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Rencontre avec la Ruche des Citoyens et la CNT69 - Épisode 1 - Les occupations

Le site d’information sur les alternatives et les luttes dans le travail social et la santé, Nebuleuses.info et le Canut Infos du vendredi (émission qui passe sur Radio Canut) vous proposent une série de reportages issus d’une rencontre avec deux militants de la CNT69 et la Ruche des citoyens. On a pu échanger avec eux sur leurs pratiques de luttes mais aussi leur pratiques professionnelles, interroger les limites du travail social. De petites actions en petites actions, ils et elles posent les bases d’une bouffée d’air qui redonne espoir.

Le premier épisode de cette série se consacre aux occupations de CCAS, de Maison du Rhône ou de bâtiments vides qu’elles et ils mettent en place pour pallier le manque de places d’hébergement.
A réécouter sur Nebuleuses.info et sur le blog des Canut-Infos

Épisode 1 : les occupations
Rencontre avec la Ruche des Citoyens et la CNT69

Alors du coup vous êtes à la ruche des citoyens à Villefranche, qu’est ce que c’est que ce local ?

La ruche est un local alternatif qui existe depuis 2010. On se retrouve dans l’idée de monter un local différent avec des associations, des collectifs des orgas.

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Et vous mettez en place des occupations c’est bien ça ?

Ce qui semble important c’est de ramener la responsabilité des pouvoirs publics. Donc il nous arrive de mettre en place des occupations au CCAS, d’aller interpeller aussi les MDR qui ont leur responsabilité dans l’accueil et l’hébergement dans le cadre de la protections de l’enfance pour les enfants de moins de trois ans. Donc tout cela nous permet, ces actions là qui sont ponctuelles qui amène une réponse ponctuelle dans l’intention que c’est pas magique hein quelque chose qui serait serein et perenne pour les personnes. Mais ça nous permet pendant un temps que les gens aient une solution de mise à l’abri.
Nous sommes aussi dans une structure qui s’appelle ADOMA où y a régulièrement par un directeur fasciste, des mises à la rue irrégulières. Donc qui par son comportement va priver les familles de jetons pour qu’elles ne puissent pas se laver, laver leur linge pardon. Donc c’est un peu compliqué de voir que dans notre propre secteur d’activité on a des travailleur-euses sociaux-ales qui font plus que de la connivence avec l’état, qui sont dans des positions de maltraitance envers les personnes qu’on a été formé et missionné pour accompagner. Donc il nous arrive régulièrement d’être dans des espaces d’occupation dans ces lieux là
C’est aussi intéressant de voir ce qu’il se faire ailleurs. A un moment donné les copains et copines sur Bourg-en-Bresse, notamment de la CNT, ont mis une action en place, ils et elles ont décidé d’occuper un bâtiment de l’ADAPEI, cette occupation a duré sur une année

C’était un bâtiment qui était vide ?

Voilà un bâtiment vide de l’ADAPEI, La question des bâtiment vides, que ce soit à Lyon à Villefranche ça je pense que y en a de partout dans notre région.

Lorsque vous mettez en place ces occupation vous êtes que des travailleur-euses sociaux-ales ou est ce que vous allez chercher des personnes autour de la thématique de l’hébergement, du toit ?

Sur le secteur c’est plutôt impulsé par le collectif de soutien aux sans papiers et qui du coup interpellent aussi les professionnel.les du secteur s’ils et elles souhaitent intervenir là dessus. Et je trouve que c’est même plutôt intéressant que ça vienne de l’extérieur parce que ça mets aussi une certaine distance et moins dans quelque chose d’affectivé, de trucs de travailleur-euses sociaux-ales. Après je pense qu’il faut faire attention au sectarisme qu’on peut retrouver dans les professions, qui peut aussi exister dans les milieux militants. Et que c’est plutôt intéressant là ce qu’il se passe c’est que c’est des gens qui se retrouvent sur le fait de dénoncer que sur leur territoire des gens dorment dehors alors qu’il y a des places de disponibles et qui ont envie de mettre des choses en place. Donc je dirais que les travailleur-euses sociaux-ales viennent peut-être plus en soutien qu’en initiative première de ces initiatives là.

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Au niveau des actions vous avez parlé d’occupation de CCAS ou autres, combien il faut être ? Par ce qu’on dit souvent « Ah on est pas assez nombreuSESx on peut pas y aller » alors est ce qu’il faut vraiment être nombreuSESx pour faire ce genre de chose ?

Ouai nous on est plutôt sur des petits groupes, je dirais ce qui fait force c’est la détermination et la volonté pour laquelle on fait une occupation et jusqu’où on est prêt à rester. Du coup nous ça a pu être des occupations sur 5-6 personnes voilà. Arriver ausi sur des stratégies d’horaires, on a affaire à de la fonction publique qui à 17h01 tous les locaux sont fermés. On se pointe dix minutes avant la fermeture et on dis qu’on part pas, bah du coup on arrive à trouver des solutions sur quelques nuits par rapport à ça.

Les travailleur-euses des CCAS sont obligés de rester alors ils et elles font des heures supplémentaires ?

Bah les interlocuteuTRICErs sont plutôt les responsables après s’ils et elles font un peu plus d’heures après ça va pas beaucoup nous peiner !

Sur les occupations vous venez avec les personnes dont vous demandez l’hébergement ?

Alors ça c’est souvent de grandes questions au sein de ces actions là. Pour quelques personnes au niveau je dirai plus du collectif sans papiers qui sont sur des positions de se dire ça va faire prendre trop de risque aux gens d’être sur ces actions là. Et d’autres orgas à coté qui vont dire c’est quand même important que les gens soient là quand on monte une action, quand on repère un squat qu’il soit repéré avec eux plutôt que d’amener le squat clefs en mains. Donc c’est aussi quelque chose qui est pas simple des fois ça s’engueule on est pas d’accord mais généralement l’idée c’est de faire avec. Après c’est aussi parfois pas simple pour ces personnes-là jusqu’où aussi elles suivent le militant, est ce que ça leur appartient vraiment ?

C’est un problème que se posait aussi les professionnel.les de l’urgence sociale à Lyon. On ne peut le faire que si, qu’avec leur accord aux gens. En leur disant « alors voilà on fait ça, est ce que vous acceptez de venir avec nous sachant que vous prenez des risques ». Et peut-être d’éviter d’entraîner des gens qui risquent vraiment trop. Ceci dit c’est quand même des actions de ce type là qui peuvent il me semble faire bouger les choses. Des locaux inoccupés y en a plein, y a de quoi loger tout le monde quoi !

Contact :
La ruche des citoyens
19, rue de Prony
69400 Villefranche sur Saône

la ruche des citoyens

CNT 69
44 rue Burdeau - Lyon 1er
ud69 (at) cnt-f.org (UD)
Permanences : * lundi 18h-20h PTT * mardi 18h-20h Interco * mercredi 18h-20hh educ * jeudi 18h-20h santé-social /educ

PS : le texte a été féminisé

La suite à lire sur : https://nebuleuses.info/sans-logis/article/rencontre-avec-la-ruche-des-citoyens-et-la-cnt69?var_mode=cal

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