Plus de 2000 personnes à la manifestation lycéenne de jeudi 8 janvier 2009

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Le rendez-vous était pris à 11h00 place des Terreaux ce jeudi.
Dans toutes les têtes :
« Combien serons-nous après les vacances scolaires ? »
« La stratégie de pourrissement de Darcos a-t-elle fonctionné ? »
Finalement malgré les - 5°C plus de 2000 jeunes toujours super motivé-e-s sont venus pour manifester contre les réformes Darcos et et peut-être même plus.

Très vite le cortège s’ébranle en rang plus ou moins dispersé avant de se compacter de manière raisonnable dans la rue de la République. L’ambiance est détendue, mais combative. Peu de banderoles mais beaucoup de slogans de plus en plus radicaux d’une manif à l’autre.

Avec par exemple les traditionnels
« Darcos t’es foutu / La jeunesse et dans la rue ! »
« Lycéens en colère / Y en a mare de la galère ! »
mais aussi des
« Camarades lycéens / Il est temps de s’armer / Molotov et gros pavés / Nous allons tous carboniser ! »
« l’éducation ne payera pas votre crise ! »
« Donnez-nous du napalm / Les lacrymos ça fait pas mal ! »
« Des matraques pour tous / Ou pas de matraques du tout ! »
« Flics, porcs, assassins ! » (référence au désormais célèbre slogan grec)
« On est pas fatigué ! »
etc...

Le cortège prend de l’ampleur et de la vitesse pour arriver à Bellecour. Là-bas, les CRS bloquent l’accès à la place et le cortège s’arrête, avant de reprendre sa marche vers la place Antonin Poncet.
On comprend tous rapidement que le dispositif policier mobilisé est incroyablement disproportionné. A ce moment de la manif je compte 17 camionnettes de CRS devant le cortège ; 17 camionnettes à l’arrière du cortège ; une bonne quinzaines de camionnettes et de bus de CRS sur les quais du Rhône ; d’innombrable motos, voitures pour gérer la circulation ; et une bonne douzaines de voitures banalisées...
Il faut dire que le cortège est spontané, très mobile, et rapide. La manif n’était pas déposée et le parcours improvisé. Et puis la dernière manifestation qui avait fini place Jean Macé avait du surprendre plus d’un agent de la DCRI.

Après Bellecour on remonte les quais du Rhône laissant les CRS de tête s’engager sur le pont de la Guille... pour continuer tout droit (les cons ! Ils croyaient vraiment qu’on allait les suivre comme des moutons ?). Là, on bloque les routes autant que faire se peut (malgré les consignes des policiers qui nous invitaient à ne pas le faire). Puis on traverse à Cordeliers pour remonter le cours Lafayette puis l’avenue de Saxe. Enfin on arrive cours Franklin Roosevelt, on prend la rue Garibaldi en direction du sud pour arriver rue Deruelle. Là, la proximité du centre commercial de la Part-Dieu fait que la police se tend significativement.

Changement d’ambiance, des dizaines et des dizaines de CRS protègent toutes les entrées du centre commercial de la Part-Dieu, ainsi que le pont. Après s’être pris une bouteille sur la gueule les CRS s’équipent de leurs casques. On craint l’attaque, mais le cortège continue d’avancer. Petite confusion à ce moment.

CRS

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La Part-Dieu le 08/01/09 (manif lycéenne)

Le long du centre commercial, rue Deruelle puis rue boulevard Vivier-Merle, les manifestants bloquent les routes et les voies de tram et se font plus mobiles au milieu des groupes de CRS qui protègent les entrées du centre commercial. Arrivée en face de la gare une partie des lycéens s’engagent sous la trémie de la rue Servient, mais la queue de cortège prend la direction inverse et se dirige vers la gare ! La tête cortège revient sur ses pas et prend également la direction de la gare. Des dizaines de CRS affluent en courant pour protéger les entrées de la gare. Scène cocasse de CRS et de lycéen-ne-s qui courent sans se courir après les uns les autres, en cherchant à arriver les premiers. Mais des CRS déjà présents dans la gare en bloquent l’accès. La tentative d’« invasion » de la gare échoue faute de rapidité.

