Dans les centres de rétention la révolte a commencé !

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- Le Quotidien des Sans-Papiers n°18
Trop, c’est trop ! Marches sur le centre de rétention de Vincennes les 3 et 5 janvier 2008.
- À Lyon, une semaine d’actions et de soutien contre les centres de rétention aura lieu du 12 au 19 janvier 2008.
- En attendant, soutenons avec RESF au Tribunal administratif, rue Duguesclin, la famille Lamraoui lundi 7 janvier à 9h30 ; tout comme 6 autres personnes ou familles le mardi 8 janvier. De même, accompagnons François Auguste le lundi 14 janvier pour le délibéré de son procès du 26 novembre au Tribunal correctionnel.
- Manifestation régionale au centre de rétention de Lyon-St Exupéry le samedi 19 janvier à 15h. Départ en covoiturage à 13h à la station de métro Mermoz-Pinel (ligne D)
- À Valence, rassemblement de soutien aux sans papiers mercredi 9 janvier 2008 à 17h30, place Portes neuves.
Mise à jour le 10 janvier à 18h.

À la fin de l’année 2007, les préfets ont reçu le message d’accélérer les rafles pour atteindre les chiffres de 25 000 expulsions en 2007 et 28 000 en 2008 fixés par le ministère de Hortefeux. Le harcèlement quotidien des sans-papiers s’est encore accentué. Les arrestations ont lieu partout : lors de démarches administratives, dans les préfectures, les commissariats, devant des consulats, les écoles, au travail, dans la rue, le métro, les gares, aux domiciles…

- Dans l’agglomération lyonnaise, où l’on a appris que le maire soss de Décines avait dénoncé à tort au procureur de la République pour mariage blanc un couple dont l’homme a été expulsé malgré les recours en cours, une semaine d’actions et de soutien contre les centres de rétention aura lieu du 12 au 19 janvier 2008.

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Tract appel manif Satolas 19/01/08

- Manifestation régionale au centre de rétention de Lyon-St Exupéry à 15h le samedi 19 janvier , journée européenne d’action contre l’enfermement des étrangers sans papiers.
RDV à Lyon à 13h à la station de métro Mermoz-Pinel (ligne D) pour un départ collectif en covoiturage.

- En attendant, soutenons avec RESF Chabah Lamraoui et son mari Hassem seront au tribunal administratif 184 rue Dugesclin le lundi 7 janvier 2008 à 9h30. Ils sont arrivés en janvier 2002, parents de deux enfants nés ici, scolarisés ici. Lui a travaillé jusqu’à la rentrée, il est informaticien et elle possède un diplôme de technicienne supérieure, lls ont des promesses d’embauche ou de réembauche pour le cas où ils obtiendraient leurs papiers. Mardi 8 janvier, ce sont 6 autres personnes ou familles qui passent au TA. Une justice d’abattage, non ?
Le lundi 14 janvier à 13h45, rejoignez la délégation qui accompagnera François Auguste
au Tribunal correctionnel, 67 rue Servient Lyon 3ème, pour le délibéré de son jugement du 26 novembre.

- À Valence, rassemblement de soutien aux sans papiers mercredi 9 janvier 2008 à 17h30, place Portes neuves.Pour suivre ce qui se passe dans le sud de Rhône-Alpes, lire aussi lelaboratoire.over-blog.

- Suivez l’actualité des sans-paps en Rhône-Alpes sur le site de RESF, sur le site de la Cimade Rhône-Alpes et celui de l’ASTI Drôme-Ardèche. Et lisez l’analyse de la Cimade sur la situation dramatique dans les CRA sur cette page.

Un peu partout en France et en Europe, ces derniers mois ont vu de fortes mobilisations contre les centres de rétention.

Le 15 décembre 2007

- Le 15 décembre, une révolte a commencé au centre de rétention du Mesnil-Amelot : cahiers de doléances, revendications écrites sur les vêtements, refus d’entrer dans les chambres, grève de la faim.
Le Quotidien des sans papiers nous explique comment cela a commencé :

Trop, c’est trop !

