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L’énorme mensonge de Tchernobyl

Publié le 26 avril

Maj le 27 avril

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2 compléments d'info

En 1986, la France apprenait que le nuage de Tchernobyl s’était arrêté à la frontière... C’est Sarkozy, alors délégué interministériel pour les énergies et le nucléaire dans le gouvernement Chirac(*), qui s’est chargé d’orchestrer cet énorme mensonge. Le 26 avril 1986, une catastrophe nucléaire près de Tchernobyl, en Ukraine, fait 47 morts directs, mais plus de 4000 victimes indirectes, au delà des frontières. Aujourd’hui, 23 ans après, 80% des enfants de Biélorussie et de très nombreux Ukrainiens sont malades à cause de la catastrophe de Tchernobyl.

(*) Jacques Chirac a été pre­mier minis­tre du 20 mars 1986 au 10 mai 1988.

La catastrophe nucléaire de Tchernobyl

Le 26 avril 1986 dans la cen­trale nucléaire Lénine, située sur un affluent du Dniepr à envi­ron 15 km de Tchernobyl en Ukraine, qui fai­sait partie de l’URSS à l’époque, et à 110 km de la capi­tale Kiev, près de la fron­tière avec la Biélorussie, s’est pro­duit un très grave acci­dent qui a pro­duit la fusion du cœur du réac­teur numéro 4 par élévation exces­sive de tem­pé­ra­ture des barres cons­ti­tuan­tes du com­bus­ti­ble.

Au début de l’acci­dent, lors de la for­ma­tion d’un mélange déton­nant d’hydro­gène et d’oxy­gène, des explo­sions se sont pro­dui­tes, éjectant les barres per­met­tant le contrôle du réac­teur. Sa puis­sance a été mul­ti­pliée plus de 1000 fois en 5 secondes. Les mille tonnes de la dalle de béton recou­vrant le réac­teur ont été pro­je­tées en l’air et sont retom­bées de biais sur le cœur de réac­teur. Celui-ci s’est dès cet ins­tant frac­turé et un incen­die très impor­tant s’est déclaré.

Lorsque la cha­leur pro­duite par le réac­teur n’est plus évacuée en quan­tité suf­fi­sante par le sys­tème de refroi­dis­se­ment, le com­bus­ti­ble nucléaire se met à fondre, ce qui pro­vo­que la libé­ra­tion de gran­des quan­ti­tés de gaz radio­ac­tifs. Cet acci­dent a conduit au relâ­che­ment d’un nuage de radio­ac­ti­vité dans l’atmo­sphère et dans l’envi­ron­ne­ment. C’est le plus grave acci­dent nucléaire réper­to­rié jusqu’à pré­sent, une réelle catas­tro­phe au niveau de toute l’Europe.

Sur place, les pre­miers jours, on n’a pas du tout mesuré l’ampleur de cette catas­tro­phe. Les équipements sont déri­soi­res pour les ouvriers et les pom­piers char­gés d’arrê­ter l’incen­die, qui évidemment sont tous morts très vite. Les popu­la­tions à l’entour ne sont pré­ve­nues et dépla­cées que très tar­di­ve­ment. On laisse même par­ti­ci­per 900 élèves de 10 ans à 17 ans, ce 26 avril 1986, à un mara­thon tout autour de la cen­trale nucléaire en feu !

Les consé­quen­ces de la catas­tro­phe sont très impor­tan­tes, aussi bien du point de vue sani­taire, écologique, économique que poli­ti­que. On a recensé 47 morts immé­dia­tes direc­te­ment attri­bua­bles à l’acci­dent, et on estime que plus de 4000 morts sup­plé­men­tai­res sont sur­ve­nues du fait des radia­tions dans les popu­la­tions les plus expo­sées aux rayon­ne­ments radio­ac­tifs. Il y a beau­coup de contro­ver­ses sur les chif­fres annon­cés, mais on parle de plus de 10.000 per­son­nes qui seraient attein­tes d’un cancer de la thy­roïde et de 50.000 sup­plé­men­tai­res qui pour­raient l’avoir. En Europe, il y aurait eu 10.000 mal­for­ma­tions chez les nou­veaux-nés en raison de Tchernobyl et 5.000 décès chez les nour­ris­sons. Les popu­la­tions dépla­cées sont trau­ma­ti­sées. La végé­ta­tion et la faune ont péri sur un large rayon autour de la cen­trale.

Le nuage de Tchernobyl en vidéo

Le nuage de Tchernobyl sur la France

Grave mensonge et irresponsabilité d’État

Nous avons tous été irra­diés... par le mal invi­si­ble et ino­dore, inventé par l’homme.