Quelques minutes d’insultes et les CRS restés sur le boulevard s’engagent dans la partie sud de la place, bloquant les sorties. De l’autre coté le même schéma se reproduit et quelques centaines de lycéen-ne-s sont bloquées sur la place, encerclé par une centaine de CRS qui empêchent toute sortie. La peur commence à envahir les rangs de manifestant-e-s. Les CRS n’ont pas l’air de vouloir simplement bloquer les sorties : il en arrive de plus en plus. A noter que de nombreu-se-s lycéen-ne-s sont parvenu-e-s à franchir les barrages de CRS par touts petits groupes ou en se faisant passer pour des « civil-e-s » non-manifestant-e-s. Après quelques affrontements, un groupe de lycéen tente de franchir de force le barrage et est violemment repoussé à coup de matraque et de gaz lacrymo. La matraque d’un CRS vole une dizaine de mètres plus loin : le jeune homme (un lycéen ?) qui la ramasse est aussitôt et violemment interpellés par la BAC. Aucune réaction des quelques 400 lycéen-ne-s au milieu desquels se produit l’arrestation. On compte alors trois arrestations pour « l’épisode de Part-Dieu ».

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Les flics encerclent des manifestant-es devant la gare. le 08/01/09

La situation stagne à cet endroit. Il semble que petit à petit les lycéen-ne-s arrivent à partir. Après une quinzaine de minutes, un petit cortège d’environ deux cents personnes se reforme et avance en direction des Brotteaux. Les slogans continuent à fuser. Le cortège se ballade dans une bonne partie du 6e arrondissement et, sachant qu’il ne se ferait pas charger (parole de flic !) s’il n’y avait pas de casse, le cortège en profite pour jouer au chat et à la souris avec les motos, les camionnettes de flics et la BAC, en tournant constamment et au dernier moment dans des petites rues, des sens interdits, etc... Pour une fois les bourges du 6e on pu voir ce qu’était une manif en bas de leurs fenêtres. Arrivé à Foch, le cortège croise entre 50 et 100 CRS suréquipés qui se mettent à le suivre sur son côté... Scène surréaliste où l’on a vraiment l’impression que les CRS manifestent avec les lycéen-ne-s...

Les lycéen-ne-s arrivent sur la Presqu’île et s’engagent dans la rue du Puits Gaillot (appellation locale : rue des kebabs), toujours accompagnés des CRS. Seul 150 lycéen-ne-s arrivent place des Terreaux encadrés par pas loin de 100 CRS/Baceux suréquipés. Des voitures banalisées sont stationnés face à l’opéra, devant les grilles de l’hôtel de ville de Lyon.

Arrivant à Terreaux, les lycéen-ne-s ont commencé par s’asseoir sur la place histoire de se reposer un peu : est-il utile de rappeler qu’ils-elles marchaient depuis trois heures ?

Les CRS abondaient dans la rue des kebabs et les observent sans rien tenter, dix fois plus nombreux qu’eux-elles.

Cinq minutes passent avant qu’un intrépide ne suggère d’aller s’asseoir sur la route, histoire de finir cette manif en beauté. Les lycéen-ne-s adhèrent à l’idée et vont s’installer sur la rue perpendiculaire à celle d’Edouard Herriot (rue Joseph Sorlin ?). A ce moment, ils et elles sont environ une cinquantaine.

Les flics ordonnent très vite aux voitures engagées de reculer et bloquent la circulation. Puis une dizaine de bacqueux, qui avaient déjà suivis les lycéen-ne-s pendant toute la manif, se postent en face d’eux-elles, bientôt rejoints par les CRS.

Là, les lycéen-e-s commencent à organiser la résistance : des bouteilles de bière vides et des oeufs circulent de main en main, tout le monde se tient prêt-e. Des flics en civil qui semblent commander le peloton viennent nous parler : « Si vous restez là, on charge ». Bien sûr, ils se font refouler. Quelques minutes après, les CRS chargent. Les bouteilles et les oeufs sont balancés en toute hâte et tout le petit monde s’éparpille à travers la place : certain-e-s se précipitent au musée des Beaux-Arts, dans les rues adjacentes, vers la Croix-Rousse, …

Les bacqueux se jettent sur tout ce qu’ils peuvent atteindre et font de violentes arrestations. Ils matraquent une fille jusqu’au sang et les tirs de flash-ball fusent.

