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Un peu de la ZAD à Lyon, récit de la journée du 16 janvier

1 complément

Manifestation dans le cadre de là Semaine de mobilisation à Lyon contre l’expulsion des habitants historiques de la ZAD
Communiqué du Comité Notre Dame Des Landes Rhône suite à la manifestation de soutien à Lyon
Suivi de la journée de mobilisation réginonale en soutien à NDDL

Récit depuis le point de jonction entre les tractos-vélos et les piétons, Gare d’Oullins, 14H00

Le ton était donné dès le franchissement du Rhône, pont de la Mulatière, 13H30 en direction d’Oullins. Quatorze cars de CRS sont postés prêt à se déployer pour empêcher tout franchissement du pont par une éventuelle manifestation qui voudrait rallier Lyon et incidemment bloquer l’autoroute A7. Quelques CRS postés ostensiblement au carrefour munis de leur carabine « état d’urgence on vous tire dessus à balle réelle, si si ».

Soit ! Le rassemblement gare d’Oullins tient ses promesses : du vin chaud, de la soupe et du son pour attendre les deux convois en provenance de Givors et de St-Martin en Haut. Les infos venant des convois ne sont pas top, les flics ont imposé à tous un contrôle d’identité. Pendant une heure, un refus est opposé mais finalement la pression est trop forte. Une des participantes est embarquée. Venu à la rescousse, le convoi de Givors bloque l’entrée du village jusqu’à ce que la pote sorte du poste et que tous ensemble ils reprennent la route. Le ton est monté, une brute gendarmesque fait la circulation à base de testostérone jusqu’à projeter à terre un cycliste et son vélo.
https://youtu.be/gvMtjOJ6J2Q

L’arrivée de la tracto-vélo sans tracto s’annoncera d’abord au rassemblement par un hélico dans le ciel, quelques sirènes et enfin les potes en vélos et en camion qui ont la pêche malgré tout. Après quelques verres de soupe et de vin chaud, on fait une première assemblée. Le départ en métro pour rejoindre la ville n’est plus possible : la ligne de métro a été coupée deux arrêts avant. On passera difficilement le pont de la Mulatière sans enfoncer quelques lignes de CRS. Un flic s’approche, dit vouloir négocier. Quelques échanges avec l’assemblée, il peut voir à nous ré-ouvrir le métro, sous escorte, jusqu’à notre point de rendez-vous connu, place Colbert... Ca prend du temps, on a froid...

La négociation dure un peu trop longtemps, départ spontané en manif sauvage en direction de Lyon, dans la bonne humeur et au son d’une boumbox roulante. La rue principale d’Oullins s’encombre de voitures indécises, on avance tête baissée vers une ligne de CRS qui s’est formée pour nous barrer le passage. A quelques mètres d’eux on fait demi-tour, les flics se retrouvent au milieu. Le trajet se décide à chaque intersection, c’est le bordel joyeux dans ce petit centre ville d’Oullins.

On repart en direction du métro, il doit bien être ouvert maintenant... Non, et y’a encore plus de CRS. Nouvelle assemblée. Certains sentant la nasse se resserrer prennent la seule petite rue qui reste. Les négociations sont tendues, on ne peut pas vraiment tous se disperser vu qu’on est à moitié encerclé, on ne veut aucun contrôle d’identité, on veut se casser d’ici. On menace de monter sur les rails du train pas loin et de rentrer à pied, de repartir en manif sauvage, encore.

Un commissaire nous donne sa parole qu’il n’y aura pas de contrôle d’identité. Un rame spéciale serra avancée pour nous et nous amènera quelques stations plus loin, sous escorte policière.
Un peu du mal à avaler la proposition policière, un peu ras le bol de parler avec des types de la pref et le commissaire... Paroles de flics : tout le monde a du mal à faire confiance.

En même temps, ils prennent le risque d’une situation tendue sous terre s’ils nous la font à l’envers, du mal à croire que la tension monte à ce nombre dans les petits couloir du métro lyonnais...
La décision est prise de prendre cette rame de métro.
Le goût bien désagréable d’être collé à une centaine dans un métro avec des flics munis de leur bouclier et de leur matraque se transforme vite. Le son se remet à cracher, on chante, on se déride, pas les flics. Quelques autocollants collés à leur bouclier, une distance de sécurité prise comme on peut. Le métro trace sans s’arrêter aux stations, direction le centre ville. Changement de métro. Les flics font un cordon, ils ne nous laisse pas nous mélanger aux autres voyageurs, vident une demi-rame à notre usage et c’est reparti pour Hôtel de ville. On reprend le dessus.

La bonne humeur toujours là, au sortir du métro on redéploie la banderole et c’est reparti direct en manif sauvage, tout de même talonné par un bon paquet de flic. C’est l’occase de serpenter dans les pentes de la Croix-rousse en gueulant et en continuant d’afficher notre soutient à la ZAD. Les rues défilent et on retrouve le troisième rassemblement qui avait été décidé pour la journée, place Colbert.

L’assemblée à quelque 100 personnes en cette fin de journée ne durera pas mille ans, mais c’est clair, on continue !

On ne lâchera rien !

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