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schengen area is an open space

« La France ne peut accueillir toute la misère du monde ». Assenée à l’envi, cette phrase de Michel Rocard est tronquée, puisque l’ancien premier ministre poursuivait en ces termes : « Mais elle doit en prendre sa juste part ». Quelle est la juste part d’une ancienne puissance coloniale qui entretient des liens néo-coloniaux avec des potentats qui pillent leur pays et affament leur peuple ? Quelle est la juste part d’un pays qui a tracé les frontières de la Syrie et de l’Irak ? Quelle est la juste part du premier exportateur d’armes par habitant ? Quelle est la juste part de la cinquième puissance économique mondiale ?

La crise migratoire n’a pas commencé avec la mort du petit Aylan, mais elle dure depuis 2010. A l’époque, Lampedusa et Ceuta, postes avancés de l’espace Schengen, subissaient les premiers assauts des migrants, avec des fortunes diverses : là, on ramassait les corps sur les plages, ici, on érigeait des barbelés. Les printemps arabes et la guerre en Syrie allaient accélérer le mouvement, avec les conséquences que l’on sait. L’attentisme des occidentaux dans la crise syrienne, leur refus d’intervenir après l’usage des armes chimiques par le régime, l’intervention américaine en Irak livrant le pays en proie aux luttes intestines... La liste est longue des petites lâchetés et des grands renoncements. La lutte contre le terrorisme a peu à peu supplanté l’urgence humanitaire. Les événement de Cologne ont changé la donne, quand bien même seuls trois migrants étaient impliqués dans les violences de la Saint-Sylvestre. Les populistes européens en ont fait leur miel : l’identité européenne serait menacée par l’arrivée des migrants. Mais de quelle Europe parle-t-on ? Celle des droits de l’homme, du droit d’asile, et du devoir d’assistance ? En conséquence, l’espace Schengen, espace de libre circulation, se couture aujourd’hui de frontières. Ironie du sort, les anciens pays de l’Est sont vent debout. Ceux-là mêmes que l’Europe accueillait à bras ouverts. Devait-on fermer la frontière entre l’Autriche et la RFA lorsque des centaines d’Allemands de l’Est s’y précipitaient en 1989 ? Dans toutes les déclarations des dirigeants européens, un mot manque cruellement : celui de compassion.
Cette exposition tente, à sa façon, d’énoncer quelques évidences :
- La guerre n’est pas en Syrie, elle est à notre porte.
- Les migrants ne sont pas des migrants, ce sont des réfugiés.
- La crise des migrants n’est pas une crise, c’est une honte pour l’humanité.

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