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L’économie adore l’écologie (la preuve par deux)

1 complément

Les Etats, contrairement à ce qu’on croit, ne sont pas avares en cadeaux, dans leurs chambres et autres cabinets. Deux exemples : l’un sur le fragment France, l’autre sur le fragment yankee.

En France, pas plus tard que mercredi 28 février, l’Assemblée nationale devait se pencher sur la « simplification du droit et l’allègement des charges administratives » concernant les transporteurs routiers. Et on a accordé à ces braves gens d’augmenter de quatre tonnes les charges de leurs camions actuels, sans ajouter un sixième essieu, pour, au moins, préserver les chaussées. Lecteurs de Rebellyon, ne criez pas trop vite « Qu’est-ce que ça peut me fiche ! » Ce serait le signe que vous n’êtes pas trop bons en calculs.

Jusqu’à présent, les gros trucs à roues ne pouvaient dépasser 40 tonnes. Déjà, l’entretien public des routes n’était pas une mince affaire, avec ces mastodontes en perpétuelle transhumance. Sachant que nos élus ont renoncé à toute taxe sur les poids lourds (qui se reporterait sur le prix des produits, vous m’entendez, par le processus de la valeur ajoutée), on estime le surcoût des quatre tonnes à 500 millions d’euros d’argent public par an pour l’entretien des chaussées. Mais ce n’est pas tout, ce cadeau va créer un appel d’air, ou plutôt de gaz carbonique, et ceux qui ont les moyens vont obésifier leurs engins pour qu’ils s’acclimatent au plafond des 44 tonnes – concurrence, quand tu nous tiens… Pendant ce temps, le fret fluvial, maritime et ferroviaire a été divisé par deux en dix ans. Calculs…

« Des camions plus longs limiteront le nombre de véhicules en circulation », qu’ils disent. On ne doit pas avoir la même table de multiplication, ni la même vision du taux de profit moyen.

Sur l’échantillon Maine du fragment yankee, les derniers agriculteurs s’inquiètent. Lorsqu’une nouvelle ferme se rallie aux germes transgéniques de Monsanto (et il y en a lerche), ceux-ci, grâce au vent et aux pollens, vont se promener tout alentour et font la java avec les autres cultures, malgré leurs origines différentes. C’est le métissage, qui désespère le brave paysan traditionnel ou biologique. Ça copule dans tous les sens dans les plantations et le pire, c’est que le cultivateur d’origine est dans son tort. Monsanto a déjà mené 144 actions en justice contre des fermes suspectées de « violation de brevet d’exploitation ». Que faire contre cet autre mastodonte multinational ? Les associations d’agriculteurs sont systématiquement déboutées en justice… la justice fédérale, au service des citoyens, vous m’entendez ! « La peur d’un danger futur ne constitue pas une cause suffisante pour intenter un procès » a expliqué une juge de Manhattan. Alors, gentiment, les agriculteurs demandent à Monsanto un engagement écrit comme quoi la firme ne les attaquerait pas… et ils sont coupables de concussion, à cause d’un pur et simple fantasme de paysans rétrogrades, contaminés par la propagande Internet. Alors pourquoi Monsanto cherche-t-elle des coupables parmi les cultivateurs, ces violeurs de brevet ? La terreur règne chez les fermiers et la justice yankee la renforce. Collusion ? Affaire de gros sous ? Ou bien, sur ce fragment encore, malfaçons dans les tables de multiplication et les règles du profit ?

Combor

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  • Le 9 mars 2012 à 07:57, par abeille

    Pour aller un peu moins vite, et moins univoque, sur l’écologie :

    « L’écologie : consolidation ou fragilisation du capitalisme ? »

    Dans la visée d’une analyse de la pertinence politique de l’écologie, on pourrait distinguer deux attitudes critiques, divergentes dans la méthode. L’une consisterait à partir de ce fait : la récupération massive de l’écologie par le capitalisme en disqualifierait nécessairement la pertinence politique : si elle se fait récupérer à ce point, c’est que l’écologie elle-même contient ce qui la rend adéquate à l’économie capitaliste. Or, on ne peut prétendre éclairer ce qu’est réellement l’écologie en la collant d’emblée au type d’utilisation qu’en font le capitalisme et les partis qui s’en réclament. C’est là un vice de méthode rédhibitoire qui prend pour acquis ce qui justement doit être mis en question : est-ce bien d’écologie dont le capitalisme nous parle ? Ce genre d’analyses, fréquentes aujourd’hui, font de l’« écologisme » le nouvel ennemi des partisans d’un changement politique radical.

    À cette méthode, qui n’analyse pas les potentialités politiques et conflictuelles de l’écologie, s’oppose une autre méthode, une autre disposition subjective, celle que j’ai essayé d’adopter dans ce texte, que l’on qualifiera de « pragmatiste » : attitude où il s’agit, non pas de dire ce qui est, mais de saisir dans l’expérience les choses se faisant, les lignes de tensions, les possibilités -c’est-à-dire aussi l’inattendu- que recèlent une situation. Le présent texte ne consiste donc pas à témoigner fatalement de ce qui est (ou serait : la récupération définitive de l’écologie par le capitalisme vert), mais plutôt à saisir et faire sentir les tendances et les virtualités contenues dans la référence de plus en plus large à l’écologie.

    Nul ne sait ce que peut l’écologie - Le Sabot

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