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Émeutes noires aux USA à partir de Juillet 1964

Publié le 2 juillet 2011

Maj le 28 juin 2009

Rappel de ce que furent les émeutes des noirs des banlieues étatsuniennes au début des années 60.

Été 1964

New York. Dans le quar­tier de Harlem l’agi­ta­tion suit l’assas­si­nat d’un jeune black de 15 ans par un poli­cier blanc qui n’était pas en ser­vice. Le jeune aurait menacé le flic d’un cou­teau. Les mani­fes­ta­tions se trans­for­ment en émeutes : les voi­tu­res brû­lent, les maga­sins sont pillés, les pavés, les barres de fer et les cok­tail-molo­tov sont les (fai­bles) moyens uti­li­sés pour affron­ter les forces de l’ordre. Les affron­te­ments dans la rue durent pen­dant quatre nuits et trois jour­nées, puis la vague déborde le quar­tier de Manhattan pour tou­cher le quar­tier de Brooklyn, dans le quar­tier black de Bedford-Stuyvesant.

D’autres villes sont également tou­chées ; il y a ainsi des émeutes dans le ghetto de Rochester dans le nord-ouest de la ville de l’État de New York, après que deux poli­ciers blancs aient arrêté deux jeunes black alcoo­li­sés. Le bilan de ces dix jour­nées “chau­des” de New York et Rochester : 7 morts, 800 bles­sés dont 48 poli­ciers, plus de 1.000 arres­ta­tions, des mil­lions de dégâts.

Ces mois “chauds” ont résonné dans toutes les USA.

En été 1965

Du 11 au 16 août, c’est le quar­tier black de Watts, à Los Angeles, qui flambe. Avec comme pré­texte l’arres­ta­tion d’un black pré­ten­du­ment alcoo­lisé par des poli­ciers blancs. La presse WASP (white anglo-saxon pro­tes­tant) se déchaîne contre la “plèbe noire”. Résultat : 35 morts, 800 bles­sés, 700 mai­sons incen­diées, dévas­ta­tion sur un péri­mè­tre de 77 km², 500 mil­lions de francs de dégâts.

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Watts - 1965

L’été 1966

Ce sont plus d’une ving­taine de villes qui se sou­lè­vent dans tous les USA. Entre autres : Jacksonville en Floride, Sacramento en Californie, Omaha au Nebraska, New York, Los Angeles, San Francisco, Chicago. Dans cette der­nière ville, le pré­texte fut que la police avait chassé des enfants qui pro­fi­taient d’une bouche à incen­die pour se rafraî­chir. Le point culmi­nant de cet été, ce fut à Cleveland, dans l’Ohio : vio­lents affron­te­ments avec la garde natio­nale. A la fin de cet été il y avait 12 morts et 400 bles­sés.

En 1967

Dans le qua­trième “été brû­lant”, plus de 100 villes étaient tou­chées par les sou­lè­ve­ments. Notamment Newark (dans le New Jersey, pas loin de New York) et Detroit.

À Newark, les heurts durè­rent du 12 au 17 juillet après qu’un chauf­feur de taxi black ait été arrêté. À peine arrê­tées des cen­tai­nes de per­son­nes se ras­sem­blent et jet­tent des pier­res et des bou­teilles sur la police. Cette ville de 405.000 habi­tants se trans­forma en champ de bataille, il y eut 27 morts (dont 25 noirs), 2 000 bles­sés. En 60 endroits il y avait des incen­dies, des blocs de mai­sons étaient cri­blés de balles, les maga­sins du centre-ville avaient été pillés, des engins blin­dés patrouillaient dans toute la ville avec des sol­dats armés de pis­to­lets - mitrailleurs, 1.500 noirs furent envoyés en prison.

Mais ce qui se passa du 24 au 28 juillet 1967 à Detroit dépassa tout cela. Robert Kennedy parla « de la plus grande crise amé­ri­caine depuis la guerre civile », le Washington Post de « la plus grande tra­gé­die dans la longue his­toire des explo­sions des ghet­tos de cou­leur ». Après une razzia de la police contre un café clan­des­tin black, c’est l’émeute et la répres­sion. Les tanks sont dans les rues avec des para­chu­tis­tes en for­ma­tion, on tire contre les gens dans les rues et sur les places. Des dizai­nes d’héli­co­ptè­res mitraillent les fenê­tres. Des pans entiers de la ville furent en feu, les rues étaient dévas­tées. Dans les quatre jour­nées et nuits d’affron­te­ments, la police, la garde natio­nale et les para­chu­tis­tes de la 82e et 101e divi­sion (qui s’étaient illus­trés au Viêt-nam) repren­nent le ter­rain, rue par rue, dans ce qui est tout de même la cin­quième plus grande ville US, la capi­tale mon­diale de l’auto­mo­bile.