Rassemblement devant le commissariat central de Marius-Berliet :

"Là-bas, des flics (les mêmes qui avaient voulu négocier notre départ à Terreaux) viennent à notre rencontre et nous demandent ce que nous voulons. On répond qu’on veut savoir, entre autres, les noms de nos camarades inculpé-e-s. Les flics prétendent que, si nous restons bien sages (c’est à dire sans crier de slogan haineux envers les gardiens de la paix), nous aurons des nouvelles d’eux/elles.

Dans le doute, on décide de rester tranquille. Au bout d’un quart d’heure, étant désormais sûr-e-s qu’ils nous prenaient pour des cons, on essaie de soutenir nos camarades en gueulant au mégaphone vers les fenêtres du comico, et en invectivant les flics : « Un flic, une balle, un juge une rafale ! Justice sociale », etc. Dans le cas où nos camarades nous entendraient, on récapitule aussi par mégaphone les droits qu’ils ont en garde à vue.

A un moment, les flics en civil sont revenus et ont dit qu’aucun-e de nos camarades n’avait été blessé-e, qu’ils étaient tou-te-s en excellente santé. Foutez-vous de nos gueules : de nombreux témoins ont vu la fille par terre, la tête en sang."

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Un horizon bleu et blanc... manque plus que le sang !
Devant l’opéra de Lyon ; une file de camionnettes de CRS le 08/01/09

Ce qu’on peut retenir :
Vu le froid et l’absence de tout syndicats c’est quand même un grand succès que d’avoir mobilisé tant de monde. On sait que « traditionnellement » ça met toujours un peu de temps pour qu’une mobilisation reparte après des vacances scolaires (ce qui n’est pas le cas aujourd’hui). Les manifestant-es on fait preuve de pas mal de maturité en se couvrant très souvent le visage, en choisissant la mobilité (par exemple en prenant des sens-interdits), en ne provoquant pas la police là où le rapport de force était en faveur des keufs... D’ailleurs si il faut à chaque manif lycéennes mobiliser autant de flics, Lyon risque de ressembler tout le printemps à une dictature policière (enfin, de manière visible je veux dire).
Reste quelques questions stratégiques à régler...
Comment prendre de court des dispositifs policiers de cette ampleur ?
Ne doit-on pas trouver un terrain qui nous soit plus propice que de grands axes dans le 6e ?
Ne doit on pas multiplier les actions d’occupations et de blocages (gare, périph’, tram...) ?
Et pour les tenté-es de l’émeutes, des horaires plus convenables ?
Surement plein d’autres pistes à ouvrir, creuser, imaginer...

Continuons le combat !

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  • Le 14 janvier 2009 à 12:03

    Bravo ! il faut se coordonner sans tomber dans le piège de la bureaucratie qui a tué (entre autre) le mouvement contre la LRU...

    Pensez vous faire simplement une coord lycéenne ? ou pensez vous à terme ouvrir ces coordinations à d’autres (étudiants, précaires, chômeurs) afin de créer des assemblées populaires de jeunesses pour commencer ? Puis pourquoi pas faire des assemblées populaires tout court...

    Y a beaucoup de jeunes qui sont déjà plus dans le système scolaire mais qui ont envie de se battre pour leur avenir...

  • Le 13 janvier 2009 à 21:08

    J’ai également participé aux nombreuses et récentes manifs et y ai trouvé un vice d’organisation :
    - nous sommes lycéens, nos seuls jours non ouvrables sont les week-end. Autant manifester ces jours là.
    - d’autant plus que c’est exactement le week-end que la population vide son porte-feuille à travers les rues et rempli ceux des FMN et qu’elle est la plus détendue, ouverte et sensible aux questions politiques.
    - une manifestation syndicale est fixée, pour sa date, par des non-lycéens, la date la plus évidente n’est alors pas forcément le week-end. Mais quand il s’agit d’une manifestation lycéenne, le mieux serait se week-end, l’effectif de manifestant serai surement doublé.
    - pourquoi s’obstiner sans cesse à manifester le jeudi ? chaque semaine ce sont les mêmes cours qui sautent ; je suis en terminal, comme beaucoup de manifestants, si je lutte c’est pour protéger une éducation déjà faible, comme beaucoup de manifestants. Autant lutter en évitant de saccager une année de lycée...
    Je pense ne pas être le seul confronté à ce problème, signalez-le si vous l’êtes aussi, c’est dans la coordination, qu’on se comprend, se lie, devient cohérent et plus fort face à un Léviathan surpuissant.