En cette douce fin d’année, la chasse aux sans-papiers se déchaîne. Pour respecter les objectifs hystériques de la “politique du chiffre”, la police et la gendarmerie arrêtent à tour de bras, et enferment dans les centres de rétention des victimes de la chasse au faciès – souvent en dépit de toute légalité, et en faisant fi toujours du sens humain le plus élémentaire. Trop c’est trop.

À Roissy, à Vincennes, et ailleurs, le mouvement de révolte des sans-papiers se répand comme une traînée de poudre. Tout aura commencé lorsque Abou N’Dianor, un professeur de mathématiques sénégalais de la région d’Orléans, se retrouvant au Mesnil-Amelot, menacé d’expulsion immédiate en dépit de son évidente “utilité sociale”, aura regardé ses compagnons d’infortune et compris qu’ils étaient tous victimes, comme lui, d’une mécanique délirante et cruelle.

Et que voyait-il, Abou ? Des gens dans une détresse inouïe. Des gens pour la plupart “inexpulsables”, enfermés-là par simple excès de zèle – tragique résultat d’une administration qui tente de se conformer aux pressantes demandes de “l’autorité suprême”. Surtout, il voyait les droits humains les plus évidents brutalement bafoués. Alors, il a écrit sur un papier “France pays des droits de l’homme”, et l’a aggraffé sur son Tshirt.

C’était gentil... Non : on l’aura compris, c’était au deuxième degré qu’Abou écrivait ça. Pire : par antiphrase. La violence de son observation aura été si détonnante que lorsqu’il est venu au réfectoire en arborant son écriteau, les gardiens du centre lui auront demandé de le retirer...

Ainsi, c’était eux-mêmes qui refusaient qu’on puisse affirmer une telle chose. Non, décidément, la France n’est certainement pas le pays des droits de l’homme, et dans ce centre de rétention les policiers en charge du maintien de l’ordre auront pris d’emblée comme une insulte qu’on puisse le leur rappeler. Ou bien voyaient-ils là une revendication déplacée ?

Alors, les autres “retenus” – de cette prison sur laquelle passent tous les touristes qui arrivent en avion à Roissy – sont venus voir Abou pour se solidariser de sa démarche. Le deuxième écrivait : “Liberté, égalité, fraternité”. Toujours par antiphrase...

C’est comme ça qu’est partie la révolte de Mesnil- Amelot. Et si on leur demandait de retirer leurs écriteaux au réfectoire, et bien, les sans-papiers n’iraient plus au réfectoire. Ils déclaraient la grève de la faim. L’un d’entre eux engageant même une grève de la soif qui durera trois jours...

Jeudi à 15 heures, Abou disparaissait. Juste après une visite au cours de laquelle il avait pu se coordonner avec un “soutien” extérieur, lançant un “appel au secours” [voir ci-contre], il était déplacé manu-militari dans un autre centre de rétention à l’autre bout de la région – celui de Vincennes.

Il y arrivera très déprimé. Les gens lui semblaient, au premier abord, beaucoup plus froids qu’au Mesnil-Amelot. Quelques heures plus tard, ils étaient une centaine à refuser le repas... L’épidémie se confirmait. Finalement samedi un Tribunal parisien ne pourra que libérer Abou, tout comme les Tribunaux sont amenés à libérer, ces jours-ci, à tour de bras des sans-papiers enfermés en dépit des règles de procédure (leur seule protection). Il parait qu’on lui proposerait même une régularisation – s’il voulait se tenir tranquille.

Tous les moyens sont bons pour tenter d’éteindre l’incendie... Espérons que celui-ci laisse en poussière le nouveau système d’enfermement pour étrangers, “la honte de la République”

La révolte s’est étendue au centre de rétention de Vincennes où de nombreux sans-papiers ont rejoint la grève de la faim et refusé de rentrer dans leurs chambres.

