De l’improvisation au dirigisme : ordre et contrôle du sens dans les manifestations lyonnaises du 28 décembre 2008 au 3 janvier 2009

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Durant cette semaine de mobilisation à Lyon contre les massacres israéliens de Gaza, il a été possible d’observer la construction progressive d’un ordre centralisé, notamment autour des enjeux de prises de paroles, de l’émergence et du maintien du sens des évènements de rue.

Je ne vais pas revenir ici sur le déroulement des attaques israéliennes débutées le 27 décembre 2008 sur la bande de Gaza, ni sur la complicité dont font preuves les gouvernements européens et arabes, ni même sur toutes les raisons qui nous poussent à agir, nos revendications ou nos perspectives de luttes. Il semble cependant intéressant de retracer les différentes mobilisations qui se sont déroulées durant cette semaine pour suivre les diverses formes qu’elles ont prises. Ce sont notamment les questions de l’organisation et de prises de paroles qui seront abordées. A travers les multiples formes que vont prendre les rassemblements, les outils et méthodes employés par les organisateurs, la place (donnée ou prise) par les participants, pourra apparaître la constitution progressive d’un contrôle et d’un ordre centralisé.
C’est en reprenant les modifications de ces dimensions qu’il semble possible de comprendre comment la manifestation du samedi 3 janvier a pu prendre la tournure que décrit l’article critique déjà édité. Comment s’est instauré un ordre, et ses dérives, dans la manifestation du samedi 3 janvier ?

Tout d’abord je pense qu’il ne faut pas placer la coupure entre les rassemblements (plus libres et démocratiques dans les prises de paroles par exemple) et les manifestations (concentration et contrôle). En effet, les méthodes de gestion du sens des moments de contestation se sont modifiées au fil des jours. Car c’est bien le sens de la mobilisation qui devient un enjeu. Et au-delà des révoltes face aux massacres, la diversité des motifs d’engagement, des perspectives, demandent à se faire entendre. Dans de telles situations, l’accord entre les participants reste à construire au fil de l’action.
Revenons donc à différents moments de ces mobilisations, en considérant que le sens d’un rassemblement n’est jamais donné d’avance, mais qu’il s’élabore au cours de l’action.

Le lendemain des premiers raids aériens de l’armée israélienne sur Gaza, un premier rassemblement s’est tenu dimanche 28 décembre à 12h00, place des Terreaux. Autour de 600 personnes se mobilisent, principalement par les réseaux militants. Au début les participants sont encore calmes. Beaucoup semblent attendre une intervention des organisations qui ont lancé l’appel. Deux d’entre eux font des brèves prises de paroles. Dans le court moment de silence qui suit, deux femmes émergent du premier rang de la foule, l’une d’elles énumère les tueries dont ont été victimes le peuple palestinien, l’autre se lamente en criant, elles finissent par crier « allah akbar. » Quelques organisateurs semblent pris au dépourvu : le sens qu’ils avaient donné au rassemblement leur échappe. A côté de moi, une militante qui tient une banderole les critique : « Elles confondent tout ». Une partie des participants reprend le allah akbar. Le sens se modifie, momentanément, il se résume à ce cri, comme avant il pouvait se résumé au contenu des prises de paroles (il y a bien sûr d’autres façons de participer au sens d’un rassemblement, les banderoles par exemple permettent de maintenir durablement un sens donné, il n’en va pas de même pour les slogans). Les organisateurs, qui ne souhaitent pas que la dimension religieuse soit trop présente, s’affèrent, certains lancent un autre slogan dès que l’intensité de l’autre retombe un peu, et pendant que les slogans changent, des organisateurs musulmans vont parler avec ces deux femmes.
Durant ce premier rassemblement, le sens va se négocier perpétuellement. Les slogans sont lancés par les organisateurs, perchés sur les marches de l’hôtel de ville, ou par les participants ; l’écho qu’ils provoquent leur permettent de durer plus ou moins dans le temps.