Le gou­ver­ne­ment fran­çais nous a menti. On nous a laissé sortir dans la rue, on nous a laissé manger des ali­ments expo­sés à des taux de radio­ac­ti­vité consi­dé­rés comme dan­ge­reux... alors même que ces ali­ments étaient décla­rés impro­pres à la consom­ma­tion et inter­dits à la vente dans tous les pays euro­péens voi­sins !

Seulement voilà : la France demeure le pays pos­sé­dant le plus de cen­tra­les nucléai­res... et donc le plus de ris­ques de catas­tro­phes du nucléaire « domes­ti­que ». On vou­lait soi-disant éviter un état de pani­que géné­rale, mais le plus grave s’était pour­tant déjà pro­duit... En vérité, le gou­ver­ne­ment vou­lait sur­tout empê­cher à tout prix les Français de perdre confiance en l’énergie nucléaire, dans laquelle la France avait tout investi... en serions-nous là aujourd’hui, tous si fiers de nos 19 cen­tra­les et de nos 58 réac­teurs, si le gou­ver­ne­ment avait sim­ple­ment pris ses res­pon­sa­bi­li­tés à l’époque ?

Car le gou­ver­ne­ment SAVAIT !

Le 1er mai 1986, alors que le fameux « nuage de Tchernobyl » sur­vo­lait la France, plu­sieurs cen­tra­les nucléai­res voient toutes leurs indi­ca­teurs dans le rouge, aver­ties de taux de radio­ac­ti­vité très préoc­cu­pants. Après une véri­fi­ca­tion d’un fonc­tion­ne­ment par­fai­te­ment normal de leurs réac­teurs, les ingé­nieurs com­pren­nent que la menace ne vient pas de l’inté­rieur de la cen­trale... mais de l’exté­rieur ! Tous tenus à la confi­den­tia­lité, per­sonne n’a pu évoquer ce sujet à la presse à l’époque.

En mars 2005, deux « experts indé­pen­dants », Paul Genty et Gilbert Mouthon, ont remis un rap­port au juge d’ins­truc­tion Marie-Odile Bertella-Geffroy. Ce rap­port s’ins­crit dans l’ins­truc­tion judi­ciaire enta­mée en mars 2001 par le dépôt de plainte pour « défaut de pro­tec­tion des popu­la­tions contre les retom­bées radio­ac­ti­ves de l’acci­dent » par l’Association fran­çaise des mala­des de la thy­roïde et la CRIIRAD. Ils affir­ment qu’ils ont cons­taté que sur la base de docu­ments saisis lors de per­qui­si­tions dans des minis­tè­res et orga­nis­mes impli­qués dans la pré­ven­tion du risque nucléaire, les mesu­res de radio­ac­ti­vité effec­tuées à l’époque par les auto­ri­tés fran­çai­ses, EDF, la Cogema ou la gen­dar­me­rie étaient beau­coup plus élevées que celles com­mu­ni­quées à la presse et à l’opi­nion publi­que.

LE GOUVERNEMENT SAVAIT, mais l’économisme, cette idéo­lo­gie nocive, c’est aussi ça : empê­cher à tout prix un ralen­tis­se­ment de la crois­sance, quitte à mettre en péril la vie de dizai­nes de mil­lions de per­son­nes... Au nom de l’économie, le lobby du nucléaire n’a eu aucun mal à faire taire les poli­ti­ques de l’époque, repré­sen­tés en pre­mière loge par Chirac, pre­mier minis­tre, tout juste arrivé au pou­voir et Sarkozy, son délé­gué inter­mi­nis­té­riel pour les énergies et le nucléaire... Premiers pas, pre­mier MENSONGE D’ÉTAT, loin d’être le der­nier !

Aujourd’hui, la France ne sait plus quoi faire des déchets engen­drés par ses cen­tra­les. La France ne sait tou­jours pas ce qu’elle fera de tous ses réac­teurs nucléai­res, ayant déjà lar­ge­ment dépassé leur espé­rance de vie ini­tiale, lorsqu’il faudra les rem­pla­cer...

La grande réponse à tout demeure inlas­sa­ble­ment la même, aussi stu­pide soit-elle : ENTERRONS TOUT ! Allons-y, enter­rons les déchets radio­ac­tifs dans la France rurale, pauvre et silen­cieuse. Cachons toutes nos hor­reurs que l’on ne sau­rait voir... Alors que nous ne savons rien « en pra­ti­que » de l’évolution de ces déchets, et que seule leur obser­va­tion en sur­face serait « rai­son­na­ble » (tout comme l’arrêt du nucléaire pour éviter leur pro­li­fé­ra­tion).

