Accueil du site > Mémoire > Sébastien Briat assassiné par la société nucléaire

Sébastien Briat assassiné par la société nucléaire

Publié le 7 novembre 2011

Maj le 29 octobre 2011

Le 7 novembre 2004, Sébastien, 22 ans, est mort à Avricourt, en Lorraine, renversé par la locomotive d’un convoi de déchets nucléaires d’Areva partant vers l’Allemagne. La mort de ce jeune plein d’ardeur ne doit pas passer pour lettre morte. L’appel de Sébastien à refuser l’industrie nucléaire et ses déchets éternels dangereux pour les générations futures doit être entendu.

.
.

JPEG - 25.4 ko
Train de déchets nucléaires de la COGEMA parti de Valognes (Manche) le 6 novembre 2004

Bichon est mort pour ses convictions

Quelques semai­nes aupa­ra­vant il s’était décidé avec plu­sieurs d’entre nous à agir pour rendre publi­que la vul­né­ra­bi­lité d’un tel convoi. Le fait qu’il soit mort ne doit pas faire oublier que cette action était non vio­lente, réflé­chie et volon­taire.

Contrairement à ce que ce drame peut lais­ser trans­pa­raî­tre, en aucun cas notre acte était irres­pon­sa­ble et déses­péré. Notre enga­ge­ment est le fruit de convic­tions pro­fon­des quant au danger cer­tain et réel que repré­sente le nucléaire depuis trop long­temps. Cette action était par­fai­te­ment pla­ni­fiée, col­lec­ti­ve­ment, incluant des repé­ra­ges précis des lieux, et en res­pec­tant des pro­cé­du­res d’arrêt éprouvées. Nous avions lon­gue­ment envi­sagé toutes les pos­si­bi­li­tés y com­pris un non arrêt du convoi. Placés en sortie de courbe, nous pou­vions être amenés à quit­ter les rails très rapi­de­ment, du fait d’une visi­bi­lité réduite. Nous étions quatre cou­chés sur les voies ayant chacun un bras passé de part et d’autre d’un tube d’acier glissé sous le rail exté­rieur de la voie per­met­tant ainsi un départ d’urgence plus rapide. En aucun cas nous n’étions cade­nas­sés et nous avions la pos­si­bi­lité de nous déga­ger rapi­de­ment de ces tubes.

Malheureusement l’équipe char­gée de stop­per le train 1500m en amont n’a pas pu agir. L’héli­co­ptère de sur­veillance pré­cé­dent en per­ma­nence le convoi était absent, « parti se ravi­tailler en kéro­sène » ; or cette équipe comp­tait essen­tiel­le­ment sur sa pré­sence qui signa­lait l’arri­vée du train. Enfin, confor­mé­ment à ce qui était convenu les stop­peurs ont renoncé à arrê­ter le convoi car il était accom­pa­gné de véhi­cu­les de gen­dar­me­rie le pré­cé­dent à vive allure sur le chemin les sépa­rant de la voie.

Le convoi est donc arrivé à « 98 km/h » selon le pro­cu­reur n’ayant pu être arrêté par les mili­tants ni averti par l’héli­co­ptère. Ces mul­ti­ples causes réu­nies nous met­taient en danger. De ce fait, les per­son­nes cou­chées sur les rails n’ont béné­fi­cié que de très peu de temps pour s’aper­ce­voir que le train n’avait pas été stoppé et par consé­quent n’avait pas réduit son allure. Nous nous étions entraî­nés à une évacuation d’urgence de l’ordre de quel­ques secondes. Sébastien à été per­cuté alors qu’il quit­tait les rails, et en aucun cas, son bras n’est resté bloqué à l’inté­rieur du tube. La vitesse de l’événement nous a dépassé et per­sonne parmi nous n’a eu le temps de lui venir en aide.

Avant que cela n’arrive, nous sommes restés dix heures de suite cachés en lisière de bois à trente mètres de la voie, gelés et anky­lo­sés par le froid. Durant cette attente, nous n’avons pas été détecté par le dis­po­si­tif de sécu­rité, ni les guet­teurs postés à une quin­zaine de kilo­mè­tres du lieu du blo­cage et char­gés de nous pré­ve­nir de l’arri­vée du train, ni les stop­peurs char­gés de l’arrê­ter, ni les blo­queurs qui avaient préa­la­ble­ment ins­tallé les deux tubes sous le rail aux envi­rons de cinq heures du matin. Il est clair que la part de res­pon­sa­bi­lité de chaque pro­ta­go­niste doit être établie. Y com­pris la nôtre.