Le sens, toujours momentané, va ainsi se décider à chaque moment : certains slogans seront repris avec entrain et par l’ensemble des participants, d’autres ne seront repris que par une partie et meurent plus vite, d’autres enfin, ne resterons que des appels sans suite. Parmi ceux qui semblent faire consensus (repris par le plus grand nombre, se maintenant ou se répétant dans le temps) il y a par exemple « Israël assassin », « Israël terroriste », auxquels on peut faire suivre « Europe/Sarkozy complice. » A l’opposé, quand quelqu’un lancera du milieu de la foule « mort à Israël » personne ne reprendra, et un autre slogan l’effacera vite. Il faut noter ici que si le nombre et la détermination permettent de maintenir dans le temps un slogan, l’appréciation du contexte joue pour le faire émerger. Ainsi bien des interventions des organisateurs furent interrompues par un « Israël assassin » bien lancé après le constat des morts. Parfois, il suffit de reprendre sa respiration pour laisser le temps à un slogan d’émerger.

Durant ce premier rassemblement, la multiplicité des sens et opinions exprimés montre bien qu’il est difficile de définir « un » message des manifestants, à part leur révolte contre les attaques israéliennes sur Gaza. C’est pourquoi on peut dire que différents sens se sont exprimés, voir confrontés. Ainsi, à la suite d’une des fois où allah akbar était repris, ou après qu’une personne du public ait pris la parole pour dire que la seule chose qui restait à faire c’était de prier et de crier allah akbar, des organisateurs insistaient sur la dimension politique de la mobilisation. Les dignitaires musulmans (le recteur de la mosquée de Lyon par exemple) ou les responsables d’organisations musulmanes insistèrent ainsi sur les droits de l’homme et le caractère républicain du rassemblement. Un autre organisateur définit le conflit comme un conflit politique, et non pas un conflit religieux. Bref, il y en avait pour tous les goûts et cet évènement n’était ni linéaire (un message claire, unique et cohérent), ni unidirectionnel (différents acteurs prennent la parole, se répondent, se coupent, s’ignorent…).

Le 29 décembre, la mobilisation dépasse les attentes : entre un et deux milliers de personnes se sont retrouvés place de la Comédie, dans le froid et prête à crier. Mais dans ces conditions, les prises de paroles et l’émergence de slogans se déroule plus tout à fait de la même façon que la veille. Même si les organisateurs ont prévu un mégaphone, il ne permet de monopoliser ni la source ni le sens de toute les prises de paroles et slogans. Plus la foule grandit, plus les slogans peuvent cohabiter : par moment deux slogans se chevauchent, repris par différentes partie des participants. Des slogans religieux s’entremêlent avec d’autres, des slogans en arabes peuvent de plus être confondue avec des invocations religieuses alors qu’il ne font que reprendre les slogans palestiniens. Au mégaphone les personnes qui lancent les slogans s’enchaînent sans toujours présenter leurs organisations. Là aussi les messages sont divers, les formes d’expressions également. À un moment il y a même deux foyers de sens : un des organisateurs lit un texte au mégaphone alors qu’à quelques mètres de là un arc de cercle s’est crée avec les banderoles derrière lesquelles toute une partie des participants scandent des slogans. Alors que les journalistes audio se rapprochent de l’orateur, ceux qui veulent des images se dirigent vers les banderoles.
Durant ce deuxième rassemblement, les slogans faisant consensus (Israël terroriste,…) se confirment, tout comme ceux s’exprimant mais posant problème aux organisateurs, notamment les slogans religieux, Allah Akbar et autres. Le rassemblement se transformant en marche, les slogans devenaient plus le fruit de groupes réussissant à les faire émerger et à les maintenir localement. À ce deuxième rassemblement, les organisateurs ont déjà pris comme objectif de prendre un certain contrôle sur les sens que peut prendre la manifestation, ils souhaitent avant tout que la dimension religieuse s’exprime le moins possible. Les méthodes utilisées pour cela restent rudimentaire : il s’agit surtout de rester vigilant aux slogans et de proposer des slogans alternatifs, un mégaphone pouvant aider.

