Une étudiante condamnée à de la prison avec sursis pour avoir dénoncé son refus de thèse sur l’inceste

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Résultat du procès de Sophie Perrin.

Université : étudiante condamnée à la prison avec sursis pour avoir dénoncé publiquement son refus de suivi de thèse sur l’inceste

Ce lundi 11 juin, la 8e chambre du tribunal correctionnel de Lyon a condamné Sophie Perrin, salariée étudiante en reprise d’étude syndiquée CGT, à 2 mois de prison avec sursis, avec mise à l’épreuve pendant 18 mois et obligation de soin (l’expert ayant diagnostiqué un « délire à caractère revendicatif »(sic)) pour « appels et sms malveillants ». Par ailleurs, elle a été condamnée à verser 500 euros de dommages et intérêts à sa co-directrice de recherche, 1 euros à l’université Lyon 2 et 500 euros au titre des frais de justice.

Cette condamnation est un déni de justice supplémentaire pour Sophie, en plus de son éviction du doctorat et de l’interdiction d’accéder au campus de Lyon 2 qu’elle subit depuis plus de 18 mois maintenant".

Nous demandons la réhabilitation de Sophie dans et en dehors de l’université

Comité de soutien à Sophie Perrin

L’appel interorganisations pour l’audience du 14 mai dernier, ainsi que tout l’historique via les autres articles à ce sujet sur rebellyon, sont accessibles ici :
http://educationcgtlyon.ouvaton.org/spip.php?breve630
http://rebellyon.info/Lyon-2-du-droit-a-l-education.html

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  • Le 14 juin 2012 à 00:30, par Sophie Perrin

    Bonjour,

    Je remercie vivement toutes les personnes qui sont venues participer au repas de soutien devant le tribunal de 12h30 à 14h : vous avez rendu supportable, par cette présence, ce moment, dont je savais qu’il risquait de se terminer par ce type de verdict (vu le déroulement de l’audience du 14 mai dernier).
    Si j’y avais été seule, cela aurait été un moment effroyable, tandis que là, je garde surtout le souvenir des discussions autour de la table, pendant cette grosse heure, entre personnes qui ne se connaissaient pas car participant de réseaux militants différents, puis l’arrivée du gros des « troupes » à l’heure du café, avec affiches puis drapeaux.
    Bien sûr j’ai la cervelle un peu en compote après ce verdict, un peu comme si j’avais reçu un uppercut mental, mais votre présence l’a amorti, un peu comme un pao aurait amorti un uppercut - et ceux.celles qui pratiquent un sport où l’on utilise pao et poings comprendront bien combien c’était très important, ces présences.

    Donc encore merci aux présents !

    Participant.e.s à la discussion autour du bout d’gras (et à sa constitution) : des membres de la JCML, une militante de l’appel « pas de justice, pas de paix » de Paris (http://pasdejusticepasdepaix.wordpress.com/), la vice-présidente de ni putes ni soumises venue à titre personnel, en pique nique autour de la table avec l’affiche « relaxe pour Sophie Perrin, coupable d’avoir voulu faire une thèse sur l’inceste » .
    Arrivées à l’heure du café : des personnes individuellement (avec des affiches « liberté d’expression - contre la censure »), ma section CGT du boulot massivement, et des camarades de la CGT éduc’action avec 2 drapeaux CGT bien visibles.

    Au total, dans la salle, lors du rendu du verdict, il y avait une quinzaine de personnes pour moi. La juge a conclu - restant d’apparence impassible devant mon regard noir de colère résolument fiché dans le sien - « et si vous ne respectez pas ces obligations, eh bien vous irez en prison ».

    Mais sait-elle combien c’est devenu banal et normal, depuis quelques années, d’aller en prison, quand on est militant.e dans cette ville ?
    Cela ne me fait pas plus peur que les autres mauvais traitements que j’ai subis depuis les 2 ans que dure maintenant ma stigmatisation par l’université Lyon 2 via son service juridique. En outre, 2 mois, c’est court, à côté de 18 mois d’opprobe...

    Une obligation a d’ailleurs été oubliée dans le communiqué ci-dessus, fait dans l’urgence après le verdict : ne plus entrer en relation avec Madame Marie-Carmen Garcia, mon ex co-directrice de mémoire de master 2. Chose que j’ai faite de ma propre initiative depuis un an déjà, depuis le 24 juin 2011 précisément, date où j’ai reçu mon déferrement au tribunal et son motif : « sms et appels téléphoniques [présumés] malveillants » envers cette personne.
    C’est en effet à ce moment, que j’ai appris qu’elle était parmi les 4 profs qui ont été auditionnés, et que de plus, alors qu’elle n’avais jamais rien répondu à mes sms de détresse suite à mon éviction de Lyon 2, elle les avait collectionnés pour les transmettre à la présidence en vue de la procédure pénale à mon encontre. J’ai donc, à ce moment là, compris que toute communication avec elle était transformée en volonté de lui nuire de ma part. J’ai donc décidé d’éviter, au maximum, toute interaction.
    _Et au final, c’est moi, qui suis malveillante : la justice l’a dit.
    J’apporterai ultérieurement des précisions notamment sur l’expertise psychiatrique et l’analyse qui peut en être faite (expertise dont moi et mon avocat avons eu connaissance le matin de l’audience !), quand j’aurai un peu accusé et digéré le coup de ce verdict infamant.

    PS : écrivez à Samir, la fin de son courrier paru en une de Rebellyon est réellement inquiétante, et de « petits riens » tel un courrier reçu peuvent beaucoup pour l’aider à continuer à espérer et tenir le coup. J’insiste.
    _

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