« La FIFA ne peut résoudre les problèmes géopolitiques », ce sont les mots - traduits de l’anglais - de Gianni Infantino, président de la fédération internationale de football, - une des institutions sportives les plus influente - en réponse aux multiples demandes de sanctions envers l’équipe d’Israël.
A l’heure où de nombreuses instances sportives n’hésitent pas à faire appel à des régimes autoritaires et fascisants pour accueillir et promouvoir leurs événements les plus prestigieux. Où l’ensemble de ces mêmes institutions ont directement et unanimement effacé la Russie de la scène sportive internationale à l’orée de son invasion en Ukraine, que reste-il du principe de neutralité politique, que ces instances savent brandir si haut ? Rien, car il est et a toujours été qu’un outil servant leurs agendas capitalo-impérialistes.
Le sport est éminemment politique, ses dirigeants les plus influents et ses sportif.ves le savent, l’histoire l’ayant illustré à de maintes reprises.
Comment oublier le poing levé et ganté - symbole des blacks panthers - des Américains Tommie Smith et John Carlos, sur le podium du 200 mètres à Mexico en 1968 ? Un hommage condamnant la ségrégation raciale que subissent à l’époques leurs frères et sœurs noirs aux Etats-Unis.
En 1995, c’est Nelson Mandela, alors président de l’Afrique du Sud qui se servira de la coupe du monde de rugby pour illustrer l’apartheid en vigueur dans son pays. Par la suite un quota de 30% de joueurs sélectionnés racisés sera imposé.
Les pages de l’histoire écrites par le sport comme outil politique sont nombreuses.
Enfin, quid des maillots arcs en ciel et des brassards « no racism » sortis occasionnellement pour laver la conscience de ces fédérations usant des mêmes moyens de subversions que nos gouvernants.
La FIFA, la FIBA, et toutes les autres instances sportives sont guidées par des intérêts étroitement liés à ceux de nos gouvernements. Elles miment leurs postures impérialistes et coloniales, et n’ont que faire des peuples opprimés. Ainsi, il ne s’agit pas de justifier le manque de courage des sportif.ves mais de pointer le climat répressif dans lequel ceux-ci évoluent.
Anwar El Ghazi, joueur de foot, en a fait les frais, en se voyant licencier de son club allemand Mainz 05, pour des propos soutenants la lutte de libération palestinienne.
Les sportif.ves le savent, soutenir le peuple palestinien doit se faire discrètement et sans radicalité si ils et elles tiennent à leur carrière et à leur image.
Il y a eu bien sur des initiatives louables, de la part de fédération basque et catalane, mais est-ce à la hauteur de ce que mérite le peuple palestinien ?
Enfin, symbole du malaise de cette « neutralité politique », l’UEFA a tenté, à la mort de Suleiman Obeid « le Pelé Palestinien », de rendre un hommage neutre, ne mentionnant ni les conditions de sa mort, ni sa cause. Le choix est limpide politiquement, il s’agit d’embrasser le narratif sioniste, qui sous l’instrumentalisation de l’antisémitisme, se refuse, coute que coute toute incrimination d’Israël.
Ainsi la tentative d’hommage n’a plus que pour but de souiller la mémoire de l’homme, de son combat et de celui de son peuple.
Suleiman Obeid faisait partie des plus de 700 sportif.ves tués par Israël, et ce uniquement depuis octobre 2023.
Tâchons, ici, de leur rendre l’hommage qu’ils et elles méritent.
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