Pour l’heure nous sommes face à l’un des pires moments de notre exis­tence. Malgré ce que beau­coup de per­son­nes peu­vent penser nous avions des rai­sons cer­tai­nes d’être là. En pre­mier lieu la sau­ve­garde de la pla­nète, dont nous assis­tons au déclin d’années en années, mais également le rejet de cet État mono­li­thi­que refu­sant toute remise en ques­tion. Nous n’avons pas décidé d’arrê­ter ce train par imma­tu­rité ou par goût de l’aven­ture, mais parce que dans ce pays, il faut en arri­ver là pour qu’une ques­tion de fond, enfin, entre dans le maga­sin de por­ce­laine.

Sébastien est mort par acci­dent, il ne l’a pas choisi, per­sonne ne l’a sou­haité. Il n’est pas mort au volant en ren­trant ivre de dis­co­thè­que, mais en agis­sant pour faire enten­dre ses convic­tions. Et c’est sans conteste pour cela que son décès ne sera jamais, pour nous, un fait divers.

Face à une situa­tion où nous étions si perdus, nous n’ima­gi­nions pas rece­voir tant de sou­tien. Nous remer­cions par­ti­cu­liè­re­ment amis et parents, de nom­breu­ses asso­cia­tions, mais également les mil­liers d’ano­ny­mes alle­mands et fran­çais ayant orga­nisé des mani­fes­ta­tions et des com­mé­mo­ra­tions en sa mémoire. L’ampleur de la soli­da­rité nous dépasse autant qu’elle nous touche. Le plus impor­tant, nous semble de pleu­rer un frère et de sou­te­nir sa famille et non d’ins­tru­men­ta­li­ser son image. Bichon était certes à la recher­che d’un monde moins fou, mais avant tout un jeune homme rempli de joie de vivre, d’énergie et amou­reux des gens. Ce texte n’est ni une confes­sion, ni une agres­sion, nous vou­lons seu­le­ment par celui-ci réta­blir la vérité des faits.

Ses com­pa­gnes et com­pa­gnons de route

.
.

L’appel de Sébastien pour préserver notre planète doit être entendu

Le Réseau « Sortir du nucléaire » se déclare pro­fon­dé­ment choqué et s’asso­cie à la dou­leur de la famille et des amis de Sébastien Briat, jeune mili­tant anti­nu­cléaire décédé diman­che 7 novem­bre 2004 lors d’une action non vio­lente de pro­tes­ta­tion contre les trans­ports de matiè­res nucléai­res.

Le Réseau « Sortir du nucléaire » exige que toute la lumière soit faite sur les cir­cons­tan­ces de ce dra­ma­ti­que acci­dent. Devant la vive émotion d’innom­bra­bles citoyens et mili­tants, et leurs deman­des de pou­voir s’expri­mer col­lec­ti­ve­ment, le Réseau « Sortir du nucléaire » a appelé à se recueillir et à dépo­ser des fleurs devant les gares, le mer­credi 10 novem­bre à 18h. Cette action a été suivie avec une grande émotion dans de très nom­breu­ses villes de France. A Lyon, un ras­sem­ble­ment impor­tant a eu lieu le 10 novem­bre 2004 devant la gare de la Part-dieu : « La société nucléaire TUE ! Appel à ras­sem­ble­ment en mémoire de Sébastien Briat »

Même si les cir­cons­tan­ces de ce drame res­tent pour le moment inex­pli­quées, le Réseau « Sortir du nucléaire » estime que :

- les mesu­res élémentaires de sécu­rité n’étaient pas réu­nies : un tel convoi ne devrait pas rouler à vitesse « com­mer­ciale » mais à vitesse réduite de façon à pou­voir s’arrê­ter à tout ins­tant ;

- le nombre consi­dé­ra­ble de trans­ports de matiè­res nucléai­res en France amène les auto­ri­tés et les entre­pri­ses de l’indus­trie nucléaire à économiser au maxi­mum sur les mesu­res de sécu­rité élémentaires que l’on peut atten­dre d’un tel trans­port. En Allemagne, ces trans­ports font l’objet de mesu­res de sécu­rité plus contrai­gnan­tes (nombre de poli­ciers, sur­veillance de la voie de chemin de fer, vitesse du convoi...) ;

- ce drame démon­tre aussi que des per­son­nes qui seraient mal inten­tion­nés, contrai­re­ment aux mili­tants anti­nu­cléai­res, pour­raient très faci­le­ment inter­cep­ter un train de déchets radio­ac­tifs.

Sur les rails comme ailleurs, le nucléaire tue !!!

Malgré le mépris du gou­ver­ne­ment, exi­geons de sup­pri­mer le nucléaire !

Tenons compte du cou­rage et de l’enga­ge­ment du jeune Sébastien dont l’objec­tif était de sauver l’envi­ron­ne­ment et l’avenir de la pla­nète.