Le sys­tème judi­ciaire fut tota­le­ment débordé. La prison de Detroit, prévu pour 1.200 pri­son­niers, en accueillit 1.700. Dans les pri­sons pour mineurs 600 jeunes occu­pè­rent une place prévue pour 120 per­son­nes. Un garage sou­ter­rain de la police fut trans­formé en prison pour 1.000 per­son­nes. D’autres gens furent blo­qués plus de 24 heures dans des bus : donc pas de toi­let­tes, pas de méde­cin, pas de droits, aucun contact avec des avo­cats.

Ce sont 41 per­son­nes qui mou­ru­rent à Detroit ces jours là, 2.000 furent bles­sées, 3.200 arrê­tées, des mil­liers sans endroit pour dormir. Ce sont 1.500 maga­sins qui furent pillés, 1.200 bâti­ments incen­diés, et la pro­duc­tion auto­mo­bile fut arrê­tée. Il y eut pour plus de 7 mil­liards de francs de dégâts. H. Rap Brown, ancien leader estu­dian­tin black, dit : « avant la ville s’appe­lait Detroit, main­te­nant elle s’appelle Destroyed [détruite] ».

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Violences policières inouïes lors d’une manif noire à Selma le 7 mars 1965

- Ces sou­lè­ve­ments n’étaient pas des sou­lè­ve­ments orga­ni­sés, mais ce qui les carac­té­rise toutes c’est que leur pré­texte fut une confron­ta­tion avec la police. À chaque fois une inter­ven­tion de police fait débor­der le vase. Les gens résis­tent à la police qui appelle des ren­forts, qui reçoi­vent des pier­res et des bou­teilles ; sui­vent les pilla­ges. Les sym­bo­les de la société blan­che - maga­sins et flics- étaient atta­qués.

- Porteurs de cette vague : les jeunes. C’est parce qu’ils appar­te­naient à une mino­rité oppri­mée que la majo­rité des Noirs amé­ri­cains étaient surex­ploi­tés, devaient occu­per les pires emplois, être les pre­miers licen­ciés et vivre dans des taudis. Aux USA, le chô­mage frap­pait deux fois plus les tra­vailleurs noirs que les blancs. La popu­la­tion noire était d’autant plus exas­pé­rée que la jeu­nesse noire payait un lourd tribut dans la guerre du Viêtnam. Cette jeu­nesse noire exas­pé­rée était por­teuse de ces révol­tes car les jeunes étaient plus cons­cients du racisme spé­ci­fi­que à l’encontre des noirs, ne croyaient pas en une action au sein des ins­ti­tu­tions, avaient déjà sou­vent par­ti­cipé à des actions poli­ti­ques.

BLACK PANTHERS PARTY


Dans les prochains jours :

jeudi 17 mai


samedi 19 mai

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    L’asso­cia­tion « Chilenos en Rennes » débar­que à Lyon, et vous invite à une pro­jec­tion-débat, le diman­che 20 mai à 19h30, au bar De l’Autre CôTé du PonT.

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    Ce numéro ques­tionne les pos­si­bi­li­tés d’auto­no­mie dans une société tech­no­lo­gi­que­ment assis­tée, à tra­vers la réap­pro­pria­tion des savoir-faire et notam­ment ceux qui relè­vent de l’impri­me­rie :

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    Au Québec les étudiantes et les étudiants sont en grève depuis 3 mois contre un projet de hausse des frais d’ins­crip­tion. Entretien audio d’une ving­taine de minu­tes avec Carlo, acti­viste de Montréal.

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    Le 08 mai 1945 l’armée fran­çaise mas­sa­crait des dizai­nes de mil­liers d’Algériens dans le Constantinois. Ce mardi 08 mai plu­sieurs dizai­nes de per­son­nes se sont réu­nies pour une com­mé­mo­ra­tion place Gabriel Péri dans le 07e arron­dis­se­ment. Quelques sons pio­chés là-bas à écouter sur rebel­lyon.info

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