Aujourd’hui, les « experts » du nucléaire nous assu­rent qu’un « acci­dent » (et sur­tout pas : « catas­tro­phe huma­ni­taire », puis­que après tout le bilan offi­ciel de l’évènement, de 4000 morts, n’est tou­jours pas à ce jour remis en cause) comme celui de Tchernobyl ne peut en aucun cas arri­ver en France... comme bien sûr il ne pou­vait en aucun cas arri­ver en URSS avant le 26 avril 1986.

On est donc ras­suré et on accepte sans aucun débat démo­cra­ti­que le nou­veau réac­teur nucléaire ITER... la voie vers la fin du monde ? Nous conti­nue­rons donc à faire l’autru­che et à enter­rer nos déchets radio­ac­tifs sous nos pieds, au mépris des géné­ra­tions futu­res, qui ne se sou­vien­dront peut-être plus où ils se trou­vent quand elles creu­se­ront leurs tombes pour se pro­té­ger six pieds sous terre de l’apo­ca­lypse nucléaire qui les menace tous... et au mépris aussi du risque que nous fai­sons courir aux extra-ter­res­tres qui vien­dront les déter­rer lors de leurs fouilles archéo­lo­gi­ques sur l’espèce humaine, dans quel­ques dizai­nes de mil­liers d’années, lors­que l’huma­nité aura depuis long­temps dis­pa­rue, ira die...

Où est la RESPONSABILITÉ dans tout ça ?

P.-S.

Voir aussi le film « Les sacrifiés de Tchernobyl »

A Lyon, un rassemblement participatif a eu lieu le samedi 24 avril à 14h Place de la Ré pour dénoncer ce mensonge et s’opposer au nucléaire.

L’idée est de se rassembler et de s’immobiliser tout à coup durant quelques minutes, avec les visages recouverts de masques contre le mensonge.
Cette performance originale se déroulera Place de la République. Ensuite, nous déambulerons ensemble, masqués, de la Place de la Ré jusqu’à la place des Terreaux.

Plus nous serons nombreux, nombreuses, plus l’action sera marquante. Des masques seront distribués par Rhône-Alpes sans nucléaire.

La première action démonstrative aura lieu à 14h15 : chacun s’immobilisera dans la position où il se trouve au moment même du hurlement d’une sirène. Cela durera 5 mn pour créer la sensation que le temps s’est arrêté. L’action se terminera au moment où retentira à nouveau la sirène.

Ensuite, le cortège suivra la rue de la République jusqu’à la place des Terreaux face à l’Hôtel de Ville où un dernier sitting ou die-in s’organisera avec d’autres manifestations sonores et visuelles. [1]

Notes

[1] Un rassemblement avec une action-surprise organisée par le Collectif des Résistances de Lyon a eu lieu à Lyon le 3 décembre 2004 lors des 20 ans de la catastrophe de Bhopal en Inde pour dénoncer combien on se moquait des milliers de victimes de cette catastrophe et de leurs proches. Voir cet article de Rebellyon

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  • Le 27 avril à 14:17

    Si cette phrase n’a pas été dite comme ça par Sarkozy, mais a été reprise d’un journaliste, je me souviens très bien qu’à ce moment-là bien des gens étaient offusqués des déclarations gouvernementales indiquant que les Français n’avaient pas du tout à s’inquiéter, que nous étions à l’abri des radiations et des conséquences de cette catastrophe. Et ce n’est pas innocemment que ce journaliste a pu dire cette phrase, mais bien dans le contexte des déclarations gouvernementales.

    Je me souviens très bien que certaines personnes averties (ingénieurs travaillant dans l’énergie, par exemple) envisageaient très sérieusement de passer la Méditerranée et d’aller s’installer en Algérie ou dans d’autres pays du Maghreb, et pestaient contre le discours gouvernemental.

  • Le 27 avril à 13:33

    Bonjour, vite fait sur la première phrase : personne n’a exactement dit que le nuage n’avait pas passé la frontière. La seule occurrence serait vraisemblablement un commentaire d’une présentatrice météo (voir les archives INA). Ce qui n’a rien d’une déclaration officielle prouvant un complot quelconque. Je pense que la contre propagande ne dois pas se satisfaire des méthodes de l’adversaire. Seule la recherche de la vérité est révolutionnaire pour paraphraser l’autre et une phrase comme ça (non sourcée d’ailleurs) ne peut que nous desservir.

    AnarchoCiao, j’dois allez bosser.

    Pi


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