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Sur la « violence » et la « non-violence »

Publié le 5 août 2009

Lettre sans destinataire mais possiblement en réponse au texte : Un champ de bataille comme alternative à l’OTAN ?

Les contre-som­mets sont tou­jours l’occa­sion de polé­mi­ques sans fin sur l’éternelle ques­tion de la vio­lence. Et ce qui tra­verse grosso modo toutes les « ana­ly­ses », c’est d’abord une absence, comme un manque cru­cial : la défi­ni­tion de ce qu’est la vio­lence, ou la redé­fi­ni­tion comme réap­pro­pria­tion des mots avec les­quels on entend com­mu­ni­quer.
Ce qui amène, comme sou­vent, à partir sur des évidences, qui peu­vent venir se surim­pri­mer à nos res­sen­tis. Il ne s’agit pas du tout par là de mettre en doute la sin­cé­rité des dis­cours de mili­tants ou les textes sur les expé­rien­ces vécues, mais plutôt d’amener une réflexion sur la forme dans laquelle elles peu­vent s’expri­mer et se com­mu­ni­quer. Le lan­gage m’appa­raît déjà comme la sépa­ra­tion ins­crite en nous, entre moi et les mondes que j’habite, entre moi et mes sen­sa­tions, l’indi­ci­ble qui me tra­verse. Pour qui vou­drait affir­mer une pré­sence et avoir une inci­dence sur le réel, notre lan­gage est comme d’autant plus séparé, parce que dicté par la presse, lan­gage spec­ta­cu­laire, et le spec­ta­cle, pour parler avec Debord. Mais pas seu­le­ment : il fau­drait saisir à quel point ce lan­gage est diffus, s’impose dans et par tous les orga­nes de repro­duc­tion d’un ordre. Désamorcer la vio­lence pour conser­ver l’ordre domi­nant vio­lent La vio­lence c’est ce qui fait la une de tous les quo­ti­diens quand il s’agit de dési­gner l’ennemi inté­rieur, anar­cho-auto­no­mes, bandes orga­ni­sées de jeunes de ban­lieue, et au milieu, qui tient au fond des deux, cas­seurs en manif [1]. En réa­lité, c’est tout un monde qui est cons­truit autour de la pré­ven­tion et la condam­na­tion de la vio­lence : assis­tant-e-s sociaux-ales, infir­mier-es sco­lai­res, conseiller-re-s conju­guaux-ales… pas­sent leur temps à tenter de résou­dre, à désa­mor­cer les pro­blè­mes de vio­lence. C’est-à-dire à sans cesse réaf­fir­mer la norme domi­nante de la société occi­den­tale type, la paci­fi­ca­tion sociale géné­ra­li­sée, le main­tien du « contrat social », et à la pro­té­ger contre ce qui la menace, l’irrup­tion de l’incontrô­la­ble, de ce qui ne se soumet pas à ce calme plat. Et cette conser­va­tion de l’ordre domi­nant, dans toutes ses formes, est pré­sen­tée comme dési­ra­ble parce que néces­saire, pour le main­tien de notre qua­lité de vie. Elle entend ainsi nous pro­té­ger par la conser­va­tion du « pacte social ».

Il s’agit donc de per­ce­voir com­bien la vio­lence peut être prise dans une défi­ni­tion nor­ma­tive, qui tend vers une pos­ture morale : il y aurait des actes vio­lents en eux-mêmes, et qui sont néces­sai­re­ment à éviter et à condam­ner. C’est déjà un moyen de ne pas écouter ce que ces actes « vio­lents » veu­lent dire, en quoi ils sont un moyen pour des êtres de s’expri­mer, sou­vent d’expri­mer un mal ou une impos­si­bi­lité à vivre dans ce monde, quand sou­vent en plus ils sont privés des moyens d’expres­sion enten­da­bles, rece­va­bles socia­le­ment.

Privés de la langue cor­recte, privés de moyens d’appa­ri­tion dans le pseudo-espace public, condam­nés à tou­jours enten­dre et subir le dis­cours domi­nant et les valeurs qu’il porte, donc à sentir d’autant plus la déva­lua­tion de ce qu’ils peu­vent essayer de faire sur­vi­vre et d’affir­mer comme forme de vie qui résiste et par­fois fait échec aux normes de l’ordre social. Pour dire les choses plus sim­ple­ment, ceux qu’on peut taxer d’être vio­lents n’ont peut-être que cela pour répon­dre à ce qu’elles peu­vent res­sen­tir comme une vio­lence qu’ils subis­sent, et pas les « bons » moyens comme la dis­cus­sion. Il est très pos­si­ble d’ailleurs que ce soient ces per­son­nes-là qui subis­sent le plus la vio­lence de ce monde, qui soient le plus dépos­sé­dées des moyens légi­ti­mes d’y répon­dre.

La « vio­lence » — dans les confron­ta­tions avec les corps exer­çant la vio­lence légi­time, la police, le bras armé de l’Etat (comme déten­teur de cette vio­lence légi­time, mais il y aurait jus­te­ment à voir com­bien cette vio­lence légi­time est dif­fuse, et dif­fu­sé­ment déte­nue et assu­mée) — c’est alors par­fois le seul moyen et le seul moment où affir­mer une réponse.

Il y aurait également à déga­ger les rap­ports entre les êtres de cette pos­ture tris­te­ment morale : faire mal à l’autre, c’est vio­lent si l’autre ne le sou­haite pas. Bien sûr que cette defi­ni­tion est ter­ri­ble­ment ambigüe, dans la mesure où elle peut très bien servir de jus­ti­fi­ca­tion notam­ment à des vio­len­ces ter­ri­bles des hommes sur les femmes dans leurs rap­ports, pure expres­sion de la domi­na­tion mas­cu­line.

En même temps, il y aurait quel­que chose à trou­ver dans la façon, dans les modes que l’on a de s’appré­hen­der. Sortir du lan­gage, s’ouvrir à nos sens, sortir la dou­leur des cri­tè­res moraux pour la res­sen­tir plei­ne­ment à cet ins­tant, à chaque ins­tant, comme dans une pure imma­nence. Comment sépa­rer la sen­sa­tion de dou­leur de sa signi­fi­ca­tion de vio­lence sans jus­ti­fier l’exer­cice d’une domi­na­tion ? Comment sortir de la norme psy­cho­lo­gi­sante, qui la décréte d’office patho­lo­gi­que ? Comment le rap­port au corps peut-il s’extraire de la morale sexuelle ? Parfois, une mor­sure pro­cure plus de plai­sir que n’importe quel autre geste.