Les rassemblements des 30 et 31 décembre (je n’étais là pas pour le 1er janvier) maintiennent la pression, mais le nombre baisse. Par répétition, les organisateurs instituent leurs positions (même lieu pour les orateurs au mégaphone, mêmes intervenants, mêmes slogans lancés,…). Si dans ces conditions la gestion du sens semble plus simple, on peut remarquer quelques signes de fermeté à l’égard de la dimension religieuse. Par exemple, alors que pour clore les rassemblements, certains participants musulmans entamaient une série d’allah akbar, les organisateurs ont insisté pour clore eux-mêmes les festivités en demandant de se disperser dans le silence, le répétant au besoin au premier allah… Dans l’enchaînement des rassemblements s’est institué peu à peu un ordre, où les organisateurs revendiquaient un monopole des sens à donner au rassemblement. Ces méthodes se sont mises en place, ont été utilisées en premier lieu contre l’expression de l’indignation sous sa forme religieuse : il s’agissait de ne pas laisser de place aux invocations et aux allah akbar.
La recherche d’une crédibilité, d’une respectabilité perçue comme la seule façon d’être entendus et pris en compte, appuie cette volonté d’établir un ordre centralisé, et les outils nécessaires pour le réaliser. L’anticipation d’une couverture médiatique bourgeoise dévalorisant l’ensemble de la mobilisation en focalisant sur quelques moments où s’expriment les convictions religieuses participent également à cette tendance.

Finalement c’est une certaine peur qui pousse à la prise de contrôle, à la centralisation des prises de décision : la peur d’un sens de la mobilisation, illusoirement univoque, qui leur échappe et remettrait en jeu la légitimité de l’action. Il faut évidement noter que les relations avec le pouvoir d’État favorisent ce mouvement en demandant une centralisation des responsabilités. Peur d’une base aussi qui serait potentiellement prête à tout et surtout du pire, car dans tous les cas, le rassemblement échappe aux participants, ou plutôt les individus révoltés deviennent des participants, à canaliser et contrôler, et ce pour les organisateurs comme pour l’État. La foule, indistincte, répondrait à l’appel, leur mobilisation en serait presque rendue passive.

La question qui reste est donc : comment un processus d’établissement d’un ordre centralisé, dans un premier temps tourné vers l’expression de la religiosité, va se répandre et se déployer sur la diversité des manières d’exprimer son soutien au peuple palestinien dans sa résistance ?
La réunion de la veille de la manifestation, à laquelle j’ai participé, a montré comment les différentes craintes s’entremêlent pour aboutir à une centralisation poussée. La peur de la couverture médiatique encore, avec l’envie de diriger les journalistes vers le camion, pour éviter l’antisémitisme ou la réduction religieuse ; la peur des « casseurs », la peur des banderoles antisémites ; la peur de slogans communautaires ou religieux… Après la centralisation des slogans, les discussions sur les récoltes de dons et des ventes de keffiehs se règle par la même tendance. Une volonté de contrôle s’exprime à plein, les multiples craintes, résurgence en partie de l’idéologie dominante, faisant tendre vers la constitution d’une illusoire homogénéité de la manifestation et justifiant un ordre centralisé. C’est ce processus qui a amené à la tentative d’instaurer un ordre dirigiste et centralisé, exprimant une volonté de rendre homogène et univoque cette manifestation du samedi 3 janvier. C’est ce qui a entraîné le choix de ne laisser dans le cortège que les symboles se rapportant à la cause palestinienne, qui reste un nationalisme, et au soutien à la résistance (d’où les slogans ou banderoles sur le Hamas et le Hezbollah).

En suivant cette tendance, ce n’est pas seulement tous les effets de l’homogénéisation et du pouvoir centralisé qu’il faut redouter. Car en plus de déployer les outils de la maintenance de l’ordre, cet objectif est autant illusoire que tout contrôle total, qui plus est devant une manifestation de cette ampleur ; il tend donc à s’accroître. Si j’ai participé vers la tête du cortège, là où le contrôle direct pouvait le mieux se concrétiser, je n’ai pas pu voir comment il se diffusait ou non tout au long de la manifestation ; mais même au devant, le contrôle n’est pas total et on ne peut pas empêcher tout le monde de brandir une petite création faite maison. Même au plus près du pouvoir, une certaine diversité des engagements s’exprimaient. Reste que ce pouvoir est forcement répressif, interdisant certains symboles d’engagement, tant politiques que religieux, (et parfois plus le premier que le second).

