L’université Lyon 2 traine ses étudiants devant les tribunaux !

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L’année dernière l’université Lyon 2 a interdit par arrêté l’accès au campus de l’université à une de ses étudiante, accusée de troubler l’ordre public.
Aujourd’hui, l’administration de l’université traine cette étudiante en justice.
Celle ci est, en effet, coupable d’avoir osé contester les décisions arbitraires du jury doctoral qui ne l’a pas retenue pour poursuivre sa thèse alors qu’elle avait obtenu 18/20 à son mémoire.

Communiqué de la FSE et précisions de l’étudiante.

Malgré des interventions répétées dans les conseils universitaires et une campagne de pétitions pour rétablir la liberté de circulation de Sophie sur le campus de l’université, la présidence de l’université est restée sourde aux tentatives de compromis.

La FSE juge intolérable que l’université use de l’action en justice pour résoudre les conflits qui l’opposent à leur ancienne élève, gaspillant ainsi des moyens financiers destinés a notre formation.

La FSE dénonce aussi le comportement corporatiste des enseignants dans cette affaire qui, loin de chercher à résoudre le conflit, ont usé de faux arguments pour décredibiliser l’étudiante. Nous refusons qu’une proximité supposée avec les syndicats étudiants, ou des opinions politiques soient utilisés par des enseignants face à la justice.

Quand un étudiant ose s’élever contre des décisions arbitraires c’est toute le corps professoral qui fait bloc pour faire taire la contestation.

Ce lundi 24 octobre, à 13h45, venons nombreux soutenir sophie au tribunal, rue Servient (arrêt tram T1 : Palais de justice, mairie du 3è)

Face a la répression, la solidarité est notre arme !

La FSE-Lyon

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Précisions apportées par Sophie : on peut lire l’article précédent sur Rebellyon, pour l’historique développé de cette affaire.

Dans le dossier pénal, sont explicitement mentionnées, par un.e des 4 enseignant.e.s ayant déposé pour cette plainte, mes convictions « anarchistes », ma proximité avec le « syndicalisme », ce qui est avéré depuis de longues années, et … « l’antispécisme », ce dont moi-même je n’étais pas au courant.

Le procès aura lieu lundi, à partir de 14h, mais même si vous n’êtes pas libres pour le RDV de 13h45 (rassemblement), à 16 ou 17h, le procès ne sera pas forcément encore passé (ordre des audiences dans l’après midi non fixé par avance), donc n’hésitez pas à venir quand même à ces heures : votre présence est importante.

L’action de soutien concrètement : la 8e chambre correctionnelle est un tribunal à un juge unique. Les audiences peuvent être encore plus rapides qu’en comparution immédiate, et le juge rend ses verdicts dans la foulée, en direct depuis la tribune. La présence d’un public nombreux est donc très importante pour que ce procès ne soit pas uniquement « à charge » et expéditif. C’est d’ailleurs valable pour tous les procès criminalisant des actions militantes : une salle d’audience pleine, cela montre qu’il y a du soutien, et mine de rien, cela influe (au bon sens du terme) sur l’ambiance du procès, ce qui permet de rendre audibles la voix et les motifs d’action des militant.e.s inculpé.e.s.

Le but est celui-là, et non de faire pression sur le magistrat, ce qu’il pourrait, à raison probablement, mal prendre. En ce sens, il est demandé aux personnes venant en soutien à l’intérieur de la salle de faire attention à respecter les us et coutumes des autorités siégeant en ce lieu.

Comme il ne s’agit pas pour autant de se nier comme militant.e.s, anars, féministes, etc, chacun.e est également invité.e à venir comme il.elle est : avec sa crète, ou son look BCBG, ses pin’s en forme d’étoiles de différentes couleurs ou ses bijoux et barrettes de cheveux, dans tous les cas n’en rajoutez pas ou n’en enlevez pas, soyez vous comme vous êtes d’habitude. On a le droit d’exister, on a le droit d’être anar et on sait manifester nos applaudissements ou désapprobations, en AG, sans perturber la tenue des débats, parce que l’anarchie reste la plus haute expression de l’ordre (moins le pouvoir), comme disait Elisée. A bon.ne.s entendeurs, bienvenue !

Le lieu, pour celles et ceux qui se paument entre les 3 tribunaux lyonnais : ce n’est pas dans le vieux palais de justice qui est près de la Saône, ni au tribunal administratif qui est près de la préfecture, mais au tribunal correctionnel, situé près de la part dieu au sein du tribunal de grande instance (67 Rue Servient, Lyon 3e, arrêt du tram T1 « Palais de Justice mairie du 3e »). N’oubliez pas de laisser vos couteaux de poche et autres ustensiles litigieux à la maison, si vous voulez pouvoir passer le portail électronique de l’entrée sans avoir à aller les cacher dans les buissons dehors.