Affirmer une présence

Il s’agit donc de remet­tre en ques­tion le lan­gage et les concepts que l’on uti­lise, et la grille de lec­ture du réel qui s’y relie. Se réap­pro­prier notre moyen de com­mu­ni­quer l’expé­rience, trou­ver des modes de réconci­lia­tion entre le fond et la forme de la lutte, faire du mou­ve­ment autant de ten­ta­ti­ves que pos­si­ble de ne pas repro­duire ce contre quoi on vou­drait lutter.
De là, conce­voir les actions, conce­voir la lutte, comme un choix à faire entre « vio­lence » et « non-vio­lence » me semble rele­ver d’une pos­ture binaire, tenante d’une forme de morale (qui se fait défen­seur de la morale sinon le défen­seur de l’ordre ?), et même d’une pos­ture mora­li­sa­trice. De la morale sociale qui est invo­quée et impo­sée par­tout découle le blo­cage, la pré­ven­tion du sur­gis­se­ment d’autre chose, d’autres formes de vie qui ne vou­draient pas suivre les cri­tè­res de la bonne marche sociale. Cela nous amène, dans la lutte, à nous voir et à nous penser tou­jours au sein de ce cli­vage, nous empê­chant de faire autre chose. Le carac­tère vio­lent ou pas d’une action se trouve défini par des codes de l’exté­rieur. Et faire autre chose, c’est faire « ce dont on a envie », se poser des ques­tions stra­té­gi­ques, des ques­tions pour que ça marche, pour réus­sir à vivre ce qu’on q envie de vivre.

Je crois que les actions où je me suis senti le plus en sécu­rité etaient cer­tai­nes manifs sau­va­ges, poten­tiel­le­ment offen­si­ves et des­truc­tri­ces. Parce qu’à ce moment, ceux qui vou­laient être là dépas­saient leur peur, cons­ti­tuaient des formes de puis­sance col­lec­tive, cha­cune pou­vant donner de la force et en rece­voir.
De plus, ces actions n’étaient pas pré­pa­rées des années à l’avance, on ne s’était pas demandé pen­dant des heures d’AG s’il fal­lait faire une action vio­lente ou non vio­lente, d’ailleurs il n’y avait pas eu d’AG pour déci­der « col­lec­ti­ve­ment ».
Au contraire, elles étaient jus­te­ment spon­ta­nées, dans la mesure où celles qui étaient pré­sen­tes l’étaient parce qu’ells en avaient envie ; et pas parce qu’une quel­conque iden­tité poli­ti­que, auto­nome, paci­fiste, ou bien déso­béis­sante, par­ti­sanne de l’action vio­lente ou non-vio­lente dic­tait les consi­gnes.

Malgré la-dite vio­lence, de ce ce que j’ai pu expé­ri­men­ter, la véri­ta­ble confiance ne vient pas de la qua­lité de la pré­pa­ra­tion de l’action, qu’elle soit gérée par quel­ques lea­ders, infor­mels ou de fait (ceux qui savent, qui du fait de leur expé­rience peu­vent légi­ti­me­ment exer­cer des res­pon­sa­bi­li­tés, occu­per des posi­tions de direc­tion de l’action, gérer les autres par­ti­ci­pants), soit déci­dée par un « tout le monde » fictif (vu qu’alors les méca­nis­mes de pou­voir décou­lant de la déten­tion d’une com­pé­tence ne man­quent pas de se rejouer).

La véri­ta­ble confiance vient de la situa­tion, de la façon dont on est pré­sent à la situa­tion, com­ment d’une phrase ou d’un mot, par­fois d’un geste, d’un regard, on peut mani­fes­ter la néces­saire atten­tion à l’autre, on peut se donner de la force, on peut se com­mu­ni­quer des infor­ma­tions. Un ami écrivait « il y a davan­tage de visa­ges dans une bande d’émeutiers mas­qués que dans une rame de métro à 17h30 ».
Comment peut-on arri­ver à ins­crire une pré­sence réelle aux situa­tions, une pré­sence intense qui cher­che à s’émanciper de la lourde den­sité des dis­cus­sions, qui risque d’écrire l’his­toire d’une lutte avant qu’elle n’arrive, avant qu’elle ne soit vécue ?

Réinventer

Définir à l’avance qu’une action sera non-vio­lente ou vio­lente, c’est jus­te­ment l’ins­crire à l’avance au niveau de sa teneur dans les cadres atten­dus, cadres défi­nis par ce contre quoi on entend lutter. La véri­ta­ble lutte à mon sens, c’est le mou­ve­ment qui cher­che à réin­ven­ter l’exis­tence, donc à sans cesse se réin­ven­ter lui-même.

Partant de là, la pers­pec­tive « non-vio­lente » type déso­béis­sance civile, autant que la pers­pec­tive de « grande » mani­fes­ta­tion pré­ten­dant ras­sem­bler le plus de monde sur un espace temps prévu et même déci­dée avec les auto­ri­tés, appa­rais­sent comme limi­tées d’office dans les pos­si­bi­li­tés qu’elles pour­raient déployer d’action sur le réel, limi­tées par le cadre qu’elles recréent et qu’elles accep­tent.

Cadre spatio-tem­po­rel, la façon dont cette pers­pec­tive voit son empreinte sur le réel... Justement sur le plan spec­ta­cu­laire média­ti­que recher­ché par les déso­béis­sants, mais c’est pareil pour les gros­ses manifs fina­le­ment bien inac­ti­ves à force de répé­ti­tions, et à force de mesu­rer leur succès au nombre de gens, aux orga­ni­sa­tions et aux dra­peaux pré­sents ou pas, à des cri­tè­res de jour­na­lis­tes. C’est le contenu de la dépê­che AFP de base. Où quand le nombre devient pur chif­fre, où quand on ne voit plus que les don­nées objec­ti­ves de la « lutte », là où ce sont des êtres tra­ver­sés par des affects, exer­çant des formes de sub­jec­ti­vité également, qui sont en jeu, qui se met­tent en jeu.

Apparemment, à l’opposé, il y a sans cesse la ten­ta­tive de parts « radi­ca­les » du mou­ve­ment de pro­fi­ter de la situa­tion pour « faire » quel­que chose. Il y a quel­que chose de l’ordre d’une ortho­doxie auto­nome à reven­di­quer la vio­lence, reven­di­quer que la lutte passe néces­sai­re­ment par une confron­ta­tion directe avec le pou­voir, contre ses struc­tu­res et contre ses orga­nes.
Orthodoxie parce que « le blo­cage des flux » est devenu l’axe ultime de lutte, néces­sité, et même la seule et unique.
Orthodoxie parce que de l’action et de son affir­ma­tion décou­lent des formes d’iden­tité et des ten­dan­ces à son fige­ment. En se défi­nis­sant des amis et des enne­mis dans le mou­ve­ment. Comme la figure du « social-démo­crate ». En dési­gnant les forces ou les gens à qui on peut parler, agir, ou au contraire, avec qui il ne faut pas le faire. Et parce que cette iden­tité passe aussi par la reven­di­ca­tion de figu­res comme fan­tas­ma­ti­ques, par exem­ple le « cas­seur ».
Orthodoxie qui défi­nit une iden­tité qui se fige, qui fait se tenir et tenir les autres dans des images et des repré­sen­ta­tions, sou­vent fan­tas­mées, qui évitent la ren­contre réelle. Et qui de là amè­nent à rejouer les pires pro­ces­sus auto­ri­tai­res, et d’ins­tru­men­ta­li­sa­tion des autres. Instrumentalisation des par­ti­ci­pants aux manifs pour se cacher dans la foule, ou pour faire bar­rage face aux flics. Mais il y aurait aussi à voir la posi­tion dans laquelle sont tra­di­tion­nel­le­ment pris les « jeunes de ban­lieue », fan­tasme de l’émeutier pur, prêt à tout du fait de sa « pureté idéo­lo­gi­que », et parce qu’en tant qu’une espèce de pro­lé­ta­riat moderne, il n’aurait abso­lu­ment rien à perdre.