Reste que c’est en participant à ces mobilisations, et à leur organisation, que peut se comprendre les logiques qui justifient et rendent possible l’instauration d’un ordre centralisé. Parce que le sens et l’organisation n’est en fait jamais donné en avance, c’est également en y participant que d’autres manières de gestion du (des) sens des mobilisations collectives pourront émerger. C’est pris dans des tensions paradoxales, entre les peurs et le pouvoir, entre la revendication de la parole légitime et respectable face aux massacres israéliens et l’anticipation de la stigmatisation par les médias dominants, que le centralisme est apparu peu à peu durant cette semaine, pour chercher à s’entendre ce samedi 3 janvier 2009.

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  • Le 9 janvier 2009 à 13:05, par Anationaliste

    Il a été question de l’exclusivité du drapeau palestinien dans la manif lyonnaise.

    Ce sujet a également été débattu par les militants de gauche lors de la manifestation du 3 janvier à Tel Aviv. Point de vue d’un anarchiste israélien sur la question :

    DECLARATION CONTRE LE NATIONALISME ISRAELIEN ET PALESTINIEN : QU’Y A T IL DANS UN DRAPEAU ?

    Un essai pour presenter une perspective internationaliste sur la situation actuelle en Cisjordanie, après l’attaque de l’armée israélienne sur la bande de Gaza

    [le 3 janvier était organisée une grande manifestation à Tel Aviv, à l’appel de la gauche et des pacifistes israéliens, suite au déclenchement de la phase terrestre de l’opération Plomb Durci contre les palestiniens dela bande de Gaza]

    La plupart des gens en Israël ne retiendront d’une chose à propos de la manifestation du janvier : que les organisateurs ont été à la Court Suprême de Justice de façon à s’assurer qu’ils sont autorisés à brandir un drapeau palestinien.

    Bien sur, je suis favorable à ce que chacun puisse brandir n’importe quel type de drapeau – ni d’être obligé d’en brandir un – à tout moment. Mais on devrait s’interroger sur l’utilité de brandir un drapeau palestinien (qui est l’ancien drapeau de l’OLP).

    Cette manifestation était supposée avoir comme objectif l’arrêt des attaques sur Gaza. Qu’est ce que le drapeau palestinien a à voir avec çela ? Certains vont répondre « et bien, il représente un soutien à la résistance palestinienne ». Ce à quoi je répondrai : quelle résistance palestinienne ? Les plus pragmatiques des palestiniens à Gaza souhaiterait plutôt pouvoir se tirer de l’enfer des zones de bombardement, et non pas résister en étant bombardés. Qu’est ce que cela veut dire résister en étant bombardé ? Agiter ses mains en protestations quand arrivent les bombardiers ?

    Ce drapeau représente le nationalisme palestinien, de la même façon que le drapeau israélien représente le nationalisme israélien. Maintenant, la plupart des lecteurs de ce texte associent le natinalisme israélien avec la violence, l’oppression, et un voile mince des règles capitalistes qui recouvre tout le pays. Mais pourquoi le meme raisonnement ne s’applique-t-il pas au nationalisme palestinien ?

    Au moment où j’écris, les palestiniens de la Cisjordanie sont brutallement opprésés et reprimés, des palestiniens qui veulent protester contre la même guerre. Pourquoi ? parce que l’Autorité Palestinienne ne veut pas entendre de critiques, et ne s’écartera pas de sa raison d’être (en français dans le texte) : être un sous-traitant du contrôle israélien dansles Territoires Occupés.

    Mais il y a seulement quelques mois, ces mêmes leaders du Hamas qui aujourd’hui se cachent dans leurs bunkers et leurs maisons protégées, et qui enregistrent des messages de résistance à destination de « leur » peuple, refusaient de payer leur salaire aux professeurs, ont détruits les syndicats palestiniens, ont tués des palestiniens innocents dans les rues en même temps qu’ils s’affrontaient avec leurs concurrents [pour le pouvoir] du Fatah, et ont tiré des roquettes sur des cibles civiles aléatoires, au lieu d’essayer effectivement d’améliorer les vies des travailleurs et des chômeurs palestiniens.

    Pendant que nous protestons contre le combardement brutal de Gaza par le nationalisme israélien, nous devons nous rappeler que le nationalisme palestinien est seulement moins puissant, mais pas moins brutal.

