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1er avril 1802 : Napoléon envoie des troupes militaires en Guadeloupe pour mater les vélléités autochtones...

Publié le 1er avril

Maj le 16 février 2009

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Guerre pour le rétablissement de l’esclavage en Guadeloupe

En Guadeloupe, la première déclaration d’abolition de l’esclavage par la Révolution de 1789 libéra les luttes d’un peuple jusque-là durement opprimé. La période 1789 - 1802 fut marquée par une grande effervescence sociale et l’apparition de leaders tels que Delgres, Ignace... qui combattirent pour la liberté et moururent pour elle.

Le 1er avril 1802, une expédition de 3 410 hommes, commandée par le général Richepance, appareillait de Brest.

Le 1er avril 1802, une expé­di­tion de 3 410 hommes, com­man­dée par le géné­ral Richepance, appa­reillait de Brest. Elle com­pre­nait des sol­dats aguer­ris et quel­ques-uns de ceux qui devien­dront les meilleurs offi­ciers de Napoléon. Après avoir imposé sa loi aux monar­ques d’Europe et colo­nisé l’Egypte, la France lan­çait sa plus grande expé­di­tion mari­time pour briser la volonté d’indé­pen­dance des Antillais. L’épopée Delgres, c’est une page de la résis­tance du peuple gua­de­lou­péen et un cha­pi­tre peu connu de l’his­toire napo­léo­nienne.

Connaître ce qui suivit...

Ròt Kozé a publié la péti­tion inter­na­tio­nale de la Guadeloupe, Martinique, Haïti, Guyane, Réunion, concer­nant la ré-appro­pria­tion par les peu­ples de ces pays de la vérité his­to­ri­que et cultu­relle de leur région.

Le 28 mai 1802, soit 8 ans après avoir été aboli par la Convention, l’escla­vage est réta­bli en Guadeloupe après de vio­lents com­bats. En cette même année l’armée de Napoléon tente en vain de réta­blir l’escla­vage en Haïti. En Guyane l’abo­li­tion de 1794 est abro­gée en 1802, tandis que la Martinique rede­vient colo­nie fran­çaise après une occu­pa­tion bri­tan­ni­que, et donc une conti­nuité du sys­tème imposé au peuple noir déporté d’Afrique par les puis­san­ces escla­va­gis­tes euro­péen­nes aux Amériques.

En Guadeloupe, diri­gés par le Commandant Joseph IGNACE (né à la Guadeloupe) et le Colonel Louis DELGRES (né à la Martinique), des mili­tai­res noirs aidés par la popu­la­tion gua­de­lou­péenne, résis­tè­rent héroï­que­ment pen­dant près d’un mois à 4.000 mili­tai­res fran­çais envoyés par Napoléon Bonaparte pour réta­blir l’escla­vage en Guadeloupe. A leur tête, deux hommes, les géné­raux Richepance et Gobert qui n’hési­tè­rent pas à éliminer près de 6.000 Guadeloupéens (morts aux com­bats, pendus, fusillés et dépor­tés), soit 6 % de la popu­la­tion gua­de­lou­péenne de l’époque.

Aujourd’hui, 200 ans après, Napoléon Bonaparte, les géné­raux Gobert et Richepance, direc­te­ment res­pon­sa­bles de ce crime contre l’huma­nité, repo­sent en paix res­pec­ti­ve­ment aux vali­des, au cime­tière du Père Lachaise à Paris en France et au fort Delgrès en Guadeloupe. A l’inverse, nos aïeux, mar­tyrs de la guerre anties­cla­va­giste de mai 1802 en Guadeloupe n’ont tou­jours pas de tombes ! Il est aujourd’hui de notre devoir à nous, leurs arriè­res peti­tes filles et petits-fils, de res­ti­tuer l’hon­neur, la dignité et l’huma­nité de femmes et d’hommes qui se sont battus pour notre Liberté. Il est de notre devoir de remet­tre « les choses à leur place ».

C’est pour­quoi :

‑ Matouba et Baimbridge en Guadeloupe, lieux où péri­rent Delgrès, Ignace et leurs com­pa­gnons d’armes, doi­vent enfin deve­nir des lieux sacrés. ‑ Les restes et sym­bo­les d’apo­lo­gie du crime que furent les mas­sa­cres de mai 1802 en Guadeloupe et le réta­blis­se­ment de l’escla­vage des Noirs aux Amériques doi­vent dis­pa­raî­tre à tous jamais de nos ter­ri­toi­res.

En effet, aucune com­mu­nauté humaine ne peut vivre har­mo­nieu­se­ment lorsqu’elle accepte de garder dans sa terre la dépouille ou les sym­bo­les à la gloire des cri­mi­nels ayant orga­nisé le mas­sa­cre de ses aïeux.

Le 10 mai 2001, les par­le­men­tai­res de la République fran­çaise ont voté une loi reconnais­sant la traite, la dépor­ta­tion et la mise en escla­vage de nos aïeux comme crime contre l’huma­nité. Napoléon Bonaparte qui réta­blit l’escla­vage en Guadeloupe et en Guyane qui tenta de la réta­blir en Haïti, est donc direc­te­ment res­pon­sa­ble de crime contre l’Humanité.

C’est pour­quoi nous Guadeloupéens, Martiniquais, Haïtiens, Guyanais, Réunionnais, ainsi que tous ceux et celles qui sou­tien­nent notre démar­che, deman­dons au gou­ver­ne­ment de la République fran­çaise et aux auto­ri­tés des col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­ria­les de la Guadeloupe, de la Martinique, de la Guyane et de la Réunion d’éliminer toutes réfé­ren­ces napo­léo­nien­nes et d’apo­lo­gie des crimes escla­va­gis­tes sur la terre de nos aïeux.

En par­ti­cu­lier, nous exi­geons :

- que le géné­ral Richepance, res­pon­sa­ble de crime contre l’huma­nité en Guadeloupe, soit rapa­trié en France,
- que le “ Fort Napoléon ” situé aux Saintes en Guadeloupe soit débap­tisé !
- que la statue de Joséphine, épouse impé­riale de Napoléon, au fron­ton de laquelle est repré­senté “ le sacre de l’empe­reur des fran­çais ”, soit enle­vée de la place de la Savane de la capi­tale de la Martinique, détruite et rem­placé par une statue du Noir rebelle en guerre contre l’escla­vage,
- que celle du cri­mi­nel Desnambuc, res­pon­sa­ble du géno­cide amé­rin­dien en Martinique subisse le même sort,
- qu’une statue de Louis Delgrès soit érigée à Saint Pierre sa ville natale,
- que l’aéro­port de Cayenne en Guyane qui porte le nom de Rochambeau, géné­ral de Napoléon vaincu par Dessalines en 1803 en Haïti soit débap­tisé,
- que le dra­peau escla­va­giste bleu et blanc aux quatre ser­pents soit enlevé des bâti­ments publics et ne soit plus uti­lisé comme sym­bole pré­ten­du­ment repré­sen­ta­tif de la Martinique.

de Ròt Kozé n° 128
(Janvier/Février 2002)

com­pi­la­tion de textes d’ici et là...

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