Intensité

Il y aurait encore une fois des formes de pré­sence à la situa­tion à trou­ver, et une pos­ture stra­té­gi­que, ou prag­ma­ti­que, par rap­port aux confron­ta­tions avec les flics, par rap­port aux des­truc­tions maté­riel­les. Mais en réa­lité c’est à toute situa­tion. Il y aurait à savoir saisir que ce qui est en jeu dans la lutte, c’est peut-être ce qui ne se laisse pas enfer­mer dans des signi­fiants, ce sont des affects, des dou­leurs et des joies, ce qui se res­sent inten­sé­ment, en même temps ce sont des envies et des aspi­ra­tions ; et que rien ne serait plus mor­ti­fère alors qu’un rap­port ins­tru­men­tal à tout cela. Une stra­té­gie consiste plutôt en des agen­ce­ments entre tout ce qui peut com­po­ser un ins­tant de lutte, entre les corps et ce qui les tra­verse, rap­porté à la situa­tion, au rap­port de force, à sa nature.

Saisir à quel point ce rap­port de force peut être mul­ti­ple, com­plexe, et de là pos­si­ble­ment bou­le­ver­sa­ble. Etre atten­tif à l’agen­ce­ment lui-même, à ce qui se joue entre, entre les éléments. Et ce qui peut se jouer à ce moment, entre jus­te­ment celles qui vou­draient être là, ce sont des ren­contres réel­les, ten­ta­ti­ves d’ouver­ture sin­cè­res aux autres. Les inten­si­tés qui ne se lais­sent pas figer par la den­sité des signi­fiants, des codes. Ce qui tente de s’extraire de la morale comme code exté­rieur, mais aussi de l’éthique, comme code qui se vou­drait inté­rieur. Comme code venant de nous, mais qui tient du prin­cipe à priori, qui vou­drait écrire l’his­toire de ce qu’on fait à l’avance, ou déci­der avant d’être confronté au réel. Des formes de pré­sence, néces­sai­re­ment dyna­mi­ques, qui savent s’ouvrir à ce qui leur arrive, qui lais­sent ouverte la pos­si­bi­lité d’être touché, pos­si­ble­ment bou­le­versé.

À Strasbourg, ce qui a déclen­ché le plus de joie, ce qui a été vécu comme la chose la plus inté­res­sante par un cer­tains nom­bres des êtres qui étaient là, c’est le jour où l’émeute, der­rière ces cagou­les et ces sweats noirs, a pu faire quel­que chose avec les habi­tants d’une cité voi­sine. Deux ques­tions alors, mais qui à un moment se rejoi­gnent : quel­les ren­contres y a-t-il eu alors ? Et après ce moment intense de l’émeute, qu’est-ce qui peut émerger comme pers­pec­tive de cette situa­tion ?

Expérimenter sans cesse

Car peut-être que repen­ser nos actions pour se libé­rer de l’espace temps de la lutte prévu et maî­trisé par le pou­voir, déser­ter les rap­ports de force piégés qu’il nous pro­pose, ou les situa­tions où jus­te­ment tout le dis­po­si­tif est prévu pour anni­li­her com­plé­te­ment la moin­dre pos­si­bi­lité de confron­ta­tion, ce serait repen­ser le mode de pré­sence qu’on affirme, donc repen­ser et renou­vel­ler sans cesse nos actions.

Trouver une dimen­sion d’expé­ri­men­ta­tion dans la lutte, qua­si­ment ne jamais refaire la même action, ne jamais refaire la même chose que la veille. Mener une gué­rilla, pré­ci­sé­ment anti-mili­taire (et pas « anti-mili­ta­riste », ou en tous cas pas seu­le­ment), dif­fuse, faite d’actions néces­sai­re­ment mul­ti­ples, tou­jours dif­fé­ren­tes, tou­jours se réin­ven­tant, quit­tant les champs de bataille pour tenter d’habi­ter de nou­veaux ter­ri­toi­res, ouvrir de nou­veaux ter­ri­toi­res de lutte.

S’entraî­ner à voir que s’il y a des flux maté­riels ou de capi­taux qu’on devrait blo­quer, il y a — peut-être essen­tiel­le­ment — des flux men­taux à dévier. Trouver des formes de pré­sence au monde et aux situa­tions qui dépas­sent les cli­va­ges idéo­lo­gi­ques et les éternelles dis­cus­sions qui pré­ten­dent dres­ser une stra­té­gie com­mune entre des per­son­nes qui à la base n’ont pas envie de trou­ver d’accord (sur la ques­tion de la vio­lence ou de la non-vio­lence, par exem­ple), qui dépas­sent ce pré­ten­du­ment néces­saire accord, qui dépas­sent l’idéo­lo­gie comme moteur de l’action. Au contraire qui soient sur un mode sen­si­ble, qui tend à l’expo­si­tion ou à la révé­la­tion d’une fra­gi­lité, comme condi­tion d’une sin­cé­rité, plutôt que des agen­ce­ments de dis­cours, des for­ma­tions de lan­gage qui den­si­fient notre rap­port aux situa­tions, aux autres. Que ce qui cir­cule, ce soient des ques­tions et des doutes, plutôt que des cer­ti­tu­des.

Trouver des formes d’inten­sité, de vitesse et de mou­ve­ment, dans l’action et dans la pensée. Dans com­ment on voit le monde et com­ment on se voit. Pour jus­te­ment pren­dre de vitesse les juge­ments et les coda­ges qu’on n’a de cesse d’opèrer les uns sur les autres.

Une défi­ni­tion s’est esquis­sée : faire vio­lence à quelqu’un, c’est lui faire ce qu’il ne veut pas qu’on lui fasse. Il s’agi­rait ainsi de refon­der l’ana­lyse poli­ti­que sur un res­senti indi­vi­duel, et l’inté­grer dans une stra­té­gie : faire à l’Etat ce qu’il ne vou­drait pas qu’on lui fasse, détruire des ban­ques ou des agen­ces d’inté­rim, hacker ses sites inter­net, léga­le­ment ou illé­ga­le­ment, voler dans les super­mar­chés, pro­fi­ter des aides socia­les pour se libé­rer du temps du tra­vail… cher­cher des formes de pré­sence, d’intel­li­gence prag­ma­ti­que aux situa­tions pour choi­sir, plutôt qu’entre vio­lence et non vio­lence, par exem­ple entre léga­lité ou illé­ga­lité ; mais comme moyen et pas comme fin. Saisir que s’il peut par­fois être inté­res­sant de blo­quer des flux maté­riels, phy­si­que ou vir­tuels, il y a aussi des flux men­taux à dévier. Une stra­té­gie poli­ti­que ten­dant vers ce but, une poli­ti­que, ne sau­rait faire l’économie de la ren­contre réelle, au point que, pré­ci­sé­ment, elle n’est faite que de cela. Comme une radi­ca­lité poli­ti­que à trou­ver, en plus de celle de la cri­ti­que de l’alié­na­tion du tra­vail et de la consom­ma­tion ; radi­ca­lité de l’ouver­ture sin­cère, de la ren­contre réelle, ter­ri­ble­ment sub­ver­sive dans un monde d’indi­vi­dua­lisme de masse.

