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Religion et politique : une rencontre-débat et deux films à La Gryffe

Publié le 7 décembre 2007

Maj le 1er décembre 2007

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3 compléments d'info

Dieu, race, nation : mythes mortifères

« Ni Dieu ni Maître ! »

On croyait la discussion sur la religion terminée

Sur ce point, au moins, il sem­blait y avoir un accord entre tous les athées depuis au moins deux siè­cles. La reli­gion n’était pas seu­le­ment « l’opium du peuple ». C’était une réa­lité du passé défi­ni­ti­ve­ment condam­née. Mais la reli­gion a la vie dure, plus dure (pour le moment) que les idées socia­lis­tes et révo­lu­tion­nai­res plutôt mal en point actuel­le­ment. On assiste donc à un étrange ballet de cer­tains « pro­gres­sis­tes » et autres contemp­teurs de Dieu.

Avec d’un côté ceux qui (long­temps après Mao et Pol Pot il est vrai) com­men­cent à (re)trou­ver du charme aux dis­cours reli­gieux les plus radi­caux, de la théo­lo­gie de la libé­ra­tion à l’Islam des pau­vres, en pas­sant par le fémi­nisme musul­man, les dis­cours de Tariq Ramadan et la dénon­cia­tion des cari­ca­tu­res de Mahomet.
Et de l’autre côté ceux qui au nom d’un athéisme intran­si­geant et ossi­fié n’hési­tent pas à ré-enfi­ler les vieilles bottes de l’eth­no­cen­trisme et du colo­nia­lisme, à s’oppo­ser (de façon sélec­tive) aux cons­truc­tions de mos­quées et à mobi­li­ser toutes les peurs actuel­les autour d’une pré­ten­due « inva­sion » musul­mane dans les ban­lieues ouvriè­res.

On le voit : face à la reli­gion, la confu­sion règne.

Or, les reli­gions ont de gran­des ambi­tions : récla­mer – au nom de la liberté de penser – l’inter­dic­tion de cri­ti­quer les croyan­ces, leurs pompes et leurs œuvres. En témoi­gne l’appui marqué des hié­rar­chies catho­li­ques et juives à l’action en jus­tice de la très réac­tion­naire UOIF (Union des Organisations Islamistes de France) contre « Charlie Hebdo »lors de l’affaire des cari­ca­tu­res de Mahomet, tandis qu’une poi­gnée de dépu­tés de notre belle République laïque ten­taient de faire passer une loi réta­blis­sant le délit de blas­phème.

En fait, ce qui pose pro­blème n’est pas le fait de croire ou de ne pas croire, mais la volonté des croyants et de leurs chefs de vou­loir contrô­ler la vie de chacun. Ce qui pose aussi pro­blème, c’est la volonté des poli­ti­ques de mani­pu­ler les reli­gions pour mieux asseoir leur pou­voir. Des catho­li­ques Sarkozy, Le Pen et Chavez, au pro­tes­tant Bush en pas­sant par le musul­man Nasrallah, tous les diri­geants poli­ti­ques ins­tru­men­ta­li­sent Dieu à leur ser­vice, celui des patrons, des exploi­teurs et des États.

Une rencontre-débat

Nous vous invi­tons à venir dis­cu­ter le samedi 8 décem­bre à 15h de la confu­sion actuelle dans cer­tains milieux révo­lu­tion­nai­res et alter­mon­dia­lis­tes, des liens entre reli­gion et poli­ti­que, et des rai­sons pour les anar­chis­tes et les révo­lu­tion­nai­res de s’oppo­ser radi­ca­le­ment à l’idée de Dieu.

La dis­cus­sion se fera avec Yves Coleman, à l’occa­sion de la sortie du numéro de « Ni Patrie Ni Frontières » inti­tulé « Dieu, race, nation : mythes mor­ti­fè­res ».

Deux films

- Vendredi 7 décem­bre à 20h30 :

« Magdalene sisters »
de Peter Mullan (200", 120 min)

1964, en Irlande, trois jeunes filles, Margaret, Bernadette et Rose sont envoyées dans le cou­vent des soeurs de Magdalene afin d’y expier leurs « pêchés » par le tra­vail et la prière. Leurs « fautes » : celle d’avoir été violée, d’avoir eut un enfant hors mariage ou tout sim­ple­ment de ne pas être une jeune femme bien comme il faut selon la morale chré­tienne. Ainsi confron­tées à cet uni­vers rigide et vio­lent, les trois jeunes femmes vont se rebel­ler.

Ce film est ins­piré de l’his­toire des cou­vents de Magdalene où des mil­liers de jeunes filles irlan­dai­ses furent enfer­mées jusqu’en 1996.

