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Lyon, perturbations en approche : week-end d’actions contre les présidentielles les 4-5 février

5 compléments

Les 4 et 5 février, Macron, Le Pen et Mélenchon viennent parader à Lyon. C’est l’occasion pour nous de démontrer notre force et notre rejet de la mascarade présidentielle. Nous appelons tous ceux qui refusent l’agenda médiatique à converger à Lyon pour un week-end de manifestations, de discussions, et d’actions.

A lire aussi :

Mise à jour le 4 février :

  • 16 h : quelques photos :
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Interpellations devant la librairie libertaire La Gryffe
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  • 14 h : une manif sauvage a été nassée. 7 interpellations au moins.
  • 12 h : les ponts et les immeubles lyonnais prennent des couleurs
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  • 07 h : Une banderole est déployer face à la cité international.
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    Les élections approchent, nous dit-on. Nous répondons que cette fois-ci, elles se feront sans nous. D’ordinaire, c’est la période où l’on rentre dans le rang. Pour une fois qu’on nous demande notre avis, on s’applique pour le donner. Alors on est attentif aux propositions des uns et des autres, on regarde les débats, les plus consciencieux vont même jusqu’à lire les programmes…

Mais cette mécanique semble être rouillée. Le printemps dernier a connu un mouvement social particulièrement puissant, comme on n’en avait pas vu depuis longtemps. Un mouvement qui ne cachait pas son désir révolutionnaire. Depuis la rentrée, la conflictualité a pris de nouvelles formes : une fois de plus, les descendants de l’immigration post-coloniale, que la République voudrait museler, ont refusé de se taire. La famille d’Adama Traoré a fait de sa lutte un symbole du combat contre les crimes de l’État. Pour celui-ci c’est inadmissible, et emprisonner deux frères du défunt est une réponse à la hauteur de l’insulte. D’autant que ce n’est pas n’importe quelle cible qui est visée. C’est la police, protectrice de l’ordre social et racial, dont les méthodes sont directement héritées de celles utilisées dans les colonies. Cette même police dont la détestation, sentiment largement partagé dans des banlieues confrontées quotidiennement à ses crimes, se propage peu à peu dans d’autres sphères de la société.

Ainsi, la présidentielle apparaît de moins en moins assurée, la campagne de plus en plus artificielle, zombifiée, mort-vivante. Les signes de sa décomposition se multiplient. La Bretagne a mis le PS en PLS. Son université d’été, qui aurait marqué les retrouvailles du cortège de tête, a été annulée ; pendant l’automne, le pouvoir a multiplié les menaces de démantèlement de la ZAD, il n’a pas fait un pas ; dernièrement, Valls a annulé son meeting à Rennes par peur d’une confrontation enfarinée. Ce parti est moribond, le candidat qui émergera de sa primaire sous perfusion ne fera pas 10 %.

Mais il ne nous suffit pas de nous acharner sur le cadavre du PS. Attaquons-nous à ceux qui prétendent prendre sa place. Trois d’entre eux viennent parader à Lyon le week-end du 4 février. D’abord Macron, coqueluche des médias, prétendant incarner une nouveauté – laquelle ? Puis Le Pen, qui prospère sur les ruines de la mondialisation, l’héritage colonial de la République et le racisme d’État. Elle croit arriver en terre conquise : le fascisme, déjà bien installé dans le Vieux-Lyon, poursuit son implantation dans la ville. Le GUD a récemment ouvert un bar et une librairie anarchiste a été attaquée ; pendant ce temps, les agressions se multiplient en toute impunité. Enfin Mélenchon, pour qui le combat antiraciste est secondaire et l’islamophobie n’existe même pas, mais qui lance sa campagne à Lyon en même temps que Le Pen pour mieux apparaître comme son unique adversaire. « Votez pour moi, mais surtout ne prenez pas la rue ». D’ailleurs, la manifestation contre le FN envisagée par les partis sociaux-démocrates a été annulée par peur des débordements, par peur de la foule qu’ils ne peuvent plus contrôler. Cette gauche ferait bien de réviser ses classiques : « Il n’est pas de sauveur suprême, ni Dieu, ni César, ni tribun ».

La mobilisation contre la loi travail et son monde a confirmé l’émergence d’une nouvelle force politique autonome. C’est à la tête des manifestations qu’elle s’est affirmée, rassemblant tous ceux qui ne se satisfont plus des miettes, qui veulent tout, qui ne répondent plus de rien, qui sont ingouvernables. Face à l’apparente inéluctabilité des élections, à nous de nous retrouver, de nous organiser, et d’attaquer. Les cortèges de tête printaniers se sont trouvés une nouvelle cible : les présidentielles.