    Malheureusement, l’incident du drapeau fait juste le jeu, de façon idéale, des nationalistes, rendant plus facile de disqualifier tout désaccord avec le gouvernement comme un soutien automatique « pour l’ennemi »

    Bien sur, en étant cynique, il y a une très bonne raison pour laquelle il y a a eu ce fiasco. Cette manifestation, organisée par le front Hadash du parti Communiste Israélien, a eu lieu le jour précédent le lancement officiel de la campagne électorale de ce parti. Et Hadash a besoin de donner le change à sa base nationaliste palestinienne à l’intérieur de la ligne verte, de façon à pouvoir maintenir son pouvoir électoral aux prochaines élections, contre les Nationalistes séculiers de Al-Tajmua3 et le Mouvement Musulman. Et tout ceci, encore une fois, fait le jeu des nationalistes, et au bout du compte le jeu des capitalistes.

    De tout cela il resultera une repetition du cycle de la violence, qui ne finira pas tant que l’on ne réalisera pas que ces natinalismes sont là pour brouiller notre jugement et nous empêcher de nous concentrer sur la vraie question, à savoir que nous sommes envoyés pour tuer et mourrir, et que nous nous battons au service de gens qui ne servent pas nos intérêts, mais le leur propre. Et cela vaut autant pour les israéliens que les palestiniens. Défaisons le nœud gordien du nationalisme, et nous serons alors dans notre proper voie pour vivre mieux, tous.

    Article écrit par un utilisateur du forum anarchiste Libcom et posté originellement sur Indymedia israél.

    (Original en anglais ici : http://libcom.org/news/whats-flag-03012009)

    ====================================

    Pour appronfondir à propos des attaques des autorités palestiniennes sur les travailleurs et les syndicats palestiniens :

    Les syndicats palestiniens attaqués de toutes parts
    http://libcom.org/news/palestinian-union-hit-all-sides-25072007

    Article de la télé Aj Jazeera, détaillant la repression subie par les syndicalistes en Palestine non seulement de la part de d’Etat d’Israel, mais également de la part des milices de liberation nationale du Hamas et du Fatah.

    Interview avec Rasem Al Bayari, syndicaliste Palestinien
    http://libcom.org/library/interview-rasem-al-bayari-palestinian-trade-unionist

    “La police nous tire dessus régulièrement quand nous tenons des manifestations pour le soutien aux droits des travailleurs. En octobre et novembre 2006, par exemple, 13 travailleurs ont été tués par les balles de la police palestinienne, lors d’une manifestation demandant le payement des salaires et des allocations chômage. »

    Des hommes armés attaques la Radio des Travailleurs Palestiniens
    http://libcom.org/news/armed-gunmen-attack-palestine-workers-radio-23102006

    Des homes armés issus des brigades des martyrs d’Al-Aqsa ont attaqués les bureau de la Radio des Travailleurs de Palestine, pour “incitation aux conflits internes en Palestine”.


  • Le 7 janvier 2009 à 18:32, par Seb

    Merci de lire plus attentivement mon message :
    Je n’ai pas dit qu’Allah Akbar, que je traduis littéralement par « Dieu est le plus grand » était un slogan intégriste. Je n’ai pas parlé d’intégrisme, j’ai dit que c’était un cri religieux. Tu me dis qu’il peut avoir d’autre significations, d’accord, mais je vois pas comment on peut totalement le couper de son origine religieuse lorsqu’il est scandé collectivement.
    Et j’ai simplement dit que si des slogans, affiches etc.. de type religieux sont tolérés en manif, cette tolérance doit s’étendre à d’autre sujets.

    J’ai parlé d’islamisme à propos de la lutte armée actuelle, et que je sache, le Hamas ou le Djihad Islamique se définissent comme tels (islamisme : mouvement politique pronant l’expansion ou le respect de l’Islam)

    Quand à ce que j’appelle le relativisme, et bien j’argumentais à ce propos que l’islamisme est une composante plutôt récente dans la longue histoire de la lutte palestinienne, qui a longtemps été laïque, nationaliste ou internationaliste etc....Ce n’est pas parce qu’on est au moyen orient qu’il n’y pas de séparation possible entre le politique et le religieux.

