Le prochain camp No Border ce sera à Bruxelles à partir du 25 septembre. Présentation, projection et discussion le 8 sept. à 19 h à La Gryffe dans le cadre d’une tournée d’infos faite par des militantEs bruxelloisEs.
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Les services vétérinaires ont reconduit pour la troisième année l’obligation de vacciner contre la « fièvre catarrhale ovine » pour tous les troupeaux ovins et bovins, menaçant de sanctions les personnes qui refusent.
« À bas la dictature de la sélection naturelle, vive la maîtrise humaine du vivant ! », disait il y a quelques années Daniel Cohen, grand nom de la génétique contemporaine [1]
. Il résumait sûrement le souhait de nombreux de ses contemporains : d’abord ceux qui se sont rendus célèbres en érigeant des plantes glyphosato-compatibles en solution durable ; mais aussi ceux qui s’affolent ces derniers temps que leur machine à dissiper les peurs irrationnelles – la « Commission Particulière de Débat Public Nanotechnologies » – soit perturbée ou annulée dans chaque ville où elle se déplace ; ceux, encore, qui pensent pouvoir éradiquer tout vivant qui ne rentre pas dans des processus planifiés.
Parfois, le biopouvoir qu’ils appellent de leurs vœux prend des formes moins high-tech qu’ils ne le souhaiteraient : dans la nuit du 15 au 16 juillet 2009, dans un alpage d’Engadine, dans les Grisons suisses, ce sont des flics, tout simplement des flics, qui enlèvent une douzaine de brebis pour les faire vacciner de force et les conduire en quarantaine dans un lieu tenu secret. Les vacciner contre la « fièvre catarrhale ovine » (FCO), ou maladie de la langue bleue. Plusieurs sérotypes de cette maladie circulent depuis plusieurs années en Europe. Il y en a 24 connus dans le monde. L’Office International des Épizooties (OIE) considère qu’il ne s’agit pas d’une maladie contagieuse, mais d’une maladie vectorielle véhiculée par des moucherons.
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Pourtant, depuis 2008, les éleveur-ses ovins et bovins sont obligés, en France et dans plusieurs pays, de vacciner leur troupeaux (contre seulement deux sérotypes), et de désinsectiser leurs étables. Les services de l’Etat misent de manière plutôt hasardeuse sur une éradication de la maladie. Suite à ce vaccin, les cas de complications, de mort de bêtes, d’arrêts d’activité des suites de ces problèmes sont nombreux. Le développement de l’immunité naturelle est mis à mal par la vaccination. De nombreuses personnes refusent ainsi une vaccination dangereuse pour leurs animaux et pour leur activité, comme cet éleveur d’Engadine qui a vu débarquer des flics dans ses alpages. Tout ce qu’elles affirment, c’est la simple liberté de choisir la manière dont elles veulent face à cette maladie – si tant est qu’elles aient besoin d’y faire face –.
Depuis deux ans, ces refuseur-ses voyaient planer au dessus de leurs têtes des sanctions et des poursuites. Et les sanctions tombent désormais : des convocations en gendarmerie dans certains départements, des menaces d’amendes de plusieurs centaines d’euros dans d’autres. Près d’ici, la Direction des Services Vétérinaires de l’Ain bloque certains échanges pour les éleveur-ses qui refusent de vacciner, consolidant le place dominante des centres d’inséminations dans la sélection animale.
Il y avait eu l’interdiction de transhumer à pied, les durcissements réguliers des conditions de transformation des produits, entrainant des frais de mises aux normes que bientôt seules Sodial et Lactalis [2] peuvent se permettre. Voici maintenant les vaccins obligatoires – sous peine d’amende – et demain les puces RFID pour tracer le bétail. Des directions vétérinaires au ministère, on est certainement convaincu des bienfaits de ce vaccin. Mais la question ici n’est pas vraiment l’efficacité ou non d’un tel traitement sanitaire, mais son imposition à l’ensemble des cheptels ovin et bovin du pays :
Éradiquer des bactéries et des moucherons, éliminer les blés qui ne correspondent pas à la minoterie moderne, détruire par irradiation les organismes qui empêche une tomate de passer huit jours dans un camion, réformer des vaches dont les pis ne s’adaptent pas aux bras du robot : le rêve que les fermes deviennent une fantastique usine semble encore avoir un avenir radieux. À nous de l’obscurcir, en soutenant dès maintenant les refuseur-ses.
Pour avoir plus d’infos et soutenir les paysan-ne-s :
* image tirée de F’Murr, Le génie des alpages.
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