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Soirée strass et paillettes pour les nanotechnologies

Publié le 22 décembre 2008

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2 compléments d'info

Mercredi 10 décembre a eu lieu à l’INSA de Lyon la projection du film « Le nanomonde ou l’abîme ». Il s’agit d’un film de commande sur les nanotechnologies réalisé par Vivian Gateau. Travaillant dans un laboratoire de recherche de l’INSA, je m’y suis rendu, pas tant pour voir le film, que j’avais déjà visionné sur le site de la webTV de la fac de Lyon, que pour assister au débat qui le suivait. L’affiche était en effet prometteuse.

La salle est aux trois-quarts rem­plie. Pas de sur­prise, une grande majo­rité du public est cons­ti­tuée par des élèves-ingé­nieurs, en grande partie des gar­çons, ainsi que par quel­ques per­son­nes plus âgées dont cer­tai­nes sont leurs pro­fes­seurs. Il faut dire que la pro­jec­tion n’avait été annon­cée que sur la lettre électronique de l’INSA. Clins d’oeil, sou­ri­res, salu­ta­tions dis­crè­tes, on peut parler d’un climat de conni­vence. On se doute aussi qu’on n’assis­tera pas à Hernani.

Les invi­tés sont le réa­li­sa­teur, Vivian Gateau, auteur d’une ving­taine de docu­men­tai­res sur divers sujets cultu­rels, Bernard Reber, phi­lo­so­phe de l’uni­ver­sité Paris V spé­cia­lisé dans l’étude des concer­ta­tions entre scien­ti­fi­ques, indus­triels et société civile, Bruno Paing, l’ave­nant direc­teur adjoint de Minatec et Guy Hollinger, Directeur de l’Institut des Nanotechnologies de Lyon. Abdelkader Souifi, cher­cheur à l’Institut des Nanotechnologies de Lyon et conseiller scien­ti­fi­que du film, est le modé­ra­teur du débat. On est en famille, Bernard tutoie Abdelkader. Celui-ci com­mence par pré­ci­ser que le film a été réa­lisé à la demande du PRES de Lyon [1]. Il s’agit donc d’un film de com­mande ayant pour mis­sion de vul­ga­ri­ser les nano­tech­no­lo­gies.

Qu’en rete­nir ?

Il s’agit, selon la des­crip­tion donnée sur le site, de l’enquête d’un « jeune citoyen curieux » dans le monde mal connu des nano­tech­no­lo­gies. J’en décri­rai sur­tout le début, une petite mani­pu­la­tion nar­ra­tive révé­la­trice du ton géné­ral du film.

Le point de départ de l’enquête est la récep­tion d’un mail de Pièces et Main d’œuvre adressé « par erreur » au réa­li­sa­teur, l’invi­tant à décou­vrir les « nécro­tech­no­lo­gies » sur son site [2]. Suivent quel­ques images du site, agré­men­tées de com­men­tai­res cir­cons­pects : « Apparemment, les nécro­tech­no­lo­gies sont un petit nom sar­cas­ti­que donné aux nano­tech­no­lo­gies. » Il faut avoir vu ce film, il faut l’avoir entendu sur­tout, pour sa nar­ra­tion vir­tuose jouant avec un égal bon­heur sur les regis­tres de l’inquié­tude, de l’imper­ti­nente naï­veté, de la sus­pi­cion ou de l’ironie. Un grand bravo à Vivian Gateau pour le choix de son réci­tant.

Avec ce « petit nom sar­cas­ti­que » on est les deux pieds dans l’ironie. Suit une liste de quel­ques titres, « Nanotechnologies, maxi­ser­vi­tude », « rêve ou cau­che­mar ? », « nouvel âge d’or ou apo­ca­lypse ? [3] » , ponc­tuée par un « mouais » dubi­ta­tif, der­rière lequel soin est laissé au spec­ta­teur de s’ima­gi­ner tout une diver­sité de réflexions (regis­tre de la sus­pi­cion). Subit accès de pers­pi­ca­cité, le réa­li­sa­teur note que le nano­monde n’a pas l’air d’être un « ter­ri­toire très serein » (regis­tre de l’inquié­tude). Il répond donc à PMO, et lui demande de lui accor­der une entre­vue.

Réponse de PMO : « ...nous ne par­ti­ci­pons qu’à des films contre et non pas sur les nano­tech­no­lo­gies ».

