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Repas de soutien à Batay Ouvryie, syndicat Haïtien

Publié le 9 février

Maj le 10 février

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2 compléments d'info

Pour une solidarité de classe, internationaliste et anti-impérialiste avec le peuple d’Haïti !

Le séisme qui a dévasté Haïti est une catas­tro­phe natu­relle. Mais l’ampleur de ses consé­quen­ces, le nombre des vic­ti­mes, l’absence d’infra­struc­tu­res, la pau­vreté extrême de la popu­la­tion, puis les mena­ces de famine et d’épidémie sont la consé­quence de l’his­toire colo­niale, de la poli­ti­que passée et actuelle des gran­des puis­san­ces qui domi­nent la pla­nète, et en par­ti­cu­lier la France et les Etats-Unis. C’est elles qui ont plongé Haïti dans la misère.

Les clas­ses popu­lai­res haï­tien­nes sont les pre­miè­res vic­ti­mes de cette situa­tion. Loin des objec­tifs des camé­ras, les pre­miers secours, les néces­si­tés de la soli­da­rité immé­diate, ont été assuré par ces clas­ses popu­lai­res dans le pays. Elles ont besoin de la soli­da­rité inter­na­tio­na­liste des peu­ples et des tra­vailleurs du monde entier, et pas de l’occu­pa­tion mili­taire actuelle des U.S.A., qui ont envoyé plus de sol­dats que de méde­cins, et qui sont en concur­rence avec la France pour raf­fler les mar­chés de la recons­truc­tion.

Batay Ouvriye est une orga­ni­sa­tion qui regroupe des syn­di­cats de tra­vailleurs et des comi­tés de quar­tiers à Haïti. Elle par­ti­cipe à l’effort du peuple haï­tien pour orga­ni­ser la survie aujourd’hui, et pour que demain les clas­ses popu­lai­res et les tra­vailleurs soient prêts à lutter pour arra­cher de meilleu­res condi­tions de vie, un emploi, un loge­ment, et le retrait des trou­pes impé­ria­lis­tes.

Nous vous invi­tons à la soli­da­rité avec les clas­ses exploi­tées et leurs orga­ni­sa­tions en Haïti !

Repas de sou­tien à Batay Ouvriye ven­dredi 12 février, à 20h, au Centre Social Autogéré 18 rue des Tables Claudiennes, Lyon Croix-Rousse

Appel du collectif « Solidarité avec le Peuple Haïtien »

Le trem­ble­ment de terre du 12 jan­vier 2010 a plongé le peuple haï­tien dans une situa­tion de désas­tre, à laquelle répon­dent des élans de soli­da­rité dans le monde. Un séisme est bien un phé­no­mène natu­rel, mais l’ampleur de la catas­tro­phe qui s’en est suivie n’est pas acci­den­telle : elle prend son ori­gine dans des rap­ports d’oppres­sion et d’exploi­ta­tion capi­ta­liste. Les moyens exis­tent pour limi­ter les effets des catas­tro­phes natu­rel­les : par exem­ple, les cons­truc­tions anti-sis­mi­ques au Japon et en Californie. La vul­né­ra­bi­lité aux crises n’est donc pas iné­luc­ta­ble ou pré­dis­po­sée par une « malé­dic­tion », elle relève de l’iné­ga­lité entre les clas­ses et les nations prises dans le sys­tème de l’impé­ria­lisme. Ce sont main­te­nant les clas­ses popu­lai­res qui subis­sent le plus dure­ment les consé­quen­ces du séisme, comme elles ont subit la hausse bru­tale des prix agri­co­les au prin­temps 2008. Elles se sont alors révol­tées : ce furent par exem­ple les émeutes de la faim. Ce sont les clas­ses popu­lai­res, pas les sol­dats ni les huma­ni­tai­res, qui ont assuré la soli­da­rité immé­diate après le séisme.

La Révolution haï­tienne de 1804 marque la vic­toire du pre­mier mou­ve­ment anti­co­lo­nial et anties­cla­va­giste, la vic­toire d’une émancipation menée par d’anciens escla­ves noirs contre l’Etat colo­nial fran­çais. La France fera payer cher à ces « nègres », qui pour la pre­mière fois bri­saient les chaî­nes de l’escla­va­gisme, en leur impo­sant 70 ans de « répa­ra­tions », en réa­lité une rançon : c’est le début de la dette d’Haïti. La mise sous tutelle directe du pays par les Etats-Unis com­mence par la longue période d’occu­pa­tion mili­taire, de 1915 à 1934. Intervenue en 1994 pour remet­tre en place Jean-Bertrand Aristide et en 2004 pour le chas­ser, en accord avec la France, l’armée amé­ri­caine se saisit aujourd’hui de l’oppor­tu­nité du séisme pour pren­dre le contrôle des ports et du trafic aérien et pro­té­ger les gran­des pro­prié­tés. Les gran­des puis­san­ces ne sont nul­le­ment gui­dées par le désin­té­res­se­ment et la moti­va­tion huma­ni­taire, elles se posi­tion­nent pour saisir les « oppor­tu­ni­tés » de pro­fits que four­nira la recons­truc­tion du pays. Quant à l’aide octroyée par la France et les Etats-Unis, elle repré­sente le cin­quième de ce que coûte quo­ti­dien­ne­ment l’occu­pa­tion mili­taire de l’Irak et de l’Afghanistan.

