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Les biotechnologies n’ont plus de fondement scientifique

Publié le 17 avril 2005

Maj le 19 avril 2005

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Lettre à Gérard Collomb, Maire de Lyon, Président du Grand-Lyon, aux membres du Conseil Municipal de la Ville de Lyon, du Conseil de la Communauté Urbaine du Grand-Lyon, du Conseil Général du département du Rhône, du Conseil Régional de la région Rhône-Alpes

biovision ou biomyopie ?

En 1999, Ralph Hardy, ancien direc­teur des « scien­ces de la vie » de DuPont expli­quait ce qu’était le vivant aux séna­teurs états-uniens en des termes que ces der­niers pou­vaient faci­le­ment com­pren­dre : « L’ADN (le top mana­ge­ment) dirige le for­ma­tion de l’ARN (l’enca­dre­ment inter­mé­diaire) qui dirige la for­ma­tion des pro­téi­nes (les ouvriè­res) ». Au fond, la vie est une entre­prise capi­ta­liste. Politicien lui aussi, Monsieur Barre, de plus économiste et maire de Lyon, pou­vait com­pren­dre faci­le­ment ce lan­gage. Il a voulu faire de sa ville la capi­tale euro­péenne des bio­tech­no­lo­gies en créant cette céré­mo­nie coû­teuse appe­lée « Biovision ».

Il importe peu que M. Barre se soit trompé ou ait été trompé. A force de se vou­loir vision­nai­res, les poli­ti­ciens sont des proies faci­les pour les spé­cia­lis­tes des rela­tions publi­ques dont la tâche est de les rendre aveu­gles et sourds. Une immense pro­pa­gande techno-scien­ti­fi­que s’emploie à les désin­for­mer au nom du “Progrès”, de la com­pé­ti­ti­vité, de l’Emploi et réus­sit d’autant plus faci­le­ment à les abuser qu’ils ont eux-mêmes, bien impru­dem­ment, mis la science et la tech­no­lo­gie au ser­vice des inté­rêts indus­triels et finan­ciers, sans même se sou­cier de conser­ver une exper­tise indé­pen­dante. Mais entre la pre­mière célé­bra­tion en 1998 de notre avenir bio­tech radieux, et la nou­velle céré­mo­nie, le pay­sage scien­ti­fi­que a si bien changé que ce qui pou­vait passer pour une anti­ci­pa­tion vision­naire s’avère main­te­nant comme une myopie gas­pilleuse, qui ne se pour­suit que parce qu’il existe dans la ville de Lyon une bureau­cra­tie dont l’inté­rêt est de pour­sui­vre cette chi­mère.

La décou­verte de la double hélice de l’ADN en 1953 fait du décryp­tage du code géné­ti­que LE grand pro­blème auquel s’atta­quent sans guère de succès les scien­ti­fi­ques de toutes dis­ci­pli­nes. En 1958, Francis Crick, co-décou­vreur de la double hélice, le sim­pli­fie avec deux hypo­thè­ses génia­les qui ouvrent la voie au succès : « l’hypo­thèse séquen­tielle » - à un gène cor­res­pond une pro­téine - , et le « dogme cen­tral de la bio­lo­gie molé­cu­laire » - l’infor­ma­tion géné­ti­que une fois passée de l’ADN dans les pro­téi­nes n’y revient pas. Ce triom­phe scien­ti­fi­que bou­le­verse la bio­lo­gie. Tout d’abord, ces hypo­thè­ses devien­nent vraies puisqu’elles « mar­chent ». Dans l’ADN se cache la connais­sance ultime du vivant. La vie pro­cède de cette molé­cule magi­que, comme une entre­prise de son PDG.

Ensuite, la recher­che se concen­tre logi­que­ment sur les pro­gram­mes indus­triels de décryp­tage des géno­mes. Penser est désor­mais inu­tile. La bio­lo­gie devient une ques­tion de tech­ni­ques, de finan­ce­ment, d’orga­ni­sa­tion. Sa struc­ture reflète la concep­tion du vivant à la Hardy avec son « top mana­ge­ment » d’entre­pre­neurs-direc­teurs de labo­ra­toi­res, son enca­dre­ment inter­mé­diaire de cher­cheurs sous contrats et ses innom­bra­bles peti­tes mains pré­cai­res de doc­to­rants. Ensuite encore, ces hypo­thè­ses nour­ri­sent la vieille concep­tion car­té­sienne du vivant comme « bête machine ». Elles ouvrent la voie à son indus­tria­li­sa­tion. Il suffit de trans­fé­rer un gène pour intro­duire la fonc­tion cor­res­pon­dante dans l’orga­nisme de son choix. Enfin, puis­que le gène est une « matière vivante » qui « fabri­que une pro­téine », il devient pos­si­ble de le bre­ve­ter. Ce que les Etats-Unis entre­pren­nent dès 1980.

En 2000, le soi disant décryp­tage du génome humain porte le coup de grâce à cette « doc­trine de l’ADN » : l’espèce humaine a trois à dix fois plus de pro­téi­nes que de gènes. En d’autres termes, les bio­tech­no­lo­gies n’ont plus de fon­de­ment scien­ti­fi­que. Le vivant que l’on croyait simple appa­raît main­te­nant d’une com­plexité inouïe et des cher­cheurs ont pu écrire, par exem­ple, que les « dia­gram­mes de régu­la­tion des gènes res­sem­blaient de plus en plus à des explo­sions dans des usines de spa­ghetti. » Il n’est guère étonnant que les pro­mes­ses extra­va­gan­tes ont été autant d’échec que le com­plexe géné­tico-indus­triel masque par des pro­mes­ses encore plus extra­va­gan­tes.

