’entre­prise. En poli­ti­que, cela se tra­duit par l’électoralisme, qui vise à assu­rer l’élection, le renou­vel­le­ment des man­dats et l’ascen­sion dans les stra­tes du pou­voir assu­rant meilleure rému­né­ra­tion et pri­vi­lè­ges occultes. Notre per­son­nel poli­ti­que se préoc­cupe plus d’inté­rêt électoral que de l’inté­rêt géné­ral.

Avec le déve­lop­pe­ment de la com­mu­ni­ca­tion audio­vi­suelle, on assiste à un dépla­ce­ment du débat d’idées vers l’image de marque, la cote de popu­la­rité. La plu­part des lois adop­tées visent plus à la mise en valeur de leurs pro­mo­teurs qu’à être réel­le­ment effi­ca­ces. La preuve en est qu’elles sont rare­ment appli­quées faute de décrets d’appli­ca­tion ou car­ré­ment inap­pli­ca­bles. L’homme poli­ti­que d’aujourd’hui ne réflé­chit pas à un projet de société, mais ana­lyse les faits divers et l’uti­li­sa­tion qu’il va pou­voir en faire pour gagner des voix, ou impo­ser des solu­tions poli­ti­ques préé­ta­blies, ren­for­cer son idéo­lo­gie, faire accep­ter des mesu­res qui confor­tent sa posi­tion de domi­na­tion et les struc­tu­res qui la garan­tis­sent.

Avec une situa­tion économique qui se dégrade et la pau­pé­ri­sa­tion endé­mi­que, la bour­geoi­sie fait le choix de l’État poli­cier pour conte­nir les mou­ve­ments sociaux qu’elle pré­sente comme étant de plus en plus vio­lents. Cette mani­pu­la­tion des faits a été fla­grante par l’admi­nis­tra­tion Bush après les atten­tas du 11 sep­tem­bre 2001, la lutte contre le ter­ro­risme jus­ti­fiant la guerre en Afghanistan et en Irak alors que les véri­ta­bles enjeux sont pétro­liers.

En France, les atten­tats dans le métro (chaque fois que Pasqua était minis­tre de l’inté­rieur) ont été le pré­texte à la pré­sence de l’armée dans la rue, aujourd’hui sans accom­pa­gne­ment poli­cier. Les actions radi­ca­les de sala­riés mena­çant de faire sauter leurs usines ou blo­quant les routes ont servi d’occa­sion pour la limi­ta­tion, au nom du droit au tra­vail, des droits de grève : inter­dic­tion des piquets de grève, délit d’entrave à la cir­cu­la­tion. La cam­pa­gne pré­si­den­tielle de 2002 a exa­cerbé, monté en épingle des faits divers pour impo­ser un ren­for­ce­ment des pou­voirs de police. Plus récem­ment les émeutes dans les ban­lieues ont permis au gou­ver­ne­ment d’impo­ser l’état d’urgence et aux poli­ti­ciens réac­tion­nai­res d’expri­mer leurs obses­sions isla­mo­pho­bes et anti-pau­vres (contre la (poly­ga­mie, les bandes orga­ni­sées...), en déconnec­tion totale avec la réa­lité du ter­rain. Peu importe, le but est de récu­pé­rer les voix du Front National. Aujourd’hui, une agres­sion dans un lycée va per­met­tre de faire entrer la police à l’école (et pas pour s’éduquer !)

Tout est pré­texte à ren­for­cer le contrôle poli­cier (vidéo­sur­veillance, bio­mé­trie) car la bour­geoi­sie trem­ble pour ses pri­vi­lè­ges quand la pau­vreté s’étend, le chô­mage galope malgré le tru­quage des sta­tis­ti­ques, le loge­ment devient inac­ces­si­ble. Et comme chaque fois qu’elle a peur, la bour­geoi­sie arme ses chiens de garde, sacri­fiant les liber­tés civi­les à la pro­tec­tion de ses pri­vi­lè­ges économiques. La réponse à l’urgence sociale est l’état d’urgence poli­cier. La bour­geoi­sie pré­fé­rera tou­jours la dic­ta­ture à un par­tage plus équitable des riches­ses.

C’est la bour­geoi­sie par­le­men­taire qui a assas­siné la Commune de Paris. C’est la bour­geoi­sie par­le­men­taire qui a élu Mussolini, Hitler, Pétain. C’est la bour­geoi­sie pro­prié­taire qui a sou­tenu Franco et Pinochet. Son seul projet, c’est de pré­ser­ver ses avan­ta­ges, ses vols, l’exploi­ta­tion du tra­vail et la confis­ca­tion de la richesse pro­duite par les tra­vailleurs. Son seul projet, c’est le divi­dende, c’est la per­pé­tua­tion de son mode de vie para­si­taire.

Notre projet révo­lu­tion­naire est de débar­ras­ser la société de ces sang­sues et des struc­tu­res qui les pro­dui­sent, l’État, le capi­ta­lisme et le patriar­cat, des ins­ti­tu­tions qui les pro­tè­gent, police, armée, reli­gions, avant de pou­voir élaborer une société fra­ter­nelle, basée sur l’égalité économique, l’entraide et la soli­da­rité.

Le capi­ta­lisme n’est pas huma­ni­sa­ble, l’État sera tou­jours coer­ci­tif. La volonté de domi­na­tion est la face sombre de l’huma­nité. Le par­le­men­ta­risme n’est que le moyen de déper­son­na­li­ser la tyran­nie, de déres­pon­sa­bi­li­ser les oppres­seurs, de rendre ano­nyme le pou­voir de clas­ses deve­nues domi­nan­tes par le vol, l’exploi­ta­tion et la vio­lence, et qui enten­dent bien conti­nuer.

Seul le fédé­ra­lisme liber­taire per­met­tra l’épanouissement de l’indi­vidu libre !


Infos locales

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  • Fêtes - Festivals - Vie du mouvement

    Ambierle - Séminaire Monnaie Sociale - 27&28 juillet

    Le 27 juillet et le 28 juillet 2010 de 9h00 à 17h00 se tien­dra un sémi­naire sur la créa­tion d’une mon­naie sociale dans le bassin roan­nais animé par Didac Costa du réseau salir del capi­ta­lismo à La Scierie, à Ambierle(42).

  • Migrations - sans-papierEs

    Un bébé de 8 mois enfermé avec ses parents au CRA de Lyon

    Le site Lois Sauvages nous alerte sur la situa­tion d’une famille au centre de réten­tion de Lyon, avec un père malade et une mère enceinte et un bébé.


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