En effet, après avoir déversé les déchets radio­ac­tifs par mil­liers de tonnes au fond des océans jusqu’au début des années 80, l’indus­trie nucléaire s’apprête désor­mais à les enfouir sous terre, conta­mi­nant ainsi la pla­nète pour des mil­liers d’années. Dans une démar­che non vio­lente, Sébastien Briat est décédé en inter­pel­lant l’opi­nion publi­que sur le carac­tère inac­cep­ta­ble de l’indus­trie nucléaire et de ses déchets. Son appel doit être entendu.

.
.

Bichon, le coeur sur la main

Saltimbanque et rug­by­man, Sébastien Briat, dit Bichon, la jeune vic­time du train de déchets nucléai­res défen­dait la pré­ser­va­tion de la pla­nète et ses habi­tants, par exem­ple dans les causes huma­ni­tai­res, mais aussi syn­di­ca­liste et liber­taire, il met­tait en liens les per­son­nes de sa région en vue de chan­ger notre sys­tème com­plè­te­ment fou.

C’était la cons­ter­na­tion, dans les cinq petits vil­la­ges qui com­po­sent la com­mune asso­ciée des Hauts-de-Chée, près de Bar-le-Duc. L’annonce du décès de Sébastien Briat, la vic­time du dra­ma­ti­que acci­dent de train de diman­che 7 novem­bre, s’est répan­due comme une traî­née de poudre. A Louppy-sur-Chée, d’où il était ori­gi­naire et où rési­dent ses parents et ses deux sœurs cadet­tes, chacun se murait dans le silence. « Inconcevable », « incom­pré­hen­si­ble », la popu­la­tion était sous le choc.

Aîné d’une fra­trie de trois enfants, Sébastien était né le 17 août 1982, donc âgé de 22 ans. Il a effec­tué ses études secondai­res au col­lège de Vaubecourt, qu’il quitta en 1997 à l’issue de la classe de 3e, pour entrer ensuite au lycée Raymond Poincaré de Bar-le-Duc. « C’était un élève assez brillant et plutôt effacé », se sou­vient l’un de ses pro­fes­seurs. Et dans son entou­rage, les per­son­nes qui l’ont côtoyé relè­vent en pre­mier qu’il avait « le coeur sur la main ».

Depuis un an, il s’était investi, avec une quin­zaine de jeunes, au sein d’une asso­cia­tion, « Car’PeDiem », dans le but de déve­lop­per les liens socio-cultu­rels en milieu rural, à tra­vers la musi­que, le théâ­tre de rue et les arts du cirque. Le groupe de sal­tim­ban­ques rêvait de sillon­ner les routes à bord d’un bus d’occa­sion que tous s’évertuaient à amé­na­ger. Et à plus long terme, c’est vers le sec­teur huma­ni­taire que l’asso­cia­tion vou­lait appor­ter une bouf­fée d’oxy­gène. Vivre au jour le jour est une devise que Sébastien par­ta­geait avec ses amis. Et sa vie était rem­plie de ren­contres.

Depuis plu­sieurs années, le défen­seur de l’envi­ron­ne­ment qu’il était aussi par­ta­geait la cause des oppo­sants au labo­ra­toire de Bure et au projet de sto­ckage sou­ter­rain de déchets radio­ac­tifs en Meuse. C’était un mili­tant anti­nu­cléaire, mais Sébastien était également plei­ne­ment investi dans la créa­tion de la sec­tion étudiante du syn­di­cat CNT-éducation de Nancy.

« Bichon savait tou­jours se rendre utile, être dis­po­ni­ble, était ouvert à tout le monde », confie un de ses copains du Bar Ovalie Club, où Sébastien jouait au rugby depuis une dizaine d’années. Son surnom « Bichon » incar­nait à lui seul toute sa gen­tillesse. Mais cela ne l’empê­chait pas d’être véloce sur le ter­rain. Avec son numéro 9 de demi de mêlée sur les épaules, il était une pièce maî­tresse de l’équipe. Sa dis­pa­ri­tion a plongé tous les joueurs et diri­geants du BOC dans la détresse, et le club envi­sage en son hom­mage, de ne plus attri­buer son numéro féti­che. Dimanche der­nier, le jour du drame, il aurait dû jouer à Toul.

Mais sachant qu’un convoi de déchets nucléai­res pas­sait près de Nancy, il avait pré­venu son entraî­neur qu’il ne pour­rait se rendre à la convo­ca­tion, ayant décidé de se join­dre cou­ra­geu­se­ment aux mani­fes­tants. Au bout de ses convic­tions, un destin funeste devait mal­heu­reu­se­ment l’arra­cher à l’affec­tion de ses pro­ches.

Proposer un complément d'infos

modération à priori

Attention, votre message n'apparaîtra qu'après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici

  • Le 13 novembre 2010 à 22:15

    La lutte continue :

    Blocage du Castor à la frontière franco-allemande
    transport de déchets nucléaires forcé à prendre une autre route

    Le 6. novembre dans la ville de Berg en Rhénanie, le 12e transport de déchets nucléaires doit passer la frontière franco allemande. Plus de 2.000 manifestants se sont rassemblés. Plusieurs d’entre eux sont déterminés à bloquer le transport pour revendiquer une sortie du nucléaire immédiate.