Car il y a une gué­rilla dif­fuse à mener face à ce monde, inten­sé­ment, rapide même sur place, autant qu’il y a des lignes de fuite et de déser­tion à tracer sans cesse hors de ce monde

ensem­ble.

T.

P.-S.

Les titres et sous-titres ont été rajoutés par Rebellyon

Notes

[1] Avec aussi, il ne faut pas l’oublier, l’arsenal répressif qui suit : juridiction spéciale anti-terroriste pour les premiers, loi anti-bandes pour les seconds.

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  • Le 25 août 2009 à 19:12

    Globalement, je suis assez étonné par l’avalanche de réactions négatives suscitées par ce texte.
    Le propos de l’auteur n’était pas à mon avis de créer une nouvelle doctrine.
    Paradoxalement,je le trouve beaucoup moins réducteur (et donc finalement moins violent) que le texte précédent faisant l’apologie de la non-violence. Même si je ne me retrouve pas dans tout ce qui est dit, je n’ai pas eu l’impression d’être jugé dans mes actes.

  • Le 14 août 2009 à 10:25

    Bon reprenons.

    Je n’ai pas fait de lien entre quartier latin et poésie, ce que tu semble faire. Je n’ai pas non plus fais de lien entre « language simple » et « prolétaire ».

    « Ne pas prendre les gens pour des cons en parlant dans des termes supposés faciles à comprendre, qu’ils apprécieraient plus. »

    Je n’ai pas parlé « des gens », mais de moi et quelques ami-e-s avec qui on a pu parler ces derniers mois de certaines productions écrites dans lesquelles ce texte s’inscrit très bien. Et que l’on ne trouvait pas ces textes - opérants n’était sûrement pas le mot- très passionnants, mais agaçants par contre. Agaçants comme répondre par des phrases d’hegel, comme une phrase d’un entretien avec deleuze sortie de nulle part, comme botter en touche avec des réfexions préfabriquées du genre « il faut sortir de la binarité entre poiesis et praxis ». Ce qui est agaçant, et gênant, n’est pas dans le fond ou la forme, mais dans la tendance qu’à ce type de discours (qui dit globalement souvent -voire toujours- des choses similaires) à s’ériger en mode d’expression dominant ces derniers temps.

    Ps : mon copain has been (tu sais, le genre de positiviste qui refuse de comprendre que « la révolte n’a pas de cause, elle a des conditions ») me disait fort à propos que la question que tu oublie de soulever, c’est de savoir pourquoi tes « flèches » touchent surtout des hommes blancs de classe moyenne ayant une certaine expérience de l’université...

  • Le 11 août 2009 à 10:51

    Ok alors ce qu’il nous faut c’est le parti, des militants bien efficaces qui transforment l’engagement dans tout ce qu’il a d’affectif en une nécessité objective. Qui sera toujours une séparation avec la pluralité de nos aspirations puisque tu aimes bien Debord. Et allez, une séparation de plus : tant qu’on voudra concevoir la lutte comme un travail politique (de conscientisation quoi), on la séparera de notre vie. D’où le militant qui en rentrant de sa journée de travail politique met les pieds sous la table et attend que sa copine lui serve à manger.

    Je pensais aussi naivement qu’on en avait fini avec la révolution dans 150 ans et le PCF. Pour sur, à l’époque dans le parti, tout le monde pensait pareil, puisque à force de « travail politique », on avait plus le choix : la vérité objective de la lutte de classe, la vérité objective des conditions de prolétaires et de bourgeois. Seulement si ça n’en sont pas uniquement, c’est quand meme toujours des représentations. Car justement le « directement vécu », ce ne sont pas ces représentations, mais la façon dont on ressent, dans son corps, dans son etre.

    Je renvois au texte qui semble avoir été pris comme un appel à l’émeute. Tout aussi important est comment il est entendu que ce qu’il essaye de dire, certes. Mais je n’ai vraiment pas l’impression qu’il n’indiquait une voie qu’il faudrait suivre, il proposait plutot de partir du réflexe qui traverse le plus souvent la lutte, faire une manif, pour le questionner, pour possiblement en sortir. Amener des questionnements, des pistes de réflexion sur tout ce qui peut constituer une lutte. Plutot que juste venir dire que « ça ne sert à rien » et que donc soit on sait qu’il ne faut pas le faire. Maintenant si quiconque estime qu’il y a à repenser nos moyens d’action collectifs, et j’en suis, c’est au moment où ils sont discutés qu’il me parait judicieux de le faire. Et si quelque autre veut aller en irak faire la lutte armée ou envoyer de l’argent, très bien, ça l’engage absolument individuellement pour le coup... Et tant mieux, si tout le monde fait marcher son imagination et essaye à sa manière, de la façon qu’ille estime la meilleure, de mener la lutte, déserter les pièges des situations conflictuelles trop évidentes, qui pour le coup nous amènent dans le mur. Plutot que de trouver des pseudo points d’accord objectifs.

    Je ne pense pas que « A savoir que personne ne peut accepter de se retrouver dans une manifestations sans savoir qu’elles en sont les objectifs. Et qu’elles sont les risques qu’il prend ». Parce que tout le monde ne subordonne pas la lutte à l’impératif de rationnalité, certains et certaines essayent de se battre contre la rationnalité économique et le monde qu’elle produit dans leur propre vie, dans leur manière de lutter. Et que donc chacun vient en menif, lutte pour des raisons qui au fond lui sont propres. Donc peut-etre pas pour un objectif si précis. CertainEs meme peuvent trouver que la lutte, la tentative de se libérer, ça commence justement dans la lutte elle-meme, essayer de se libérer des contraintes dans la lutte elle-meme. Et de meme la question des risques encourus. Généraliser sa propre position de vouloir les maitriser à l’avance, c’est aussi déguelasse pour les autres (ne serait-ce que le fait de parler à la place des autres) et de toutes façons aussi vain que la posture toto de base qui considère que tout le monde devrait etre soit disant pret à tout. La ligne qui permet de s’échapper de cette opposition binaire n’est pas simple sans doute, c’est un chemin tortueux que chacunE trace selon sa sensibilité. A condition qu’illearrive à se réapproprier la question des risques qu’ille encourre, hors de l’idéologie sécuritaire confortable dominante.

    Voir ce qui pourrait se jouer, ce n’est pas tant exercer un supreme sens de l’anticipation, mais tenter d’etre sensible à pourquoi ceux et celles qui font quelque chose le font, qu’est-ce- qu’illes sentent au fond d’eux/elles qui les poussent à venir là, à se battre contre les flics, meme avec souvent une sorte de sentiment que les cibles visées (comme empecher la tenue d’un sommet de ministres) ne sont pas atteignables. Traiter tout cela d’autisme, c’est une menière de poser à l’avance que rien ne pourra jamais etre fait avec ces personnes là, et que de toutes façons on ne veut rien faire avec. Alors de là, comment venir dire qu’il faut revoir nos stratégies et nos moyens d’action ensemble ?

