Brèves locales du 28 mai au 3 juin 2007

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On peut désormais trouver, lorsqu’il y a matière, le lundi sur Rebellyon, un certain nombre de brèves locales.
Vous pouvez participer à la rédaction de celles de lundi prochain, en rajoutant vos brèves dans le forum de l’article dans l’espace de rédaction. (Lire les brèves)

Les précédentes...

- Un nain et des Ogres

Suite à un concert au centre culturel Aragon à Oyonnax (Ain), le soir du 5 mai 2007, le groupe Les Ogres de Barback a eu la désagréable surprise de recevoir un courrier du maire de la ville. Celui-ci, entre autres affabulations, accuse les artistes de s’être rendus coupables de "prise de position publique" sur les candidatures présidentielles, alors que seul un passage vidéo de ce spectacle fustigeait le candidat d’alors, M. Sarkozy de Nagy-Bocsa. Les membres du groupe ont dû se fendre d’une réponse pour ne pas laisser piétiner l’indépendance artistique et la simple liberté d’expression. Toute l’affaire à lire sur le blog du groupe. ou ici

- Policier fantôme ou agent de la BAC en bois ?

“Un homme de 28 ans écroué à Lyon. Lors d’une manifestation samedi sur la place Antonin Poncet, il a été interpellé pour avoir jeté des bouteilles sur les fonctionnaires de police. Son chien a par ailleurs mordu un agent de la Bac, mais sans le blesser.” (Lu le 29/05/07 sur mlyon)

- Mardi 29 mai : Arkéma Pierre-Bénite, nouvelle grève avec occupation de l’usine

La direction d’Arkéma a annoncé le jeudi 22 mars 2007 son intention de supprimer 272 salariés sur les 574 que compte son usine de Pierre-Bénite, au sud de Lyon, en sachant qu’une centaine de salariés d’entreprises sous-traitantes sera aussi touchée. Ce site industriel, datant de 1917, couvrant 33 hectares au riaume [1], bordant l’autoroute du soleil, entrelacs de tuyaux métalliques, de cuves et de cheminées, entièrement illuminé de nuit, [2] a maintes fois changé de dénomination : Ugine-Kulhmann, Atochem... et Arkéma en 2004 à la suite de la réorganisation de la branche chimie de Total.

Cette multinationale présente dans quarante pays, avec un effectif total passé en 2 ans de 19.000 à 17.000 personnes, et malgré des bénéfices records annoncés une semaine avant de 45 millions d’euros en 2006 dépassant toutes les prévisions, a décidé de restructurer l’usine high-tech de Pierre-Bénite, son plus gros site dans l’hexagone, spécialisé notamment dans la fabrication de produits dérivés du fluor (fluides réfrigérants pour frigos, climatisation, voitures - polymères pour revêtements plastiques - produits de traitement des eaux...) et dont le centre de recherche est un sommet chimie de la région.

Déjà fin mars, il aura fallu plus d’une semaine de grève, avec arrêt total de fabrication dès le 26 mars, en occupant leur usine de Pierre-Bénite, pour que la direction d’Arkéma accepte de négocier avec les salariés. Un accord suspendant le plan social, signé par l’ensemble des syndicats, exige le lancement d’une expertise pour avancer des solutions autres que les licenciements. Malgré les conclusions de cette expertise indépendante, la direction parle aujourd’hui encore de la fermeture complète de cinq ateliers et de la suppression de plus de 200 emplois (196 temps pleins), même si c’est envisagé avec des reclassements et des départs en retraite anticipés.

Cependant la CGT n’y entend pas de cette oreille, et après une nouvelle grève sur l’ensemble du site le mardi 29 mai, décide seule (la CFDT refusant cette lutte) d’une occupation totale de l’usine de Pierre-Bénite dès le mercredi 30 mai. Les accès sont bloqués et des drapeaux rouges flottent au-dessus des grilles.

Les travailleurs sont révoltés par le cynisme de la direction, qui met dehors les travailleurs alors qu’elle fait des bénéfices. Révoltés par la rapidité de la restructuration : tout doit se faire avant la fin de l’année. Révoltés par l’intention de la direction de faire raser immédiatement les bâtiments qui ne seront plus utilisés. Révoltés par les mensonges de la direction disant que le site affiche un niveau de pertes qui le met “gravement en péril“. Rien ne justifie ces suppressions d’emplois, rien d’autre que la volonté des dirigeants d’Arkéma d’augmenter un peu plus les dividendes distribués aux actionnaires.

La grande inquiétude à tous est de voir l’outil industriel bazardé complètement d’ici « quatre ou cinq ans »...
D’autant plus que pour remplacer les productions (vendues à d’autres groupes chimiques) que la direction veut voir disparaître de Pierre-Bénite, les salariés, eux-mêmes, ont proposé de fabriquer une nouvelle molécule, appelée « 152 A », en remplacement des gaz réfrigérants. Mais jusqu’à présent la direction ne veut pas en entendre parler.

Le jeudi 31 mai des discussions ont lieu à Paris avec les syndicats.
Là, tout en maintenant les suppressions programmées d’emplois, la direction accepte en fin de compte de faire fabriquer à Pierre-Bénite ce nouveau produit « 152 A ». Un petit espoir renaît pour certains. Et le vendredi 1er juin, les grévistes se prononcent à plus de 60% pour la reprise du travail. Un comité central d’entreprise est prévu le 16 juin.

- Grave accident du travail à Sain-Fons

On apprend seulement ce mercredi 30 mai qu’un ouvrier d’une cinquantaine d’années a été gravement brûlé, vendredi 25 mai, en recevant un jet d’eau sous pression de 70°C sur son lieu de travail à l’atelier matières plastiques de l’usine Rhodia Belle Étoile [3], située au sud de Lyon (à l’empi [4]). Brûlé à 40 %, il a été transporté au service des grands brûlés de l’hôpital Grange Blanche de Lyon. Selon la CGT, c’est le troisième accident grave en sept mois dans cette usine. Le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail a décidé de l’intervention d’un expert, avant quinze jours, pour déterminer les causes exactes de cet accident.

Le nombre des accidents du travail et des maladies professionnelles continue d’augmenter dans le monde : plus de deux millions de personnes en meurent chaque année. Et ce sont près de 270 millions d’accidents du travail suivis d’au moins trois jours d’arrêt qui se produisent chaque année.

Notes

[1Au riaume : sur la rive droite de la Saône ou du Rhône à partir du confluent. Expression lyonnaise, employée beaucoup en batellerie, restant du temps où Lyon était divisée d’un côté par le royaume de France ou « riaume » et de l’autre, sur la rive gauche du Rhône et de la Saône, par le saint empire romain germanique ou « empi ».

[2En haut, photo de nuit de l’usine chimique illuminée de Pierre-Bénite.

[3Sain-Fons s’orthographie de la sorte. En effet, il n’y a pas le moins du monde un être ou un saint qui ait pu un jour être baptisé Fons. Cela veut dire simplement bonne source ou fontaine saine. Il y a d’ailleurs mêmement, un village du nom de Sain Bel à l’ouest de Lyon près de L’Arbresle.

[4A l’empi : sur la rive gauche du Rhône (voir note 1)

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