Face au racisme et à la xénophobie d’État : La solidarité de classe, pas l’hypocrisie républicaine

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Tract CGA manif 4 septembre :
- Une surenchère répressive et raciste
- Une histoire qui ne date pas d’aujourd’hui
- Libéralisation de la parole raciste et stratégie de division

En se posant en gestionnaires de l’État et du capitalisme, les courants politiques de gauche qui font mine de s’émouvoir de la politique actuelle, ont depuis des années apporté leur pierre à l’édifice d’une république raciste et xénophobe.

Une surenchère répressive et raciste :

La période estivale a été l’occasion d’une nouvelle surenchère répressive et raciste de l’État, prenant prétexte des révoltes populaires de Grenoble et Saint Aignan.
L’État joue la carte nationaliste et répressive pour diviser les classes populaires et dévier l’attention de l’offensive de la bourgeoisie, dans un contexte de crise capitaliste, visant à appauvrir les travailleuses et les travailleurs pour préserver et accroître son profit. Cette tactique s’inscrit également dans un conflit interne à la bourgeoisie, où il est question pour le gouvernement de faire oublier l’affaire Bettencourt qui illustrait un peu trop visiblement les liens unissant bourgeoisie et État.


Une histoire qui ne date pas d’aujourd’hui :

La recette est éprouvée depuis la IIIe république, devenant la marque de fabrique du racisme républicain : désigner l’ennemi intérieur, en s’attaquant aux travailleurs et travailleuses des minorités nationales (Roms, arabes, noirs, juifs, que l’idéologie nationaliste désigne comme minorité exogène, les excluant du « corps national »...) et étrangers. C’est la politique forgée par la Bourgeoisie et les courants nationalistes pour combattre le mouvement ouvrier (après que les fondateurs versaillais de la IIIe république aient écrasé la commune) depuis les années 1870. A cela s’ajoute l’héritage du racisme colonial de cette même « république » que certains nous présentent comme un symbole refuge face au racisme d’État.


Libéralisation de la parole raciste et stratégie de division :

Les discours racistes et xénophobes du gouvernement représentent un pas supplémentaire dans la libération de la parole raciste et dans la stratégie de division par désignation d’un bouc émissaire.
Au delà des discours, cette offensive s’est traduit par :
une politique d’expulsion massive de campements,
une politique d’expulsions massive du territoire,
une politique de restriction des conditions de séjour (loi Besson),
ainsi que par les velléités de retrait de la nationalité aux personnes naturalisées.
Dans les quartiers populaires, cela s’est traduit également par un renforcement de la présence et de l’agressivité policière, et de lourdes condamnations au faciès.

Mais s’il nous faut nous opposer à cette surenchère, en organisant la solidarité face à la répression et au racisme d’État, il ne faut pas non plus oublier que cette politique répressive et raciste ne date pas d’aujourd’hui. Que les municipalités et les partis politiques de gauche participent également activement depuis des années à sa mise en œuvre :
vote des demandes d’expulsions de campement de Roms et de Gens du voyage lors des conseils municipaux
recours à la force publique,
mise en place à l’échelle nationale et européenne des politiques de répression de la liberté de circulation et d’installation,
adhésion sur le fond au discours répressif,
mépris de leur propre légalité lorsqu’ils n’appliquent pas la loi Besson sur les aires d’accueil.
En se posant en gestionnaires de l’État et du capitalisme, les courants politiques de gauche qui font mine de s’émouvoir de la politique actuelle, ont depuis des années apporté leur pierre à l’édifice d’une république raciste et xénophobe.
L’hypocrisie consiste ensuite à s’émouvoir lorsque le discours nationaliste tire profit de ce consensus idéologique puant autour de l’idée de « nation », en le traduisant en acte.

A cette mystification de la « nation » que la bourgeoisie et l’État brandissent pour nous faire croire que leurs intérêts sont les nôtres, nous opposons la solidarité de classe, la lutte commune contre les politiques racistes et xénophobes.
Face à l’État et à la bourgeoisie, nous opposons la nécessité de construire collectivement une société égalitaire, libertaire, en rupture avec le capitalisme, le nationalisme et l’État. Une société fondée sur la gestion de la société par l’ensemble des travailleuses et des travailleurs.

Groupe de Lyon de la Coordination des Groupes Anarchistes

http://www.c-g-a.org

groupe-lyon(a)c-g-a.org

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