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Malcolm X, une des personnalités noires les plus importantes de l’histoire contemporaine

Publié le 21 février

Maj le 28 juin 2009

Le 21 février 1965, Malcolm X, l’une des figures les plus puissantes du mouvement noir était assassiné aux USA. Orateur de talent, doté d’un esprit brillant et intuitif, ainsi que d’une grande probité morale et intellectuelle, l’ex-leader de la « Nation of Islam » ne se contentait pas de discours incantatoires, son engagement sans relâche au service de sa communauté et des droits de l’Homme reflétait la personnalité d’un homme courageux, vertébré par de fortes convictions.

Malcolm Little naît le 19 mai 1925 à Omaha, dans le Nebraska. Il est le sep­tième enfant de la famille. Son père est un pas­teur bap­tiste déjà très engagé dans le mou­ve­ment de libé­ra­tion des Noirs. Il est influencé par le leader noir pana­fri­ca­niste, Marcus Garvey, qui exhor­tait les masses noires à retour­ner en Afrique.

L’enfance du petit Malcolm est dif­fi­cile : son père est assas­siné par une orga­ni­sa­tion supré­ma­ciste blan­che proche du Ku klux Klan dans des condi­tions épouvantables (il fut poussé sous un tram­way, son corps fut coupé en deux). Sa mère, extrê­me­ment mar­quée par la mort bru­tale de son mari, fait une dépres­sion ner­veuse quel­ques années plus tard, en 1939, et est inter­née dans un hôpi­tal psy­chia­tri­que. Ses huit enfants sont sépa­rés et envoyés dans dif­fé­rents foyers d’accueil et orphe­li­nats.

Malcolm se révèle être un bon étudiant au lycée, mais perd son inté­rêt pour les études quand un de ses pro­fes­seurs pré­fé­rés lui dit que ses ambi­tions de deve­nir avocat sont « irréa­lis­tes pour un nègre ». Il fait l’école buis­son­nière et passe quel­ques temps chez sa soeur Ella à Boston où il effec­tue quel­ques petits bou­lots (cireur de chaus­su­res, laveur d’assiet­tes...), puis démé­nage pour Harlem où il com­mence à com­met­tre de petits délits. De 1942 à 1946, Malcolm est au centre de nom­breux tra­fics (drogue, pros­ti­tu­tion, paris clan­des­tins...). Il repart pour Boston où lui et son com­père « Shorty » Jarvis sont arrê­tés pour cam­brio­lage avec effrac­tion et port d’armes illé­gal. La sen­tence est de huit à dix années de prison.

C’est le tour­nant de sa vie. En prison, il passe des jour­nées et des nuits entiè­res à lire des oeu­vres lit­té­rai­res, phi­lo­so­phi­ques, his­to­ri­ques et amé­liore sa for­ma­tion, sa culture et son éducation. Par l’inter­mé­diaire de son frère récem­ment converti à l’islam et membre de la « Nation de l’Islam », Malcolm entend parler pour la pre­mière fois des Black Muslims et de leur leader Elijah Muhammad. A sa sortie de prison en 1952 (après six années de prison au lieu des huit à dix ini­tia­le­ment pré­vues) il ren­contre Muhammad, se débar­rasse de son ancien nom « Little » qu’il consi­dère comme un nom d’esclave, le rem­place par « X » qui cor­res­pond au nom afri­cain perdu des noirs d’Amérique et devient « minis­tre » et porte parole de la « Nation de l’Islam. »

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Malcom X

Il uti­lise les jour­naux, la radio et la télé­vi­sion pour pro­pa­ger le mes­sage de la « Nation de l’Islam » à tra­vers les Etats-Unis. Son cha­risme, sa dia­lec­ti­que caus­ti­que, son sens de la pro­vo­ca­tion et de la rhé­to­ri­que atti­rent de plus en plus de per­son­nes. Il est en grande partie res­pon­sa­ble du succès crois­sant du mou­ve­ment (500 mem­bres en 1952, 30 000 en 1963). L’audience et la contro­verse qu’il déclen­che attire les médias et un week-end spé­cial lui est consa­cré en 1959, ce qui marque son émergence comme un des lea­ders de la com­mu­nauté noire, et lui fait pren­dre cons­cience que sa célé­brité a éclipsé celle de son mentor Elijah Muhammad.