    J’ai dit que le Hamas était un parti réactionnaire et que son projet de société était régressif, même si c’est un mouvement de résistance dans une lutte anti impérialiste. Et pour argumenter un peu plus, j’ajouterai que les résistants que j’ai pu, et voulu, rencontrer en Palestine sont progressistes et contre toute forme de domination. Peut être sont-ils aujourd’hui une minorité mais les idées qui ont ma sympathie ici en france sont elles aussi largement minoritaires. Ce sont mes convictions, et je pense qu’elles n’entravent en rien mon soutien à la résistance Palestinienne.

    Si dès que j’exprime mes critiques sur l’idéologie du Hamas je me fais traiter d’islamophobe de base, comment vais-je pouvoir continuer de militer au sein du mouvement de solidarité avec la Palestine ? C’est la question que je me suis posé samedi dernier, et aujourd’hui face à ta réponse.

  • Le 7 janvier 2009 à 18:30

    Ben voyons... On dirait selon certains que la gauche n’existe pas dans le monde arabe, que les courants révolutionnaires ou progressistes n’existent pas non plus... Que les courants musulmans de gauche (qui ne se retrouvent pas autour de slogans religieux mais liés à la justice sociale).
    Qui sont les islamophobes si ce n’est ceux qui veulent nous faire gober une vision de l’islam réduit à l’un des courant réactionnaire qui s’en revendique, qu’il faudrait soutenir sous peine d’être taxé d’islamophobie.
    On dirait les sionistes qui accusent d’antisémitisme les
    critiques d’Israel et du nationalisme israeliens...

  • Le 7 janvier 2009 à 17:35

    Que je sache l’anarchisme ne m’a pas l’air d’être une véritable composante dans la lutte de libération nationale (et oui cher ami, c’est bien de cela qu’il s’agit) du peuple palestinien. Du coup, ton soutien à distance à partir d’une posture sans nuances ne tient pas vraiment compte de la situation sociale, politique, religieuse dans ce coin du monde.
    Toutefois, tu as raison de dire que « soutien » ne signifie pas « alignement », surtout idéologique, avec des positons que tu ne sembles pas partager.

  • Le 7 janvier 2009 à 17:05

    allah akbar n’est pas du tout un signe d’intégrisme, le prendre littérairement est une erreur, il veut dire plein de choses et dépasse le cadre religieux,

    et même le prendre littérairement n’a rien à voir avec l’intégrisme, c’est comme si tu disais pour un pretre qu’il est intégriste quand il dit« que dieu te bénisse »

    donc religion n’est pas égal à intégrisme ou encore islamisme, et ensuite le peuple palestinien est en majorité de confession musulmane, et de culture arabo-musulmane, donc dire en palestine allah akbar n’a aucun lien avec l’intégrisme, ensuite que les rebeux de france le disent ben idem, et même là je me goure pke les chrétiens palestiniens étant aussi arabes, et ben ils disent aussi allah akbar et utilisent le meme vocabulaire des musulmans

    là où l’islalmophobie de l’ignorance est présente est justement de prendre le allah kbar comme machin intégriste islamiste, ce qui est dommage ; cette expression se dit par plein de g²ens dans des circonstances différentes ; les gens disent allah akbar pour dire « on est encore vivant », mais aussi lors d’enterrements et encore autres circonstances, c’est comme dire « putain » en france, ca ne désigne plus putain à son vrai sens

    sinon bien sûr cet argument te semble relativiste, et tu nieras de ce fait la culture et les habitudes des gens en ne voulant y comprendre mot. bien sur tu te gardes d’argumenter d’une facon ou d’une autre quand tu dis « Je ne crois absolument pas aux relativismes du genre »en islam religion et politique c’est pareil"

    peut etre ignore tu plein de chose de ce que représente ou prone l’islam, ce qui te plonge un peu dans l’islamophobie de base, bien plus que dans l’anti-religieux

    donc je le repete ; allah akbar n’est pas qu’une expression religieuse et l’a largement dépassé,

  • Le 7 janvier 2009 à 14:41, par Seb

    Je suis bien conscient que la lutte armée en Palestine aujourd’hui est islamiste, et le fait que le Hamas et autres soient, pour moi, des partis réactionnaires ne leur enlève aucunement leurs statuts de résistants.

