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Occupation du collège Barbusse : « On ne peut pas accepter d’avoir des élèves qui ont dormi dehors »

Luttes dans les écoles pour le logement

Depuis le début du mois de novembre, le collège Henri Barbusse, à Vaulx-en-Velin est occupé pour loger des familles privées de logement. Le 17 novembre une soupe populaire y était organisée. Quelques paroles des personnes mobilisées.

Mise à jour mercredi 22 : lors d’une réunion lundi, la préfecture s’est engagée à loger les familles d’élèves du collège Barbusse dès le lendemain, sans garantie qu’elles ne seront pas ensuite expulsées.

Trois familles dorment au collège Henri Barbusse : elles ont chacune un enfant qui y scolarisé. Elles arrivent dans l’établissement vers 18h30, puis préparent et partagent le repas avec des personnels du collège. Deux personnes du collège dorment systématiquement sur place à leurs côtés. Elles repartent vers 7 h ou 7h30 le matin avant que les élèves arrivent.

Une adolescente albanaise, lycéenne à Vaulx, dort au collège avec ses parents et son frère, scolarisé là. Cela fait trois mois que sa famille n’a plus de solution d’hébergement :

Nous sommes fatigué·e·s, un peu stressé·e·s. (…) On dort correctement, ça va, assez pour aller en cours le lendemain. Je ne connais pas bien les gens du collège mais les profs ici sont très gentils.

Ce jeudi soir, des profs, des parents et des voisin·es sont venus soutenir les familles. Une mère d’élève parle d’une solidarité nécessaire :

On est là pour une question de solidarité, pour montrer que tout un chacun devrait pouvoir aider son prochain quel qu’il soit. J’ai eu l’information par le biais d’un papier que m’ont donné mes enfants. Aujourd’hui on nous a proposé de partager un repas. Donc on est là.

Les profs ont contacté l’inspection académique. Ils pointent le fait qu’un logement de fonction du collège Henri Barbusse est vide et qu’il y a aussi des logements inoccupés, et certainement encore chauffés, dans l’ancien collège Jean Villard. L’inspection d’académie renvoie la balle à la métropole, car elle n’est pas propriétaire des locaux. Quant à la métropole, pour elle, c’est l’État qui est responsable.

La rectrice ne manque pas de cynisme : elle demande aux personnels de l’Éducation nationale de commémorer le 27e anniversaire de la Convention internationale des droits de l’enfant, mais ne fait rien pour les 3 familles qui dorment depuis 17 jours dans un collège dont des logements de fonction sont vides.

Un conseiller de François Hollande : « il nous assure qu’ils seront au chaud dans les bus »

Jeudi 17 novembre, une délégation a été reçue à la préfecture par un conseiller de François Hollande, présent à Lyon ce jour-là. Thomas, un prof du collège, raconte des propos d’un cynisme hallucinant :

La seule solution qu’il propose c’est de les mettre dans un bus pour les renvoyer dans leur pays d’origine. Il nous assure qu’ils seront au chaud dans les bus.

Avant la rencontre de la délégation de « Jamais sans toit » avec le préfet, lundi 21 novembre, il semble qu’une personne de la préfecture a sous-entendu que la réponse faite par le représentant local de l’État serait du même acabit. Cette réponse concernerait les 70 familles proches de « Jamais sans toit » à l’exception possible des familles qui ont des papiers. Ces dernières représentent « environ 10% des familles » selon un soutien. Même le plan froid et les dures conditions climatiques actuelles n’ont pas fait bouger l’État de sa position dégueulasse.

Nous, on ne peut pas accepter d’avoir devant nous des élèves qui ont dormi dehors. Donc on fait ce qu’on estime normal. D’ailleurs, la personne du cabinet d’Hollande a fini l’entretien en disant "Vous êtes des fonctionnaires consciencieux parce que vous faites ce qu’il faut pour héberger." Oui, mais ce n’est pas dans notre métier, ce n’est pas normal.

Des perspectives difficiles mais la volonté de se battre collectivement

La menace de la mise en œuvre d’OQTF (Obligations de Quitter le Territoire Français) pèse sur certaines familles. Le 115 est totalement saturé. Quand on lui demande ce qui va se passer demain, l’adolescente avec qui on discute hausse les épaules et souffle avant de lâcher « J’en sais rien. » Les membres de Jamais sans toit cherchent une solution collective.

P.-S.

Le texte a été écrit dans le cadre du collectif d’entraide à la rédaction.

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