L’action et l’aide maté­rielle des ONG se feront aussi dans le cadre du capi­ta­lisme, res­pon­sa­ble des condi­tions de vie inhu­mai­nes impo­sées aux masses haï­tien­nes. Avec les direc­ti­ves du Fonds Monétaire International et de la Banque Mondiale, les clas­ses domi­nan­tes ont sacri­fié l’agri­culture pay­sanne au béné­fice d’impor­ta­tions sub­ven­tion­nées par les pays riches. Le riz amé­ri­cain (80% du riz consommé) a éliminé la moitié des petits pro­prié­tai­res et a accé­léré l’exode rural et l’exten­sion des bidon­vil­les. Contraints de quit­ter les cam­pa­gnes, 80% des haï­tiens sont au chô­mage, et ceux qui trou­vent un emploi sont soumis au des­po­tisme d’usine pour un salaire de famine. Nous refu­sons que les actes de soli­da­rité soient main­te­nant employés à la recons­truc­tion d’une société où 1% de la popu­la­tion détient 50% des riches­ses. Les mêmes causes repro­dui­ront les mêmes effets !

L’alter­na­tive c’est la soli­da­rité inter­na­tio­nale avec les orga­ni­sa­tions de lutte en Haïti qui se bat­tent pour la défense des inté­rêts de la classe ouvrière et de la pay­san­ne­rie, pour l’émancipation sociale et poli­ti­que. Le syn­di­cat de classe Batay Ouvriye (« Bataille Ouvrière ») a lui-même lancé un appel à la soli­da­rité inter­na­tio­nale pour faire face à cette ter­ri­ble situa­tion, et ren­for­cer les orga­ni­sa­tions capa­bles d’arra­cher de meilleu­res condi­tions de vie. Bien loin de la mise en scène par les médias occi­den­taux de corps souf­frants et impuis­sants, Batay Ouvriye sol­li­cite les sou­tiens concrets et auto­no­mes du monde entier pour que les pro­jets de recons­truc­tion per­met­tent en même temps d’édifier un Haïti libéré et maître de son destin.

Combattant contre l’impé­ria­lisme et son hypo­cri­sie, nous nous asso­cions à leur démar­che et sou­hai­tons pren­dre part à la soli­da­rité avec le peuple haï­tien. Nous avons créé un col­lec­tif « Solidarité avec le Peuple Haïtien » pour mettre en place des actions néces­sai­res et concrè­tes. Ce col­lec­tif reste, bien entendu, ouvert et nous appe­lons les orga­ni­sa­tions et indi­vi­dus qui se reconnais­sent dans cette démar­che à nous rejoin­dre.

Nous reven­di­quons en outre l’annu­la­tion défi­ni­tive de la dette d’Haïti, et la régu­la­ri­sa­tion immé­diate et totale de tous les sans sans-papiers tou­chés par le séisme d’Haïti.

Fédération Syndicale Etudiante, Organisation Communiste Libertaire - Lyon, Union Pour le Communisme, Voie Prolétarienne – Partisan, et des indi­vi­dus.
Lyon le 4-II-10

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  • Le 14 février à 19:25, par Cédric

    Je t’invite à visiter leur site internet :

    http://www.batayouvriye.org

    Et particulièrement la rubrique « qui nous sommes » :

    http://www.batayouvriye.org/Francai...

    Batay Ouvriye à lancer un appel à la solidarité internationaliste, tu trouveras notamment la traduction de cet appel sur le site de l’OCL :
    http://oclibertaire.free.fr/spip.ph...

    Cet appel a été diffusé à l’origine via des réseaux militants américains en contact avec Batay Ouvriye, ceux-ci ne disposant actuellement que de peu de moyens de communications pour assurer cette campagne.

  • Le 10 février à 15:19

    Je ne connais pas ce syndicat et je souhaiterai avoir quelques informations plus précises sur ses buts, son fonctionnement, son histoire, etc ...
    Merci d’avance.
    Bernard


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