    Je ne crois absolument pas aux relativismes du genre « en islam religion et politique c’est pareil », la prépondérance des partis religieux dans la résistance est un évènement récent par rapport à l’histoire de la lutte palestinienne.

    Les Palestiniens de gaza déportés et bombardés par Israel, et trahis par le Fatah ont élu le Hamas. Mais depuis la france je ne suis pas obligé de penser comme eux. A mon avis, Hamas et sionisme se renforcent l’un l’autre, je ne soutiens donc pas le Hamas non seulement car son projet de société est régressif, mais aussi parce qu’il ferme la possibilité d’une avancée pour la Palestine.

    Ceux qui veulent soutenir ouvertement le Hamas ont, comme tu le dis, toute leur place dans cet évènement (et ils étaient nombreux), mais ceux qui veulent s’en démarquer aussi. Et si les drapeaux du Hamas, les photos de ses militants et les slogans religieux (« Dieu est le plus grand ») sont tolérés, l’expression des autres opinions doit l’être sur un pied d’égalité. Ou alors on change l’intitulé de la manif.

  • Le 7 janvier 2009 à 13:24

    je suis d’accord avec les commentaires ; les allah akbar sont des cris de résistence, et ensuite depuis quand la religion n’est pas politique, sachant qu’en islam la religion = politique, il n’y a aucune différence, ce qui craint dans les religions c’est les dominations diverses et aliénations, mais si les gens voient et acceptent ce mode d’organisation (politique qui s’inspire d’un livre, comme les marxistes) je serai content pour eux ; on ne peut pas imposer kke valeur que ce soit sous pretexte de qu’il est naturel que personne ne veuille vivre dominé (ou encore des valeurs universalistes tautalitaire), mais si ces personnes là ne ressentent aucune domination dans cette organistaion, allez vous les démentir

    bon ensuite en rêvant un peu ils se libéreront peut être de tout ca comme nous le feront aves les saint marx-bakounine ...

  • Le 7 janvier 2009 à 12:51

    Soutenir le peuple palestinien ai une chose, soutenir le nationalisme et la religion ai une autre chose que les anarchistes ne saurait cautioner n’en déplaise a
    certains sociaux démocrates,bobos ou religieux.

    Manger a tous les rateliers tres peu pour nous !

  • Le 7 janvier 2009 à 12:43

    Petites précisions :
    L’objectif n’était pas de présenter un cas d’école d’islamophobie, d’ailleurs la militante, dont je parle pendant le rasemblement du 28, qui critique ce mélange des genres est arabes et musulmane.

    Pour les organisateurs « musulmans » par contre, il s’agissait d’un recteur (je crois) d’une mosquée et d’un responsable d’une association confessionelle.

    Mais j’essaye de ne pas user de catégories trop vite, histoire de pas faire comme Lyon Capital, qui parlait « de la communauté palestinienne » au rassemblement du 28 (http://www.lyoncapitale.fr/index.php?menu=01&article=6956).

  • Le 7 janvier 2009 à 12:24

    « Le seul mouvement de résistance soutenu visiblement dans la manif était le Hamas qui est aujourd’hui le principal mouvement de résistance »actif« (avec le Hezbollah, mais qui n’est pas Palestinien). Aucune trace des autres composantes de la résistance Palestinienne. »
    Peut-être parce que dernièrement seuls les mouvements religieux (Hamas, Jihad islamique, Hezbollah...) participent à une véritable résistance armée face à Israël et sont donc perçus comme moins, voire pas, compromis dans de vaines discussions de paix. Si l’Autorité palestinienne (majoritairement le Fatah) a fait le choix de la paix,elle se rend difficilement compte qu’Israël est toujours prêt à faire la guerre...
    Quant à la manifestation du samedi 3 janvier, son aura religieuse, qui a visiblement touchée les laïcards convaincus, est peut-être dû à l’absence de nuances, chez bon nombre de manifestants, entre engagement religieux et résistance politique. Le, ou la, politique n’est pas perçue comme extérieure à la religion, et inversement. Une telle position, qui n’est pas celle apparemment défendue par les organisateurs de la manifestation (cf. article), a néanmoins toute sa place dans cet évènement et n’a pas à se cacher.

