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Le 22 décembre 1997, marche de la Duchère à Vaise pour Fabrice Fernandez, abattu au commissariat

Publié le 22 décembre 2009

Maj le 23 décembre 2009

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Le jeune Fabrice Fernandez, 24 ans, a été abattu le 18 décembre 1997, d’une balle en pleine tête tirée à bout touchant, alors qu’il était interrogé, assis menottes aux poignets, dans les locaux du commissariat du neuvième arrondissement de Lyon, rue Berjon à Vaise.

Le policier Carvalho, en état d’alcoolémie, au cours de l’interrogatoire, venait de tirer d’un fusil à pompe dont il avait mis le canon sur la mâchoire du jeune Fabrice Fernandez, le tuant sur le coup !

Fabrice Fernandez, avec sa com­pa­gne et cinq enfants, dont il était le père de trois d’entre eux, vivait depuis deux ans à Saint Rambert l’île Barbe, quar­tier du neu­vième arron­dis­se­ment de Lyon où le jeune Nicolas Billotet, 23 ans, a été abattu le 13 mars 2003 par des poli­ciers de la BAC.

Ce soir-là du jeudi 18 décem­bre 1997, Fabrice Fernandez se trou­vait chez sa tante dans une barre du pla­teau de la Duchère, quar­tier également dans le neu­vième arron­dis­se­ment de Lyon, et il jouait aux cartes.

Puis vers 21 heures il des­cend aus­si­tôt en bas lorsqu’il s’aper­çoit que ses deux demi-frères sont en train d’être menot­tés par des poli­ciers de la BAC. Comme sou­vent, les forces de l’ordre sont en nombre impor­tant ce soir-là à la Duchère, et, selon les poli­ciers, un pro­me­neur vien­drait de signa­ler que son chien a été volé par trois jeunes, et un fusil à pompe a été confis­qué. Fabrice s’inter­pose à l’arres­ta­tion de ses deux demi-frères. Des ren­forts arri­vent, com­man­dés par le poli­cier Jean Carvalho, et emmè­ment du coup les trois jeunes, Fabrice y com­pris, en garde à vue au com­mis­sa­riat de Vaise, rue Berjon. Ce qui est sûr c’est que Fabrice n’avait rien fait de condam­na­ble pour être emmené en garde à vue ; lorsqu’il est des­cendu en bas, les poli­ciers étaient déjà là et ce n’était pas pos­si­ble qu’eux trois aient volé ce chien puis­que Fabrice était en haut dans l’appar­te­ment de sa tante ; il s’était sim­ple­ment soucié de ses deux demi-frères.

Ce soir-là, le com­mis­sa­riat de Vaise est bondé. Les cel­lu­les de garde à vue sont tel­le­ment plei­nes qu’on décide de placer Fabrice Fernandez à part, dans le bureau du chef de poste, alors que les deux frères se trou­vent dans une autre salle du com­mis­sa­riat. Là, menotté, il est seul face à plu­sieurs poli­ciers, et au bout de quel­ques minu­tes à peine, à 21h40, reten­tit une déto­na­tion. Fabrice Fernandez s’écroule dans un bain de sang, atteint en plein visage par une balle du fusil à pompe tirée par le poli­cier Carvalho.

Que s’est-il passé ? Ce fusil à pompe confis­qué fai­sait-il partie des armes du tabas­sage lors de la garde à vue, comme l’insi­nue le pro­cu­reur de la République Coste, avocat géné­ral à la cour d’assi­ses du Rhône, le 9 décem­bre 1999 ? Pourquoi tous les poli­ciers qui étaient sur place dans la pièce trou­vent-ils normal de lais­ser Carvalho bran­dir le canon du fusil à pompe sur Fabrice ? Pourquoi se sont-ils écartés, au lieu de réagir et d’hurler de poser cette arme ? Pourquoi Carvalho a dit que le coup est parti tout seul, alors qu’il faut une pres­sion de 3,9 kg pour appuyer sur la gachette ?

Un témoin a répété que les derniers mots du jeune homme furent : « T’es pas capable.. »
Alors le policier n’a-t-il pas délibérément tué Fabrice Fernandez ?

