Le centre LGBTI nous a radicaliséEs : revendication de l’action de recouvrement des vitrines du centre LGBTI dans la nuit du 14 au 15 juin

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La BIATCH, Brigade Insurrectionnelle Autonome des Tchoins Carrément Hétérophobe revendique l’action de recouvrement des vitrines du centre LGBTI de Lyon dans la nuit du 14 au 15 juin.

Cette action symbolique, sous forme de collage et de peinture sur les vitrines du centre LGBT de Lyon dans la nuit du 14 au 15 juin s’adresse au bureau du centre LGBTI qui est responsable d’une instrumentalisation de nos luttes. La plupart des associations qui tiennent leurs activités en son sein ne sont pas visées car il est pour elles leur seul moyen d’exister dans un système cis gay dyadique blanc et bourgeois. Par ailleurs, les actions de certaines de ces associations sont fondamentales dans les vies et les luttes des personnes queer/LGBTQI+

Au centre LGBTI, il n’y a pas de place pour l’expression et l’incarnation d’une radicalité. Terme qui, on le rappelle, signifie la déconstruction à la racine des oppressions. Cet état de fait a déjà poussé des personnes vers la porte de sortie et le refera surement encore.

Cela est dû à l’omniprésence de macronistes proches de Collomb au sein du bureau, on y notera également la présence d’un sympathisant du RN (ex-FN). Celleux de gauche sont écartéEs tandis que la porte est ouverte à la droite et l’extrême droite.
Partant de ça, la criminalisation des queers comme seule réponse à notre action n’est pas surprenante, pour sûr, elle est bien plus facile à imaginer qu’une remise en question.

Ci-dessous, le communiqué placardé sur les vitres sur centre LGBTI :

Il paraît que c’est LE grand moment pour quémander nos tous petits droits LGBTQI+. Ce fameux mois des fiertés tout marketé arc-en-ciel. Et quoi de mieux pour grappiller des droits ? Fréquenter the place to be : le centre LGBTI de Lyon. Mais pour ça, il faut être un gentil petit homo de 40 balais, blanc, cis, bien intégré, pété de thune ou qui y aspire, qui rêve de se marier avec son prince charmant et s’endetter jusqu’à la fin de sa vie pour une baraque à crédit.


J’ai donc tenté de me faire une place dans ce joyeux désastre mais j’avais au moins les privilèges d’être blanche et cis. On m’a alors autorisée à me réunir en non mixité entre gouines, la seule tolérée. Comme si les autres minorités (trans, pers. raciséEs, intersexes, handis, gros.ses...) n’étaient pas concernées par la matraque de l’Etat. Ah oui ! J’vous ai pas dit ? Au centre LGBTI on croit au racisme anti-blanc, on crie au « communautarisme » quand il s’agit de personne raciséE et/ou trans, parce qu’il faut surtout pas renverser l’ordre établi. Au centre LGBTI la non mixité pédé fait autorité.


Mais je ne suis pas au bout de mes surprises... J’apprends qu’au printemps dernier le videur fait du tri à l’entrée du centre, laissant des militantEs queers sur le pavé, venuEs interpeller des politicards en représentation à l’intérieur. Et vous imaginez bien que malgré leur prétendue ligne apolitique, s’ils protègent ces raclures à l’intérieur, c’est bien qu’ils ont quelques alliances à préserver. Ils ont choisi leur camp. Fashion politique. Toujours du côté du pouvoir.


Plus récemment, on me raconte qu’ils n’hésitent pas à siffler les keufs au secours dès qu’une personne LGBTQI+ s’éloigne des frontières de leur soit disant communauté. Et puis c’est vrai que l’histoire nous l’a prouvé, la police a toujours été du côté des minorités. Moi dans tout ça, je me suis retrouvée bien paumée au milieu de ces gays qui pourraient te regarder crever la gueule ouverte pour conserver leur place d’hommes-cis, blancs et bourgeois.


Et alors qu’est ce qu’on vend en parfaitEs consommateur.rices de cette société du spectacle et de loisirs ? Nous assommer à coup de techno pour nous faire danser comme des abrutiEs derrière un char aux couleurs pinkwashing.


Heureusement, je ne suis pas la seule à ne pas me reconnaître dans ce merdier qui vole toute la place. Maintenant j’ai trouvé mon crew. Mes copines trans, les folles, les grosses pédales, les camionneuses et toustes celleux qui rentrent pas dans vos cases, bien décidéEs à ne plus vous laisser capitaliser nos luttes.


Bref, le centre LGBT nous a radicaliséEs.

 

B.I.A.T.C.H.– (Brigade Insurrectionnelle Autonome des Tchoins Carrément Hétérophobe)

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