  • Le 7 janvier 2009 à 11:58

    L’article est un peu plus intéressant que le premier et ses commentaires de blancs scandalisés par les Allah Akbar (cas d’école de l’islamophobie de gauche, d’extrême gauche, ou plus encore).
    Néanmoins des phrases comme « des organisateurs musulmans vont parler avec ces deux femmes. » continuent de faire flipper. Ok, ya des « dignitaires », mais à quoi reconnaît-on un « organisateur musulman », à sa barbe, à sa couleur de peau ?

    Pas la peine de revenir sur les jérémiades de militants se plaignant de ne pouvoir « manifester comme d’habitude », alors que justement ça fait des années qu’ils défilent dans le vent comme des guignols et se permettent ensuite de donner des leçons de bonne manifestation.

    Quand des non-militants prennent la rue, ça fait tout drôle. C’est pourtant là que commence le politique.

    Sur la religion, ça sert à rien de s’inventer un enjeu politique, une croisade de plus pour militants professionnels. Même si on sait que la religion est toujours un mode de domination, c’est pas toujours le moment de l’attaquer. De plus, aussi aliénante soit-elle, la religion est souvent un outil de résistance pour les dominés. N’a-t-on pas vu des Saintes Vierges sur les barricades de Oaxaca, et d’ailleurs ? Bien con celui qui veut les casser.

    Arrêter de regarder TF1 : le cri Allah Akbar ne veut pas dire « Nous allons tous vous imposer l’Islam », mais simplement « Nous sommes vivant !!!!!!!!! » Vous ne nous tuerez pas tous !
    Cette expression d’une identité partagée avec les Palestiniens massacrés est en soi un cri de résistance.
    Et on voit bien qu’il dérange tout défenseur de l’ordre, même les organisateurs, qui pratiquent, avec la préfecture, la canalisation de la révolte. C’est un cri explosif, qui peut déboucher sur de la révolte pure. Un cri de terroriste dirait Alliot–Marie.

    En attendant, l’enjeu actuel est d’affirmer une solidarité sans complexe avec la résistance armée palestinienne. Et pas de défendre niaisement « la paix », comme Sarkozy.
    Pas de paix possible avec des assassins.

    En France, il faut soutenir pleinement les émeutiers qui ont posé la tension politique au coeur de Paris. La police française et l’armée israélienne, sont précisément le même ennemi, et ils collaborent pour mater les révoltés.

    Solidarité et unité dans la rue contre la même police ! Si la puissance de révolte révélée au cœur de Paris (12 bagnoles retournées) se propage et s’auto-organise, voilà qui fera trembler Sarkozy et lui donnera un réel motif pour demander à Israël d’arrêter.

    Soutenons en force l’Intifada qui vient.

  • Le 7 janvier 2009 à 10:37, par Seb

    Le malaise ressenti lors de cette manif a, pour moi, deux causes :
    - le dirigisme des organisateurs (interdictions des drapeaux d’orgas, canalisation très rigide des manifestants par le SO)longuement analysé dans cet article.

    - le glissement généralisé du mouvement de solidarité avec la Palestine vers un mouvement communautaire voir religieux, parallèle à la réalité de la résistance en Palestine. L’article parle moins de cet aspect, qui pose problème à pas mal de monde .
    Le seul mouvement de résistance soutenu visiblement dans la manif était le Hamas qui est aujourd’hui le principal mouvement de résistance « actif »(avec le Hezbollah, mais qui n’est pas Palestinien). Aucune trace des autres composantes de la résistance Palestinienne.

    De nombreux militants souhaitent soutenir la lutte du peuple Palestinien, respecter ses choix, sans pour autant se retrouver dans l’idéologie du Hamas. Mais dans cette manif, ils n’étaient plus majoritaires, ( depuis la victoire électorale du Hamas, pas mal de militants en france se sont démotivés)et ils ont eu le sentiment d’être instrumentalisés par un mouvement qui apportait un soutien inconditionnel au Hamas, sans recul critique possible sur son idéologie.

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