  • Le 13 janvier 2009 à 19:28, par CharlieditNON

    Oui, encore une fois, même heure et même endroit :

    Jeudi 15 Janvier, 11h place des Terreaux

  • Le 13 janvier 2009 à 18:55

    Création d’une Coordination Lycéenne d’Ici et d’Ailleurs

    Dans toute la France, les lycéen-ne-s s’organisent de manière autonome et les actions se multiplient..
    Samedi 10 janvier, nous, lycéen-ne-s de Grenoble, Lyon, Dijon, Ambérieu, nous sommes réunis afin de partager nos expériences, de construire une stratégie commune, d’organiser ensemble nos actions.
    Il nous semble très interessant de poursuivre cette initiative et lançons un appel à tou-te-s les lycéen-ne-s enragé-e-s des autres villes.
    La prochaine réunion aura lieu, le samedi 24 janvier à partir de 10h, à Lyon, à la Plume Noire (19, rue Pierre Blanc
    69001 Lyon)

    Les lycéen-ne-s présent-e-s à la Coordination Lycéenne d’Ici et d’Ailleurs

  • Le 12 janvier 2009 à 16:03

    Il y a t-il une nouvelle manifestation prévue à Lyon ce jeudi 15 janvier ?

  • Le 12 janvier 2009 à 15:11

    Tout d’abord bravo aux lycéens de continuer à se mobiliser et à manifester malgré la repression.

    Je me pose quand même une question. Pourquoi continuer à bloquer les voix de bus quand on est plus qu’une petite centaine (d’après l’article) quand en face il y a des centaines de flics qui quadrille le quartier. Je dis ça car il me semble important de savoir juger d’un rapport de force... Si à chaque manif lycéenne il y a des 10n d’arrestations (surtout des plus motivés) ça va être dur de continuer longtemps.

    Précision : je trouve ça très bien de bloquer les voix et les flux, tout comme je pense qu’une des solutions pour gagner face à ce gouvernement qui ne comprend que la force, c’est les manifs sauvages et dans certain cas l’affrontement. Mais il est important d’être « tactique » et quand le rapport de force n’est pas en notre faveur il vaut mieux s’abstenir que de se faire arréter/ficher/justice...

    Sans compter que du coup y a la caisse de solidarité qui dépense beaucoup d’énergie pour soutenir les inculpés. Et en plus quand on a une condamnation avec mise à l’épreuve, en général on se calme pour les années suivantes ; hors on a besoin de toutes les énergies...

    Bon c’est juste quelques remarques comme ça, je veux pas non plus donner des leçons... Chacun fait ce qu’il veut. Mais y a des petites brochures intéressantes qui circulent sur le net ou ailleurs... A lire il me semble.

    A bon entendeur, salut !

  • Le 12 janvier 2009 à 13:14

    La police intervient au lycée Victor-Hugo à Marseille

    ÉDUCATION. Les lycéens bloquaient l’entrée ce lundi matin, la proviseure du lycée Victor-Hugo a appelé la police, qui a dégagé l’accès et interpellé un élève, ensuite relâché. Du coup, le lycée est vide, les élèves font grève, les enseignants sont en colère. Et la proviseure se désespère : « Il n’y a pas cours depuis sept semaines. C’est l’impasse. Ils ont vraiment besoin de retourner au boulot. »
    Lire la suite

    « Les enseignants du lycée Victor Hugo s’élèvent vivement contre l’intervention policière de ce matin, indique l’intersyndicale SNES-SUD-CGT, dans un communiqué. Un élève a été interpellé, menotté et amené au commissariat, puis relâché après intervention de deux enseignants. Les élèves [...] ont décidé de ne pas reprendre les cours. Les enseignants réunis en AG réfléchissent à la suite à donner. »

    La police était déjà intervenue vendredi, à l’appel de Michèle Tribalat, la proviseure, qui s’inquiète : « Depuis le 26 novembre, le lycée est bloqué. Avec les vacances, cela fait plus de sept semaines…C’est triste, désespérant et dramatique. »

    Selon elle, les lycéens « voudraient entendre le mot retrait » de la réforme lycéenne, qui a juste été reportée.

