Festival d’Aurillac : la fête ne tient pas en cage

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Aurillac 2016, festival d’arts de rue, a été proclamé « Festival des luttes » par ses organisateur-ices. Pourtant, confronté à un dispositif sécuritaire aussi inutile que nuisible, des festivalier-ères font passez le mot : rendez-vous à 18h vendredi contre les fouilles et l’encagement du festival. Le mot tourne tellement fort dans la ville que les grilles s’en trouvent renversées...

C’était dans l’air

Le festival d’Aurillac n’est pas tout à fait un festival comme les autres. C’est un moment au cours duquel se retrouvent de nombreuses troupes, compagnies pour pratiquer l’art de rue. Le public, multiple, assiste aux représentations qui prennent place tantôt sur une gigantesque feuille de papier à musique, tantôt spontanément, entre les lignes de portée. Spectateur-ices et artistes qui se rassemblent aux coins des rues forment un joyeux bordel propre à l’identité de ce festival.

Pourtant cette année, vigiles, grilles et militaires lourdement armés quadrillaient la ville et nous accueillaient par des fouilles et des palpations choisies. Les raisons invoquées pour ce dispositif ? Nous protéger du terrorisme.

Ainsi, entrer dans le festival avec alcool, verres ou objets coupant était interdit. Mesures hypocrites, quand il était tout à fait possible de se procurer ces choses légalement, mais à un prix plus élevé, dans l’enceinte de la ville.
Par ailleurs, du fait des allées et venues inhérentes à un festival d’art de rue, les contrôles pouvaient se produire une dizaine de fois dans la même journée. Ceux-ci ont fait régner sur le festival une ambiance oppressante et réduisaient de fait la possibilité des rencontres et représentations spontanées.

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Par ces dispositifs militaires visibles, les politiques prétendent prendre des mesures anti-terroristes, alors qu’il est évident qu’ils n’ont pu / ne peuvent déjouer une attaque terroriste organisée. Ces mesures visent donc plus à créer une illusion de sécurité pour la population qu’une protection réelle. Elles dissimulent derrière une pseudo nécessité sécuritaire un virage politique inquiétant : récupération économique d’un festival culturel au profit des commerces du centre ; exclusion silencieuse des festivalières-ers gênés par la présence policière et accaparement du festival par les personnes les plus soumises à l’autorité ; abandon de la mixité sociale et de la diversité culturelle au profit d’une normalisation du public.
Ce virage ouvre la porte à une banalisation du contrôle policier de l’espace public. A quelles pratiques répressives serons-nous confronté.e.s demain ?

Mettre en place un tel dispositif a un coût (240 000 euros pour Aurillac) – inaccessible pour certains évènements – et empiète sur des dépenses plus bénéfiques culturellement parlant.
Le frein, voire l’impossibilité pour de tels espaces de convivialité d’émerger, constitue tout autant d’occasions en moins de se rencontrer dans l’espace public et de l’investir. Les moments de vie partagés ont tendance à se borner au domicile et lieu de travail, relativement sécurisés et/ou surveillés, étendant le repli sur soi pour une grande partie de la population. L’espace public de son côté, perd de son vivant. La méfiance et la xénophobie se renforcent par la militarisation des espaces communs.

La suite à lire sur : https://iaata.info/Festival-d-Aurillac-la-fete-ne-tient-pas-en-cage-1521.html#nh1

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