La fourniture d’eau dans le Grand Lyon, business juteux et opaque de Véolia

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La société Eau du Grand Lyon assure la délégation de service public pour la fourniture d’eau depuis 2015 sur le territoire du Grand Lyon. Malgré son nom équivoque, c’est une filiale de Véolia à 100%. Une filiale qui rapporte beaucoup d’argent à la multinationale puisque Médiacités indique que ses bénéfices se sont élevés à 4,05 millions d’euros en 2016. Une somme toujours conséquente mais en baisse comme le révèle le média (sur abonnement) :

Une somme reversée dans sa quasi-totalité en dividendes aux actionnaires. Pas mal. Mais très peu comparativement aux années antérieures. Car à défaut d’avoir changé de délégataire, la métropole du Grand Lyon exerce une pression croissante sur lui. Au point d’avoir entraîné une chute du taux de rentabilité de Veolia. En 2016, il s’élevait à 6,1% avant impôt à comparer aux… 20 % de l’ancien contrat, signé en 1969 et qui a pris fin en février 2015.

Si les tarifs ont baissé de 23,9% sur le dernier contrat, le Grand Lyon n’a pas choisi de réintégrer l’eau dans une régie publique, estimant que cela coûterait 11 millions d’euros de travaux. Problème : les contrats de fourniture sont très chers pour les usagers (43,31 € par an en moyenne à Lyon contre 30,72 € à Rennes ou 5,17 € à Lille) et leur définition est totalement opaque. Ce sont en fait les entreprises qui en profitent, au détriment des particuliers. Pas très étonnant dans la ville de Gérard Collomb, mais quand même...

Premier souci : l’opacité de l’abonnement. « Nous ne savons pas précisément ce qu’il finance », déplore Jean-Louis Linossier, de l’Association des consommateurs d’eau du Rhône (Acer). Les partisans d’un retour à la gestion publique de l’eau regrettent que l’abonnement ne soit pas proportionnel à la consommation. Une usine ou un agriculteur paiera de ce fait moins cher son abonnement qu’un particulier, ce qui évite de faire peser une charge trop lourde sur des entreprises dépendantes de leur consommation d’eau. « L’abonnement sert juste à faire payer la facture des gros consommateurs par les petits », poursuit Jean-Louis Linossier.

Pour finir, une des subtilités du contrat de délégation de service public est qu’il rapporte du fric à Véolia mais que c’est la collectivité qui paye les investissements sur le réseau. C’est donc tout bénéf pour la multinationale. La négociation à venir (renégociation à mi-contrat) portera sur ces investissements, le prix payé par les usager·es ne sera pas au programme. Dommage. Dommage surtout que la question de la réintégration au service public, qui a fait ses preuves en termes d’efficacité économique dans d’autres villes, ne soit pas non plus au programme. Mais dans une ville où les élus ont fait vœu d’utiliser l’argent public pour aider les entreprises privées à s’enrichir, c’est le contraire qui aurait été étonnant...

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