    Parce que justement les masses ne sont pas les véritables héros, et toutes les insurrections ont été en réalité autant de champs de tension entre une pluralité de groupes, plus ou moins formels. Et que ceux qui ont triomphé ne sont pas ceux qui ont su faire quelque chose de cette pluralité, mais au contraire ceux qui ont su imposer leurs positions (le parti bolchevique ; les islamistes fondamentalistes pendant la révolution iranienne...), et presque nécessairement de manière autoritaire.

  • Le 10 août 2009 à 03:18, par kafirine

    quelques précisions

    sur la violence et la non violence : on ne peut pas les discuter en dehors des situations concretes qui sont l’objet de la discussion. l’usage de l’une ou de l’autre des méthodes peut n’obeir qu’a des considérations stratégiques.

    sur la subjectivité comme forme d’autisme : le développement de position comme celle exprimé ci-dessus va nous amener droit dans le mur. A savoir que personne ne peut accepter de se retrouver dans une manifestations sans savoir qu’elles en sont les objectifs. Et qu’elles sont les risques qu’il prend. Si l’objectivité n’existe pas, la volonté d’objectiver les points de vue est une pratique courante : ca s’appelle le travail politique.
    Tout le temps que nous refusons pour construire une vision commune, se traduira en dissension sur le terrain, en experience traumatisante et finalement en absence de rassemblement.

    Sur la situation : plus interessant, le choix d’organiser une manifestation contre l’OTAN peut se discuter de maniere radicale. En decidant de ne pas manifester. Cela ne veut pas dire que l’on ne fait rien. Car une solution tout autant radicale peut consister à aider ceux qui se prennent les bombes a se défendre. A les financer, eux ou leurs familles, voire leur parti ou orga. Voire même les rejoindre physiquement dans leur combat.
    Il me semble qu’une certaine lecture de « la société spectaculaire » est compatible avec ce genre d’engagement.

    Quand je dis que « ca ne sert a rien » je ne m’empeche pas de voir ce qui pourrait s’y jouer. Je vois surtout ce qui a toutes les chances de ne pas se produire. Comme la défaite des armées coalisés par exemple..

    Si je me souviens bien une des premiere phrase de la « societe du spectacle » dit « tout ce qui etait directement vécu c’est éloigné dans une représentation ». Peut-être que la tache la plus urgente qui nous est assigné consiste justement à eloigner le spectre de la représentation et reinvestir celui du « directement vécu ».

    C’est une phrase admirable de simplicité qui reprend a son compte le meilleur de la critique anarchiste de la représentation politique et l’adapte à l’ere de la mediation virtuelle.
    On peut compter la manifestation au nombre des formes de la représentation politique...

  • Le 10 août 2009 à 02:58

    Peut-être n’y a-t-il une fracture si nette entre une pensée qui devrait s’exprimer d’une façon péchue dans le quartier latin et se condamner à n’être que errements théoriques, ou de la poésie, qui ne vise qu’une belle forme, et en face, les consignes pour l’action, « agir plutôt que de discuter », qui devrait s’exprimer dans la langue simple et efficace du... du prolétaire fantasmé ?

    Bien sûr qu’il y a des espaces à trouver et à peupler entre le mépris pour l’université et l’importance qu’on voudrait accorder à la forme (entre autre à une certaine esthétique). Déjà parce que les plus belles pages de l’humanité ont été écrites en prison, ou par des « fous », et possiblement pas à l’université ou par des poètes. Simplement parce qu’elles ont été la tentative de ne pas être de la littérature ou de la poésie, pas de l’art pour l’art, mais qu’elles ont toujours appelé un dehors d’elles-mêmes, la constitution de formes de puissance. Maintenant que l’université ou le bon goût littéraire bourgeois s’en soit emparé pour en faire un objet d’étude ou une oeuvre d’art, de la pensée critique ou un plaisir esthétique réduit à l’état de bien de consommation, cela elle n’ont pu s’en prémunir.

    Chaque parole, chaque texte ne saurait être, si l’on est guidé par la sincérité, qu’une tentative. Tentative de composer avec un langage qui nous est extérieur. Tentative de toucher peut-être plus que d’expliquer ou de convaincre. Avec bien sûr la possibilité de ne pas toucher. Comme une volée de flèches, dont la plupart ne risque d’atteindre personne, mais dont certaines peuvent toucher des êtres, et constituer des éléments de puissance collective, lier des alliées. Pas nécessairement parce que demain on va descendre dans la rue ou faire une « action » ensemble. Mais peut-être simplement parce qu’alors se noueront des relations de confiance, parce que des questionnements et des doutes pourront circuler plutôt que s’échanger des certitudes.

    Je crois que supporte aussi peu le verbiage théorico-poétique que la vulgarisation. Je crois qu’il y a à renier l’université, qu’il faut la brûler en tant qu’elle perpétue la distinction entre théorie et pratique comme une division sociale du travail, et la distinction, la hiérarchisation sociale qui en découle. Et en conserver ce qui, dans la pensée critique qui s’y construit, ce qui peut nous servir dans notre vie. La brèche à habiter ce serait cette tentative de sortir du terrible clivage qu’il y a dans ce monde, et dans la lutte entre théorie et pratique. Ne pas prendre les gens pour des cons en parlant dans des termes supposés faciles à comprendre, qu’ils apprécieraient plus. Peut-être ne pas parler pour être apprécié, peut-être même ne pas parler pour être compris. Mais parler pour tenter de toucher. Lancer des idées comme des traits, laisser se se laisser être sensible à certaines ou à d’autres.

    Histoire d’éviter peut-être de parler à la place des autres, pour d’autres.

    De là la tentative de dépasser l’opposition entre fond et forme. Une forme est le moyen adéquat d’expression de quelque chose à l’instant de sa production. Et cette forme comme non pas le style d’un auteur dans son essence, mais ce qui arrive à ce moment là, ce qui lui arrive, lors de cette tentative, la vérité de cet instant. Parfois, on parle avec d’autres, des amis, des « penseurs », des gens qu’on entend parler dans des réunions ou des assemblées. parce que ils ou elles nous ont touché, peut-être nous ont charmé. Bien-sûr qu’il y a risque de figement de la pensée par l’expression, c’est entre autre comme ça que se constitue et se délimite un milieu. Mais en même temps, il y a à chercher à se tenir à distance de ses figements, en trouvant un rapport qui fasse qu’elle nous porte, qu’elle nous donne de la force, qu’elle nous amène à nous questionner sur ce qu’on fait. En trouvant une circulation entre nos ressentis, nos expériences, entre tout ce qui pourrait être des références.

  • Le 9 août 2009 à 10:15

    « Car il y a une guérilla diffuse à mener face à ce monde, intensément, rapide même sur place, autant qu’il y a des lignes de fuite et de désertion à tracer sans cesse hors de ce monde, ensemble. »

    Il faudrait que l’on commence à réfléchir ensemble à comment sortir de la dialectique post-estudiantine où l’on s’est nous mêmes enfermé.e.s, et qui est terriblement plus proche du boulevard saint michel et de la rue des écoles que des vies de beaucoup d’entre nous. « des lignes de fuite à tracer hors de ce monde », « habiter la brèche », la ligne de crète, tout ça, c’est beau la première fois, mais j’ai l’impression que ça fait des mois et des mois que tout le monde répète la même chose. Tout comme toutes les références récurrentes (pas dans ce texte seul sinon dans la production écrite sur ce type de sujet ces derniers temps) au corps qui me semblent pas du tout opérantes, sinon un simple sous-réchauffé d’un 128 sur Foucault.

