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Sur le « coût du travail »...

Publié le 31 janvier

Maj le 2 février

« Coût du travail, coût du travail »… toujours la même rengaine pour légitimer des exonérations de charges patronales, une fiscalité pour saigner à blanc le brave populo et de nouvelles attaques venant spolier un peu plus les classes laborieuses.

Qu’on s’entende bien, il est hors de propos ici de vou­loir pro­po­ser de nou­veaux remè­des plus effi­ca­ces contre les délo­ca­li­sa­tions ou le chô­mage de masse. A vrai dire, cela a bien peu d’impor­tance ! Il s’agit sim­ple­ment de sou­le­ver un pro­blème bien plus fon­da­men­tal qui n’est autre que celui de la confiance aveu­gle que la démo­cra­tie voue à ses acteurs, que ce soit les gou­ver­ne­ments ou les par­le­men­tai­res à leurs bottes… Et du silence reli­gieux des masses qu’ils diri­gent... Et les quel­ques syn­di­cats qui appel­le­ront à une énième marche dans les rues aux cris de « pas contents ! » n’y chan­ge­ront fina­le­ment pas grand-chose ! Au mieux une petite grève qui para­ly­sera une rue pié­tonne… Elle est belle la contes­ta­tion ! Il n’y a en effet plus grand-chose à atten­dre de ceux qui se disent nos sau­veurs, syn­di­ca­lis­tes ou chefs de parti…. Des beaux par­leurs qui vien­dront après ça condam­ner la moin­dre révolte, émeute, ou le moin­dre sac­cage qui ne seraient pour­tant que les légi­ti­mes répon­ses à la vio­lence vécue par la plu­part d’entre nous…la misère des clas­ses popu­lai­res comme ils disent ! Celles là même qu’ils mépri­sent dès que les maux se trans­for­ment en rage…

Il serait pour­tant tel­le­ment bon de jeter un nou­veau pavé dans la marre ! Car com­ment rester de marbre en enten­dant parler de coût du tra­vail ? Si le tra­vail coûte, alors détrui­sons-le ! Mais il sem­ble­rait au contraire que le tra­vail rap­porte, et qu’il rap­porte gros même ! Certes, pas vrai­ment aux tra­vailleurs, mais là c’est encore un autre débat… Quoi qu’il en soit, cette vision très patro­nale qui vou­drait que le tra­vail ait un coût, n’est que le miroir du vol que les pro­prié­tai­res orches­trent depuis que le capi­ta­lisme est devenu règle d’or ! Il existe bien en revan­che un prix du tra­vail, que seuls les tra­vailleurs eux-mêmes, rede­ve­nus alors plei­ne­ment pro­prié­tai­res de leur outil, peu­vent encore fixer en fonc­tion des besoins de la société. Car le tra­vail n’est juste et légi­time que s’il n’est au ser­vice que d’une société égalitaire... et non au ser­vice de quel­ques pro­prié­tai­res ! Sinon c’est ce que nous appe­lions autre­fois escla­vage et que l’on nomme aujourd’hui sala­riat...

A vrai dire, ces ques­tions scien­ti­fi­ques ne nous inté­res­sent guère ! Elles ne sont que le jeu de ceux qui se croient les savants de ce monde ! Mais il est tel­le­ment insup­por­ta­ble de se sentir dépos­sédé à ce point : volés depuis des dizai­nes, des cen­tai­nes, des mil­liers d’années - que sais-je ? - les tra­vailleurs écouteront-ils encore les dis­cours de ceux qui à nou­veau vien­nent leur déro­ber les miet­tes qu’il leur reste pour vivre ?

Il est temps de ne plus consen­tir !

Nous n’avons plus à vous offrir sur un pla­teau que notre colère et notre rage !

Notre révolte, calme Vésuve, peu à peu se réveille…

Vive l’Anarchie !

P.-S.

Lire aussi la réponse de l’auteur à certains commentaires ci-dessous : Sur le “coût du travail”… (2)

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  • Le 3 février à 02:56, par Un petit bout de la masse...

