Retour sur la manifestation Anti-Corrida à Rodilhan (Gard)

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La ville de Rodilhan, située près de Nîmes, organise comme chaque année un spectacle basé sur la domination et la mise à mort d’animaux. Cette année, le dimanche 27 octobre, une manifestation Anti-Corrida est venue perturber ce « divertissement » (sic) macabre.

En 2011, des militant·e·s anti-corrida du CRAC (Comité Radicalement Anti-Corrida) se sont introduit·e·s et enchaîné·e·s au milieu de l’arène pour empêcher ce massacre.

La réponse des aficionados (passionnés de corrida) a été d’une extrême violence. Ils ont roué de coups les militant·e·s au sol et les ont attaqué avec un puissant jet d’eau en se positionnant très proche des visages. Près d’une vingtaine d’afioc’ ont été jugés et condamnés pour ces actes violents, dont le Maire de la ville, Serge Reder, qui s’en tire avec une amende de 1500 euros.

Depuis ce jour, à Rodilhan, une grande opposition militante anti-corrida s’est formée et elle se mobilise chaque année par centaines pour empêcher ces mises à morts et faire entendre la voix des opprimé·e·s.

Le rendez-vous est donné dimanche 27 octobre à 9h au gymnase de Rodilhan.

Cette année environ 500 militant·e·s anti-corrida sont venu·e·s manifester, et 200 gendarmes ont été mobilisés ainsi que 1 hélicoptère et 2 drones, plusieurs camions anti-émeutes et des barricades.

Toute la ville était bouclée et le périmètre autour de l’arène était complètement cadenassé.

Les voitures sont fouillées et invitées à rester garées dans un périmètre restreint près du gymnase. Personne n’échappe au fichage de masse et aux fouilles. Les gendarmes procéderont même à une seconde fouille alors que le cortège a commencé à s’élancer.

La manifestation débute par une déambulation dans cette ville qui semble désertée. Les « Basta Corrida » donnent le rythme. Au bout de quelques mètres, la marche est interrompue sur un pont à quelques pas de l’arène par une barrière anti-émeutes soutenue par un camion blindé. Les esprits s’échauffent, la colère monte. Les manifestant·e·s tapent sur les grilles pour se faire entendre, et essaient d’exercer une pression sur celles-ci. La gendarmerie bien abritée derrière leurs camions n’attend pas et commence à gazer la foule moins de 10 min plus tard. La résistance ne se fit pas attendre et des manifestant·e·s affrontent les forces de l’ordre en renvoyant les palets lacrymogènes ou en jetant des pierres.

Face à un tel usage de la violence de la part des FDO, une centaine de manifestant·e·s quittent déjà les lieux. D’autres resteront en arrière pour observer et soutenir de loin. Plusieurs iront chercher un moyen de contourner ce pont. Mais le périmètre imposé par les FDO est impénétrable, ne laissant aucune autre initiative d’action.

Plusieurs heures passent. Les blessé·e·s par grenade de désencerclement et excès de gaz lacrymogène se multiplient. Les équipes de street-medics sont présentes pour leur venir en aide.

Les affrontements avec les FDO dureront jusqu’à 17h30.

Vers 18h la plupart des militant·e·s quittent les lieux après une grande journée de mobilisation qui a commencé vers 9h. La nuit tombe et les militant·e·s qui reste décident de faire un couloir de la honte aux aficionados qui vont sortir de la corrida.

Bilan :

Au programme de la Ve République toujours une régression du droit de manifester et des droits des journalistes indépendant·e·s. Je me suis fait interpellé deux fois, dont une au début de la manifestation pour avoir osé filmer un gendarme à coté de son véhicule. Le même baratin que d’habitude :

Carte de presse ? T’es pas journaliste ? Si tu en as pas, montre-moi les photos et
éteins ton appareil, t’as pas le droit de me filmer.

L’État et la municipalité a protégé les intérêts de bourgeois pervers et sadiques, en déployant les grands moyens pour ne pas gâcher la fête. Les militant·e·s anti-corrida, comme une grande partie de la lutte animaliste, subissent une répression acharnée pour leur combat éthique et/ou morale.

Des nombreux·ses blessé·e·s par des éclats de grenade/coup de matraque/lacrymogène, ainsi que 1 blessée par un aficionado qui a volontairement percuté des street-medics qui regagnaient leur véhicule après la manifestation (entorse à la cheville et contusions multiples).

Plusieurs habitant·e·s sont sorti·e·s de chez elleux pour nous apporter leur soutien.

Un grand bravo à toustes les militant·e·s, ainsi qu’aux personnalités et associations influentes médiatiquement qui sont venues.

Comme nous le disons si souvent : Ni Oubli Ni Pardon.

[LOU et CAPUCHE]

La suite à lire sur : https://lenumerozero.lautre.net/Manifestation-ANTI-CORRIDA-a-Rodilhan

P.-S.

Un reportage sortira prochainement sur cette journée sur Le Gueuloir : https://www.facebook.com/legueuloirjournal
Lire le communiqué du CRAC : https://www.anticorrida.com/lettre/rodilhan-gard-manifestation-anti-corrida-le-27-octo
Vidéos, photos et témoignages sur la manifestation : https://www.facebook.com/events/1069711899885395

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