    Entre renier complètement les luttes étudiantes et leur cadre universitaire (où l’auteur-e de ce texte a certainement baigné) et écrire des trucs plus appréciés au quartier latin pour la forme (parce c’est quand même le cas) que par un certain nombre de personnes avec qui on vit et on lutte, il y a sûrement une brèche à habiter. Il faut en tout cas veiller à ne pas carrément faire les deux à la fois.

  • Le 8 août 2009 à 18:24

    Tout d’abord, les photos de l’otan ont été toutes ajoutées par le site rebellyon. La phrase taguée reste quand même toujours intéressante, même si on l’a déjà écrite et réécrite des centaines de fois. Quant au type qui pose à côté…

    La phrase sur le métro à 17h30 parle bien de situations précises, pas de gens en particulier qui sont là. Cela pour dire que le mode de vie urbain force à peu près tout le monde à subir les transports en commun, à se faire pomper son énergie par le bruit, par le fait que bien souvent, on ne sait pas regarder dans les yeux de ceux qui sont en face, pourtant nos sœurs et nos frères potentiels. Aussi les gens dans la rame de métro ne sont pas « des moutons », ils sont peut-être faits ainsi par les contraintes qu’on leur impose, ils sont gérées comme tels. Mais ces gens c’est alors tout autant les « certains autonomes » dont il serait question, qui participent aussi au continuum, à la perpétuation de la société.

    Tout le texte tente de parler de ce qui pourrait se jouer dans les situations : dans les situations d’émeutes ou pas, dans ce qu’on pourrait appeler des situations insurrectionnelles. C’est-à-dire toutes les situations où des êtres sortent de leur isolement, ou une rencontre réelle s’opère, et pas nécessairement sur une barricade. Les situations où les flics ou l’armée fraternisent avec celles qu’on leur a ordonné de réprimer. Les situations où réellement les structures de domination et d’oppression sont menacées.

    Les tournures du texte sont bien entendu un parti pris, toute tentative d’expression ne saurait partir d’autre chose. Qu’elles fassent écho à d’autres, c’est à la fois le risque d’un figement dans la pensée, le risque d’une fermeture. Mais c’est aussi la tentative de trouver des frères et des sœurs, des alliés. Et pas par le logos, le raisonnement implacable qui cherche à convaincre, au contraire par la possibilité de toucher et d’être touché. Dans ses dialogues avec Claire Parnet Deleuze dit « Il n’y a aucune question de difficulté ni de compréhension : les concepts sont exactement comme des sons, des couleurs ou des images, ce sont des intensités qui vous conviennent ou non, qui passent ou ne passent pas. ». Il y aurait alors à accepter ou pas de se laisser toucher.

    Parler d’intensité, d’autres l’ont certes déjà fait. Le véritable problème que ce concept pose c’est peut-être plus de tenter d’y poser des mots que d’essayer de l’approcher, de le vivre. Poser des mots sur quelque chose qui circule, qui se perd ou perd sa puissance dès qu’on prétend le définir, le délimiter, lui assigner un début et une fin, une cause et un but. Une intensité c’est ce qui passe entre les gens, entre nous tous, et que possiblement nous ne nous expliquons pas. Un moment intense ça peut être un regard, un effleurement, un mot, ce qui fait qu’on a envie de trouver un autre être. Ce peut être quand dans une manif, dans un concert, dans une occupation, on sent que les êtres présents sont reliés par un plaisir commun, ou quelque autre sensation. Ce sont ces moments où on a la sensation de se comprendre, mais sans raisonner, peut-être même sans penser, quoique des pensées peuvent aussi sans doute circuler intensément.

    Peut-être l’intensité, autant que la « rapidité » et le fait de s’éprouver dans nos « corps », de sentir les autres corps, ce n’est un rapport adulte. Peut-être ce sont les enfants qui y arrivent encore, qui échappent à la lourdeur de la signification, de l’explication et de la nécessité de comprendre ce qui nous arrive. Peut-être alors un re-devenir enfant est possible, peut-être est-il désirable. En tant que justement c’est cela qui peut nous permettre de trouver les autres, trouver les autres en ne passant pas par le langage vue que personne ne parle exactement le même langage, que le langage permet de ne pas être sincère, est sujet à des écarts dans l’interprétation. Tant qu’on ne s’arrête pas au langage, tant qu’on utilise le langage pour tenter de désapprendre à parler. Et là par exemple le corps vient comme un autre moyen de communiquer de partager l’expérience avec les autres. Tout cela a une tendance à se figer c’est sûr, c’est tout le problème de se reposer sur les significations, de manipuler les concepts sous une forme intelligible et pas sensible. Mais l’auto suffisance n’est possible que de l’instant où l’on attend que ces concepts suffisent, se suffisent à eux-mêmes, reste justement des concepts, et ne soient pas comme incarnés, mais qu’on se contente de parler sur eux.

    Ce texte ne dit pas « il faut prendre la rue », pas plus qu’il ne dit qu’une guérilla doit se mener dans la rue, face aux flics… ou alors pas uniquement. Mais quand on le juge intéressant. Quand on en a envie. Il y a plutôt l’affirmation que précisément rien ne saurait être affirmé comme consigne ou comme « comment faire », sinon de toujours repenser ce qu’on fait, tenter de sentir ce qui se passe entre les êtres qui voudraient être là. Mener une guérilla diffuse serait plutôt concevoir la lutte comme une infinité de possibles, nécessairement fluctuants, ne pas s’enfermer dans un terrain de lutte, surtout quand il est blindé, quand on a pas la possibilité de tracer ses propres chemins, et qu’on ne peut que suivre ceux qui l’ont été pour nous. L’idée est que dans la rue ou ailleurs, il y aurait à s’ouvrir à la rencontre réelle, se laisser toucher. Sortir des idéologies et des pratiques qui en découlent, sortir des fantasmes dans lesquels on tient les autres. En décembre dernier en Grèce, peut-être quelque chose de cet ordre s’est passé. Si à Athènes, il n’y a jamais eu tellement plus de 10.000 personnes dans les émeutes, quelque chose a circulé néanmoins. Un peu tout le monde là-bas s’est retrouvé dans ce que quelques’unes faisaient. Même si détruire des magasins et des banques, possiblement que ça ne sert à rien, à ce moment c’est arrivé, et de nombreuses personnes ont été touchées, d’une manière ou d’une autre, par cela, elles s’y sont retrouvées, et ça les a libéré pour d’autres choses. En décembre en Grèce, tout le monde était heureux dans la rue, tout le monde se parlait, librement, en ayant plus peur de l’autre.