- Vendredi 14 décem­bre à 20h30 :

« Osama »
de Siddiq Barmak (2004, 83 min)

En Afghanistan, au début du régime des Talibans, une fille de 12 ans vit avec sa mère et sa grand-mère. Les deux seuls hommes de leur famille sont morts à la guerre, les tali­bans inter­di­sent aux femmes de tra­vailler, la seule solu­tion pour sur­vi­vre est de tra­ves­tir la jeune fille en garçon. Désormais, elle s’appel­lera Osama. Elle tra­vaille chez un ami de son père, mais comme tous les jeunes gar­çons du pays elle est embri­ga­dée dans une école cora­ni­que afin d’y rece­voir une éducation fon­da­men­ta­liste.

Siddiq Barmak montre bien com­ment une société régie par un dogme reli­gieux devient chao­ti­que et invi­va­ble, sur­tout pour les femmes qui sont les pre­miè­res tou­chées.


- Librairie liber­taire LA GRYFFE, 5 rue Sébastien Gryphe, 69007 Lyon
Ouverte du lundi au samedi inclus de 14 heures à 19 heures.
Téléphone/ fax : 04 78 61 02 25
Courriel : librai­rie(aro­base)lagryffe.net
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  • Le 8 décembre 2007 à 18:33

    Au delà du débat sans fin et sans arguments, de savoir s’il faut défendre les anars ou le méchant Lénine, il est intéressant de voir le fond du débat. Tout d’abord je suis anarchiste individualiste ce qui veut dire que je réfute la plupart des thèses anarchistes qui ont court en france depuis 20 ans. Je me rapproche des idées de la fin du 19e siècle, de l’italie de Rovereto, de Stirner, Jacob,... Par contre Lénine et ses camarades ont bien démontré que le problème des guerres, des conflits sociaux, des enjeux en tout genres étaient toujours économique. La guerre de l’eau en palestine, la guerre du pétrole en irak, le genocide des juifs (entre autre) pendant la 2e grande guerre, ... n’en sont que de tristes exemples plus médiatisés que les autres. C’est l’émancipations des idées bourgeoises de religions qui peut nous conduire vers de réels changements... Je comprend la frustration face aux anarchistes d’aujourd’hui qui se contentent de critiquer la religion et qui du coup en parlent et font donc le jeu de l’Etat. C’est la critique des religions, comme prison sociale et comme oeillères, par la déconstruction des rapports sociaux avec la visions de nos prisons économiques qui a un intéret dans ce débat. Sinon de savoir les fautes de Lénine ou Machno ou de convaincre des convaincus contre les religions, on s’en fout. Prècher contre la religion c’est encore parler de la religion, parler de la religion c’est encore lui donner de l’importance, lui donner de l’importance c’est faire le jeu de l’Etat (ou de la bourgeoisie c’est un autre débat) qui nous impose, avec ses médias, un revival du mysticisme dans cette trouble période...
    A plus cosmic

  • Le 2 décembre 2007 à 14:50

    comme disait lénine « que faire ? »...

    C’est sûr que lénine et ses sbires ont toujours été les fidèles srviteurs des ouvriers (non, pas de goulag, pas de famine en Ukraine, pas de répression sanglante contre Kronstadt, contre la maknovtchina, etc...)

    Les anarchistes sont par définition anti-autoriataires, normal qu’un type qui se voulait à la tête d’un parti avant-gardiste, ultra centralisé et très autoritaire n’ai que peu de sympathie pour nous, non ?

  • Le 2 décembre 2007 à 13:50, par driss

    « L’anarchiste qui prêcherait la guerre contre Dieu à tout prix, aiderait en fait les popes et la bourgeoisie (comme du reste les anarchistes aident toujours, en fait, la bourgeoisie). »

    Lénine
    De l’attitude du parti ouvrier à l’égard de la religion
    « Proletari » n°45 - Œuvres t. XV (mars 1908 – août 1909)


Dans les prochains jours :

Infos locales

6 septembre

  • Migrations - sans-papierEs

    Présentation / discussion autour du prochain camp No Border

    Le pro­chain camp No Border ce sera à Bruxelles à partir du 25 sep­tem­bre. Présentation, pro­jec­tion et dis­cus­sion le 8 sept. à 19 h à La Gryffe dans le cadre d’une tour­née d’infos faite par des mili­tan­tEs bruxel­loi­sEs.


5 septembre


3 septembre

  • Rapports sociaux de genre

    Soirée de soutien au livre du CLAS à propos du viol

    Vendredi 1er octo­bre à 19h au « Z » - RN 86 à Soyons 07 (proche valence) - Entrée 5 euros.

  • Migrations - sans-papierEs

    Face au racisme et à la xénophobie d'État : La solidarité de classe, pas l'hypocrisie républicaine

    Tract CGA manif 4 sep­tem­bre :
    - Une suren­chère répres­sive et raciste
    - Une his­toire qui ne date pas d’aujourd’hui
    - Libéralisation de la parole raciste et stra­té­gie de divi­sion
    En se posant en ges­tion­nai­res de l’État et du capi­ta­lisme, les cou­rants poli­ti­ques de gauche qui font mine de s’émouvoir de la poli­ti­que actuelle, ont depuis des années apporté leur pierre à l’édifice d’une répu­bli­que raciste et xéno­phobe.


31 août


26 août

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