Les ten­sions racia­les aug­men­tent au début des années soixante, et en plus des médias, Malcolm X attire l’atten­tion du gou­ver­ne­ment amé­ri­cain et du FBI, qui infil­tre le mou­ve­ment pour en sur­veiller les acti­vi­tés. En 1963, il apprend que Muhammad aurait eu 6 maî­tres­ses au sein du mou­ve­ment et plu­sieurs enfants adul­té­rins. Il en est pro­fon­dé­ment déçu et se demande s’il n’a pas mené les masses noires vers un mou­ve­ment frau­du­leux. Cependant, il est lui même contesté au sein du mou­ve­ment et accusé de s’occu­per plus de l’argent et de sa côte de popu­la­rité que de la cause qu’il doit défen­dre.

La marche de Washington en 1963 avec Martin Luther King le laisse scep­ti­que. Il ne com­prend pas com­ment les noirs sont « enthou­sias­més par une mani­fes­ta­tion diri­gée par des blancs en face de la statue d’un pré­si­dent qui est mort depuis plus de 100 ans et qui n’appré­ciait pas les noirs de son vivant ».

Ses décla­ra­tions à la suite de la mort de Kennedy (la vio­lence de l’homme blanc a fini par se retour­ner contre lui, on récolte ce que l’on sème) lui valent des cri­ti­ques et il est sus­pendu de son poste de porte parole de la « Nation de l’Islam » pen­dant 90 jours. Début 1964, il com­mence à tra­vailler sur son auto­bio­gra­phie avec Alex Haley. En mars, il quitte le mou­ve­ment fondé par Elijah Muhammad et accom­pli un pèle­ri­nage à la Mecque qui tem­père son radi­ca­lisme, car il a l’occa­sion de ren­contrer des gens d’ori­gine diver­ses, y com­pris des blancs, réunis par l’islam. A la fin de son pèle­ri­nage, sous le nom de Malik El Shabbaz, il entre­prend plu­sieurs voya­ges en Afrique, qui le mène­ront au Nigeria, Ghana, Liberia, Sénégal, Maroc et Algérie. Il y ren­contre dif­fé­rents ambas­sa­deurs, prend part à des récep­tions et pro­nonce plu­sieurs dis­cours. Au Ghana, Malcolm X s’entre­tient avec Kwame Nkrumah (homme poli­ti­que afri­cain ayant contri­bué à la for­ma­tion du Panafricanisme). Il replace le combat des noirs aux États-Unis dans le cadre plus vaste de la lutte de libé­ra­tion des peu­ples oppri­més de l’Afrique et du tiers-monde.

A son retour aux États-Unis, ses rela­tions avec la « Nation de l’Islam » conti­nuent à se dégra­der. Il serait consi­déré comme homme à abat­tre. Après plu­sieurs ten­ta­ti­ves d’assas­si­nats com­mi­ses à son encontre, il ne se déplace plus sans gardes du corps. Le 14 février 1965, un incen­die cri­mi­nel ravage sa maison mais ne fait aucune vic­time. Le 21 février, alors qu’il s’apprête à pro­non­cer un dis­cours dans la salle des fêtes d’Audubon, à New-York, trois hommes armés, tous pré­su­més mem­bres de la « Nation de l’Islam » s’appro­chent de l’estrade et tirent à 15 repri­ses, ne lais­sant aucune chance à Malcolm X. Il est déclaré mort lors de son trans­port à l’hôpi­tal.

A t-il été tué par « ses frères » ? Ou les com­man­di­tai­res étaient-ils bien plus puis­sants ? Toujours est-il qu’il demeure avec Martin Luther King l’un des lea­ders noirs les plus impor­tants de l’his­toire contem­po­raine.

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MalcomX vient d’être assassiné le 21 février 1965 à New York

P.-S.

« La violence de la fraternité » , le dernier discours de Malcolm X prononcé à Rochester le 16 février 1965, soit cinq jours avant son assassinat, témoigne de l’actualité de son analyse du phénomène racial et de la profondeur de sa vision politique sur le pouvoir de la communauté, contre les nationalismes... (revue « multitudes »)


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