    Mener une guérilla dans de multiples directions, faite de multiples directions. Sortir le mouvement de la direction unique qu’il serait censé suivre. Sortir de l’idée d’un avancement de quelque chose vers quelque part (la révolution, le grand soir ?), mais tenter de voir ce qui se joue dans les instants, pour eux-mêmes. Tenter de se mettre alors en jeu. Habiter l’urgence, habiter la brèche. Participer « dynamiquement, concrètement, activement » à une lutte, ce peut-être de bien des façons. Plutôt que de poser une quelconque méthode, une norme à laquelle il faudrait se conformer. Pas plus ni pas moins « être juste vénère », il y a toujours une rage comme simplement éprouvée, que parfois on ne s’explique pas, qui nous guide dans la lutte, que de faire tout autre chose que casser des banques.

  • Le 8 août 2009 à 13:41

    Ce texte ne se veut rien du tout. Qu’il se dise « possiblement en réponse » à un texte précédent publié sur ce site implique qu’il puisse ne l’être que par pure coïncidence. Pourquoi d’ailleurs ne pas se laisser aller à le prendre comme tel ? Certes sa rédaction n’est pas sans lien avec le précédent, mais plutôt en tant qu’au moment de la rédaction, les questions et les réflexions qu’il a amenées ont pu être comme saisies en plein vol, nécessairement inopinément, comme l’occasion d’en amener de nouvelles. Aussi il ne visait en rien à apporter des réponses au précédent.

    Parce que déjà poser des problèmes auxquels il faudrait apporter une réponse, qu’il faudrait résoudre, c’est exactement l’exercice que le professeur demande à l’élève, pour « l’élever » justement, dans les cadres qu’ils posent, selon ses critères et ses exigences, potentiellement tyranniques. Qu’il pose ou qui sont simplement ceux de ce monde.
    Ou à l’inverse, mais relevant également d’une posture de professeur, de prendre des questions qu’un élève poserait et auxquelles on viendrait apporter une réponse, comme venir l’éclairer de l’éclat de la vérité.
    Ni l’un ni l’autre de ces textes ne souhaite s’inscrire dans ce rapport, semble-t-il.

    Saisir au vol, saisir au bond les questions qui se posent, c’est justement s’en saisir, en situation, dans les situations où elles se posent, alors crucialement, comme dans leur urgence, dans l’urgence où elles surgissent. C’est cela trouver des modes de présence, ne pas prendre parti à priori de l’a situation, ne pas « défendre ses positions », mais se mettre en jeu, prendre et reprendre parti, mais face aux situations qui se présentent, telles qu’elles se présentent, les situations que l’on vit, que l’on traverse, dans leur pluralité. Alors écrire des textes réflexifs, à posteriori des situations, ce peut être le moyen de l’expression de positions prises en situation. Avant tout l’occasion de préparer les questionnements qui surgiront dans l’urgence des situations.
    Habiter l’urgence, habiter la brèche, en fuyant les positions de principe, les solutions toutes faites.

    Se complaire dans l’auto satisfaction, c’est plus qu’un procédé, c’est une tournure d’esprit, une manière d’être à ce qu’on fait très répandue parmi les « militants ». En revanche qu’il cherche dans sa subjectivité une force, des formes de puissance, c’est hélas bien rare. Si à un moment dans le texte, un je parle de « comment il se sent bien » dans les manifs sauvages, c’est pour tenter de réfléchir sur la sécurité. Questionner sa nécessité, faire la part des choses entre le besoin qu’on éprouve, et la façon dont on la recherche, à quel endroit on peut la trouver. Combien la rechercher à tout prix dans les critères traditionnels peut-être castrateur, comment elle peut empêcher le surgissement de la nouveauté, d’une certaine forme de spontanéité (à prendre comme la tentative de laisser libre cours à nos envies, à nos aspirations), comment elle peut être liée à un confort (en tant que ce qui vient renforcer ou même sauver l’existant).
    De là tenter de repenser la sécurité autrement, la trouver ailleurs que dans la prévision, la maîtrise à l’avance de ce qui arrive. La trouver ailleurs, dans d’autres rapports avec les autres, des rapports d’attention qui peut-être dessinent de nouveaux rapports entre les êtres, de nouvelles formes « d’être ensemble ».

    Souvent on se dit que ce qui importe dans le mouvement, de quoi on pourrait partir, ce sont les ressentis de chacune face à ce qu’il vit dans ce monde et dans la lutte (pour tenter justement qu’elle cesse de le reproduire).
    De là, bien sûr qu’un texte est l’expression d’une subjectivité. Il n’y a guère que les marxistes léninistes les plus dogmatiques pour croire qu’une objectivité soit possible. Il y a un rapport entre objectivité de l’analyse et nécessité de l’engagement. Il y a toujours du subjectif dans notre vision du monde autant que ce qui nous pousse à nous engager dans la lutte tient à des ressentis, des sensations qui nous traversent.
    Mais supposément que c’est ce qui permet la mise en jeu de soi dans les instants de la lutte, plutôt que de se réfugier derrière des discours idéologiques et des principes à priori.

    Aussi affirmer de manière péremptoire que quelque chose ne sert à rien, c’est à la fois s’empêcher d’office de voir ce qui pourrait se jouer, ce qui pourrait apparaître nouvellement dans des situations nouvelles, et surtout c’est se couper de formes de rencontre réelle. Se couper des alliées potentielles qui s’y trouveraient, en se coupant du sens qu’ils se créent par rapport à ces moments là. Souvent, partir de la critique de la fermeture des unes, mais se fermer soi à ce qui pourrait être différent.
    Et puis à voir aussi : qu’est-ce qui est intéressant ? qu’est-ce que c’est que « avancer », « faire avancer » ?
    Comme si la lutte c’était un progrès à l’échelle de… mais justement à quelle échelle ? dans quelle mesure ? Déjà la mesure serait très possiblement donné de l’extérieur, par un jugement (un tribunal qui juge). Et puis surtout il y aurait alors l’idée que lorsqu’on tente de s’engager dans la déconstruction de nos rapports, c’est un processus, qui doit à un moment arriver à un terme. Au contraire, n’est-ce pas, si le mouvement est motivée par une tentative de sincérité réelle, une remise en jeu sans cesse de ce qu’on est, de ce qu’on croit être.

    Peut-être enfin que cette recherche de sincérité, et cette tentative de se sortir des cadres qu’on nous impose, c’est du pur autisme. Ne pas chercher à comprendre, à trouver une quelconque vérité du raisonnement logique (à prendre dans sa filiation avec l’idée occidentale de rationalité, et dans ses penchants totalisants, dans sa prétention à pouvoir tout expliquer), mais plus s’entraîner à sentir, sentir les autres plutôt que les voir dans les catégories enfermantes de nos codes et nos jugements sans fin, s’entraîner à s’ouvrir à ce qui arrive.

  • Le 8 août 2009 à 03:58

    Je trouve que ce texte présente des propositions intéressantes, telles que le fait d’expérimenter, de réinventer des actions et stratégies, d’essayer de dépasser un clivage binaire entre violence/non-violence, de se pencher sur les « flux mentaux » en priorité...