    « On va peut-être reprendre le mouvement », assure une lycéenne, Anne Pambou. Selon elle, le blocage n’a été que partiel depuis sept semaines : "On est allés en cours, notamment avec des enseignants qui allaient travailler à la fac juste en face."

    Mais la lycéenne l’assure : « S’il le faut, on continuera à bloquer jusqu’à la fin de l’année scolaire. On veut qu’on enlève la réforme et les suppressions de postes d’enseignants. »

    En attendant, le lycée est vide d’élèves.

    "Avant, ils ne rentraient pas car c’était bloqué. Maintenant, ils ne rentrent pas car la police est intervenue, constate la proviseure. Il est temps que tout le monde se remette au boulot. Mais quoi que je fasse, ça ne satisfera personne."

    Incidents à Saint-Lô avant la visite de Sarkozy

    Le chef de l’Etat, accompagné de Xavier Darcos, se rend dans la Manche pour présenter ses vœux aux enseignants. Les syndicats ont appelé au boycott de l’événement.

    Des heurts se sont produits lundi 12 janvier en fin de matinée à Saint-Lô, entre policiers et manifestants empêchés de rejoindre les abords de l’école que Nicolas Sarkozy devait visiter avant ses vœux à l’éducation.
    Une vitrine d’un magasin de vêtements du centre-ville, où plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés selon la police, a été brisée dans une bousculade, et des gaz lacrymogènes ont été lancés par les forces de l’ordre.

    300 à 400 manifestants

    Aux abords de l’école Calmette et Guérin où le président doit assister à une séance de soutien scolaire dans un quartier périphérique de Saint-Lô, 300 à 400 manifestants ont pu se rassembler dans le calme.
    "De l’argent pour l’éducation ça fera moins de gens en prison", "Non à la fin des Rased (Réseaux d’aides spécialisées aux enfants en difficulté, ndlr)", scandaient les manifestants en utilisant également des sifflets.
    Quelque 2.000 manifestants au total, selon la police, étaient rassemblés vendredi matin à Saint-Lô.

    La réforme des lycées

    En fin de matinée, Nicolas Sarkozy doit se rendre à l’école élémentaire publique Calmette-et-Guérin. Une rencontre à huis-clos avec les enseignants y est notamment prévue.
    Le président prononcera ensuite une allocution, au centre culturel Jean-Lurçat, pour présenter ses vœux à l’ensemble des personnels de l’éducation nationale.
    Lors de cette allocution, il devrait notamment insister sur la réforme des lycées. Face à la grogne croissante dans les lycées et compte tenu du contexte général de crise, de malaise de la jeunesse, Xavier Darcos avait décidé le 15 décembre de reporter d’un an cette réforme.
    Il avait indiqué vouloir "repartir de zéro" et lancer une vaste concertation sur le sujet.

    "Je ne comprenais pas la réforme"

    Le président Sarkozy a plusieurs fois affirmé que cette réforme se ferait et que le texte n’était "pas enterré". "Je ne comprenais pas la réforme (...) J’ai préféré qu’on l’arrête et qu’on la reprenne sur de bonnes bases", a-t-il confié récemment à quelques journalistes.
    Jeudi, les lycéens ont de nouveau manifesté contre la réforme. Ils étaient toutefois moins nombreux (près de 7.000 dans vingt-six villes) que le 18 décembre dernier (127.000 à 160.000).
    Les organisateurs ont parlé d’un "tour de chauffe" avant d’autres mobilisations, le 17 janvier.
    Les lycéens craignent surtout les suppressions de postes. Xavier Darcos a dit que la réforme n’entraînerait pas de dégradation du taux d’encadrement des élèves. "Les élèves de lycée ne verront aucune différence à la rentrée prochaine", a-t-il affirmé.

  • Le 11 janvier 2009 à 11:48

    Jeudi 8 janvier un tour de chauffe…

    Nous, lycéens de 31 lycées, réunis en coordination région parisienne, restons mobilisés contre les réformes Darcos et la casse de notre éducation. Malgré le report d’un an de l’application de la réforme annoncé par Darcos, le premier ministre, François Fillon, a réaffirmé la volonté du gouvernement de mettre en place « l’ensemble des réformes ». Pour nous le problème reste donc entier.