« Le ton est donné », pré­cise le nar­ra­teur. Il ne croit pas si bien dire, tant nous sommes déjà conquis par le récit bon enfant des péré­gri­na­tions du citoyen curieux sans être trop cri­ti­que. Dans la suite du film nous assis­tons donc à des inter­views de cher­cheurs, d’un écrivain de science-fic­tion, d’une eth­no­lo­gue, d’un déci­deur poli­ti­que par ailleurs ancien cher­cheur. Entretiens peu diri­gés, les inter­ve­nants par­lent libre­ment et sont assez peu contre­dits. Malgré tout, en fili­grane, le spec­ta­teur atten­tif ou celui qui a vu le docu­men­taire plu­sieurs fois, peut déce­ler cer­tains contre­sens, des rap­pro­che­ments qui s’entre­cho­quent sans que leur dis­so­nance ne soit jamais clai­re­ment mise à jour. Les exem­ples sont mul­ti­ples.

Ainsi tel cher­cheur décrit de manière péda­go­gi­que les dif­fé­ren­tes nano­par­ti­cu­les exis­tant déjà dans l’envi­ron­ne­ment urbain – par­ti­cu­les dues à la com­bus­tion du fioul, du diesel, et à la fumée de tabac. On doit com­pren­dre que les nano­par­ti­cu­les sont déjà parmi nous et que leur danger n’est pas spé­ci­fi­que­ment lié aux nano­tech­no­gies. Il conclut néan­moins en avouant qu’il ne connaît pas toutes les nano­par­ti­cu­les exis­tan­tes et à venir, et que, connais­sant l’être humain, il se doute que « s’il y a du pognon à se faire, les gens le feront ». On aurait aimé avoir la ques­tion : « Et ça ne vous dérange pas ? » On ne l’aura pas.

Un autre cher­cheur, Abdelkader Souifi, est inter­rogé sur les appli­ca­tions mili­tai­res des nano­tech­no­lo­gies. Certes, reconnaît-il, l’objet de ses recher­ches peut trou­ver des débou­chés dans la défense, mais il jure bien qu’au grand jamais il ne tra­vaille­rait sur des contrats spé­ci­fi­que­ment mili­tai­res. On saluera, au choix, la pro­bité morale du citoyen ou le rai­son­ne­ment jésuis­ti­que de l’homme de science. Quant aux ris­ques sani­tai­res, il men­tionne que ceux-ci n’ont rien de sur­pre­nant et exis­tent déjà dans d’autres domai­nes, comme le nucléaire. Nous voilà ras­su­rés.

D’autres inter­ve­nants se mon­trent moins embar­ras­sés : pour l’ingé­nieur de recher­che en micro­sco­pie à force ato­mi­que, les débats sur les nano­tech­no­lo­gies sont sur­tout réser­vés aux phi­lo­so­phes et cher­cheurs en pré-retraite – aux vieux en somme, ou aux per­son­nes étrangères à la recher­che –, alors qu’eux, les gens du métier, ont mieux à faire : ils ont du pain sur la plan­che. Rires francs dans la salle.

Moins de rires – aucun en fait – lors de l’inter­view du direc­teur de Minatec Jean-Charles Guibert. On apprend que Minatec a pour objec­tif prin­ci­pal de créer des emplois et d’atti­rer des « poin­tu­res inter­na­tio­na­les ». Se déve­lop­per en somme. Pour quoi faire, pour­rait-on se deman­der ? Il va sans dire que la ques­tion ne se pose pas dans un film com­mandé par le ser­vice com’ de la recher­che rho­da­nienne. On a très bien com­pris que c’est pour créer de nou­veaux objets plus per­for­mants – la ques­tion est d’ailleurs balayée d’un revers de manche à l’occa­sion d’une remar­que ingé­nue du réa­li­sa­teur : « Le consom­ma­teur moderne ne veut-il pas avoir un télé­phone por­ta­ble capa­ble de trai­ter de la musi­que, de la photo ou de la vidéo ? ».

Si, bien sûr, il en a tou­jours rêvé.

Entre autres sujets qui fâchent, la pres­sion fon­cière extra­va­gante qu’engen­dre cette course aux gran­des poin­tu­res dans le bassin gre­no­blois ne sera pas évoquée. D’ailleurs aucun ouvrier ou sous-trai­tant de Minatec ou du LETI ne sera inter­rogé sur ses condi­tions de rému­né­ra­tion et de loge­ment. Sujets tri­viaux, ou bête­ment locaux en regard des enjeux inter­na­tio­naux ? On n’est là que pour parler de (techno)science, pas de cui­sine.