    Mais tiens tiens... à ce propos, une phrase telle que « il y a plus de visages dans une bande d’émeutiers que dans un métro à 17h30 » me parait vraiment pauvre et insignifiante... Elle marque une fois encore la prétention que peuvent avoir certains « autonomes » face aux « autres », comprendre : celles et ceux qui sont inévitablement rangé-e-s sous l’étiquette « moutons », juste parce qu’ils/elles participent aux flux quotidiens et routiniers de la société.

    Je trouve dommage de lire des choses qui restent dans un style littéraire politico-poétique de milieux militants, avec un langage et des tournures récurrentes que je commence à trouver vraiment autosuffisants et presque adolescents : « intensité », « rapidité », « corps »...

    Oui oui je trouve ce texte bien écrit, oui je suis en accord avec certaines de ses idées, oui il fait prendre la rue, et oui ce serait beau de mener une guérilla intense dans laquelle tous nos corps unis seraient vifs comme le vent dans une violence redéfinie à tous les niveaux et parfaitement maitrisée qui se jouerait seulement entre des regards cagoulés dans un silence teinté de fumée et qui ferait soudainement avancer des choses et en reculer d’autres, mais comme quelqu’un l’a dit plus haut il y a là une forme d’autisme qui ne répond pas vraiment aux questions plus « simples » posées par le précédent texte, ou qui le fait en en se confortant plutôt qu’en se confrontant à sa propre idéologie.

    On dirait que l’important pour être utile et efficace c’est d’être juste vénère, sans concessions pour « les autres », forcément tout de noir vêtu, et de rentrer chez soi pour lire tous les bouquins de Debord avant de s’endormir sur ses deux oreilles (si on est pas en gardav bien sur) parce qu’on a participé dynamiquement, concrètement, activement à une lutte...
    Sinon on a vraiment rien compris à la vie et à l’urgence et...... bref je m’arrête là mais oui justement comme le suggère l’auteur il faudrait commencer à VRAIMENT renouveler les choses. Je ne prétend pas proposer un manuel pour ça, et je n’ai pas non plus de texte génial à poster, mais ça serait bien de ne pas rentrer dans un moule militant radical qui fait qu’on pose en photo avec ses gros bras et son futal militaire devant un graf.

    Ne balisons pas trop nos ruées dans les rues !

  • Le 7 août 2009 à 19:05

    Tout d’abord c’est une question d’opportunités et de spontanéïté. Tous les mouvements du peuple qui ont provoqué des changements radicaux sont violents (1789, 36, 68 etc..)
    L’offensive des mouvements sociaux actuels confrontés à la barbarie d’un capitalisme sauvage ne peut être que « musclée ».
    Après c’est une question de bon sens :
    ex : dans un rassemblement chacun prend sous sa responsabilité d’engager ou pas la confrontation avec les keufs alors que ceux-ci poussent à cette confrontation en ne laissant uniquement pour choix soit de dissoudre le rassemblement têtes basses soit le maintenir à tout prix !
    Pour ce qui est des « grand’ messes », Strasbourg, G8......pour nous : oui il faut être présents, il faut assumer les risques (GAV etc ...) car si actuellement on déserte la rue, elle sera occupée par les forces du pouvoir qui cherchent actuellement à s’imposer : retours des fafs ou autre bigots ... ou pire l’armée.

    Tous dans la rue rendons coup pour coup !

    herope

    www.fa-heropelyon.fr.gd

  • Le 5 août 2009 à 19:34, par kafirine

    Au sujet traité « violence et non violence », il faudrait ajouter une reflexion sur l’autisme politique.

    je m’explique, ce texte qui se veut une réponse au précedent post sur les manifs a strasbourg ne repond en rien aux problèmes posés. Il se contente de derouler le rouleau de sa propre subjectivité en expliquant comment il se sent bien...
    C’est un procédé bien habituel dans nos habitude. On ne repond pas aux questions, on les reformule a l’infini. Chacun se contente de défendre sa position.

    Ce qui m’amene a avouer la mienne : ce genre de manif ne nous fait en rien avancer. tout juste bonne a produire des images pour la télé et des brochures pour les milieux militants.


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Infos locales

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    Projection-débat sur les mouvements sociaux au Chili

    L’asso­cia­tion « Chilenos en Rennes » débar­que à Lyon, et vous invite à une pro­jec­tion-débat, le diman­che 20 mai à 19h30, au bar De l’Autre CôTé du PonT.

  • Expression - contre-culture

    Soirée de Lancement de la revue Volée de plomb

    Le groupe « Retour de mani­velle » vous invite au lan­ce­ment de sa revue :
    Ce numéro ques­tionne les pos­si­bi­li­tés d’auto­no­mie dans une société tech­no­lo­gi­que­ment assis­tée, à tra­vers la réap­pro­pria­tion des savoir-faire et notam­ment ceux qui relè­vent de l’impri­me­rie :

  • Expression - contre-culture

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    Du 12 mai au 4 juin 2012, Le cri de l’encre hors les murs
    Au Lavoir Public, 4 impasse Flesselles, Lyon 1er pré­sente LUTTES, Une expo­si­tion de Papy@rt

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    Après la jour­née « j’art dîne » de mer­credi, le repas de quar­tier du jeudi, ce wee­kend des 19 et 20 mai sera placé sous le signe de l’acti­visme...
    Le pro­gramme sera défini le samedi matin en fonc­tion des par­ti­ci­pan­tEs.

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    Au Québec les étudiantes et les étudiants sont en grève depuis 3 mois contre un projet de hausse des frais d’ins­crip­tion. Entretien audio d’une ving­taine de minu­tes avec Carlo, acti­viste de Montréal.

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    Le 08 mai 1945 l’armée fran­çaise mas­sa­crait des dizai­nes de mil­liers d’Algériens dans le Constantinois. Ce mardi 08 mai plu­sieurs dizai­nes de per­son­nes se sont réu­nies pour une com­mé­mo­ra­tion place Gabriel Péri dans le 07e arron­dis­se­ment. Quelques sons pio­chés là-bas à écouter sur rebel­lyon.info

  • Résistances et solidarités internationales

    URGENCE ! Soutien aux 2 000 prisonniers politiques palestiniens en grève de la faim

    Depuis le 17 avril, 2000 pri­son­nier(e)s pales­ti­nien(ne)s mènent une grève de la faim. Tout comme près de 800 000 pales­ti­niens qui ont connu les pri­sons israé­lien­nes depuis 1967 - soit un pales­ti­nien sur trois ! - le seul crime de ces pri­son­nier(e)s est d’avoir résisté à la colo­ni­sa­tion pour l’appli­ca­tion du droit : la fin de l’occu­pa­tion et le droit au retour des réfu­giés.

  • Fêtes - Festivals - Vie du mouvement

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    Samedi 12 mai dès 22h à Lyon 7e.

  • Fêtes - Festivals - Vie du mouvement

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    Au pro­gramme du Festival Un Autre Monde 2012, retrou­vez le Tram Des Balkans à la salle poly­va­lente à Montluel toute la jour­née du samedi 12 mai.

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    Soirée de sou­tien pour l’entar­teur qui pas­sera devant le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Lyon le 30 mai 2012 pour « Violences avec arme en l’espèce ». Samedi 12 mai à la Coopérative du Zèbre avec pro­jec­tions et concert à partir de 19h


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