Ce week-end lyonnais est une première occasion à ne pas manquer. Il marque le lancement de la campagne pour les deux candidats qui entendent récupérer la contestation pour mieux la neutraliser. Mais le salut ne viendra pas d’en haut. Plus jamais nous ne déléguerons notre pouvoir. Ne votons plus, bloquons les meetings, sabordons les élections. Rendez-vous le 4 février à 11h place Raspail, en masse et déterminés, afin des les ridiculiser, et de montrer cette présidentielle sous son vrai jour : une pièce de théâtre.

Nous appelons tous ceux à qui la politique donne envie de gerber, tous ceux qui depuis 2012 veulent brûler 2017, à converger à Lyon les 4 et 5 février, pour marquer le début d’une autre campagne, une campagne de destitution de la classe dirigeante, une campagne contre la campagne.

A bas les présidentielles
2017 n’aura pas lieu

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  • Le 6 février à 08:06, par

    En ce qui concerne la journée du 5 février :
    - Un dispositif policier s’est mis en place devant un lieu squatté à Gerland. Tous les gens qui sortaient et entraient étaient contrôlées et fouillées et pris en photos. Le dispositif a été levé dans la soirée (quand les meetings se sont terminés).
    - Une grosse dizaines de personnes s’est faite arrêtée aux alentours de la cité Internationale.

  • Le 5 février à 12:27, par caissedeso

    Après le rassemblement contre le FN et les présidentielles en fin de matinée sur la place Raspail, une petite manif sauvage est partie en direction de la rue de Marseille. Les effectifs de police étaient nombreux aux alentours. Et les flics ont rapidement cassé la manif. Une partie de gens se sont retrouvés coincés par la police devant la librairie Lagryffe (une trentaine-quarantaine de personnes).

    Un rassemblement de soutien s’est formée autour de la nasse policière et ce rassemblement s’est trouvé à son tour nassé. Là, jusqu’en début d’après-midi, les manifestants ont été fouillé et contrôlé. Ceux qui n’avaient pas de papiers ont été embarqués pour vérification d’identité. La préfecture parle de 32 interpellations dont 9 gardes à vue. Sans compter les dizaines de contrôles d’identité dans la rue (pour certains en amont du rassemblement).

    à noter qu’un petit groupe de personnes s’est fait arrêter juste après être sorti d’un lieu squatté à Gerland. Ce qui peut faire penser que le lieu était sous surveillance pour ce week-end de protestation. Une des personnes de ce groupe a un procès en septembre pour "participation à un groupement, même formé de façon temporaire, en vue de la préparation, caractérisée par un ou plusieurs faits matériels, de violences volontaires contre les personnes ou de destructions ou dégradations de biens".

  • Le 2 février à 17:38, par icietailleurstoujourslesmemeserreur

    Et personne ne pense à collomb qui légitime le défilé de politicards, la gentrification, l’ouverture de locaux d’extrêmes droites, la violence des flics...c’est vrai,ce n’est pas la star du moment !

  • Le 30 janvier à 14:04, par

    Je trouve dommage que nous ayons toujours besoin d’un ennemi commun pour nous organiser collectivement.

    "Les cortèges de tête printaniers se sont trouvés une nouvelle cible : les présidentielles."
    Ah bon ? Qui a décrété ça ? Qui décide des cibles ? "Les cortèges de tête printaniers" seraient-ils la nouvelle avant-garde éclairée, avant-garde chère à toutes les révolutions bourgeoises ? Selon moi, prendre les meetings de ces candidats pour cibles c’est leur donner l’importance qu’ils entendent se donner. En les montrant du doigt on les renforce aux yeux de tous ceux qui cherchent un "sauveur suprême" justement.

    Pourquoi n’arrivons-nous pas à nous organiser "concrètement" pour développer une autre forme de société en dehors de ces moments spectaculaires que sont les manifestations contre telle ou telle loi ? Pourquoi ne remettons-nous pas en question ce besoin de spectacle très médiatique au sein du mouvement militant (voir les vidéos "chocs" sur les sites alternatifs avec images de flics qui tabassent ou qui se font attaquer avec musique de fond, parfaite imitation de la machine médiatique dominante à la sauve hollywoodienne) ? Pourquoi ne sommes-nous pas capables de déconstruire au sein-même de nos luttes ces réflexes conditionnés par une société du spectacle permanent ?

    Pourquoi n’arrivons-nous pas à construire autre chose, à créer une autre forme de société, une autre façon de produire et de créer ce dont nous avons besoin ? Pourquoi restons-nous tant attachés à ces figures politiques dominantes même quand nous prétendons nous en affranchir ? Pourquoi courrons-nous derrière elles, derrière leur agenda médiatique comme des chiens en mal d’os à ronger ? Peut-être parce que c’est plus facile que de se mobiliser collectivement et durablement autour de choses concrètes qui changeraient réellement notre vie ?

    Je pense que l’on devrait commencer par se poser ce genres de questions.

  • Le 30 janvier à 02:01, par Bertolt

    Le fascisme n’est pas le contraire de la démocratie mais son évolution par temps de crise.
    C’est pas de moi.

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