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Quand la montagne accouche d’une souris...

Publié le 16 janvier 2009

Maj le 11 janvier 2009

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- Si nos camarades immigréEs acceptent ces critères de division de leurs rangs.
- Si les travailleurs et les syndicalistes français qui se sont battus à leurs côtés acceptent cette trahison des intérêts les plus élémentaires de la fraction la plus exploitée de notre classe ;
- Si la situation se normalise sur cette « avancée » voulue tant par la confé CGT que par le gouvernement d’application « apaisée et harmonisée » de l’art. 40 ;
- Si le mouvement formidable entamé le 15 avril, marqué par les révoltes et l’incendie partiel ou total des prisons pour étrangers, jalonné par des élans de solidarité vite étouffés sous le silence médiatique et la discrétion syndicale et politique, devait s’arrêter là ; ... notre classe aura connu une de ses plus graves défaites de ces dernières décennies !!!

Loin d’aller dans le sens de la régu­la­ri­sa­tion de TOUS les sans papiers, ces négo­cia­tions confé. CGT - Hortefeux concré­ti­sent l’immi­gra­tion choi­sie divi­sant entre « bons » sans papiers rem­plis­sant ces cri­tè­res et les autres ; et les tra­vailleurs isolés ? et les tra­vailleurs non décla­rés ? et tous les autres... ? Loin d’être une avan­cée légale ces cri­tè­res ne sont que des points de repère, « une grille indi­ca­tive » à l’atten­tion des pré­fec­tu­res ; contre la volonté affir­mée de nos cama­ra­des sans papiers, la confé CGT et toutes les orgas et assocs qui la sou­tien­nent accep­tent ce « cas par cas » que rejet­tent les gré­vis­tes et les Collectifs de sans papiers ; elle enté­rine ainsi la divi­sion entre sans papiers en totale oppo­si­tion avec son but sta­tu­taire d’UNION de tous les tra­vailleurs sans papiers ; elle enté­rine également, par une régu­la­ri­sa­tion d’un an, la pré­ca­rité de la situa­tion de nos cama­ra­des et les livrent à l’arbi­traire patro­nal par le chan­tage à l’emploi. Loin d’être un pro­grès vers l’ ÉGALITÉ DES DROITS, elle admet, sans le dire ouver­te­ment, la « pré­fé­rence natio­nale » si chère à Le Pen en refu­sant d’exiger la sup­pres­sion de la taxe ANAEM (Agence Nationale d’Accueil des Étrangers et des Migrations), dis­cri­mi­na­toire à l’embau­che. Elle enté­rine ainsi la divi­sion entre tra­vailleurs fran­çais et immi­grés en totale oppo­si­tion avec son but sta­tu­taire d’UNION de TOUS les tra­vailleurs. Loin d’être un sou­la­ge­ment pour nos cama­ra­des immi­gréEs, elle se rend com­plice du TERRORISME D’ÉTAT en pas­sant sous silence la reven­di­ca­tion essen­tielle de la fer­me­ture des Centres de Rétention Administrative (CRA) et la fin des rafles et arres­ta­tions au faciès.

Si le mou­ve­ment accepte ne serait-ce que la logi­que de cette "impor­tante étape" , cela ne sera pas une avan­cée comme annoncé par la confé. CGT mais un RECUL du mou­ve­ment sans papiers à ces bal­bu­tie­ments d’avant Saint-Bernard.

Dans l’immé­diat, des mesu­res d’urgence s’impo­sent au mou­ve­ment gré­viste :

Faire un état des lieux encore en grève et les coor­don­ner effi­ca­ce­ment malgré et s’il le faut contre les états majors syn­di­caux et asso­cia­tifs. Remettre à l’ordre du jour les reven­di­ca­tions com­mu­nes au mou­ve­ment vers la liberté de cir­cu­la­tion et l’égalité des droits :
- Carte de rési­dentE pour tous les sans papiers !
- Suppression de la taxe ANAEM !!
- Fermeture de tous les CRA !!!

Poser la ques­tion de l’orga­ni­sa­tion auto­nome du mou­ve­ment autour de ces reven­di­ca­tions vers la liberté de cir­cu­la­tion et d’ins­tal­la­tion.

