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Quelle éducation pour quelle société ?

Publié le 22 novembre 2008

Maj le 24 novembre 2008

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2 compléments d'info

Des réformes..

Xavier Darcos, minis­tre de l’éducation natio­nale, a annoncé le 21 octo­bre une pre­mière série de mesu­res visant à réfor­mer l’ensei­gne­ment au lycée. Dans un pre­mier temps uni­que­ment pour la classe de seconde, ces mesu­res (cen­sées s’appli­quer à la ren­trée 2009) consis­tent prin­ci­pa­le­ment en une dimi­nu­tion des options, une modi­fi­ca­tion du rythme de l’année (2 semes­tres, 4 conseils de classe) et en une orga­ni­sa­tion en modu­les (21 heures d’ensei­gne­ments géné­raux de tronc commun, 6 heures d’ensei­gne­ments com­plé­men­tai­res et 3 heures d’accom­pa­gne­ment per­son­na­lisé). Ces réfor­mes s’ins­cri­vent dans une démar­che sur le long terme visant une dimi­nu­tion du choix et de la diver­sité de l’ensei­gne­ment (cf 3ème partie) et donc de son coût (moins d’options, moins de profs). Avec les 11.000 sup­pres­sions de postes en 2008 le gou­ver­ne­ment veut encore trou­ver le moyen de faire des économies sur l’éducation en rédui­sant le choix des options ou en sabor­dant des filiè­res.

...à la repression...

Darcos se targue de consul­ter les syn­di­cats et « élus » lycéens dit repré­sen­ta­tifs pour élaborer sa réforme mais c’est la répres­sion et la prison ferme pour ceux et celle qui osent mani­fes­ter leur désac­cord dans la rue. Comme ce fut le cas à Dijon où, lors d’une mani­fes­ta­tion d’une cen­taine de lycéen.nes contre les réfor­mes Darcos et le sécu­ri­taire, trois jeunes se sont fait matra­quer allè­gre­ment par la BAC, fla­sh­­ball au poing, après dis­per­sion, sur le pré­texte d’une alter­ca­tion avec un auto­mo­bi­liste qui essayait de forcer le pas­sage de la mani­fes­ta­tion en écrasant les gens. C’est donc 4 mois de prison ferme avec mandat de dépôt (= direct au trou) pour deux arrê­tés et 4 mois de prison, dont deux avec sursis, pour le der­nier, que ce sont pris ces mani­fes­tants. Pour se passer le vernis de la démo­cra­tie le gou­ver­ne­ment consulte quand cela ne lui coûte rien alors qu’il réprime et empri­sonne lors­que les prin­ci­paux concer­nés s’orga­ni­sent et s’expri­ment direc­te­ment dans la rue.

...pour quelle société ?

Pour le gou­ver­ne­ment l’éducation n’est qu’un poste bud­gé­taire (à réduire) qui doit pré­pa­rer les indi­vi­dus à trou­ver un tra­vail.
Selon Darcos : « Comme tous les pays du monde, la France doit ratio­na­li­ser les études, avec plus de suivi indi­vi­duel et moins d’options »
ou alors : "Attention, en par­ti­cu­lier aux filiè­res sans débou­ché évident. Je pense à ’ES’ (économique et social). Elle attire beau­coup d’élèves qui occu­pent ensuite de grands amphis mais se retrou­vent avec des diplô­mes de droit, psy­cho­lo­gie, socio­lo­gie... sans tou­jours un emploi à la clef"
Si les gens ne trou­vent pas d’emploi à la clef de leurs études ce n’est pas parce qu’ils sont inca­pa­bles d’être utiles à la société, bien loin de là. C’est la société capi­ta­liste ­ sou­mise aux logi­ques mar­chan­des, et orga­ni­sée par et pour une mino­rité, ­ qui les juge inu­ti­les. Même si 100% des élèves obte­naient un diplôme après de brillan­tes études dans des « filiè­res por­teuse » cela ne chan­ge­rait rien au fait que le capi­ta­lisme ne peut pas se per­met­tre d’assu­rer le plein emploi et une vie digne pour tous et toutes. Le chô­mage et la pré­ca­rité lui sont essen­tiels pour impo­ser ses condi­tions. Le sys­tème économique que nous subis­sons n’a pas pour but la satis­fac­tion des besoins de tous : c’est une jungle où des requins sans pitié exploi­tent le tra­vail des autres.
Alors doit-­on faire en sorte que l’éducation s’adapte à cette société de manière à sortir le plus tôt pos­si­ble du moule des gens prêts à se faire exploi­ter par un patron leur vie durant (tant mieux si leur sens cri­ti­que ou leur culture géné­rale laisse à dési­rer : ils se rebel­le­ront d’autant moins) ? Ou bien ­- tout en remet­tant en cause l’orga­ni­sa­tion économique capi­ta­liste - désire-t-­on que l’éducation soit tota­le­ment indé­pen­dante et cher­che à former des indi­vi­dus armés d’un savoir suf­fi­sant, libres et res­pon­sa­bles ?

Nous ne vou­lons pas d’une éducation qui for­mate ou gave et consi­dère les indi­vi­dus comme des oies jusqu’à qu’ils puis­sent trou­ver leur place (cage) dans la société. Nous vou­lons que la trans­mis­sion des savoirs s’exerce tout au long de la vie sans contrainte d’aucune ordre. Qu’elle accom­pa­gne l’indi­vidu vers un épanouissement, dans le res­pect des autres, et déve­loppe la cons­cience de ses capa­ci­tés à faire évoluer (col­lec­ti­ve­ment) la société.

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  • Le 24 novembre 2008 à 19:36

    Salut,
    c’est vrai que cette phrase est maladroite. Je ne pense pas non plus que l’équation « + de culture = + de révolte » est juste dans l’absolue. On peut tout à fait être conscient de son asservissement et avoir la volonté de changer la société sans avoir besoin d’un minimum de « culture général ». Heureusement. Et c’est vrai qu’il n’y a pas non plus de « culture général qui laisserait à désirer ». On peux vivre très bien et être quelqu’un de très bien sans cette culture général que les « bourgeois » se plaisent tant à exhiber.

    Cependant je pense qu’il faut reconnaître que la compréhension et la connaissance de l’histoire et de la société (entre autres) allié à un sens critique (développé par une éducation qui justement ne cherche pas à gaver pour formater) sont des outils pouvant amener plus facilement les individus à voir l’oppression (étatique, capitaliste, patriarcale, etc...) et (ainsi) à avoir envie de la combattre.
    C’est pour cela que l’on ne doit pas laisser l’Etat réduire l’enseignement aux seuls matières strictement nécessaires pour faire de nous des robots dociles et qu’on doit se battre pour que l’éducation puissent être la plus complète, diversifié et indépendante possible.

    MaxLanar (auteur du texte)

  • Le 22 novembre 2008 à 22:09

    « tant mieux si leur sens critique ou leur culture générale laisse à désirer : ils se rebelleront d’autant moins »

    Ah bon, plus on est cultivé, plus on a de sens critique et plus on se rebelle ? Moi qui croyait que c’était la soumission aux conditions matérielles et l’inassouvissement des besoins qui amenaient à la révolte !

    C’est quoi « une culture générale qui laisse à désirer » ? C’est quoi cet élitisme ? C’est vraiment rouge et noir ?

    Vous pouvez préciser votre pensée parce qu’avec ma petite culture générale j’ai du mal à comprendre l’intention dans cette phrase.


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