    Le blocage est un succès pour les manifestants. Le transport des déchets nucléaires doit prendre une autre route. C’est la 1ére fois que tellemement de personnes acceuillent le transport avec un blocage si déterminé.

    Videoclip,

    http://www.cinerebelde.org/blocage-du-castor-a-la-frontiere-francoallemande-p-


Dans les prochains jours :

jeudi 17 mai


samedi 19 mai

Infos locales

  • Résistances et solidarités internationales

    Projection-débat sur les mouvements sociaux au Chili

    L’asso­cia­tion « Chilenos en Rennes » débar­que à Lyon, et vous invite à une pro­jec­tion-débat, le diman­che 20 mai à 19h30, au bar De l’Autre CôTé du PonT.

  • Expression - contre-culture

    Soirée de Lancement de la revue Volée de plomb

    Le groupe « Retour de mani­velle » vous invite au lan­ce­ment de sa revue :
    Ce numéro ques­tionne les pos­si­bi­li­tés d’auto­no­mie dans une société tech­no­lo­gi­que­ment assis­tée, à tra­vers la réap­pro­pria­tion des savoir-faire et notam­ment ceux qui relè­vent de l’impri­me­rie :

  • Expression - contre-culture

    Luttes, une exposition de Papy@rt au Lavoir Public

    Du 12 mai au 4 juin 2012, Le cri de l’encre hors les murs
    Au Lavoir Public, 4 impasse Flesselles, Lyon 1er pré­sente LUTTES, Une expo­si­tion de Papy@rt

  • Ecologie - nucléaire - Alternatives

    Rencontres Désobeissance civile et Clown activisme à Décines

    Après la jour­née « j’art dîne » de mer­credi, le repas de quar­tier du jeudi, ce wee­kend des 19 et 20 mai sera placé sous le signe de l’acti­visme...
    Le pro­gramme sera défini le samedi matin en fonc­tion des par­ti­ci­pan­tEs.

  • Résistances et solidarités internationales

    Rassemblement en soutien à Elvis

    Rassemblement le 23 mai 2012 à 18h 30 en sou­tien à un étudiant sans-papiers

  • Fêtes - Festivals - Vie du mouvement

    Bar de la CNT

    Bar de la CNT tous les jeudis soirs


12 mai

  • Infos

    A écouter : des nouvelles de la grève étudiante au Quebec

    Au Québec les étudiantes et les étudiants sont en grève depuis 3 mois contre un projet de hausse des frais d’ins­crip­tion. Entretien audio d’une ving­taine de minu­tes avec Carlo, acti­viste de Montréal.

  • Infos

    Commémoration des massacres du 08 mai 1945

    Le 08 mai 1945 l’armée fran­çaise mas­sa­crait des dizai­nes de mil­liers d’Algériens dans le Constantinois. Ce mardi 08 mai plu­sieurs dizai­nes de per­son­nes se sont réu­nies pour une com­mé­mo­ra­tion place Gabriel Péri dans le 07e arron­dis­se­ment. Quelques sons pio­chés là-bas à écouter sur rebel­lyon.info

  • Résistances et solidarités internationales

    URGENCE ! Soutien aux 2 000 prisonniers politiques palestiniens en grève de la faim

    Depuis le 17 avril, 2000 pri­son­nier(e)s pales­ti­nien(ne)s mènent une grève de la faim. Tout comme près de 800 000 pales­ti­niens qui ont connu les pri­sons israé­lien­nes depuis 1967 - soit un pales­ti­nien sur trois ! - le seul crime de ces pri­son­nier(e)s est d’avoir résisté à la colo­ni­sa­tion pour l’appli­ca­tion du droit : la fin de l’occu­pa­tion et le droit au retour des réfu­giés.

  • Fêtes - Festivals - Vie du mouvement

    Free surprise party en soutien à la caisse de solidarité

    Samedi 12 mai dès 22h à Lyon 7e.

  • Fêtes - Festivals - Vie du mouvement

    Festival « Un autre monde » à Montluel

    Au pro­gramme du Festival Un Autre Monde 2012, retrou­vez le Tram Des Balkans à la salle poly­va­lente à Montluel toute la jour­née du samedi 12 mai.

  • Infos

    Soirée de soutien à l'entarteur de Raffarin

    Soirée de sou­tien pour l’entar­teur qui pas­sera devant le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Lyon le 30 mai 2012 pour « Violences avec arme en l’espèce ». Samedi 12 mai à la Coopérative du Zèbre avec pro­jec­tions et concert à partir de 19h


10 mai


8 mai


> Accéder aux archives