La répression n’a pas tardé. Cent-cinquante CRS sont entrés dans le centre de rétention pour les réprimer. On compte trois blessés parmi les grévistes. La police a refusé d’appeler le médecin. Certaines personnes ont été isolées, dispatchées dans d’autres centres de rétention pour casser le mouvement. Mais des grévistes ont exprimé leur détermination à ne pas céder, et ont été rejoints par d’autres dans la révolte.

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Centre de rétention de Vincennes

Le 3 janvier 2008

Voici le compte-rendu du 9ème collectif des sans-papiers de la marche en soutien sur le centre de rétention de Vincennes :

Aujourd’hui, à l’appel du 9e Collectif des Sans-Papiers, une marche a eu lieu depuis le musée de l’immigration jusqu’au centre de rétention de Vincennes.
Elle a réuni 500 personnes, dont Act-up, ALIF Sans-Papiers, Association Maestra Sierra, le CDSL, la Fédération Sud Etudiant, la LDH, le MRAP, Résistons Ensemble, RESF, ...
Le vice président du Conseil Général du Val de Marne est venu témoigner son soutien et a demandé l’ouverture d’une enquête parlementaire concernant les centres de rétention.

Le cortège est arrivé en face du centre vers 17h30 et les sans-papiers à l’extérieur ont demandé à rendre visite aux sans-papiers retenus à l’intérieur.
Malheureusement, cette demande de visite a été refusée par le préfet. Les sans-papiers ont pu communiquer par téléphone et ont manifesté ensemble, et ont scandé des slogans tels que « Liberté, Liberté, Liberté », « Libérez nos camarades ».

Pendant cette manifestation, plusieurs camions transportant des sans-papiers sont rentrés dans le centre, et nous avons appris que Paul, l’un des porte-parole du mouvement en rétention au Mesnil Amelot sera expulsé demain vendredi 4 par avion au départ de l’aéroport Roissy Charles de Gaulle à 10h45. Le 9ème Collectif des Sans-Papiers lance un appel pour empêcher cette expulsion.

Voir aussi pour cette marche le récit « En revenant de Vincennes » du groupe anarchiste autonome « Non Fides » sur Indymedia Paris.

Le 5 janvier 2008

Une nouvelle marche sur le centre de rétention de Vincennes a rassemblé environ 2 000 personnes, sans-papiers, militants, etc.
Arrivant devant le Centre de rétention, les manifestants ont scandé « Ni rafles, ni centres de rétention, régularisation de tous les sans-papiers ». Les sans-papiers ont pris la parole, pour dénoncer la situation actuelle, aussi bien dans les centres de rétention que partout en France où ils sont raflés quotidiennement. Des sans-papiers enfermés à l’intérieur du CRA de Vincennes ont pu s’adresser à la foule par téléphone sur haut-parleur. Ils ont pu ainsi témoigner de ce que la visite officielle orchestrée pour les médias la veille était une mascarade. Ils ont pu rappeler les violences qu’ils subissent quotidiennement, pour briser leur mouvement. Une manifestation s’est alors déclenchée à l’intérieur du Centre. Et les retenus ont accroché une banderole marquant leur première revendication : « Liberté »
Des manifestants se sont regroupés dans le parking jouxtant le Centre, entourés par une armada de gardes mobiles. Un militant a été interpellé et mis en garde à vue. Libéré le dimanche à 12h30, il devra passer le 12 février à 9h devant la 30ème chambre correctionnelle du TGI de Paris (M° Cité)

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Donnons de l’ampleur à ce mouvement

Agissons maintenant pour la fermeture de tous les centres de rétention.

La révolte a commencé…

À Lyon, une semaine d’actions et de soutien contre les centres de rétention aura lieu du 12 au 19 janvier 2008.

P.-S.

- QSP - Le Quotidien des Sans-Papiers
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Principal lieu de vente (et de fabrication) : librairie Lady Long Solo, 38 rue Keller, Paris 11ème.

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- La Radio des Sans-Papiers où vous pouvez écouter des reportages sur les sans-papiers.

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