    « Le silence religieux des masses qu’il dirige »... La masse comme tu dis, reprenant là un élément de langage du discours dominant, ce qui n’est pas le moins choquant dans ton article, la masse serait donc silencieuse ? Et donc bête, si l’on comprend ton sous-entendu. Il faut avoir bien peu côtoyé de travailleurs pour écrire une chose aussi niaise et passe-partout. Des générations de militants se sont cassé le nez sur des travailleurs qui ne leur avait rien demandé, qui ne pensaient pas comme eux, qui se méfiaient d’eux et de leur opportunisme politique (et je ne pense pas qu’aux syndicats réformistes, mêmes les militants plus radicaux ne sont pas dénués d’arrières-pensées idéologiques et pensent en terme d’image). Ne crois-tu pas que, si elle se tait parfois, cette soit-disant « masse », c’est parce qu’il ne lui reste plus que sa parole, et qu’elle espère au moins ne pas se faire voler ça ? Et lorsque certaines personnes décident de se battre dans leur entreprise avec les syndicats, même si elles sentent bien qu’elles confient leur sort à des marchands d’adhésions adorateurs de l’ordre et de la hiérarchie, peut-on leur en vouloir de combattre un ennemi avec l’aide d’un faux-allié ? Est-ce que se battre au quotidien pour une amélioration de ses conditions de travail empêche de se battre pour une abolition du salariat et une société égalitaire ? Ce chantage permanent qui consiste à mettre d’un côté les « justes » qui brulent une poubelle et tague un distributeur de billets (je n’en ai encore vu aucun détruire le travail... pas si facile de détruire une notion), et de l’autre les « compromis » qui essaient de se débattre au quotidien en pactisant parfois avec les syndicats institutionnels, de la part de certains braillards se réclamant de l’anarchie c’est assez fatiguant.
    Tout comme les syndicats dominants qui condamnent les émeutiers, tu condamnes les salariés pragmatiques, ceux qui savent que crier « vive l’anarchie ! » n’a jamais rempli un panier de commissions. Et je pense que l’échec de plusieurs initiatives alternatives trouve hélas dans ce manichéisme une de ses pierres d’achoppement. Nous savons pourquoi nous désirons tendre vers l’anarchie, mais si nous ne savons pas comment, rien ne sert de brailler des slogans tout faits aux oreilles de ceux qui ne savent pas non plus comment résister. Car sinon, oui, ils risquent peut-être d’écouter encore longtemps, sans en être aussi dupes que tu crois, à mon avis, « les discours de ceux qui à nouveau viennent leur dérober les miet­tes qu’il leur reste pour vivre ». Car entre deux tribuns qui se masturbent avec de belles phrases, je veux dire un candidat quelconque et quelqu’un comme toi, ils choisiront le plus souvent celui qui a une prise concrète sur le réel, et non pas celui qui les incitent à tout brûler en restant caché derrière son drapeau noir.
    Lorsque je te lis j’entends : « Ah qu’il beau ce »brave populo« lorsqu’il s’émeute et qu’il se fait tabasser et emprisonner par la flicaille, là on a envie de le défendre ! Mais qu’il est laid lorsqu’il va bien sagement en troupeau à son travail ! »
    Mais peut-être bien qu’il t’em... ce « brave populo », qui sait ?

    Cordialement ou presque,

    Un sympathisant de l’anarchie.

  • Le 2 février à 13:34, par JdeCaz

    Pour répondre à Pierre, je me suis permis de compléter ce billet par un autre à consulter ici.

    Libertairement !

  • Le 2 février à 06:39

    Ce qui côute cher dans le travail, c’est le patron.

  • Le 31 janvier à 14:07, par Pierre

    Vive l’anarchie, certes… La révolte, certes… La colère, sans aucun doute. Oui, en faisant attention, car le vacarme de la violence ne propose pas davantage de sens au vide silencieux des masses.
    Les questions que cet article se refuse d’aborder, parce que prétendument scientifiques, sont bien celles qu’il faut se poser. En premier lieu parce que ces questions n’ont strictement rien de scientifique. Ce sont celles de notre quotidien, elles nous concernent tous. De ce fait, nous devrions pouvoir nous les approprier si nous ne voulons pas être des dépossédés subissant leur vie. Voilà pourquoi il est nécessaire de désacraliser les autorités politiques, scientifiques, économiques, religieuses… qui tendent à nous dépouiller de nos existences et du questionnement qui va avec.
    Une société engendre des dépossédés lorsqu’elle est habitée par des hommes et des femmes qui ne fabriquent qu’une infime part de ce qu’ils utilisent : discours, aliments, outils, vêtements, médicaments, habitat… Qui est capable de produire une ampoule électrique ? Un vélo ? Un antibiotique ? Nous sommes dépendants les uns des autres. Et cette dépendance devient insupportable quand elle est associée à la subordination (contrainte ou volontaire).


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