Nous sommes obli­gés de cons­ta­ter que les réu­nions entre Collectifs et gré­vis­tes, qui étaient pour­tant une très bonne ini­tia­tive vers l’uni­fi­ca­tion du mou­ve­ment, ont été un échec ; il convient d’ana­ly­ser les causes inter­nes et exter­nes de cet échec mais on peut déjà avan­cer que la peur de cer­tains « petits chefs » dans les Collectifs de perdre leur pou­voir n’y est pas étrangère.

Nous ne pou­vons pas en rester là sous peine de voir le mou­ve­ment s’effon­drer et som­brer dans des divi­sions où le « chacun pour soi » sera la seule règle...

Ces grèves qui auraient pu et dû deve­nir une grève géné­rale des sans papiers ont permis au mou­ve­ment de fran­chir une nou­velle étape his­to­ri­que : les Collectifs issus du cycle des com­bats ini­tiés par l’occu­pa­tion de l’église St Bernard ont montré leurs capa­ci­tés for­mi­da­bles de mobi­li­sa­tion et ont été un moment impor­tant d’orga­ni­sa­tion pour le déve­lop­pe­ment des luttes ; ils ont montré également leurs limi­tes mais ils ont posé les jalons d’une véri­ta­ble orga­ni­sa­tion des luttes dans un syn­di­cat auto­nome des tra­vailleurs et tra­vailleu­ses immi­gréEs, avec ou sans emploi, afin de fédé­rer et coor­don­ner toutes les luttes immi­grées pour l’Égalité des Droits.

Ce combat pour l’Égalité des Droits ne peut être séparé encore moins opposé au combat plus géné­ral des tra­vailleurs pour leur émancipation ; il en est une partie inté­grante et essen­tielle.

En consé­quence, il ne peut que deman­der son adhé­sion au syn­di­cat qui pré­tend le « repré­sen­ter », en l’occur­rence la CGT avec le sou­tien soli­daire dans ce syn­di­cat de tous ceux et celles qui ont encore pour objec­tif cette émancipation de leur classe ins­crite en let­tres de sang par leurs ainéEs.

Cette orga­ni­sa­tion for­melle n’est évidemment pas une garan­tie pour l’avenir mais elle en est une condi­tion pour que chaque cama­rade puisse repren­dre en main sa des­ti­née ; elle est aussi une condi­tion pour que l’Égalité des droits soit une réa­lité au moins dans le syn­di­cat, loin du colo­nia­lisme de la direc­tion actuelle.

Ce syn­di­cat MOÏ-CGT (Main-d’Œuvre Immigrée) est une pro­po­si­tion et n’a pas valeur de pas­sage obli­ga­toire du mou­ve­ment pour son effi­ca­cité mais cette pro­po­si­tion a au moins le mérite d’exis­ter ; elle permet l’auto­no­mie du mou­ve­ment en rom­pant son iso­le­ment. Pour qu’il existe cela sup­pose que tous les sou­tiens dans et hors la CGT :
- le fas­sent connaî­tre sans sec­ta­risme parmi les sans papiers et les régu­la­ri­sés
- le fas­sent connaî­tre et mieux reconnaî­tre parmi les tra­vailleurs et tra­vailleu­ses fran­çai­sEs.
- pren­nent toutes les ini­tia­ti­ves pou­vant favo­ri­ser sa nais­sance.

Cela sup­pose d’ABORD ET AVANT TOUT que nos cama­ra­des immi­gréEs, avec ou sans papiers, avec ou sans tra­vail, aient la volonté poli­ti­que de lui donner nais­sance et pren­nent les ini­tia­ti­ves néces­sai­res à la convo­ca­tion de son congrès cons­ti­tu­tif sur un pro­gramme reven­di­ca­tif et une stra­té­gie clai­res.

Encore une fois ceci n’est qu’une pro­po­si­tion. Si quelqu’un a mieux, je suis pre­neur mais lais­ser la situa­tion dans l’état revien­drait à un aban­don du combat pour l’égalité des droits et, au final, à l’aban­don du combat de notre classe pour son ÉMANCIPATION.

A+ dans les luttes ; -pj49-

"Soyons touTEs des électrons libres et de notre union naîtra la bombe ato­mi­que sociale"

Documents joints

  • Pour une CGT-MOÏ (PDF – 91.2 ko)

    Il s’agit de l’article paru dans le n°9 du « Journal de la Bourse occupée » sous le titre « en marge du débat sur matelas » auquel avaient participé quelques 500 sans papiers le samedi 13 décembre 2008.

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