    La réforme du lycée de Xavier Darcos prévoit : la casse du bac national : avec la mise en place du bac à la carte, seul un socle commun minimal subsistera. En fonction des options choisies et en fonction du lycée d’origine, le bac n’aura pas la même valeur d’un lycéen à l’autre. Il s’agit là, de dégrader le contenu de nos diplômes et des casser les garanties collectives des futurs salariés. la mise en concurrence des lycées entre eux et l’ouverture aux financements privés : la réforme instaure une autonomie financière des établissements. En réalité, cela signifie que l’Etat, pour faire des économies, financera moins notre éducation. Seuls les meilleurs lycées bénéficieront des moyens publics pour développer un enseignement de qualité. Les autres seront obligés de chercher des financements auprès des entreprises privés. Les entreprises auront ainsi un contrôle sur le contenu de l’enseignement et de nos diplômes.

    La réforme des BEP/Bac pro prévoit : la suppression des BEP : le BEP est un diplôme, délivré après 2 ans de formation, donnant une qualification reconnue sur le marché du travail. En supprimant les BEP, des milliers d’élèves quitteront le système scolaire sans aucune qualification. Ils seront donc des salariés d’autant plus précaires. le passage des bacs pro en 3 ans : avec le parcours BEP puis bac pro, la durée de formation était de 4 ans. La réforme réduit cette formation à 3ans, c’est-à-dire moins de temps pour une formation de moins bonne qualité.

    L’objectif du gouvernement est clair : casser nos diplômes, réduire nos garanties collectives de futurs salariés, soumettre le contenu de nos formations aux besoins immédiats des entreprises. Ils veulent faire de nous une future main d’œuvre précaire et corvéable à merci.

    Par ailleurs, le gouvernement continue la rigueur budgétaire et les suppressions de postes. 11200 postes supprimés l’an dernier, 13500 prévus pour l’an prochain et 85000 d’ici 2012. Nous réclamons le rétablissement de tous les postes supprimés et l’embauche de tous les personnels nécessaire dans l’éducation.

    Pour imposer ces contre-réformes, le gouvernement utilise la répression administrative et policière contre ceux qui contestent. Ca ne peut plus durer !

    Aujourd’hui plusieurs millier de lycéens ont manifesté dans toute la France. Nous appelons l’ensemble des lycées à rester mobilisés jusqu’au retrait total des réformes Darcos.

    Nous refusons :
    - la casse du bac national
    - la suppression des BEP
    - les financements privés
    - les suppressions de postes

    Nous exigeons :
    - le retrait total des réformes Darcos
    - la démission de Darcos
    - Arrêt immédiat de la répression policière et administrative à l’encontre des lycéens mobilisés

    …pour préparer une mobilisation d’ensemble !

    Nous appelons l’ensemble des lycéens à se réunir en Assemblées Générales, à se mettre en grève et à manifester jeudi 15 janvier.

    Pour faire céder ce gouvernement, nous savons que nous devrons être massif. Nous avons besoin de toutes les forces. C’est pourquoi, nous appelons les enseignants et les étudiants à rejoindre le plus rapidement possible la mobilisation, les réformes en cours s’inscrivent dans une casse générale de l’ensemble de l’éducation.

    Dès maintenant, nous préparons la journée du 29 janvier comme pouvant faire converger notre mobilisation avec celle de l’ensemble des salariés.

    Pour continuer à étendre la mobilisation lycéenne à l’échelle nationale et pour nous structurer, nous appelons à la tenue d’une première coordination nationale le dimanche 18 janvier à Paris.

  • Le 9 janvier 2009 à 13:45

    et la version vidéo de Lyon Capitale...
    http://www.lyoncapitale.fr/index.php?menu=01&article=6989

  • Le 9 janvier 2009 à 10:17
  • Le 8 janvier 2009 à 22:33, par Dobin

    Je voudrais réagir par rapport à l’horaire de cette manif’. Je me sens concerné et j’ai déjà fais plusieurs manif’ depuis le début de l’année scolaire mais il est vrai que je tiens aussi à la réussite de mon éducation (enfin ce qu’il en reste...) et donc j’ai résisté à participer a la manif’... Le 17 y’a une manif’ et c’est samedi, je pense que y’aura du monde (en plus y’a moyen de faire du bruit, jour de soldes à la part-dieu...). Enfin tout cela pour dire que je pense ne pas être le seul a espérer des horaires plus « convenables » pour aller « cracher nos poumons » dans la rue. Sur ce, à Bientôt

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