Un mor­ceau de bra­voure cepen­dant : le com­men­taire hors caméra du direc­teur de Minatec au sujet de PMO, les soup­çon­nant d’être finan­cés par la concur­rence inter­na­tio­nale. La main de Moscou ? A deux repri­ses au cours du débat, le direc­teur adjoint, Bruno Paing, se mon­trera quant à lui plutôt dubi­ta­tif vis-à-vis de cette accu­sa­tion feu­trée, ne se sou­ve­nant même pas de l’avoir enten­due.

Mais arrê­tons là, mieux vaut voir le film.

On peut arguer que le docu­men­taire n’avait pour objet que de donner la parole aux acteurs des nano­tech­no­lo­gies et à quel­ques-uns de ses détrac­teurs, de manière à bros­ser rapi­de­ment un tableau de ce domaine mal connu du grand public, et de mettre en évidence les espoirs et crain­tes qui y sont asso­ciées. On peut aussi regret­ter que ce ne soit pas l’œuvre d’un jour­na­liste ayant appro­fondi son sujet, mais d’un cinéaste atten­dant que ses inter­lo­cu­teurs le fas­sent à sa place.

On ter­mine en tout cas avec un objet bâtard, truffé de vagues avis de cher­cheurs sub­ven­tion­nés par des contrats, de déci­deurs poli­ti­ques et indus­triels, sans plus de recul cri­ti­que que celui d’un écrivain de science-fic­tion – avec tout le res­pect qui lui est dû car son inter­ven­tion est peut-être la moins sotte, avec celle de l’eth­no­lo­gue... Bref, un pro­duit inof­fen­sif que l’on ima­gine conforme à un cahier des char­ges tacite, tout à fait adapté à la dif­fu­sion sur une chaîne de vul­ga­ri­sa­tion ins­ti­tu­tion­nelle.

Revenons sur le début du film. On l’appren­dra à la fin du débat, le mail de départ adressé par erreur n’a jamais existé. Il s’agit d’une inven­tion scé­na­ris­ti­que véhi­cu­lant l’idée d’une enquête for­tuite, moti­vée par la curio­sité. On ima­gine aisé­ment qu’une intro­duc­tion plus fac­tuelle aurait d’emblée affadi le propos. Imaginez : « Ce film est une com­mande du PRES de Lyon, fédé­ra­tion d’orga­nis­mes de recher­che, sur la vul­ga­ri­sa­tion des nano­tech­no­lo­gies. Je vais donc le faire. »

Vraiment, non.

Dans le film, le réa­li­sa­teur ne pré­sente que quel­ques mots de sa demande d’inter­view adres­sée à PMO (en sub­stance « Je sou­hai­te­rais vous ren­contrer pour en savoir plus »). La réponse des inté­res­sés semble laco­ni­que et exa­gé­ré­ment méfiante : « ...nous ne par­ti­ci­pons qu’à des films contre et non pas sur les nano­tech­no­lo­gies » – encore une fois, l’into­na­tion du nar­ra­teur importe.

Renseignement pris auprès de PMO, Vivian Gateau a d’emblée pré­cisé dans son mail l’objet de son film ainsi que son ori­gine. Doit-on alors s’étonner de la réac­tion de PMO, l’invi­tant d’abord à se ren­sei­gner sur leur site [4] ? Doit-on déplo­rer qu’ils n’aient pas sou­haité y par­ti­ci­per ? Peut-être, mais au vision­nage du film on peut le redou­ter le trai­te­ment qui aurait été donné à leur propos. Quoi qu’il en soit, le réa­li­sa­teur aurait gagné à se docu­men­ter davan­tage, de façon à poser des ques­tions un peu plus inté­res­san­tes à ses inter­lo­cu­teurs. N’étant pas membre de PMO, je n’argu­men­te­rai pas sur ce point. Néanmoins, un cas sem­bla­ble (Le télé­phone sonne, sur France Inter) a déjà été dis­cuté sur le site.

Débat !

Les quatre inter­ve­nants sont sur l’estrade. Les ques­tions posées s’adres­se­ront donc géné­ra­le­ment aux quatre à la fois. Ceux-ci ne man­que­ront pas non plus de se répon­dre les uns les autres. Ce dis­po­si­tif limite consi­dé­ra­ble­ment le nombre de ques­tions posées par le public, et permet aussi aux ques­tions gênan­tes d’être plus faci­le­ment éludées. Heureusement elles seront peu nom­breu­ses.