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Devant l’hôtel de ville de Lyon, soutien aux faucheurs volontaires en procès le 13 avril à Orléans, et refus du colloque « biopognon »

Dans ces condi­tions, une col­lec­ti­vité publi­que doit-elle finan­cer une opé­ra­tion de pro­pa­gande pour des entre­pri­ses phar­ma­ceu­ti­ques :

- qui dépen­sent trois fois plus d’argent en mar­ke­ting qu’en recher­che (le tiers du chif­fre d’affaire contre 12-15%)  ?

- dont la recher­che est elle même domi­née par le mar­ke­ting au point qu’elle est quasi-sté­rile et dépend du pillage des résul­tats de la recher­che publi­que  ?

- qui uti­lise l’aspect thé­ra­peu­ti­que, argu­ment sou­vent avancé, n’étant en fait qu’un remède du mal par le mal, au lieu de résou­dre les pro­blè­mes par une meilleure qua­lité de vie  ?

- qui condamne à mort des dizai­nes de mil­lions de mala­des dans le monde en les pri­vant de médi­ca­ments essen­tiels au nom de la défense des bre­vets  ?

- et dont le taux de profit est le plus élevé de tous les sec­teurs indus­triels (envi­ron 17 % du chif­fre d’affaire, alors que, par com­pa­rai­son, le taux de profit de l’indus­trie auto­mo­bile est de l’ordre de 3%, en sachant que les auto­mo­bi­les fonc­tion­nent, ce qui n’est pas tou­jours le cas des médi­ca­ments)  ?

Nous ne le pen­sons pas.

En consé­quence, nous exi­geons qu’aucun finan­ce­ment public n’aille doré­na­vant à Biovision. Nous sug­gé­rons que les col­lec­ti­vi­tés publi­ques finan­cent à la place un comité indé­pen­dant des­tiné à faire la lumière sur le fonc­tion­ne­ment d’une indus­trie dont le seul mérite est d’assu­rer des reve­nus et des divi­den­des obs­cè­nes à ses diri­geants et à ses action­nai­res aux dépens de l’inté­rêt public.

Le Collectif du Festival des Résistances et des Alternatives de Lyon 2005

P.-S.

Les groupes ou organisations qui désirent signer cette lettre peuvent le faire ci-dessous un peu plus bas. Merci.


Dans les prochains jours :

Infos locales

5 septembre


3 septembre

  • Rapports sociaux de genre

    Soirée de soutien au livre du CLAS à propos du viol

    Vendredi 1er octo­bre à 19h au « Z » - RN 86 à Soyons 07 (proche valence) - Entrée 5 euros.

  • Migrations - sans-papierEs

    Face au racisme et à la xénophobie d'État : La solidarité de classe, pas l'hypocrisie républicaine

    Tract CGA manif 4 sep­tem­bre :
    - Une suren­chère répres­sive et raciste
    - Une his­toire qui ne date pas d’aujourd’hui
    - Libéralisation de la parole raciste et stra­té­gie de divi­sion
    En se posant en ges­tion­nai­res de l’État et du capi­ta­lisme, les cou­rants poli­ti­ques de gauche qui font mine de s’émouvoir de la poli­ti­que actuelle, ont depuis des années apporté leur pierre à l’édifice d’une répu­bli­que raciste et xéno­phobe.


31 août


30 août

  • Migrations - sans-papierEs

    Présentation / discussion autour du prochain camp No Border

    Le pro­chain camp No Border ce sera à Bruxelles à partir du 25 sep­tem­bre. Présentation, pro­jec­tion et dis­cus­sion le 8 sept. à 19 h à La Gryffe dans le cadre d’une tour­née d’infos faite par des mili­tan­tEs bruxel­loi­sEs.


26 août

  • Education - partage des savoirs

    Appel à actions anti-bizutage/usinage à l'ENSAM, site de Cluny (pour commencer...)

    Une grande école publi­que abrite tou­jours un bizu­tage mental appelé « usi­nage » durant près d’un tri­mes­tre. Nous avons nommé l’Ecole Nationale Supérieure d’Arts et Métiers (ENSAM), établissement com­posé de 8 cen­tres dont un près de chez nous, à Cluny, à 20 km de Mâcon. Un col­lec­tif local anti-usi­nage s’est créé et invite à une pre­mière action le 31 août où nous nous espé­rons nom­breux...


25 août

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    « 100 villes contre la lapidation » : Rassemblement du 28 août à Lyon

    Dans le cadre de la cam­pa­gne pour sauver Sakineh et plus lar­ge­ment pour dénon­cer la lapi­da­tion et les exé­cu­tions, le Comité Internationale Contre la Lapidation a lancé un appel à une jour­née de mobi­li­sa­tion le 28 août « 100 villes contre la lapi­da­tion » .


22 août

  • Migrations - sans-papierEs

    cartes postales à l'Elysée

    L’ opé­ra­tion « cartes pos­ta­les » est une énième action en sou­tien à Guilherme et sa famille.


18 août

  • Résistances et solidarités internationales

    « Moi aussi, je boycotte ! » déclare le Président du tribunal correctionnel de Mulhouse

    Le Collectif 69 Palestine appelle à sou­te­nir les cinq mili­tants du Collectif Boycott 68 assi­gnés en cor­rec­tion­nelle le 13 sep­tem­bre, pour avoir appelé au boy­cott des pro­duits israé­liens à Carrefour de Mulhouse le 26 sep­tem­bre 2009. Des actions ont eu lieu à Lyon le 13 jan­vier et le 29 mai 2010.