Le poli­cier était âgé de qua­rante ans, on a appris par la suite qu’il avait fait déjà deux fois l’objet de sanc­tions. Il a été mis à l’écart au total dix-huit mois pour faute pro­fes­sion­nelle en réponse à des coups et bles­su­res, sans être exclus de la police. Il n’a fina­le­ment été sus­pendu de ses fonc­tions qu’en jan­vier 1998. Même si, dans ce genre d’assas­si­nats, les poli­ciers béné­fi­cient la plu­part du temps d’un non-lieu, la mort du jeune Fabrice Fernandez, à Lyon, le 18 décem­bre 1997, d’une balle en pleine tête tirée dans les locaux du com­mis­sa­riat, n’aura valu que douze ans de réclu­sion cri­mi­nelle à son meur­trier, Jean Carvalho.

La nou­velle rendue publi­que de ce jeune homme de vingt-quatre ans, père de famille, lais­sant des enfants orphe­lins et une famille trau­ma­ti­sée, tué dans des cir­cons­tan­ces dra­ma­ti­ques par un poli­cier a sou­levé une immense émotion à Lyon et par­ti­cu­liè­re­ment dans le quar­tier de la Duchère.

Cela fait 12 ans

Le 22 décem­bre 1997, une marche de pro­tes­ta­tion a ras­sem­blé plus de quatre cents per­son­nes depuis la barre de la Duchère où l’arres­ta­tion a eu lieu, la mani­fes­ta­tion très digne mais déter­mi­née est des­cen­due au com­mis­sa­riat de Vaise, rue Berjon, où les poli­ciers n’en menaient pas large, et est allée jusqu’à la mairie de Vaise, où Gérard Collomb, alors maire du 9ème arron­dis­se­ment, a été hué pour ses propos électoralistes mal­ve­nus dans cette cir­cons­tance aussi ter­ri­ble.

P.-S.

Le même jour : Abdelkader Bouziane est tué par des policiers de la BAC - cela fait 12 ans aussi

Le 18 décembre 1997, dans la forêt de Fontainebleau, Abdelkader Bouziane, un jeune de 16 ans de Dammarie-lès-Lys, a été pris en chasse et tué d’une balle dans la nuque par la BAC du commissariat de Dammarie pour « défaut de permis de conduire ». Djamel, qui l’accompagnait, a été tabassé comme un chien. La police a prétendu qu’ils avaient forcé un barrage à 140 km/h. Il a été prouvé depuis qu’il allait à une vitesse qui sera estimée à 36 km/h lors de la reconstitution. Les jours suivants, il y a eu une émeute dans le quartier. L’association « Bouge qui Bouge » s’est créée après ces événements.

Il faut voir le contexte dans lequel ça s’est passé. Deux semaines avant la mort d’Abdelkader, les élus de Dammarie avaient organisé une réunion sur la sécurité d’où il ressortait que la police devait être plus efficace. Jean-Claude Mignon, le député-maire de Dammarie, rentrait juste de New York où il avait rencontré des responsables de la police à propos de la « tolérance zéro ».

D’après la police, les deux policiers qui ont tiré sur sa voiture s’estimaient en état de légitime défense, craignant qu’Abdelkader Bouziane ne les renverse. Ils ont soutenu que la balle meurtrière avait ricoché sur le bord de la vitre du conducteur avant de pénétrer dans son cou. Le passager de la voiture a, de son côté, déclaré que le véhicule s’était arrêté avant que le moindre coup de feu ait été tiré. Un rapport balistique préparé pour le juge d’instruction chargé de l’enquête judiciaire par deux experts a confirmé que les deux policiers avaient tiré deux balles chacun, mais aurait conclu que la balle meurtrière, comme les trois autres, avait été tirée après le passage de la voiture, donc par derrière. Cela invalide complètement l’argument selon lequel les policiers auraient tiré en état de légitime défense.

Néanmoins, le 16 décembre 2001, le policier en cause bénéficiera d’un non-lieu...

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  • Le 22 décembre 2008 à 12:52

    Une banderole ? une manif ? Des tags a la Guill’ ?? Il suffit de quelques petits signes pour visibiliser les meurtres policiers dans toute l’europe .... et faire flipper les porcs du gouvernement !!!


Dans les prochains jours :

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