Abdelkader Souifi com­mence par quel­ques ques­tions à Vivian Gateau. Est-il un citoyen curieux, ou inquiet ? Voyons, les deux mon géné­ral ! Vivian Gateau est « vigi­lant ». N’est-ce pas ce qu’on exige aujourd’hui du citoyen ? Cela dit, je lui sou­haite de dis­po­ser d’armes cri­ti­ques plus affû­tées que ses réflexions badi­nes égrenées au cours du film et du débat s’il entend vrai­ment faire usage de sa vigi­lance. On a en tout cas la révé­la­tion d’un talent d’amu­seur public, adop­tant volon­tiers des mimi­ques à la Coluche pour déten­dre l’atmo­sphère (les poings sur les han­ches, fai­sant mine de s’exas­pé­rer : « Mais enfin, je peux répon­dre à la ques­tion oui ou non ? »). Il inter­vien­dra malgré tout assez peu, en com­pa­rai­son de Bruno Paing, sur­tout, et de Bernard Reber et Guy Hollinger, appa­rem­ment moins rompu en com­mu­ni­ca­tion que son core­li­gion­naire de Minatec.

Tour de table. Bruno Paing reprend l’argu­men­taire de son supé­rieur hié­rar­chi­que inter­rogé dans le film : quel mal y-a-t’il à créer des emplois et à amé­lio­rer la com­pé­ti­ti­vité de la recher­che et des entre­pri­ses fran­çai­ses ? Et de déplo­rer, chif­fres à l’appui, le défi­cit de bre­vets dépo­sés par les équipes fran­çai­ses par rap­port aux équipes concur­ren­tes, alors que le nombre d’arti­cles publiés sur les nanos­cien­ces est com­pa­ra­ble. Minatec est donc là pour y remé­dier. Au sujet des ris­ques sani­tai­res, on apprend une fois de plus que les nano­par­ti­cu­les sont déjà pré­sen­tes par­tout. Voyez-vous, même les Grecs en uti­li­saient pour faire des pig­ments.

Bernard Reber, ordi­na­teur por­ta­ble ouvert posé sur les genoux, livre quel­ques réflexions assez per­ti­nen­tes. Il met d’abord en pers­pec­tive la parole des cher­cheurs inter­ro­gés sur les ris­ques sani­tai­res, en espé­rant que ceux-ci ne soient dans 20 ans aussi ridi­cu­les que ceux qui offi­ciaient dans le Comité Permanent Amiante. Il men­tionne aussi la dis­pro­por­tion fla­grante entre les pro­mes­ses fara­mi­neu­ses des nano­tech­no­lo­gies et l’impré­ci­sion sur les ris­ques. Ensuite, « concer­nant la ques­tion des appli­ca­tions des recher­ches, ce qui res­sort de l’appro­che « bottom-up », c’est fina­le­ment que les cher­cheurs met­tent à jour des phé­no­mè­nes, et qu’ensuite seu­le­ment les indus­triels se deman­dent qu’en faire. C’est la réponse à un pro­blème que l’on ne s’était pas posé, en somme. Alors que des pro­blè­mes, on en connaît déjà, comme le SIDA et la faim en Afrique. » Hélas, peut-être aura-t-il été émoustillé par l’ambiance bon enfant que dis­tille l’amu­seur Gateau, ses inter­ven­tions sui­van­tes seront moins inci­si­ves.

Pour le reste, la plu­part des ques­tions du public tour­nent autour du risque sani­taire. Un écologue inter­vient, rap­pelle que sa bran­che de recher­che, la pre­mière concer­née par les ques­tions liées à la dis­sé­mi­na­tion des nano­par­ti­cu­les, est para­doxa­le­ment la moins finan­cée par l’Etat.

La fina­lité des nano­tech­no­gies, de la tech­ni­que en géné­ral, ne sera jamais abor­dée de front, sauf par un inter­ve­nant. Celui-ci se demande s’il existe vrai­ment une demande sociale à l’ori­gine de ces recher­ches. Je vois un élève-ingé­nieur assis près de lui fron­cer les sour­cils. L’effort intel­lec­tuel est per­cep­ti­ble. Il n’est pas donné de réponse directe à sa ques­tion. En guise de conso­la­tion, Bruno Paing assure qu’à Minatec on ne cher­che pas au hasard : il y a un dia­lo­gue cons­tant avec les indus­triels. C’est la deuxième fois dans la soirée que je suis ras­suré.

Question d’une per­sonne que je pré­sume être un élève-ingé­nieur : « Peut-être que j’ai mal com­pris, mais quel est le pro­blème ? C’est une tech­no­lo­gie comme une autre, les cher­cheurs cher­chent, les phi­lo­so­phes réflé­chis­sent (nou­veaux rires dans la salle à cette évocation) et le jour­na­liste dénonce, c’est normal. » C’est le moment où j’hésite entre la cons­ter­na­tion et la rigo­lade.