Ensuite, il s’agira de la 8e chambre correctionnelle : normalement, ce devrait être en salle B, mais en cas de doute, si vous arrivez après 14h et notre entrée, n’hésitez pas à passer à l’accueil général du tribunal, situé sur la gauche après les portails électroniques d’entrée, en expliquant, tout simplement, que vous cherchez la 8e chambre correctionnelle pour assister à l’audience concernant Sophie Perrin.

Merci de votre solidarité.

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  • Le 22 octobre 2011 à 16:34, par luc nemeth

    @Erratum
    solidaire de Sophie Perrin, bien sûr...
    A quoi j’aimerais ajouter que le prétexte « administratif » utilisé pour faire obstacle à ses recherches par des enseignants (dont une partie au moins sans doute, se dit de gauche) pose un problème qui dépasse la seule Université : c’est celui du refus même du débat contradictoire -refus qui de nos jours gangrène jusqu’à l’institution judiciaire, qui plus que toute autre est... supposée reposer sur ce principe. Ainsi dans le cas précis d’une requête qui si elle avait abouti aurait mis fin illico à la carrière publique de la nommée Traumann on a pu voir en 2009 ses copains du conseil d’Etat (Salesse, etc.), après avoir gardé la requête sous le coude pendant 18 mois -qui étaient autant de gagnés sur l’horloge biologique- rejeter celle-ci sans argumentation juridique et ce en profitant de la phase de pré-filtrage des dossiers, où ledit conseil est à la fois juge et partie : monstruosité juridique, diront ici les bonnes âmes -mais qui présente un caractère légal. La requête est alors partie pour la CEDH mais là, rebelote : c’est après l’avoir gardée sous le coude pendant 21 mois que la Cour, soudain pressée par le temps (car le successeur de son président saucialiste Jean-Paul Costa allait être désigné le 4 juillet) a en date du 30 juin 2011 et en la personne du nommé Luis Lopez-Guerra, ici juge unique (et... numéro 3 du Parti socialiste ouvrier espagnol) rejeté la requête, et en utilisant au millimètre près le même prétexte.
    Il y a, d’autre part, l’aspect « anarchisme ». Les universitaires de gauche restent englués dans leurs bovines certitudes (le discours-sur-l’anarchisme est même une des rares choses qui reste à peu près inchangée, même quand ils ont mis de l’eau dans leur vinasse). Quant à ceux de droite, qui dans les années 1980 avaient fini par se montrer presque polis -sinon, par sympathie débordante, du moins, pour embêter le Parti communiste-, ils n’ont évidemment plus aucune raison de le faire, depuis la chute du mur du Berlin et l’effondrement électoral des partis dits communistes. D’autre part, même si la confusion avec... Al-Qaeda peut sembler peut digne de gens qui ont fait des études : force est de constater que l’on assiste en milieu universitaire, et ce des deux côtés de l’Atlantique, à un imbécile et arrogant retour en force du mot terrorisme, mis à toutes les sauces.

  • Le 20 octobre 2011 à 16:11, par Erratum

    Il a subsisté une coquille dans le texte :
    Au lieu de
    « Celle ci est, en effet, coupable d’avoir osé contester les décisions arbitraires du jury doctoral qui ne l’a pas retenue pour poursuivre sa thèse alors qu’elle avait obtenu 18/20 à son mémoire. »
    Il faut lire
    « Celle ci est, en effet, coupable d’avoir osé contester les décisions arbitraires du jury doctoral qui a refusé d’examiner sa demande de candidature pour poursuivre sa thèse alors qu’elle avait obtenu 18/20 à son mémoire. »
    En effet, il n’y a jamais eu de refus de m’inscrire en thèse à Lyon 2, décision qui aurait du obligatoirement, en ce cas, être motivée officiellement.
    Il y a eu élimination au stade du dépôt des dossiers de candidature pour les contrats doctoraux suite aux soutenances de juin, car j’étais sommée de rendre un dossier complet ET dans les délais stricts, par le directeur de l’école doctorale qui savait pertinement qu’il me manquait le bulletin de note définitif, puisque j’ai du demander une double correction sur la fiche de lecture qu’il venait, précisément, de me corriger. Outre bien sûr le conflit autour de l’habilitation des professeurs émérites à diriger de nouvelles thèses…
    Merci.

    Sophie Perrin

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