Bruno Paing, en revan­che, a choisi son camp et a bien saisi toute l’inno­cuité de la ques­tion ; il tré­pi­gne de satis­fac­tion sur son siège : « C’est une très bonne ques­tion ! » Et de lui expli­quer, en sub­stance, que les dan­gers de cette nou­velle tech­no­lo­gie doi­vent bien entendu être enca­drés, et que passée cette pré­cau­tion, tout conti­nuera à ron­ron­ner dans le petit monde de la recher­che. Quant à Vivian Gateau, il pré­cise que son film n’est pas une dénon­cia­tion des nano­tech­no­lo­gies. Peut-être se réserve-t-il l’oppor­tu­nité de tra­vailler à nou­veau pour le PRES de Lyon au sujet des OGM ou d’ITER. Il prend d’ailleurs soin d’affir­mer qu’il est désor­mais « amou­reux des nano­tech­no­lo­gies ! ». Rires dans la salle, bien sûr. Tout ça pour ça.

Le mot de la fin, après la ques­tion posée au sujet des échanges de mails avec PMO, est réservé à un invité sur­prise dont je ne me rap­pelle mal­heu­reu­se­ment pas le nom. Délicieuse imper­ti­nence, il pose une ques­tion au public : un son­dage effec­tué auprès des ména­gè­res amé­ri­cai­nes leur deman­dait « Si vous aviez le choix entre vous passer du four micro-onde ou du télé­phone por­ta­ble, que choi­si­riez-vous ? ». Bigre, ce n’est pas une ques­tion, c’est un koan.

Les son­dées étaient mani­fes­te­ment indé­ci­ses. Et le public, qu’en pense-t-il, lui ; de quoi est-il prêt à se passer ? Introspection. Le direc­teur adjoint de Minatec, lui, n’y tient plus : « De rien, et on en rede­mande ! » exulte-t-il, tandis que Vivian Gateau acquiesce avec gour­man­dise.

Hélas non, le débat ne s’est pas achevé sur cette note diver­tis­sante, mais sur une espèce de consen­sus tiède autour de l’iné­luc­ta­bi­lité du pro­grès tech­ni­que et de la néces­saire vigi­lance citoyenne le sup­pliant d’être rai­son­na­ble, comme le deman­dent à un ado­les­cent brutal des parents désem­pa­rés.

Notes

[1] Le PRES, Pôle de Recherche et d’Enseignement Supérieur, regroupe une vingtaine d’établissements de recherche et formation, fac, écoles d’ingénieurs, à Lyon et Saint-Etienne ; son objectif est d’assurer une visibilité internationale à la recherche en Rhône-Alpes

[2] www.piecesetmaindoeuvre.com

[3] « Nanosciences : nouvel âge d’or ou apocalypse  ? » est le titre d’un document publié par le Commissariat à l’Energie Atomique en 2004, rédigé par L. Laurent et J.-C. Petit, chercheurs au Département de recherche sur l’Etat condensé, les atomes et les molécules.

[4] A la demande de rencontre de V. Gateau, Pièces et Main d’oeuvre a précisément répondu par deux mails :

Le 25/10/07 : « Vous êtes le bienvenu si vous voulez utiliser nos informations, nos sources, nos textes, et nous citer. Nous rencontrons souvent des journalistes qui souhaitent une information de fond sur la critique des nanotechnologies. Ceci dit nous ne participons qu’à des films contre et non pas sur les nanotechnologies. Cordialement, PMO »

Le 5/11/07 : « Avant tout voici en pièces jointes deux textes de fond sur les nanos (disponibles sur notre site, mais celui-ci est en panne ces jours-ci). Quand vous les aurez lus, s’il vous reste des questions, dites-le nous. Cordialement, PMO »

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  • Le 27 janvier 2009 à 01:50

    Il y a un film qu’il faut (absolument) voir sur ce sujet.
    Et dont il a déjà été question sur ce site, je crois.
    [*LE SILENCE DES NANOS*]
    un cyberdocumentaire sur notre avenir technologique
    de Julien Colin

    On le trouve maintenant en DVD.
    http://www.lesilencedesnanos.com

  • Le 23 décembre 2008 à 11:57

    Tu as bien fait d’ecrire cet article : on ne se deplace malheureusement pas assez souvent pour participer aux debats de ces batards ; or ca permet bien des fois de mieux comprendre leur strategies, et de voir a quel point leur pensees sont assmilees par leur entourage... ca fait froid dans le dos !


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    Tract CGA manif 4 sep­tem­bre :
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